domingo, 26 de enero de 2014

La famille Fenouillard chez les Papous

 

Chez les Papous.

M. Fenouillard déjà chef de famille le devient de cuisine.

La famille Fenouillard s'est accroché discrétement à l'arrière d'un canot Or, en revenant à la surface, M. Fenouillard se trouve dans le voisinage d'un canot anglais regagnant son bord. M. Fenouillard saisit l'occasion par les cheveux et le canot par son gouvernail, donnant ainsi au monde une nouvelle preuve de son sang-froid bien connu et de sa présence d'esprit devenue légendaire.
M. Fenouillard demande au capitaine du navide de les garder à son bord Conduit en présence du capitaine Asdrubal Mac Haron, M. Fenouillard cherche une phrase qui soit de circonstance : « Commodore, dit M. Fenouillard avec à-propos, je viens comme Thémistocle et Napoléon m'asseoir au foyer de la perfide Albion ! » Ces dames admirent l'érudition de M. Fenouillard et implorent de l'œil le capitaine Asdrubal.
M. Fenouillard fait la cuisine à bord du navire « Aôh ! dit le commandant Asdrubal Mac Haron, le bateau il a été le Old Erin et, nô le perfide Albion. Tout de même le maître coq il été devenu mort, vous pouvez vous asseoir au foyer de loui ! » C'est ainsi que M. Fenouillard devint cuisinier, madame Fenouillard relaveuse et mesdemoiselles marmiteuses à bord du Old Erin, capitaine Asdrubal Mac Haron.
Le capitaine du navire bondit dans tous les sens après avoir goûté la cuisine de M. Fenouillard Malheureusement, les connaissances culinaires de M. Fenouillard ne sont pas à la hauteur de sa bonne volonté. C'est ce qui explique pourquoi le commandant Asdrubal Mac Haron éprouve un certain malaise et le besoin de manifester son mécontentement.
La famille Fenouillard, assise sur la plage d'une île déserte Accusé de tentative d'empoisonnement sur la personne d'Asdrubal Mac Haron, M. Fenouillard a le choix entre : être pendu haut et court à la vergue du grand cacatois ou abandonné avec sa famille sur la plage inhospitalière d'une île déserte.
Les habitants de l'île déserte découvre la famille abandonnée sur la plage M. Fenouillard ayant observé qu'il aimerait mieux ni l'un, ni l'autre, on lui fait remarquer qu'il sort de l'hypothèse. Alors il choisit la plage inhospitalière.
Or, cette île déserte se trouve être peuplée de beaucoup de sauvages.
Colophon de la première partie

Le « pas du Tournebroche ».

Les sauvages préparent du feu à l'arrivée des Fenouillard Conduits sous bonne escorte au village de la peuplade, nos amis assistent de loin à quelques préparatifs, que M. Fenouillard n'hésite pas à qualifier de culinaires. « Je m'y connais ! » dit-il ; puis il ajoute : « Enfin nous allons donc pouvoir nous mettre quelque chose sous la dent ! ces sauvages sont vraiment de bien excellentes personnes ! »
Une demoiselle Fenouillard est mise sur le plateau d'une grande balance « Et comme ils sont méthodiques et intelligents ! poursuit M. Fenouillard. Évidemment ils vont nous partager la nourriture proportionnellement à notre poids ! Sinon, je ne m'expliquerai pas très bien le but de cette opération. » Pauvre M. Fenouillard qui ne voit pas que ce n'est là que le prologue d'un drame…, mais n'anticipons pas !
Les sauvages effectuent une dans en tenant dans une main un tournebroche Les Papous s'étant mis alors à exécuter une danse de caractère connue dans le pays sous le nom de « pas du tournebroche » M. Fenouillard s'imagine qu'on lui donne la comédie. « Décidément ces jeunes gens sont d'une amabilité et d'une distinction parfaites, » dit-il. « Je parie que pendant notre repas, nous aurons la musique de la garde républicaine. »
Les sauvages montrent à monsieur et madame Fenouillard leur tournebroche Mais, hélas ! la vie n'est qu'un tissu de désillusions. La danse terminée, deux aimables jeunes gens s'approchent et avec une exquise politesse, essayent, par quelques signes forts intelligibles, même pour un esprit non prévenu, de faire comprendre à monsieur et madame Fenouillard dont le poids a été reconnu suffisant, quelles sont les intentions de la peuplade à leur égard.
Les sauvages recueillent dans leurs bras les dames évanouies Madame Fenouillard, qui est très intelligente, a compris et croit devoir s'évanouir. Par esprit d'imitation, ces demoiselles s'évanouissent aussi, au grand étonnement des jeunes gens non moins aimables que distingués. Il n'est pas certain que mesdemoiselles Fenouillard aient compris ; depuis quelque temps leur intelligence semble comme obscurcie.
M. Fenouillard enlève son chapeau et découvre le hanneton qui orne son front Quant à M. Fenouillard, qui craint d'avoir compris, il juge que le moment est venu de se découvrir pour adresser au ciel une dernière et solennelle prière. Il enlève donc le béret immaculé, insigne de ses dernières fonctions et emblème de son âme pure ; puis levant au ciel des yeux humides de larmes…
Colophon de la deuxième partie

Agénor Ier, roi des Papous.

Les sauvages se prosternent devant M. Fenouillard Or, d'après une antique prophétie des Papous, un homme blanc marqué d'un signe au front, devait un jour sortir de la mer pour faire le bonheur du peuple. C'est pourquoi, à la vue du front découvert de M. Fenouillard, les Papous se prosternent avec ferveur devant le hanneton indélébile.
M. Fenouillard et sa famille sont porté en triomphe Puis M. Fenouillard l'élu du Grand-Esprit, est triomphalement porté avec respect et sa famille jusqu'à la case royale, au milieu d'un grand concours de peuple dont les acclamations enthousiastes le proclament Grand-Ghi-Ghi-Bat-i-Fol des Papous, sous le nom d'Agénor Ier.
Deux sauvages se proposent de repeindre Agénor Ier de la bonne couleur Alors un délégué s'avance et, avec toutes les marques du plus profond respect, tente de faire comprendre au nouveau roi qu'il doit, de toute nécessité, se laisser accommoder à la mode du jour. Agénor Ier, qui n'a pas compris; demande quelques instants de méditation.
Les deux sauvages expliquent que c'est ça ou la broche Ensuite, deux délégués forts éloquents entreprennent de prouver par des arguments décisifs à Agénor Ier qu'il a tout intérêt à adopter le costume national.
M. Fenouillard Agénor Ier repeint en noir et habillé d'un pagne M. Fenouillard (sous le nom d'Agénor Ier) se décide, et ne tarde pas à apparaître en grand uniforme aux yeux éblouis de ses peuples.
Scène de liesse proche des bacchanales antiques (ou des antiques bacchanales c'est à voir) Puis pour fêter dignement l'avénement du nouveau monarque, il y eut de solennelles réjouissances – «  que le peuple célébra avec un calme digne des plus grandes éloges, en donnant l'exemple d'une tempérance rare en pareille circonstance » (Extrait du Journal officiel des Papous, Agénor Ier étant roi).
Colophon de la trosième partie

M. Fenouillard commet un calembour.

M. Fenouillard sauve, d'un geste de son sceptre-parapluie, le docteur Guy Mauve d'une mort certaine Puis on immole quelques victimes. La dernière est un prisonnier dans lequel M. Fenouillard (sous le nom provisoire d'Agénor Ier), reconnaît le docteur Guy Mauve, une vieille connaissance. — M. Fenouillard, grand, noble, généreux, le couvre immédiatement de son sceptre et de sa protection.
Le docteur est jetté dans une case avec son mémoire Pleins de déférences pour les ordres de l'illustrissime monarque qui tient d'une main si ferme les rênes du gouvernement de la locomotive de leur État, les hauts dignitaires se font un plaisir de conduire eux-mêmes, avec toutes sortes d'égards, le docteur Guy Mauve dans la case royale.
Le docteur reconnait dans la case les dames Fenouillard, non encore sorties de leur évanouissement Là, le docteur Guy Mauve, qui est naturellement observateur, s'aperçoit, avec surprise mêlée d'intime satisfaction, qu'il se trouve en présence de physionomies à lui connues et que ces physionomies semblent être, comme d'habitude, dans un état de léthargie avancée.
Le docteur Guy Mauve entreprend la rédaction d'un appendice à son oeuvre Aussitôt le docteur se met en devoir d'ajouter à son grand mémoire un 14e appendice intitulé : « Des voyages immenses que peuvent entreprendre et parachever à l'état de sommeil les animaux dits hibernants. » Appendice où il formule de nouveau cette opinion, déjà par lui émise, que ces dames dorment à la façon du loir.
Agénor Ier surprend le docteur dans ses oeuvres et ses pompes « Et vous savez si le loir est cher ! » murmure sentencieusement une voix à son oreille. C'est Agénor Ier, qui, fatigué des cérémonies auxquelles on le soumet, a tenté de se soustraire à l'anglaise à l'admiration de ses peuples et à leurs hommages et qui, usant de ses prérogatives royales, s'est permis de lire par dessus l'épaule du docteur.
Les sauvages se mettent à rire à l'unisson de leur souverain Agénor Ier Agénor en Ier, intimement ravi d'avoir tant d'esprit, ayant légérement souri de cet excellent calembour, le peuple, qui ignore la cause du mécontentement du Grand-Ghi-Ghi-Bat-i-Fol, s'empresse néanmoins de se tordre. C'est ainsi que les choses se passent en Papouasie.
Colophon de la quatrième partie

Extraordinaire conséquence d'un calembour.

Les Micronésiens se marrent Le rire étant éminemment contagieux gagne les Micronésiens qui deviennent aussitôt tire-bouchonoïdes. (Dessin dû à l'habile crayon de mademoiselle Artémise Fenouillard, princesse du sang.)
Explosions de Polynésiens (et calembourdaines) La contagion atteignant les Polynésiens eux-mêmes, ceux-ci éclatent de rire. (Dessin communiqué par mademoiselle Cunégonde Fenouillard, autre princesse du sang.)
Volcans du Pacifique en éruption Par esprit d'imitation, les volcans du Pacifique entrent eux-mêmes en éruption. (Dessin fait d'imagination par l'auteur qui n'est ni prince, ni princesse du sang.)
Tremblement de terre Ce qui détermine un violent tremblement de terre. (Ce dessin a été exécuté par un de nos plus grands artistes – c'est l'auteur – d'après un instantané communiqué par M. Fenouillard qui affirme avoir, dans ces circonstances, conservé tout son sang froid.)
Le réveil des dames Fenouillard Lequel tremblement produit deux effets principaux : 1er effet : il réveille ses dames de leur léthargie. 2e effet : il n'en produit aucun sur le docteur qui se contente d'écrire en note : Traitement nouveau des léthargiques : déterminer un violent tremblement de terre.
Les membres de la famille Fenouillard sont mis dans des sacs et jettés à la mer Le tremblement de terre produit encore un effet secondaire et accessoire. Persuadés que ce cataclysme est l'indice de la colère des dieux contre leur grand Ghi-Ghi-Bat-i-Fol, les Papous s'empressent de leur sacrifier quelques victimes expiatoires.
NOTA BENE. — Ces renseignements nous ayant été donnés par M. Fenouillard lui-même, nous croyons qu'il y a lieu de ne pas ajouter entièrement foi aux causes qui, selon lui, ont provoqué sa déchéance. Ces causes nous paraissent par trop invraisemblables. Il doit y avoir autre chose.
Dernière heure. — Nous recevons de Melbourne la dépêche suivante : « Agénor Ier détrôné pour actes arbitraires et despotiques : a voulu mettre un impôt sur bretelles, faux-cols et sous-pieds, afin de doter ses filles. » Nous avions donc raison de douter.
Colophon de la cinquième et dernière partie

jueves, 16 de enero de 2014

Dalí, Arrabal: La orgía malograda


Arrabal decía riéndose que Picasso era un imbécil genial, uno enfermo de priapismo, que se despatarraba en una poltrona y sentaba a las mujeres, todas las que pudiera, sobre su enorme polla, sin mover otro músculo, otro que no fuera su polla, sin prodigar una caricia se entiende, y que sus últimos días los pasó bajo el control absoluto de los órganos del KGB soviético, y que para poder visitarlo alguien los agentes del tenebroso aparato debían pedir autorización a las más altas instancias del Kremlin.
Luego volvió a repetir que Dalí, el Divino Dalí, estaba entre los tres hombres más inteligentes que había tratado, y acto seguido, empezó a contar como le habría conocido una noche en que sonó el teléfono en su apartamento en París y al preguntar quién es, una voz le contestó desde el otro lado de la línea, soy yo, Dalí, el Divino Dalí, he visto una de sus obras y quiero escriba una para mí, para montarla, y Arrabal, claro, cómo no Maestro, y Dalí, sí pero antes quiero que pase por mi hotel con una esclava. Arrabal no tenía ni idea donde podía encontrar una esclava, pero sin pensarlo dos veces, le dijo, sí, sí, mañana a las ocho de la noche en su hotel y tomó la dirección.
Arrabal cuenta que en su apartamento había unos amigos, entre ellos una joven lesbiana, feminista militante, maoísta y estudiante de la Sorbonne, y que al comunicarles el pedido de Dalí, pensó que la combativa muchacha saltaría una furia por lo que consideraría una atrocidad, pero no, ella dijo que en su clase podía conseguir siete más de su misma condición para que sirvieran de esclavas ante Dalí y Arrabal.
Arrabal nunca estuvo confiado y siempre creyó podía ser una trampa de la tropa lésbica para lincharlo o castrarlo, o peor, para castrarlo primero y luego lincharlo. No obstante, asegura que al otro día desde las seis de la tarde estaba en su apartamento la tribu de 8 tríbadas listas para el acto sacrificial, pero así y todo Arrabal no confiaba, podía ser un plan de las aguerridas combatientes de la izquierda parisina para, dos pájaros de un tiro, deshacerse de él y de Dalí, o al menos de sus respectivos apéndices viriles. Confiesa Arrabal que lo más complejo fue encontrar una cuerda, que terminó comprando en un pequeño mercado de purgas cercano, que diera para maniatar firmemente a las ocho maoístas, la maniobra misma de maniatar a las maoístas, se dice torpe para cierta labores manuales, y que finalmente, con la ayuda eficaz de su esposa, terminó amarrando convenientemente a la dote de esclavas caídas como del cielo.
Alquiló un coche de caballos y legó frente al lujoso hotel donde vivía el Divino, y nada más bajar con su cordillera de maoístas, que trabajosamente marchaban entre hoscas y curiosas, el portero, un negro inmenso, no le dejó ni hablar y dijo, sí, ya sé, para la habitación imperial del Gran Dalí, yo les conduzco, por aquí, por favor, por aquí, cuidado con las esclavas, no se lastimen, y que una maoísta, seguro la más comprometida con la causa de los humildes del mundo, le lanzó un furioso escupitajo al negro, y que éste, sin perder la compostura, y sin limpiarse, dijo, no se preocupe Sr. así suelen ser las esclavas.
En la habitación fueron recibidos por Dalí y Gala. Con ellos había otro negro inmenso, en traje militar lleno de entorchados y medallas, y al que Dalí llamaba como su Jefe de la Guerra, además de Luis XVI, una vieja destentada, tapada hasta el cuello, y acostada en una cama estilo imperio, y que a cada momento se sentaba levemente para beber largo de un botellón de Wiskey ubicado sobre un artilugio de cedro en el centro mismo de la cama. Luis XVI no hablaba, sólo bebía y sonreía como lo que era, un rey o una reina.
Dalí ordenó al Jefe de la Guerra desatar a las esclavas. Arrabal, el temor aún reflejado en sus ojos, el temor reflejado tras el reflejo de las copas de tinto italiano del Café Borges, y acto seguido ordenó a la primera lesbiana para que mostrara el trasero, unas nalgas blancas y tersas, recuerda Arrabal, y que acto seguido empezó a azotarla sin piedad con un pesado látigo de cuero negro y siete lenguas, bifurcándose cada una en otras siete, bifurcaciones borgeanas, extraído de un cofre de plata, incrustado en pedrerías, y que se dijo, ahora va a iniciar la revuelta lésbica, mañana estaremos en la primera plana de todos los periódicos parisinos, pero no, la azotó hasta la primera sangre, Gala daba moderados saltitos de entusiasmo, Gala la mujer que hizo a Dalí, dijo Arrabal tras un trago largo, y así fue sacando la sangre de cada uno de los ocho traseros maoístas, bajo la atenta, escrutadora mirada del Jefe de la Guerra, sin una protesta por parte de las militantes, salvo unos quejidos y unos siseos, a medio camino entre el dolor y el placer, con cada caída, restallar del látigo en los heroicos traseros revolucionarios.
Agregó Arrabal que al otro día el Jefe de la Guerra fue a recogerle a su apartamento por órdenes del Divino y llevado a una mansión a las afueras de París. Allí en torno a una piscina había unas veinte prostitutas follando con perros, una lo hacía con un enorme mono, otra con un caballo y, sobre todo, decía, follaban entre ellas, en tanto Gala y Dalí observaban el escenario de la batalla desde dos tronos dorados. Asegura que el Divino y la Diva se levantaron y fueron efusivos a saludarle.
Recuerda el escritor que Dalí le pidió encarecidamente que follara con una prostituta, especie de walkiria ataviada con una túnica transparentada, una que hasta ese momento no participaba en la orgía, y a la cual, tanto Dalí como Gala, llamaban dulcemente como la Gran Princesa Aria, y que él se negó rotundamente bajo el argumento de que era un hombre casto, y que Dalí insistía, no hay hombres castos, y yo ordeno que te la folles, tú no puedes desairarme, es una fiesta en tu honor, una fiesta pánica, y Arrabal, pánico soy yo, pero soy casto, soy el casto José del Antiguo Testamento.
Dice Arrabal que Dalí enfureció, que lo hizo salir del lugar escoltado por el Jefe de la Guerra y que al voltear un ángulo de la piscina para salir, alcanzó a divisar al Divino Dalí a cuatro patas lamiendo el culo de la Gran Princesa Aria que, también a cuatro patas, se había despojado convenientemente de la túnica transparentada.
Al otro día, cuenta Arrabal, recibió una llamada de Dalí, un Júpiter tonante, que le decía del otro lado de la línea, óyeme bien, Casto José, cacho de casto, si nada más te atreves a contar algo de lo que has visto, vivido, te destruyo, juro que acabo contigo, con tu carrera, te hago una nada, una sombra, con lo que Arrabal entendió que Dalí quería decir exactamente lo contrario, quería que lo contara, que diera testimonio. Yo bajé el resto de mi copa, pagué, y pensé Arrabal quiere lo mismo, quiere que de testimonio, quiere que yo les cuente esta historia.

Armando de Armas
"Encuentro de tercer tipo con Fernando Arrabal (II)"
http://eichikawa.com/2009/01/encuentro-de-tercer-tipo-con-fernando-arrabal-ii.html

viernes, 27 de diciembre de 2013

¿Dónde está mi cabeza?


- I -

Antes de despertar, ofrecióse a mi espíritu el horrible caso en forma de angustiosa sospecha, como una tristeza hondísima, farsa cruel de mis endiablados nervios que suelen desmandarse con trágico humorismo. Desperté; no osaba moverme; no tenía valor para reconocerme y pedir a los sentidos la certificación material de lo que ya tenía en mi alma todo el valor del conocimiento... Por fin, más pudo la curiosidad que el terror; alargué mi mano, me toqué, palpé... Imposible exponer mi angustia cuando pasé la mano de un hombro a otro sin tropezar en nada... El espanto me impedía tocar la parte, no diré dolorida, pues no sentía dolor alguno... la parte que aquella increíble mutilación dejaba al descubierto... Por fin, apliqué mis dedos a la vértebra cortada como un troncho de col; palpé los músculos, los tendones, los coágulos de sangre, todo seco, insensible, tendiendo a endurecerse ya, como espesa papilla que al contacto del aire se acartona... Metí el dedo en la tráquea; tosí... metílo también en el esófago, que funcionó automáticamente queriendo tragármelo... recorrí el circuito de piel de afilado borde... Nada, no cabía dudar ya. El infalible tacto daba fe de aquel horroso, inaudito hecho. Yo, yo mismo, reconociéndome vivo, pensante, y hasta en perfecto estado de salud física, no tenía cabeza.

- II -

Largo rato estuve inmóvil, divagando en penosas imaginaciones. Mi mente, después de juguetear con todas las ideas posibles, empezó a fijarse en las causas de mi decapitación. ¿Había sido degollado durante la noche por mano de verdugo? Mis nervios no guardaban reminiscencia del cortante filo de la cuchilla. Busqué en ellos algún rastro de escalofrío tremendo y fugaz, y no lo encontré. Sin duda mi cabeza había sido separada del tronco por medio de una preparación anatómica desconocida, y el caso era de robo más que de asesinato; una sustracción alevosa, consumada por manos hábiles, que me sorprendieron indefenso, solo y profundamente dormido.

En mi pena y turbación, centellas de esperanza iluminaban a ratos mi ser.. Instintivamente me incorporé en el lecho; miré a todos lados, creyendo encontrar sobre la mesa de noche, en alguna silla, en el suelo, lo que en rigor de verdad anatómica debía estar sobre mis hombros, y nada... no la vi. Hasta me aventuré a mirar debajo de la cama... y tampoco. Confusión igual no tuve en mi vida, ni creo que hombre alguno en semejante perplejidad se haya visto nunca. El asombro era en mí tan grande como el terror.

No sé cuánto tiempo pasé en aquella turbación muda y ansiosa. Por fin, se me impuso la necesidad de llamar, de reunir en torno mío los cuidados domésticos, la amistad, la ciencia. Lo deseaba y lo temía, y el pensar en la estupefacción de mi criado cuando me viese, aumentaba extraordinariamente mi ansiedad.

Pero no había más remedio: llamé... Contra lo que yo esperaba, mi ayuda de cámara no se asombró tanto como yo creía. Nos miramos un rato en silencio.

-Ya ves, Pepe -le dije, procurando que el tono de mi voz atenuase la gravedad de lo que decía-; ya lo ves, no tengo cabeza.

El pobre viejo me miró con lástima silenciosa; me miró mucho, como expresando lo irremediable de mi tribulación.

Cuando se apartó de mí, llamado por sus quehaceres, me sentí tan solo, tan abandonado, que le volví a llamar en tono quejumbroso y aun huraño, diciéndole con cierta acritud:

-Ya podréis ver si está en alguna parte, en el gabinete, en la sala, en la biblioteca... No se os ocurre nada.

A poco volvió José, y con su afligida cara y su gesto de inmenso desaliento, sin emplear palabra alguna, díjome que mi cabeza no parecía.

- III -

La mañana avanzaba, y decidí levantarme. Mientras me vestía, la esperanza volvió a sonreír dentro de mí.

-¡Ah! -pensé- de fijo que mi cabeza está en mi despacho... ¡Vaya, que no habérseme ocurrido antes!... ¡qué cabeza! Anoche estuve trabajando hasta hora muy avanzada... ¿En qué? No puedo recordarlo fácilmente; pero ello debió de ser mi Discurso-memoria sobre la Aritmética filosófico-social, o sea, Reducción a fórmulas numéricas de todas las ciencias metafísicas. Recuerdo haber escrito diez y ocho veces un párrafo de inaudita profundidad, no logrando en ninguna de ellas expresar con fidelidad mi pensamiento. Llegué a sentir horriblemente caldeada la región cerebral. Las ideas, hirvientes, se me salían por ojos y oídos, estallando como burbujas de aire, y llegué a sentir un ardor irresistible, una obstrucción congestiva que me inquietaron sobremanera...

Y enlazando estas impresiones, vine a recordar claramente un hecho que llevó la tranquilidad a mi alma. A eso de las tres de la madrugada, horriblemente molestado por el ardor de mi cerebro y no consiguiendo atenuarlo pasándome la mano por la calva, me cogí con ambas manos la cabeza, la fui ladeando poquito a poco, como quien saca un tapón muy apretado, y al fin, con ligerísimo escozor en el cuello... me la quité, y cuidadosamente la puse sobre la mesa. Sentí un gran alivio, y me acosté tan fresco.

- IV -

Este recuerdo me devolvió la tranquilidad. Sin acabar de vestirme, corrí al despacho. Casi, casi tocaban al techo los rimeros de libros y papeles que sobre la mesa había. ¡Montones de ciencia, pilas de erudición! Vi la lámpara ahumada, el tintero tan negro por fuera como por dentro, cuartillas mil llenas de números chiquirritines..., pero la cabeza no la vi.

Nueva ansiedad. La última esperanza era encontrarla en los cajones de la mesa. Bien pudo suceder que al guardar el enorme fárrago de apuntes, se quedase la cabeza entre ellos, como una hoja de papel secante o una cuartilla en blanco. Lo revolví todo, pasé hoja por hoja, y nada... ¡Tampoco allí!

Salí de mi despacho de puntillas, evitando el ruido, pues no quería que mi familia me sintiese. Metíme de nuevo en la cama, sumergiéndome en negras meditaciones. ¡Qué situación, qué conflicto! Por de pronto, ya no podría salir a la calle porque el asombro y horror de los transeúntes habían de ser nuevo suplicio para mí. En ninguna parte podía presentar mi decapitada personalidad. La burla en unos, la compasión en otros, la extrañeza en todos me atormentaría horriblemente. Ya no podría concluir mi Discurso-memoria sobre la Aritmética filosófico-social; ni aun podría tener el consuelo de leer en la Academia los voluminosos capítulos ya escritos de aquella importante obra. ¡Cómo era posible que me presentase ante mis dignos compañeros con mutilación tan lastimosa! ¡Ni cómo pretender que un cuerpo descabezado tuviera dignidad oratoria, ni representación literaria...! ¡Imposible! Era ya hombre acabado, perdido para siempre.

- V -

La desesperación me sugirió una idea salvadora: consultar al punto el caso con mi amigo el doctor Miquis, hombre de mucho saber a la moderna, médico filósofo, y, hasta cierto punto, sacerdotal, porque no hay otro para consolar a los enfermos cuando no puede curarlos o hacerles creer que sufren menos de lo que sufren.

La resolución de verle me alentó: vestíme a toda prisa. ¡Ay! ¡Qué impresión tan extraña, cuando al embozarme pasaba mi capa de un hombro a otro, tapando el cuello como servilleta en plato para que no caigan moscas! Y al salir de mi alcoba, cuya puerta, como de casa antigua, es de corta alzada, no tuve que inclinarme para salir, según costumbre de toda mi vida. Salí bien derecho, y aun sobraba un palmo de puerta.

Salí y volví a entrar para cerciorarme de la disminución de mi estatura, y en una de éstas, redobláronse de tal modo mis ganas de mirarme al espejo, que ya no pude vencer la tentación, y me fui derecho hasta el armario de luna. Tres veces me acerqué y otras tantas me detuve, sin valor bastante para verme... Al fin me vi... ¡Horripilante figura! Era yo como una ánfora jorobada, de corto cuello y asas muy grandes. El corte del pescuezo me recordaba los modelos en cera o pasta que yo había visto mil veces en Museos anatómicos.

Mandé traer un coche, porque me aterraba la idea de ser visto en la calle, y de que me siguieran los chicos, y de ser espanto y chacota de la muchedumbre. Metíme con rápido movimiento en la berlina. El cochero no advirtió nada, y durante el trayecto nadie se fijó en mí.

Tuve la suerte de encontrar a Miquis en su despacho, y me recibió con la cortesía graciosa de costumbre, disimulando con su habilidad profesional el asombro que debí causarle.

-Ya ves, querido Augusto -le dije, dejándome caer en un sillón-, ya ves lo que me pasa...

-Sí, sí -replicó frotándose las manos y mirándome atentamente-: ya veo, ya... No es cosa de cuidado.

-¡Que no es cosa de cuidado!

-Quiero decir... Efectos del mal tiempo, de este endiablado viento frío del Este...

-¡El viento frío es la causa de...!

-¿Por qué no?

-El problema, querido Augusto, es saber si me la han cortado violentamente o me la han sustraído por un procedimiento latroanatómico, que sería grande y pasmosa novedad en la historia de la malicia humana.

Tan torpe estaba aquel día el agudísimo doctor, que no me comprendía. Al fin, refiriéndole mis angustias, pareció enterarse, y al punto su ingenio fecundo me sugirió ideas consoladoras.

-No es tan grave el caso como parece -me dijo- y casi, casi, me atrevo a asegurar que la encontraremos muy pronto. Ante todo, conviene que te llenes de paciencia y calma. La cabeza existe. ¿Dónde está? Ése es el problema.

Y dicho esto, echó por aquella boca unas erudiciones tan amenas y unas sabidurías tan donosas, que me tuvo como encantado más de media hora. Todo ello era muy bonito; pero no veía yo que por tal camino fuéramos al fin capital de encontrar una cabeza perdida. Concluyó prohibiéndome en absoluto la continuación de mis trabajos sobre la Aritmética filosófico-social, y al fin, como quien no dice nada, dejóse caer con una indicación, en la que al punto reconocí la claridad de su talento.

¿Quién tenía la cabeza? Para despejar esta incógnita convenía que yo examinase en mi conciencia y en mi memoria todas mis conexiones mundanas y sociales. ¿Qué casas y círculos frecuentaba yo? ¿A quién trataba con intimidad más o menos constante y pegajosa? ¿No era público y notorio que mis visitas a la Marquesa viuda de X... traspasaban, por su frecuencia y duración, los límites a que debe circunscribirse la cortesía? ¿No podría suceder que en una de aquellas visitas me hubiera dejado la cabeza, o me la hubieran secuestrado y escondido, como en rehenes que garantizara la próxima vuelta?

Diome tanta luz esta indicación, y tan contento me puse, y tan claro vi el fin de mi desdicha, que apenas pude mostrar al conspicuo Doctor mi agradecimiento, y abrazándole, salí presuroso. Ya no tenía sosiego hasta no personarme en casa de la Marquesa, a quien tenía por autora de la más pesada broma que mujer alguna pudo inventar.

- VI -

La esperanza me alentaba. Corrí por las calles, hasta que el cansancio me obligó a moderar el paso. La gente no reparaba en mi horrible mutilación, o si la veía, no manifestaba gran asombro. Algunos me miraban como asustados: vi la sorpresa en muchos semblantes, pero el terror no.

Diome por examinar los escaparates de las tiendas, y para colmo de confusión, nada de cuanto vi me atraía tanto como las instalaciones de sombreros. Pero estaba de Dios que una nueva y horripilante sorpresa trastornase mi espíritu, privándome de la alegría que lo embargaba y sumergiéndome en dudas crueles. En la vitrina de una peluquería elegante vi...

Era una cabeza de caballero admirablemente peinada, con barba corta, ojos azules, nariz aguileña... era, en fin, mi cabeza, mi propia y auténtica cabeza... ¡Ah! cuando la vi, la fuerza de la emoción por poco me priva del conocimiento... Era, era mi cabeza, sin más diferencia que la perfección del peinado, pues yo apenas tenía cabello que peinar, y aquella cabeza ostentaba una espléndida peluca.

Ideas contradictorias cruzaron por mi mente. ¿Era? ¿No era? Y si era, ¿cómo había ido a parar allí? Si no era, ¿cómo explicar el pasmoso parecido? Dábanme ganas de detener a los transeúntes con estas palabras: «Hágame usted el favor de decirme si es esa mi cabeza.»

Ocurrióme que debía entrar en la tienda, inquirir, proponer, y por último, comprar la cabeza a cualquier precio... Pensado y hecho; con trémula mano abrí la puerta y entré... Dado el primer paso, detúveme cohibido, recelando que mi descabezada presencia produjese estupor y quizás hilaridad. Pero una mujer hermosa, que de la trastienda salió risueña y afable, invitóme a sentarme, señalando la más próxima silla con su bonita mano, en la cual tenía un peine1.

FIN


1. La continuación en el número de Navidad del año que viene.



B. Pérez Galdós, "¿Dónde está mi cabeza?", El Imparcial, 30-31 diciembre 1892

martes, 24 de diciembre de 2013

Santa Lives!



The figure of Santa Claus is shrouded in mystery and contradiction. Well before the founding of the Christian Church, men (and women, if the men let them go outside) would gaze up at the heavens during the bleakest, longest nights of the year and wail, although probably not in English, “Who will deliver us from this endless wintry gloom? What can sustain us through the long nights ahead besides heavy drinking, the worship of moss, and staring at endless reruns of the Bronze Age equivalent of Law & Order?” Then would every heart beat with a single desire and every voice give utterance to the same wish: “Isn’t there some big fat man up there who can come down here and give me free stuff?"

In response to such universal human longing, Santa Claus appears. And yet, from the first, he is a figure of controversy. It begins with his very name: Santa, scholars tell us, is the feminine form of the Spanish/Italian/Portuguese word for “saint.” But Claus is a masculine Nordic/Germanic name. Is Santa Claus a girl with a boy’s name or a boy with a girl’s name or what? It’s worse than Leslie or Alex! No wonder, then, that when we (henceforth, by “we” I will mean not only those of us in the intellectual elite but everyone else, too!) first think of Santa Claus, we think of a hermaphrodite. And no wonder that, when we ask ourselves where he’s from, we instantly decide: Switzerland, where everyone is half Italian and half German and half French, where the boys wear dresses and learn to curtsy, where the girls smoke pipes and en- joy a good arm wrestle, and which is home to the high- est percentage of Swiss hermaphrodites in the world. And yet, no matter how often we repeat to one another, “Santa Claus is a Swiss hermaphrodite,” it is never fully credible, never entirely satisfying. Then we are shown the familiar figure in the red suit, and we don’t know what to think. 

But that is only the beginning of our dilemma. If he (if indeed he is a “he”) is Santa Claus, how can he also be, as he is alternatively called, Saint Nicholas? Or Fa- ther Christmas? Or Père Noel? And exactly where does the modern world get off calling him the vulgar, overly familiar Saint Nick? How, in any reasonable universe, can a Christian saint be named Nick? What next? Saint Chet? Saint Tiffany? And what’s with “Kris Kringle”? Isn’t that a brand of doughnuts? Still, at the end of the day—or, more accurately, of the year—we manage to reconcile ourselves to living with these and other unresolved issues. Christmas, as it always does, comes. We betake to festoon the bowers with gaudy bunting and hoist a schooner high to quaff the foaming wassail, although we haven’t the faintest idea what the hell any of that means. Then we welcome Santa Claus into our homes and our department stores, our malls and our children’s hospitals, our drunken of- fice parties and our drunken Chanukah parties and our drunken Kwanzaa parties. Or rather—and we know this all too well, no matter how strenuously we pretend to believe otherwise—we welcome not Santa Claus himself but “Santa Claus,” i.e., a stand-in, a make- believe substitute for the real Claus. Invariably this ersatz Santa—usually embodied by a classroom father, a pediatric resident, or Tyler, the numbskull in Purchasing—dispatches his duties ade- quately, distributing presents and frightening children, embarrassing everyone and “good-naturedly” groping teachers, nurses, and secretaries, sometimes all at once. And yet, throughout, we are haunted by a perennially unresolved question: Is there an actual personage upon whom all these models and impersonations are based? Does Santa Claus actually exist?

The question is as old as civilization itself, and even older if you count early tribal peoples, who just wan- dered around, hunting and gathering and wishing and hoping and bitching and moaning and showing up to stay in places without a reservation. (Hence the impor- tance today of Native American Indian reservations, to redress this grievous lack.) The range of opinions re- garding Clausite existence spans the gamut, from the outright denial of Aclausites (“There is no such thing as Santa Claus.”) to the fervent affirmation of the faith- ful (“Yes there is, and shut up.”). Each side marshals its propositions, refutations, challenges, and “proofs.” And yet, after just under six-point-two jillion years of human history, neither side has so far been able to dis- suade the other, leaving both entrenched in their re- spective positions. Can the deadlock be broken? Can the matter be re- solved once and for all? And can it be done in a way that takes full advantage of the burgeoning market for mildly “spiritual” works that offend no one and make everyone feel great (even Jews)? Can it mention chicken soup, angels, Heaven, a day of the week, an old guy’s nickname, and “code” in the title? I believe that it can, except for the title part. (And even with that, I tried. This work’s original title was Thursdays with Izzie in Heaven: Santa Claus, Angels, and the Chicken Soup Code. My priggish and short- sighted editor made me change it.) I hope, by bringing together all the most persuasive and enduring argu- ments in favor of Santa’s existence, to prove conclu- sively that Santa Claus is a living presence, a gift-toting, reindeer-whipping reality.

Of course some will wonder, why undertake such a project? For those who believe Santa exists, no proof is necessary; for those who do not, no proof is sufficient. The answer, as it always is whenever someone wants to justify publicly doing something for their own private purposes, is: for the children. (...) If every child on earth were to buy a copy of this book (after its translation into eighty-three languages and a print run into the hundreds of millions), and read it, and derive hope from it, I would be content. But if they don’t? Then let it be purchased for them by an entire generation of parents, grandparents, aunts, uncles, teachers, coaches, clergymen, pediatricians, so- cial workers, babysitters, and well-meaning strangers. Let them purchase it for the same reason that I have written it: for the children. Someone will say, “Yes, but I am Jewish, or Muslim, or Hindu, or of some other religion for which the figure of Santa Claus is at best a pathetic and risible fiction. Why should I care about, and purchase, the present work?” To him or her I say: The issue of Santa Claus’s existence has ramifications that extend far beyond the interest of any particular religion or spiritual world- view. If Santa Claus exists, then he exists for all of us.
If, on Christmas Eve, he truly does bring presents for good little Christian boys and girls, then he is available to bring presents to everyone else, including good little non-Christian boys and girls and big, bad grownups, on the other 364 days of the year. Someone will say, “Well, then, why doesn’t he?” Perhaps because he hasn’t been asked. Why has he not been asked? Because in order to ask something of someone, you first have to believe that that someone ex- ists. That is why I have written this work. Plus for the children.

Ellis Weiner, Santa Lives!
Five Conclusive Arguments for the Existence of Santa Claus

http://www.youtube.com/watch?v=-_D6rXfYXq0

viernes, 29 de noviembre de 2013

The Tree of Life: Paradise Found at the Arctic Pole

  
The Tree of Life,
The middle tree, and highest there that grew
. Milton.

Sowohl der Apfelbaum and die Quelle, als auch der Drache des Hesperidengartens, werden in den Mythen and Märchen der meisten Völker in das Centrum der Natur, an den Gipfel des Weltberges, an den Nordpol verlegt.—Wolfgang Menzel.

In the centre of the Garden of Eden, according to Genesis iii. 3, there was a tree exceptional in position, in character, and in its relations to men. Its fruit was "good for food," it was "pleasant to the eyes," "a tree to be desired." 1 At first sight it would not perhaps appear how a study of this tree in the different mythologies of the ancient world could assist us in locating primitive Paradise. In the discussions of such sites as have usually been proposed it could not; but if the Garden of Eden was precisely at the North Pole, it is plain that a goodly tree standing in the centre of that Garden would have had a visible and obvious cosmical significance which could by no possibility belong to any other. Its fair stem shooting up as arrow-straight as the body of one of the "giant trees of California," far overtopping, it may be, even such gigantic growths as these, would to any one beneath have seemed the living pillar of the very heavens. Around it would have turned the "stars of God," as if in homage; through its topmost branches the human worshiper would have looked up to that unmoving centre-point where stood the changeless throne of the Creator. How conceivable that that Creator should have reserved for sacred uses this one natural altar-height of the Earth, and that by special command He should have guarded its one particular adornment from desecration! (Gen. ii. 16, 17.) If anywhere in the temple of nature there was to be an altar, it could only be here. That it was here finds a fresh and unexpected confirmation in the singular agreement of many ancient religions and mythologies in associating their Paradise-Tree with the axis of the world, or otherwise, with equal unmistakableness, locating it at the Arctic Pole of the Earth. 1
That the Northmen conceived of the universe as a tree (the Yggdrasil) is well known to ordinary readers. Its roots are in the lowest hell, its mid-branches inclose or overarch the abode of men, its top reaches the highest heaven of the gods. It was their poetical way of saying that the whole world is an organic unity pervaded by one life. As the abode of the gods was in the north polar sky, the summit of the tree was at that point, its base in the south polar abyss, its trunk coincident with the axis of heaven and earth. 1 It was, therefore, in position and in nature precisely what an idealizing imagination magnifying the primitive tree of Paradise to a real World-tree would have produced. 2
But while most readers are familiar with this Norse myth, few are aware how ancient and universal an idea it represents. This same tree appears in the earliest Akkadian mythology. 3 And what is precisely to our purpose, it stood, as we have before seen, at "the Centre" or Pole of the earth, where is "the holy house of the gods." 4 It is the same tree which in ancient Egyptian mythology inclosed the sarcophagus of Osiris, and out of which the king of Byblos caused the roof-pillar of his palace to be taken. But this was only another form of the Tat-pillar, which is the axis of the world. 1 In the light of comparative cosmology it is quite impossible to agree with Mr. Renouf in his treatment of the Tree in Egyptian mythology. It is neither "the rain cloud," nor "the light morning cloud," nor "the transparent mist on the horizon." His own citations of texts clearly show that under all its names the Egyptian Tree of Life is a true World-tree, whose trunk is coincident in position and direction with the axis of the world; a tree in whose sky-filling branches Bennu, the sun-bird, is seated; a tree from whose north polar top the "North-wind" proceeds; a tree which, like the Yggdrasil, yields a celestial rain that is as life-giving as Ardvi-Sûra's, and that descends, not merely upon the fields of Lower Egypt, but, like Ardvi-Sûra's, to the Underworld itself, refreshing "those who are in Amenti." 1 The super-terrestrial portion of the Egyptian's Yggdrasil, therefore,—like that of the Northman's,—stands at the Arctic Pole.
The Phœnicians, Syrians, and Assyrians had each their sacred tree in which the universe was symbolized. 2 In the lost work of Pherecydes the former is represented as a "winged oak." 3 Over it was thrown the magnificent veil, or peplos, of Harmonia, on which were represented the all-surrounding Ocean with his rivers, the Earth with its omphalos in the centre, the sphere of Heaven varied by the figures of the stars. 4 But as this self-interpreting symbol was furnished with wings to facilitate its constant rotation, it is plain that we have in it, not only a World-tree, but also one the central line of whose trunk is one with the axis of heaven and earth. 1 In the language of Maury, "It is a conception identical with the Yggdrasil of Scandinavian mythology." 2 That section of the tree, therefore, which reaches from the abode of men into the holy heavens rises pillar-like from the Pole of the earth to the Pole of the sky.
Among the Persians the legendary tree of Paradise took on two forms, according as it was viewed with predominant reference to the universe as an organic whole, or to the vegetable world as proceeding from it. In the first aspect it was the Gaokerena (Gôkard) tree, or "the white Hôm" (Haoma = Soma); in the second, the "tree of all seeds," the "tree opposed to harm." Of the former it is written, "Every one who eats of it becomes immortal; . . . also in the renovation of the universe they prepare its immortality therefrom; it is the chief of plants." 3 Of the second we read, "In like manner as the animals, with grain of fifty and five species and twelve species of medicinal plants, have arisen from the primeval ox, so ten thousand species among the species of principal plants, and a hundred thousand species among ordinary plants, have grown from all these seeds of the tree opposed to harm, the many-seeded. . . . When the seeds of all these plants, with those from the primeval ox, have arisen upon it, every year the bird (Kamros) strips that tree and mingles all the seeds in the water; Tîshtar seizes them with the rain-water and rains them on to all regions." 1
Where stood this tree which, in its dual form, was at once the source of all other trees and the giver of immortality? Every indication points us to the northern Pole. It was in Aîrân-Vej, 2 the Persian Eden, and this we have already found. It was at the source of all waters, the north polar fountain of Ardvî-Sûra. 3 It was begirt with the starry girdle of the zodiacal constellations, which identifies it with the axis of the world. 4 It grew on "the highest height of Harâ-berezaiti," 5 and this is the celestial mountain at the Pole. Finally, although Grill mistakenly makes the Chinvat bridge "correspond with the Milky Way and the rainbow," he nevertheless correctly discerns some relationship between Chinvat and the Persian Tree of Life. 1 By this identification we are again brought to the one unmistakable location toward which all lines of evidence perpetually converge.
The Aryans of India, as early as in the far-off Vedic age, had also their World-tree, which yielded the gods their soma, the drink which maintains immortality. As we should anticipate, its roots are in the Underworld of Yama at the hidden pole, its top in the north polar heaven of the gods, its body is the sustaining axis of the universe. 2 Weber long ago expressly identified it with the World-ash of the Edda; 3 and Kuhn, 4 Senart, 5 and all the more recent writers accept without question the identification. Grill's interesting sketch of the historic developments of the myth may be seen in the Appendix to this volume. 6 Some of the late traces of it in Hindu art betray the ancient conception of the Pole as a means of ascent to heaven, a bridge of souls and of the gods, a stair substituted for the slippery pillar up which the Tauist emperor vainly sought to climb. 1
Among the Greeks 2 it is more than probable that the "holy palm" in Delos, on which Lêtô laid hold at the birth of Apollo, represents the same mythical World-tree. If so, and if we follow Hecatæus in locating the scene, we shall be brought to the Arctic Pole. 3 The eternally flourishing olive of Athênê (Euripides, Ion 1433) seems also but another form of the holy palm, and this in some of its descriptions brings us again to the land of the Hyperboreans. 1 In the Garden of the Hesperides, the tree which bore the golden apples was unquestionably the Tree of Paradise; but following Æschylus, Pherecydes, and Apollodorus, we must place it in the farthest North, beyond the Rhipæan mountains. 2 Traces of the same mythical conception among the Romans are presented by Kuhn. 3
The sacred tree of the Buddhists figures largely in their sculpture. An elaborate specimen representation may be seen on the well-known Sanchi Tope. One inconspicuous feature in the representation has often puzzled observers. Almost invariably, at the very top of the tree we find a little umbrella. So universal is this that its absence occasions remark. 4 This little piece of symbolism has a curious value. In Buddhist mythological art the umbrella symbolizes the north polar heaven of the gods, 5 and by attaching it to the tip of the sacred tree the ancient sculptors of this faith unmistakably showed the cosmical character and axial position of that to which it was attached.
But this cosmic tree was the mythical Bôdhi tree, the Tree of Wisdom,—
                          "Beneath whose leaves
It was ordained that Truth should come to Buddh." 6
Its location is in "the Middle of the Earth." 1 Notwithstanding his doctrine of an African origin of mankind, Gerald Massey says, "In the legendary life of Gautama, Buddha is described as having to pass over the celestial water to reach Nirvana, which is the land of the Bôdhi Tree of Life and Knowledge. He was unable to cross from one bank to the other, but the spirit of the Bôdhi tree stretched out its arms to him and helped him over in safety. By aid of this tree he attained the summit of wisdom and immortal life. It is the same Tree of the Pole and of Paradise all mythology through. The Tree of the Guarani garden, the Hebrew Eden, the Hindu Jambu-dwîpa, is likewise the Tree of Nirvana. This final application of the imagery proves its origin. The realm of rest was first seen at the polar centre of the revolving stars." 2
The ancient Germans called their World-tree the Irmensul, i.e., "Heaven-pillar." Grimm speaks of its close relationship with the Norse Yggdrasil, and ends his high authority to the view that it was simply a mythical expression of the idea of the world's axis. 1 The same view was advanced still earlier by the distinguished Icelandic mythographer, Finn Magnusen. 2 How profoundly the myth affected mediæval Christian art is illustrated in many places, among the rest in the sculptures on the south portal of the Baptistery at Parma. 3 It is also not without a deep significance that "in the mediæval legend of Seth's visit to the Garden of Eden, to obtain for his dying father the Oil of Compassion, the Tree of Life which he saw lifted its top to heaven and sent its root to hell;" 4 and that on the crucifixion of Christ, himself the
"Arbor, quæ ab initio posita est,"
this cosmical Tree of the Garden died, and became the "Arbre Sec" of mediæval story. 5 The Paradise-tree of the Chinese Tauists is also a World-tree. It is found in the centre of the enchanting Garden of the Gods on the summit of the polar Kwen-lun. Its name is Tong, and its location is further defined by the expression that it grows "hard by the closed Gate of Heaven." 1 As in many of the ancient religions, the mount on which, after the Flood, the ark rested was considered the same as that from which in the beginning the first man came forth, it is not strange to find the tree on the top of the mountain of Paradise remembered in some of the legends of the Deluge. In the Tauist legend it seems to take the place of the ark. Thus we are told that "one extraordinary antediluvian saved his life by climbing up a mountain, and there and then, in the manner of birds plaiting a nest, he passed his days on a tree, whilst all the country below him was one sheet of water. He afterwards lived to a very old age, and could testify to his late posterity that a whole race of human beings had been swept from the face of the earth." 2
It is at least suggestive to find this same idea of salvation from a universal deluge by means of a miraculous tree growing on the top of the divine Mountain of the North among the Navajo Indians of our own country. Speaking of the men of the world before our own, and of the warning they had received of the approaching flood, their legends go on: "Then they took soil from all the four corner mountains of the world, and placed it on top of the mountain that stood in the North; and thither they all went, including the people of the mountains, the salt-woman, and such animals as then lived in the third world. When the soil was laid on the mountain, the latter began to grow higher and higher, but the waters continued to rise, and the people climbed upwards to escape the flood. At length the mountain ceased to grow, and they planted on the summit a great reed, into the hollow of which they all entered. The reed grew every night, but did not grow in the daytime; and this is the reason why the reed grows in joints to this day: the hollow internodes show where it grew by night, and the solid nodes show where it rested by day. Thus the waters gained on them in the daytime. The turkey was the last to take refuge in the reed, and he was therefore at the bottom. When the waters rose high enough to wet the turkey, they all knew that danger was near. Often did the waves wash the end of his tail, and it is for this reason that the tips of the turkey's tail-feathers are to this day lighter than the rest of his plumage. At the end of the fourth night from the time it was planted the reed had grown up to the floor of the fourth world, and here they found a hole through which they passed to the surface." 1
The opening sentence of the above citation gives us a topography exactly corresponding to Mount Meru, the Hindu "mountain of the North," with its "four corner mountains of the world," in the four opposite points of the horizon. Moreover, in the Deluge myths of the Hindus, as in this of the Navajos, it was over this central mountain that the survivors of that world-destruction found deliverance. However explained, the coincidences are remarkable.
In Keltic tradition the Tree of Paradise is represented by the tree which bore golden apples in Avalon. But Avalon is always represented as an island in the far North, and its "loadstone castle" self-evidently connects it with the region of the magnetic Pole. 1
In the ancient epic of the Finns, the Kalevala, we see the World-tree of another people. If any doubt could rise as to its position in the universe, the constellation of the Great Bear in its top would suffice to remove it. 2
Thus the sacred trees, like the sacred waters, of every ancient people invariably conduct the investigator to lands outside the historic habitats of the peoples in question, and ever to one and the same primeval home-country, the land of light and glory at the Arctic Pole.

William Warren, Paradise Found. The Cradle of the Human Race at the North Pole 1885

Au-delà de Thulé


Extrait de la Bibliothèque de PHOTIUS

DES CHOSES INCROYABLES Que l'on voit au-delà de Thulé, en xxiv livres, par Antoine Diogène.

 
Nous avons lu les XXIV livres des Choses Incroyables que l'on voit au-delà de Thulé, par Antoine Diogène. Ce sont des récits fabuleux; le style unit la netteté à la clarté, et présente rarement quelque obscurité ; les digressions nombreuses, et les réflexions dont elles sont semées, en rendent la lecture d'autant plus agréable, que l'auteur a su donner un grand air de vérité à cette foule d'aventures incroyables qui se succèdent rapidement, et qui sont disposées dans un ordre heureux.
L'auteur introduit d'abord un Arcadien, nommé Dinias, qui, errant avec son fils Démocharès, loin de sa patrie, pour acquérir des connaissances et satisfaire sa curiosité (2), s'embarque sur le Pont-Euxin, traverse la mer Caspienne et Hyrcanienne, arrive au pied des monts Riphées, et aux bouches du Tanaïs. Là, ces deux voyageurs, forcés par la rigueur du climat de changer de route, se détournent vers l'Océan scythique, entrent dans l'Océan oriental & s'avancent jusques aux Portes du jour ; ils côtoient ensuite, dans tout son contour, la mer extérieure (3) ; et, après de longs circuits, pendant lesquels ils s'associent trois compagnons de voyage, Carmanès, Méniscus, Azulis, ils abordent enfin à l'île de Thulé,[1] où ils se reposent, pendant quelque temps, de leurs fatigues. Dinias, pendant son séjour dans l'île, devient amoureux de Dercyllis, jeune Tyrienne, d'une naissance distinguée, qui se trouvait alors à Thulé avec son frère Mantinias. Dans les fréquents entretiens qu'ils ont ensemble, elle lui raconte comment un prêtre égyptien, nommé Paapis, dont la patrie venait d'être dévastée, se réfugia à Tyr ; comment il y fut accueilli chez ses parents, qui exercèrent envers lui tous les devoirs de l'hospitalité; comment, après s'être d'abord montré sensible aux bienfaits de toute la famille, il finit par accabler de maux le père et les enfants. Obligée de prendre la fuite avec son frère, elle est successivement portée à Rhodes, en Crète, chez les Tyrrhéniens et chez les peuples qu'on nomme Cymmériens. Chez ces derniers, elle visite les enfers, y reconnaît Myrtha, l'une de ses suivantes, morte depuis longtemps, et apprend d'elle une partie de ce qui se passe dans l'empire des ombres.
Tout cela fournit la matière des premiers récits que Dinias fait à Cymbas. Celui-ci avait été député à Tyr par le peuple entier d'Arcadie, pour engager Dinias à retourner dans sa patrie ; mais, l'âge empêchant ce dernier de se rendre à cette invitation, on lui fait raconter tout ce qu'il a vu dans ses voyages, et tout ce que d'autres témoins oculaires lui ont appris. Il n'oublie pas ce que Dercyllis lui a raconté dans l'île de Thulé, c'est-à-dire ses premiers voyages, dont il a été déjà question; sa séparation d'avec son frère; son retour des enfers avec Ceryllus et Astræus ; la visite au tombeau de Sirène ; ce qu'Astræus avait entendu dire à Phylotis, touchant Pythagore et Mnésarque (4), et ce qu'il avait appris de lui, touchant l'apparition fabuleuse de ses frères.
Dinias passe aux nouvelles aventures de Dercyllis et de sa suite; ils abordent à une ville d'Ibérie (Espagne), dont les habitants sont privés de la vue pendant le jour, et la recouvrent pendant la nuit. Astræus, par les sons de sa flûte, met en déroute les ennemis de ce peuple. Ils partent, comblés de bénédictions, et arrivent chez les Celtes, peuple cruel et fou. Bientôt ils fuient sur des chevaux qui changent de couleur et qui donnent lieu à plus d'une aventure. Ils passent en Aquitaine où l'on accueille avec distinction Dercyllis et Ceryllus, mais surtout Astræus, dont les yeux, croissant et décroissant avec la lune, indiquent, par leurs phases, le moment précis où chacun des deux rois du pays doit, selon l'accord fait entre eux, monter alternativement sur le trône, ce qui met fin aux longues querelles de ces rois, et remplit d'allégresse les habitants. Dinias raconte ensuite les autres choses que Dercyllis avait vues, et les nouveaux malheurs auxquels elle avait été en proie ; son arrivée chez les Artabres (5), dont les femmes vont à la guerre, tandis que les hommes gardent la maison et s'occupent des soins du ménage ; les aventures de Dercyllis et de Ceryllus dans les Asturies ; les aventures particulières d'Astræus ; comment les deux premiers ayant échappé, contre toute espérance, aux nombreux périls qu'ils avaient courus chez ces peuples, l'un d'eux, Ceryllus, ne put se soustraire à la peine qui lui était due pour un crime dont il s'était autrefois rendu coupable, et fut coupé par morceaux.
Après cela, Dinias rend compte de ce que Dercyllis vit en Italie et en Sicile ; à Ério, ville de Sicile, elle est prise et envoyée à Sænisidème, qui régnait alors sur les Léontins. Elle rencontre à la cour de ce tyran le scélérat Paapis; mais, dans son malheur, une consolation inattendue lui est offerte, Mantinias lui est rendu. Celui-ci raconte à sa sœur tout ce que les hommes, les animaux, le soleil même et la lune, les plantes, les îles, lui ont montré d'étonnant et de merveilleux dans ses longues courses, ce qui devient pour Dinias une source intarissable de récits fabuleux qu'il fait à son tour à l’Arcadien Cymbas.
On voit ensuite que Dercyllis et Mantinias, en quittant le pays des Léontins, pour se rendre à Rhégium, enlèvent à Paapis une petite besace qui contenait quelques livres et une petite boîte pleine de racines. De Rhé-gium, ils passent à Métaponte, où Astræus les rejoint, et les avertit que Paapis est à leur poursuite. Ils suivent Astræus chez les Thraces et les Massagètes, auprès de Zamolxis, disciple comme lui de Pythagore. (6)
Les aventures du voyage trouvent ici leur place ainsi que l'entrevue d'Astræus et de Zamolxis, qui était déjà considéré comme un dieu parmi les Gètes, et les grâces que Dercyllis et Mantinias demandèrent à Zamolxis, par l'entremise d'Astræus. Un oracle leur apprend que le Destin les appelle à Thulé, et qu'ils ne reverront leur patrie qu'après une longue suite d'infortunes ; après avoir expié le crime, quoique involontaire, qu'ils ont commis envers leurs parents, et après être morts et ressuscités alternativement, morts pendant le jour, et rendus à la vie pendant la nuit.
Pour se conformer à l'oracle, ils partent, laissant auprès de Zamolxis Astræus, qui jouissait déjà d'une grande considération chez les Gètes. (7) Dans le pays dominé par Borée, ils sont témoins de beaucoup de prodiges, et en apprennent beaucoup d'autres. Dinias à qui Dercyllis a raconté toutes ces choses, pendant son séjour à Thulé, en rend compte à Cymbas. Il lui dit comment Paapis, s'étant mis à la poursuite de Dercyllis et de son frère, les rejoignit, dans cette île ; comment, par une opération magique, en leur crachant au milieu du visage, il leur ôtait la vie chaque matin, pour la leur rendre à l'entrée de la nuit ; comment un habitant de l'île, nommé Thruscanus, qui aimait Dercyllis, la voyant tomber morte par l'effet de l'enchantement, en conçut une vive douleur, fondit sur Paapis, le tua, et mit ainsi un terme aux longues souffrances de nos Tyriens ; comment enfin Thruscanus, persuadé que Dercyllis était réellement morte, se tua sur le corps de celle-ci. Dinias, pendant son séjour dans l'île de Thulé, avait entendu raconter tout cela à Dercyllis, ainsi que beaucoup d'autres aventures semblables, telles que les circonstances qui avaient accompagné et suivi leurs funérailles ; les amours de Mantinias et les événements auxquels elles donnèrent lieu. Il les raconte à son tour à Cymbas.
Ici finit le vingt-troisième livre des Choses incroyables que l’on voit au delà de Thulé. Ce qui concerne cette île occupe fort peu d'espace, on en dit seulement quelques mots vers le commencement de l'ouvrage.
Dans le vingt-quatrième livre Dinias redit à Cymbas ce qu'il a entendu conter à Azulis. Ce dernier trouve dans la besace que les deux Tyriens avaient enlevée à Paapis, et qu'ils avaient emportée avec eux, le mode qu'avait suivi ce prêtre scélérat pour les faire passer alternativement de la vie à la mort, de la mort à la vie, et le moyen qu'il fallait employer pour détruire cet enchantement. Il y découvre encore la marche que doivent suivre Dercyllis et Mantinias, pour retirer leurs parents de ce long sommeil de mort dans lequel ils les avaient plongés depuis si longtemps, à l'instigation de Paapis, et dans la ferme persuasion où ils étaient qu'il en résulterait pour eux un grand bien.
Dercyllis et Mantinias, délivrés par les soins d'Azulis, se hâtent de regagner leur patrie, pour rendre à la vie les auteurs de leurs jours. Après le départ d'Azulis, Dinias, Carmanès et Méniscus continuent leurs courses au delà de Thulé ; ce qui fournit à Dinias l'occasion, de raconter à Cymbas tout ce qu'il a vu d'extraordinaire dans ce nouveau voyage. Il prétend avoir vérifié, de ses propres yeux, plusieurs faits avancés par les astronomes ; par exemple, que certains peuples peuvent habiter sous l'Ourse et l'avoir au-dessus de leur tête ; qu'il y a des nuits d'un mois, de six mois, plus ou moins, et enfin d'un an, que la durée des jours correspond à celle des nuits, et plusieurs autres faits semblables.
Il raconte ensuite des choses si étonnantes sur les hommes qu'il a vus et sur les prodiges dont il prétend avoir été témoin, que non seulement personne ne s'est jamais vanté d'en avoir tant vu, mais que même l'imagination n'en a jamais forgé de pareilles. Mais la chose la plus incroyable dans ces récits, c'est qu'il assure qu'en avançant vers le Nord, ils s'approchèrent de la Lune, qui leur parut une terre absolument nue, et qu'ils y virent tout ce que devait naturellement y voir un homme qui a déjà fabriqué tant de mensonges. On voit ensuite que la Sibylle apprit de Carmanès l'art de la divination ; qu'après cela chacun fit des vœux particuliers qui furent tous exaucés ; que Dinias, après s'être endormi profondément, se vit, à son réveil, transporté à Tyr, dans le temple d'Hercule, et qu'il y retrouva Dercyllis et Mantinias, qui avaient déjà délivré leurs parents du sommeil, ou plutôt de la mort. Les uns et les autres jouissaient d'une bonne santé et d'un sort prospère.
Dinias, ayant terminé ces récits, présente à Cymbas des tablettes de cyprès, et l'invite à faire mettre par écrit tout ce qu'il vient de lui raconter, par l'Athénien Erasinidès, qui était à sa suite et qui avait les talents nécessaires pour remplir dignement cet office ; en même temps il leur montre Dercyllis qui avait apporté elle-même les tablettes ; il ordonne ensuite que ces récits soient retracés sur deux tablettes différentes, dont l’une restera entre ses mains, et dont l'autre, enfermée dans une cassette, sera déposée par Dercyllis près de son tombeau, quand elle croira que l'heure de sa mort est venue.

 On a vu que Diogène, surnommé Antoine, a mis tous ces récits merveilleux dans la bouche de Dinias ; cependant il écrit à Faustinus qu'il a recueilli soigneusement les Choses incroyables que l’on voit au-delà de Thulé, et qu'il les adresse à sa sœur Isidore qui a beaucoup de goût pour l'érudition. Il se qualifie poète de l'ancienne comédie (8); il ajoute que la plus grande partie des fictions et des choses incroyables que renferment ces récits, est appuyée sur des témoignages anciens, sur des traditions qu'il n'a fait qu'extraire à grands frais. En effet, pour donner plus de poids aux merveilles qu'il raconte, il a soin dénommer, à la tête de chaque livre, ceux qui lui ont fourni des matériaux. L'ouvrage est précédé d'une épître à sa sœur Isidore; l'auteur lui fait hommage de son livre, et cependant cette épître dédicatoire contient une autre lettre que Balagrus (9) adresse à sa: femme Phila, sœur d'Antipater, Balagrus lui écrit qu'après la prise de Tyr, par Alexandre, lorsqu'une partie de la ville était déjà livrée aux flammes, un soldat vint trouver le roi de Macédoine et lui promit de lui indiquer quelque chose d'étrange et de surprenant, s'il voulait sortir hors des murailles de la ville. Le roi, accompagné d'Héphæstion et de Parménion, suit le soldat, et bientôt il arrive à des tombeaux de pierre, souterrains. Sur l'un était écrit : Lysilla a vécu XXXV ans; sur un autre on lisait : Mnason, fils de Mantinias, a vécu LXVI ans, après en avoir déjà vécu LXXI (10); le troisième partait cette inscription : Aristion, fille de Philoclès, a vécu XLVII ans, après en avoir déjà vécu LII ; sur le quatrième était écrit ; Mantinias, fils de Mnason, a vécu XLII ans, et DCCLX nuits ; sur le cinquième : Dercyllis, fille de Mnason, a vécu XXXIX ans et DCCLX nuits ; on lisait enfin sur le sixième : Dïnias, Arcadien, a vécu CXXV ans. La première de ces inscriptions était fort claire, mais ils étaient embarrassés sur le sens des suivantes, lorsqu'ils aperçurent, près du mur, une petite cassette de cyprès, sur laquelle était écrit: Etranger, QUI QUE TU SOIS, OUVRE, ET TES DOUTES SERONT éclaircis.
Alexandre fait ouvrir la cassette et y trouve les tablettes de cyprès que Dercyllis y avait déposées pour se conformer aux ordres de Dinias. Voilà ce que Balagrus écrit à sa femme, et comme il lui annonce une copie de ces tablettes, on raconte comment on les a lues, comment on les a transcrites, et l'on met dans la bouche de Dinias tous les récits dont nous avons déjà parlé.
Tel est le plan et la contexture du. roman d'Antoine Diogène, Ce romancier paraît être le plus ancien de tous ceux qui ont couru la même carrière, tels que Lucien, Lucius, Jamblique, Achilles Tatius, Héliodore.et Damascius. Son histoire fabuleuse semble même avoir été la source où Lucien a puisé son Histoire véritable, et Lucius ses Métamorphoses. Bien plus, Dercyllis, Ceryllus, Thruscanus, Dinias paraissent avoir fourni le modèle, d'après lequel on nous a peint ensuite Sinonis et Rhodanes, Leucippe et Clitophon, Théagène et Chariclée, ainsi que leurs aventures, leurs courses errantes, leurs amours, leurs enlèvements et leurs périls. Mais nous ne. pouvons fixer d'une manière positive le temps auquel florissait ce père des récits merveilleux ; cependant il est probable qu'il était peu éloigné de celui d'Alexandre (11), puisqu'il fait mention d'un certain Antiphanes qui, longtemps avant lui, s’était amusé à débiter des contes pareils. Du reste, les fictions de Diogène, et celles qui lui ressemblent, nous fournissent deux leçons fort utiles. La première, c'est que le coupable a beau échapper mille fois à la peine qui le poursuit, elle finit toujours par l'atteindre ; la seconde, c'est qu'on y voit beaucoup d'innocents sauvés au moment même où les plus grands dangers les menacent.

Vous pouvez consulter les notes très érudites de l´édition de S. CHARDON DE LA ROCHETTE sur
http://remacle.org/bloodwolf/erudits/photius/diogene.htm