viernes, 25 de febrero de 2011

Manger les pieds, manger les seins




"L'intérêt porté sur les pieds en tant que substitut de l'organe masculin a réveillé également sa conscience féminine. Le moi prend une attitude passive féminine vis-à-vis du sur- moi et de même qu'il exerce une action sadique contre la verge
qu'il anesthésie, il exerce une action sadique sur les zones féminines érotisées, Lorsque son moi s'identifie avec sa partie féminine , il devient masochiste, « Le contact du pied avec quelque chose 'de rugueux ou de poussiéreux m'excite toujours », Il aime l'idée des cailloux ou des morceaux de bois qui entrent dans la plante du pied nu. a Les pieds sont comme des femmes qu'il faut traîner dans la boue ». Un autre jour il dit : « Je vois souvent des femmes nues, exhibées attachées ; leur souffrance est plus morale que physique. L'excitation provient alors de l'idée de violer leur pudeur. Le besoin de réagir contre la pudeur des sexes m'oblige à aimer l'exhibition de la femme ».

Il semble que Robert éprouve de la jouissance à être féminisé. De même que l`éjaculation se produit quand il a désinvesti ses organes génitaux de toute libido pour en investir au contraire le reste de son corps, de même l'idée de privation est
essentielle dans le fétichisme de ses pieds, pour qu'il puisse arriver à une jouissance.

« Pour que la privation m'excite, dît-il, il faut, qu'elle soit constante, naturelle et partielle. Les femmes nues hindoues ne m'impressionnent pas. Elles sont trop nues, il n'y a pas privation d'une partie spéciale. Mes sœurs, au contraire,
étaient privées de façon permanente (d'un pénis). Les pieds nus : des gravures du xviri* siècle m'impressionnent parce qu'il y a privation constante et partielle. C'est l'idée de cette privation qui me fait jouir ». Un autre jour, il dit : « J'ai aussi eu l'idée que le membre viril était de trop, qu'il serait plus commode de ne pas avoir de sexualité* J'ai vu un prêtre hindou qui s'était châtré », Ou une autre fois : « J'ai considéré que l`idéal était de ne pas avoir d'organes génitaux, alors ils ont repoussé partout. Le transfert sur les pieds s'est fait parce que j'espérais devenir comme mes sœurs », « .«.Mes organes me paraissent surajoutés, colles après coup », « >,,Ma verge éveille toujours une idée féminine* Quand je pense à ma verge, je me dis toujours « ça » ou « elle », Mes pieds et ma tête sont féminins, ma jambe est quelque chose de masculin ».

L'idée de l`identification avec la femme devient encore plus explicite dans cette association : « L'homme nus -pieds ne m'excite que rarement parce qu'il est fort et qu'il peut repousser les cailloux ». Il ne faut pas oublier que dans le monstre
il y a une équivalence entre les pieds et les seins et qu'une partie du sadisme dirigé contre les pieds est aussi dirigée contre les seins. Parfois Robert a des envies de faire mal aux seins de sa femme, de les mordre ou des les arracher. Il a
aussi le désir de voir les seins nus des femmes, mais leur vue l'excite moins que celle des pieds. Même pour la plante du pied se manifeste l'ambivalence- hermaphrodite.

« Enfant, dit-il, j'avais cette idée que l'homme avait trois jambes tandis que la femme n'en avait que deux. Il se pourrait bien que j'aie identifié la jambe au pénis et la plante du pied au gland, La plante du pied est la seule partie cachée
chez certains nègres »...

De même, il dira une autre fois : « Le gland _ éveille chez moi quelque chose de féminin- Ça a la forme d'un petit pain fendu en deux. C'est comme les grandes lèvres d'une petite fille. Souvenir infantile de mes sœurs ».

Par cette analogie de la plante du pied et du gland, nous entrons plus avant dans l'idée de masturbation.

" Je me demande, dit-il si les idées de masturbation ne sont pas chez moi des formes de castration. Il y a l'idée d'user la verge, de la broyer jusqu'à ce qu'elle disparaisse et ces mêmes idées je les ai pour mes pieds. Mettre la verge entre
les orteils est peut-être un transfert pour la mettre entre les doigts, ce qui était défendu. C'est une masturbation refoulée et déplacée ».

« Quand je suis pieds nus, je cherche un équilibre entre un terrain dur et un terrain mou, entre l'usure et l'endurcissement, entre la masturbation et la castration. »

Les pulsions sadiques dirigées contre le pied nous apportent aussi un reflet de la phase anale. Le pied est non seulement un déplacement du pénis , mais encore de la colonne fécale. « J'ai essayé de me meurtrir les pieds," de les fustiger
avec des baguettes. À ce moment je considérais que le pied ne m appartenait plus. Mais ce qui me 'frappe, c'est, que le pied lui-même ne m'excite pas tant, ce sont plutôt les circonstances qui amènent l'excitation -Les pieds ne m'intéressent que parce qu'ils sortent de quelque chose, d'une marge, d'une limite* Ça fait penser à l'avarice, ce qui est au-delà de la limite ne m'appartient plus ». « La limite de la jupe, c'est la limite de castration. L'acte de châtrer est sadique ; il doit se faire au-delà d'une certaine limite. Les pieds nus sortant d'un pantalon ne m'impressionnent guère. La jupe qui marque les jambes et qui a l'air de les relier l'une à l'autre a dû jouer un rôle énorme, elle a l'air de quelque chose de simple, quand on l'enlève on est en face d'une dualité. Et puis la fente remonte plus haut qu'on ne croit ».

« J'ai eu le fantasme de manger les pieds, manger les seins> Longtemps j'ai cru que le sein représentait l'organe féminin. Je Sens que tout ce sadisme est primitivement dirigé contre ma mère. J'avais vu ses jambes et sa poitrine mais je n'avais
pas vu la ceinture. J'étais eu colère contre les parties que' je voyais, que j'aurais voulu détruire pour voir le reste ».

Cette tendance à investir d'une libido sadique anale tous les symboles génitaux, semble s'être développée vers 6 ans, Tandis qu'à 13 ans Robert réprimait tant qu'il pouvait sa sexualité et qu'il était devenu très pudibond, à 16 ans il devient grossier et prend plaisir à dire et faire toutes sortes de saletés. Il lit les ouvrages de Rabelais, essaie de dégoûter ; les gens qui mangent, devient colérique et agressif. Il s'intéresse à ses défécations. Vers 18 ans, la sphère anale ayant
été par trop érotisée, il va lutter contre elle et en employant les mêmes procédés que dans sa lutte contre l'onanisme. Au lieu de déféquer en se penchant en avant, il se penche en arrière et se raidit tant qu'il peut.

«Quand il y a un morceau de matière qui sort de l'anus, il y "a une raison de tendre sa musculature. C'est un peu cela qui se passe avec la marge de perversion ».

Déjà dans l'enfance il s'est établi un rapport entre le pied et les fantaisies anales ;

« Quand j'avais huit ans, j'ai passé huit jours dans un pensionnat de jeunes filles. Biles se baignaient souvent et j'avais vu que chez quelques-unes la plante des pieds était jaunie. Ça m'avait un peu dégoûté. J'avais rapproché cela de la mort, de la mortification. Cette mortification est liée à l`onanisme, elle n'est pas seulement une idée péjorative, elle est liée à l'ascétisme », ,

De toutes ces associations nous pouvons tirer quelques conclusions importantes. Tout d'abord, nous trouvons ici une confirmation éclatante de la théorie de Freud que le fétiche -est un reste de l'idée infantile que la mère possède aussi un
pénis (voir Freud : Fétichisme).

Dans le traumatisme initial, Robert n`a pas pu voir le pénis /de sa mère, mais nous avons déjà dit qu*il est probable qu'il a vu sa jambe et celle-ci a été homologuée au pénis supposé. De même plus tard, lorsqu'il vit sa mère nue jusqu'à la cein-
ture, faire sa toilette devant lui, il a pris les seins pour l'équivalent du membre viril.

L`idée que le père dans l'acte châtrait la mère a éveillé chez Robert le désir de détruire la jambe ou le sein qui dépassait le jupon ou la taille. D'où ce sadisme précoce qui ensuite s`est retourné contre son fétiche. Enfin dans de multiples
fantaisies que nous n'avons pas toutes citées et sur lesquelles nous reviendrons plus loin, Robert veut manger son fétiche pour pouvoir le détruire. Nous voyons par différentes associations précédentes la castration opérée de façon anale et le
plaisir sadique à anéantir le substitut du pénis supposé de sa mère.

Réduire l'organe de la mère (auquel s'est probablement associée l'idée de l'organe du père) à des matières fécales, à un membre mort, voilà le désir de Robert , mais ce vœu sadique ne peut s'accomplir sans la punition du surmoi qui impose une attitude de tension à la défécation et une autocastration. Les sentiments de culpabilité associés à cette fantaisie provoquent également une constipation chronique avec céphalée..."

Fragments d`analyse d`un pervers sexuel
REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE 1929

miércoles, 23 de febrero de 2011

L`éléphant de Henri IV



Henri IV croyait être le premier roi de France qui eût possédé un éléphant. Il n'avait point entendu parler de l'éléphant que le calife Haroûn ar-Rachîd envoya à Charlemagne en 802 et dont les annalistes contemporains ont soigneusement enregistré le nom, Abulabaz, et dont ils ont mentionné la mort comme un des événe-
ments importants de l'année 81 01. Il ignorait aussi que saint Louis avait offert un éléphant a Henri III, roi d'Angleterre, vers l'année 1255, c'est-à-dire immédiatement après le retour de la croisade. Mathieu de Paris, qui n'a point négligé d'enregistrer le fait dans sa Grande chronique, ajoute cette observation : « Nous ne croyons pas qu'on eût jamais vu d'éléphant en Angleterre, ni même en deçà des Alpes. Aussi les populations se pressaient-elles pour jouir d'un spectacle aussi nouveau. »

Sous le règne de Louis XIII, l'arrivée d'un éléphant en France était encore considérée comme un notable incident. Il en vint un à Paris dans le cours de l'année 1626. Peiresc, alors fixé dans la ville d'Aix, regretta vivement de ne pouvoir pas l'examiner. Le bruit de la mort de cet animal, qui s'était répandu pendant le mois de décembre, ne tarda pas à être démenti. Peiresc ne fut pas le dernier à se réjouir de cette bonne nouvelle. Il aurait voulu qu'on profitât de l'occasion pour peindre la bête, pour en étudier le naturel et surtout pour en faire l'anatomie, s'il venait à mourir en France. Il écrit à Dupuy, le 4 janvier 1627, pour lui dire qu'il avait « esté bien aise d'entendre que l'éléphant n'estoit pas « mort. Mais, ajoute-t-il, je le serois dadvantage si j'apprenois « que quelque brave peinctre entreprinst de le bien desseigner, et « que quelque grand naturaliste entreprinst de le voir et observer « souvent, et d'en descrire exactement le naturel, et surtout de « sçavoir s'il se vérifie qu'il entende si facilement comme on diet « le jargon de son interprète. M. Tavernier ledebvroit faire tail- « 1er en belle taille doulce, non seulement tout entier, mais les « principaulx membres à part, et, s'il se laissoit mourir, il méri- « teroit bien de passer par l'anatomie de quelques galants hommes « et bien curieux. »

Peiresc revient sur ce sujet dans une lettre du mois de février 1627, où il parle des études à faire pour contrôler les observations consignées dans le traité de Pierre Gilles, intitulé : Elephanti descriptio, et pour vérifier l'exactitude des peintures antiques sur lesquelles se voyaient des représentations d'éléphants.

J'ay escript à Lyon pour voir si cette édition ďElian s'y trouveroit, où est le traicté de l'éléphant de Gillius, que je n'ay poinct veu.. .

Si M. Rubens a trouvé à redire à la grandeur des oreilles dans les peintures ordinaires, ce ne sera pas sans en avoir luy-mesmes faict un dessein mieux proportionné pour ce regard. Je vouldrois bien que vous eussiez veu les portraicts qui ont esté tirez des peinctures antiques de Rome où sont représentez divers animaulx estranges, et entr'autres des éléphants, qui semblent avoir les oreilles beaucoup plus petites que ceux que Ton peinct aujourd'hui, que j'estime avoir esté fort exactement desseignez sur les animaulx mesmes en leur temps, et sont tirez de certaines grottes de bains qui estoient prez du Vivarium de Rome, où se gardoient toutes les bestes sauvages plus estranges. Ces peintures furent descouvertes l'an 4547 et imprimées en taille doulce, en trois grandes planches, qui se trouvent dans les recueils de ces grandes images des Antiquitez de Rome... Et serois bien aisé que, aprez avoir veu ces images, vous eussiez reveu l'éléphant vivant, pour voir si vous y trouveriez des actions et postures qui reviennent à celles des dictes peintures, et specialment pour l'es- lévement ou arrection des oreilles ou rabbaissement d'icelles et maniement des jambes...

Quelque temps après, en 1631, le même éléphant revint en France. Il était à peine débarqué à Toulon que Peiresc décida le maître de l'animal à lui faire une visite dont il profita pour examiner l'éléphant avec tout le soin et l'intérêt qu'on pouvait attendre d'un naturaliste aussi curieux et aussi perspicace.

Gassendi3 nous a conservé le souvenir des attentions dont l'éléphant fut l'objet pendant les journées qu'il passa à Belgencier. Nous possédons en outre la lettre adressée à Dupuy, dans laquelle Peiresc lui-même rend compte d'une partie des observations qu'il fit durant la trop courte visite de cet hôte extraordinaire. Il en examina particulièrement la mâchoire, ce qui l'amena à reconnaître la véritable origine ď une dent qui lui avait été envoyée d'Afrique et qu'on disait avoir été trouvée dans la sépulture du prétendu géant Theutobochus, aux environs de Tunis ou d'Utique.

Je ne sçay si je ne vous ay poinct mandé que j'eus la curiosité de voir cet éléphant que vous avez veu là (à Paris), quelques années y a, lequel on ramenoit d'Italie. Il vint passer par icy, où il fut troys jours, durant lesquels je consideray bien à mon aise et avec grand plaisir, ne rayant pas laissé eschapper de mes mains ou despaïser que je ne Гауе faict peser contre quelques six vingt boullets de canon. Il me cognoissoit desjà quasi comme son gouverneur, et je me lais- say porter jusques à ce poinct de curiosité, ou pour mieux dire de follie, que de luy mettre ma main dans la bouche et de luy manyer et empoigner une de ses dents maxillaires, pour en mieux reco- gnoistre la forme, et ne les ayant pas assez bien peu voir sans les toucher, à cause qu'en ouvrant la gueulle il les entrecouvroit avec sa langue. Or, ce fut pour vérifier, comme je fis, qu'elles estoient entièrement semblables de figure, bien que de moindre grandeur, avec la dent du prétendu géant de la coste de Thunis ou Utica...

Voilà une curieuse observation d'anatomie comparée, qui fait honneur à Peiresc et qui montre comment, au commencement du xviie siècle, des hommes éclairés savaient faire profiter la science des exhibitions d'animaux rares amenés en France par des bateleurs.

L. Delisle.

lunes, 21 de febrero de 2011

El Cipote de Archidona







La insólita y gloriosa hazaña del cipote de Archidona

de la correspondencia entre Camilo J. Cela y Antonio Canales



CARTA DE ALFONSO CANALES
(3/2/1972)
Querido Camilo José:
Con mucho gusto te relataré el incidente a que te
refieres en tu carta.
La cosa ha acaecido en Archidona, muy cerca de
donde se halla la célebre Peña de los Enamorados. Una
pareja -no consta que fueran novios formales- se
encontraba en el cine, deleitándose con la contemplación de
un filme musical. La música o las imágenes debían ser un
tanto excitantes, porque a ella, según tiene declarado, le dio
-no sabe cómo- el volunto de asirle a él la parte más
sensible de su físico. El cateto debía ser consentidor, pues
nada opuso a los vehementes deseos de su prójima. Dejóla
hacer complacido, sin previsión de las consecuencias que
habría de tener su regalada conducta.
Según parece, el manipulado, hombre robusto por
demás, era tan virgen como López Rodó o, al menos,
llevaba mucho tiempo domeñando sus instintos. El caso es
que, en arribando al trance de la meneanza, vomitó por
aquel caño tal cantidad de su hombría, y con tanta fuerza
que más parecía botella de champán, si no geiser de
Islandia.
Los espectadores de la fila trasera, y aun de la más
posterior, viéronse sorprendidos con una lluvia jupiterina, no
precisamente de oro. Aquel maná caía en pautados
chaparrones, sin que pareciera que fuese a escampar nunca.
Alguien llamó airadamente, identificando el producto e
increpando con soeces epítetos al que lo producía en
cantidades tan industriales.
Se hizo la luz. El cateto pensó que la tierra, en eso de
tragarse a los humanos, obra con una censurable falta de
oportunidad. Doblemente corrido, trataba en vano de
retornar a su nido la implacable regadera. Su colaboradora
ponía cara de santa Teresita de Lisieux, aunque con más
arrebol en las mejillas. Ambos fueron detenidos y
conducidos a la presencia judicial, lo que ocasionó que se
incoara el oportuno sumario por escándalo público, a falta
de otra tipificación más especificadora.
El juez hizo el ofrecimiento de acciones a los poluídos,
quienes no sólo quedaron enterados, sino que presentaron
justificantes de los daños y perjuicios. Un prestigioso
industrial incorporó a los autos la factura del sastre que
había confeccionado su terno, que devino inservible. Y una
señora, de lo más granado de la sociedad archidonense,
presentó la cuenta de la peluquería donde, al siguiente día,
hubo de hacerse lavar el cabello (el Fiscal no acaba de
explicarse cómo pudo pasar la noche sin un lavado casero
de urgencia).
Como primera providencia, puesto que así lo imponen
las reglas de la moral, los intérpretes del raro suceso han
contraído honesto matrimonio. ¡Gran equivocación!
Imagínate lo que hubieran podido prosperar, en cualquier
parte del mundo, tanto el prepotente poseedor de la
manguera como su eficaz partenaire.
La causa está ahora en trámite de calificación. Cuando
se dicte la sentencia, te proporcionaré una copia. Será un
documento acreditativo de las reservas, no meramente
espirituales, de nuestra recia estirpe.
Un fuerte abrazo



CARTA DE CAMILO J. CELA
(7/2/1972)
Querido Alfonso:
¡Bendito sea Dios Todopoderoso, que nos permite la
contemporaneidad con estos cipotes preconciliares y sus
riadas y aun cataratas fluyentes! Amén. ¡Viva España! ¡Cuán
grandes son los países en los que los carajos son procesados
por causa de siniestro! El suceso muy bien podría originar la
aparición de una frase adverbial aún no nacida -"como el
cipote de Archidona"- señaladora de óptima calidad y
desaforada cantidad. Te ruego que transmitas a la Excma.
Diputación Provincial de Málaga mi propuesta de que le sea
atribuído un homenaje de ámbito nacional al dueño de la
herramienta, honra y prez de la patria y espejo de patriotas.
Podría levantarse en su honor un monolito granítico con una
farola en la punta del haba -el falofaro de Archidona- visible
desde las costas de Africa; podrían editarse tarjetas postales
y fabricarse cipotillos de solapa; podría incluirse la
contemplación de tanta gloriosa prepotencia en el programa
de los cursos de verano para extranjeros.
¿Os dais cuenta los malagueños, mi querido Alfonso, de
lo didáctico que resultaría? ¡A qué lindes insospechadas de
progreso nos ha llevado el III Plan de Desarrollo y la sabia
política de nuestros beneméritos tecnócratas, a quienes Dios
guarde para mejor lección de todos! Entre nuestro común
amigo don Lupercio Leonardo de Argensola y yo hemos
compuesto, en loor del pijo histórico, el poema que paso a
copiarte:

SONETO
Claro cipote, cuya frente altiva
cubre de nubes tan tupido velo
que nos hace creer que en ella el cielo
y en sus cojones su razón estriba.
En ti mostró su boca vengativa
el gran león, forzado de su celo,
y en ti de voluntad empieza el vuelo
del goterón de leche en lavativa.
Hoy proclama la gloria de Archidona
que anegas con tus huevos a su gente
por tu fluidora pija perseguida.
Hoy el mundo en tu justo honor pregona
que salvo incordio, chancro o accidente,
no hay pija cual tu pija en esta vida.

Un abrazo de tu emocionado y viejo amigo


Muy buena reconstitución cinematográfica en
http://www.youtube.com/watch?v=y50ArUyLptg
http://www.youtube.com/watch?v=Bjnl3bTkOwo&NR=1

sábado, 19 de febrero de 2011

L`Empire de la Pétasse


L`EMPIRE DE LA PÉTASSE

Jadis la bourgeoise et la putain se partageaint des rôles bien définis: à l`une le convenable, à l`autre le vulgaire et le voyant. Mais le Second Empire en France véecut sous la hantise d`une confusion des codes, d`une gangrêne progressive du corps social par les bas-fonds: l`idée qu`une grisette puisse ressembler à une honnête bourgeoise terrifiait les consciences. Cette distinction s`est redistribuéee autrement de nos jours: la racoleuse est souvent chic et stricte, la mêre de famille aime s`habiller en traînée. On voit ainsi depuis deux décennies des dames, des jeunes filles déevoiler leur anatomie, rehausser leurs seins et leurs fesses, laisser le string sortir du pantalon, bref se donner des allures de hardeuses avec un naturel désarmant. Transfert de symboles: l`uniforme des professions véenales devient celui de la femme ordinaire. Déguisée en scandaleuse, celle-ci instaure l`hégémonie mondiale de la pétasse avec son corps saucissonné, ses formes soulignées à outrance. Le mot lui-même avec sa finale péjorative (...) tèmoigne de notre ambivalence à l`égard du phénomène: un peu de la réprobation attachée aux prostituées s`est reportée sur leurs parodies mondaines. Il ne signifie pas le sexy mais son exagération, son état hyperbolique.

Il est curieux que les femmes, ayant conquis leur indépendance, se constituent ainsi en objets de convoitise. Pourquoi afficher son patrimoine libidinal en public? Pour échapper à l`anonymat mais surtout pour dire: je suis torride, sur le chapitre des promesses sensuelles, vous ne me prendrez jamais en défaut. La pétasse conjoint les deux modèles de l`adolescente et de l`aguicheuse, jeunesse et expertise. Elle sous-tend dextérité d`alcôve, luxure radieuse. L`internationale des pétasses a d`ailleurs ses icônes: Britney Spears, Paris Hilton, Lady Gaga, Victoria Beckham, chipies dépoitraillées et futiles, porteuses d`une sous-culture de la féminité agressive. Cet affichage excentrique doit se comprendre comme une hésitation sur le genre. Le jeu sur les clichès n`est pas moins prégnant du côté des hommes: Rambo, Terminator et tous les caïds gonflès aux stéroïdes sont les symptômes d`une époque qui ne croit plus dans la virilité et doit surenchérir sur la grosseur du biceps et le volume des pectoraux. De même l`exaltation du machisme primaire dans certains milieux gays, l`obsession des bites dures, énormes, les accoutrements en policiers ou néo-nazis couverts de chaînes, coiffés de képis ont une dimenion parodique. Les grosses brutes bodybuildées, vêtues de pantalons hypermoulants ouverts devant et derrière ne sont pas des SS dèguisès mais des comédiens qui piêgent la virilité dans ses signes mêmes. La pouffiasse, le néo-macho, le travesti, le drag queen, la lesbienne butch fleurissent sur le dérèglement des rôles.

On aurait tort de croire la pétasse tombée dans les fureurs de Messaline. De même que les femmes d`autrefois n`étaient pas si honnêtes qu`elles en avaient l`air, celles d`aujourd`hui, harnachées, ne sont pas si délurées qu`on le croit (...). Le mauvais genre n`est pas toujous synonyme de fille facile. Il s`agit surtout de capter l`attention avec un sens de la mise en scêne, un talent dans l`étalage qui forcent le respect. Explosion mammaire, gonflement des lèvres, rondeurs callipyges, tatouages divers, tenues affriolantes ne proclament qu`une chose: regardez-moi. L`honorable ménagère, contrainte de s`accoutrer en roulure, est le martyr d`une époque qui a érigé le sexe en clef des comportements humains. (...) La péetasse toutefois est trop vraie pour être crèdible. Sa provocation ressembel à un pied de nez aux stéréotypes de la femme-objet qu`elle reconduit et désamorce en même temps. Elle fait de son corps le théâtre où les poncifs fleurissenet et dépérissent, superpose les masques pour n`être prisonnier d`aucun. L`indécent n`est pas moins énigmatique que le bon genre. La nouvelle femme est peut-être l`addition de toutes les figures apparues au cours de l`Histoire: beauté vénéneuse et vierge froide, vamp perverse et mère aimante, midinette et meneuse d`hommes, dépravation et tendresse mêlées de la même facon que les nouvelles masculinités additionnent tous les visages de la virilité plus qu`ils ne les périment.

Sous le string de la pétasse, il y a toujours un coeur qui bat.

Pascal Bruckner

Hiérarchie des cocus




LES COCUS D’ORDRE SIMPLE

1. – LE COCU EN HERBE 1
Cocu en herbe est celui dont la femme a eu des intrigues amoureuses avant le sacrement et n'apporte pas à l'époux sa virginité.
Nota. Ne sont pas réputés cocus en herbe ceux qui ont connaissance des amours antérieurs et trouvent malgré cela leur convenance à épouser ; ainsi ce-lui qui s'allie à une veuve n'est pas cocu en herbe 2, non plus que celui qui connaît les galanteries antérieures de sa femme et s'en accommode.

2. – LE COCU PRÉSOMPTIF
Cocu présomptif est celui qui longtemps avant le mariage redoute le sort commun, se met, l'esprit à la torture pour y échapper et souffre le mal avant de l'éprouver 3 réellement. Chacun entrevoit que ses défiances ne serviront qu'à l'égarer dans le choix d'une épouse et accélérer par excès de précautions l'évé-nement qu'il redoute. Scarron a peint ce cocu dans une de ses nouvelles.

3. – LE COCU IMAGINAIRE
Cocu imaginaire est celui qui n'est pas encore cocu et se désole en croyant l'être. Celui-là, comme le présomptif, souffre du mal imaginaire avant le mal réel. Molière l'a peint dans une de ses pièces.

4. – LE COCU MARTIAL OU FANFARON
Cocu martial ou fanfaron est celui qui par d'effrayantes menaces contre les galants croit s'être mis à l'abri de leurs entreprises et porte néanmoins la coëf-fure, tout en se flattant d'y échapper par la terreur qu'il répand ostensiblement 1. Il est pour l'ordinaire cocufié par un de ceux qui applaudissent à ses rodomon-tades et lui assurent qu'il est le seul qui sache veiller sur son ménage.

5. – LE COCU ARGUS OU CAUTELEUX
Cocu argus ou cauteleux est un fin matois qui, connaissant toutes les ruses d'amour et flairant de loin les galants, fait de savantes dispositions pour les mettre en défaut 2. Il remporte sur eux des avantages signalés, mais, comme le plus habile général éprouve à la fin 3 des revers, celui-ci est à la fin soumis à la commune destinée. Au moins, s’il est cocu, il ne l'est guère.

6. – LE COCU GOGUENARD
Cocu goguenard est celui qui plaisante sur les confrères et les donne pour des imbéciles qui méritent bien ce qui leur arrive 4. Ceux qui l'entendent se regar-dent en souriant et lui appliquent tacitement le verset 5 de l'Évangile : tu vois une paille dans l'oeil du voisin, tu ne vois pas une poutre dans le tien.

7. – LE COCU PUR ET SIMPLE
Cocu pur et simple est un jaloux honorable qui ignore sa disgrâce et ne prête point à la plaisanterie par des jactances ni par des mesures maladroites contre l'épouse et les poursuivants 6. C'est de toutes les espèces de cocus la plus loua-ble.


8. – LE COCU FATALISTE OU RÉSIGNÉ
Cocu fataliste ou résigné est celui qui, dépourvu de moyens personnels pour fixer son épouse, se résigne à ce qu'il plaira à Dieu d'ordonner et 1 se retranche sur la Justice et le devoir, en observant que sa femme serait bien coupable si elle le trompait ; c'est à quoi elle ne manque pas.

9. – LE COCU CONDAMNÉ OU DÉSIGNÉ
Cocu condamné ou désigné est celui qui, affligé de difformités ou infirmités, se hasarde à prendre une belle femme. Le public, choqué d'un tel contraste, le condamne d'une voix unanime à porter la coëffure 2, et l'arrêt du public n'est que trop bien exécuté.

10. – LE COCU IRRÉPROCHABLE OU VICTIMÉ
Cocu irréprochable ou victimé est celui qui, joignant les prévenances aux avantages physiques et moraux 3, et méritant sous tous les rapports une épouse honnête, est pourtant trompé par une coquette et emporte les suffrages du pu-blic qui le déclare digne d'un meilleur sort.

11. – LE COCU DE PRESCRIPTION
Cocu de prescription est celui qui fait des absences, de longs voyages pendant lesquels la nature parle aux sens d'une épouse qui, après une défense suffisante, est enfin forcée, par la longue durée des privations, à accepter les secours d'un charitable voisin.

12. – LE COCU ABSORBÉ
Cocu absorbé est celui que le torrent des affaires éloigne sans cesse de l'épouse à qui il ne peut donner aucun soin : il est forcé de fermer les yeux sur ceux que rend un discret ami de la maison.


13. – LE COCU DE SANTÉ
Cocu de santé est celui qui, par ordonnance de la faculté, s'abstient de l'oeuvre de chair. Sa femme ne peut moins faire que de recourir à des suppléants, sans que l'époux ait le droit de s'en offenser.

14. – LE COCU RÉGÉNÉRATEUR
OU CONSERVATEUR
Cocu régénérateur 1 ou conservateur est celui qui prend en mains les intérêts de la communauté, surveille 2 les ménages des confrères et les avertit des dan-gers que leur honneur peut courir. Entre-temps, il ne voit pas ce qui se passe dans son ménage et ferait mieux de faire sentinelle pour son propre compte et prendre garde à ce qui pousse sur son front.

15. – LE COCU PROPAGANDISTE
Cocu propagandiste est celui qui va chantant les douceurs du ménage, ex-citant chacun à prendre femme et gémissant sur le malheur de ceux qui diffè-rent à jouir comme lui... et de quoi ? Du cocuage 3. À qui conte-t-il ses apolo-gies du mariage ? C'est le plus souvent à celui qui lui en fait porter.

16. – LE COCU SYMPATHIQUE
Cocu sympathique est celui qui s'attache aux amants de sa femme, en fait ses amis intimes. On en voit qui, lorsque la dame est de mauvaise humeur et brouillée 4 avec son amant, vont le trouver et lui dire : « On ne vous voit plus, nous sommes tout tristes. Je ne sais ce qu'a notre femme. Venez donc un peu nous voir, cela la dissipera ».

17. – LE COCU TOLÉRANT OU DÉBONNAIRE
Cocu tolérant ou débonnaire est celui 1 qui, voyant un amant installé chez lui, se comporte en galant homme qui veut 2 faire les honneurs de sa maison 3, se borne avec la dame à des remontrances secrètes et traite l'amant comme les autres 4, avec cette parfaite égalité que recommande la philosophie 5.

18. – LE COCU RÉCIPROQUE
Cocu réciproque est celui qui rend la pareille et qui ferme les yeux, parce qu'il se dédommage sur la femme ou parente de celui qui lui en fait porter. C'est un prêté rendu : on se tait en pareil cas.

19. – LE COCU AUXILIAIRE OU COADJUTEUR
Cocu auxiliaire ou coadjuteur est celui qui paraît peu dans le ménage et ne s'y montre que pour 6 répandre la joie, reprocher aux amoureux transis de sa femme qu'ils ne rient pas, qu'ils ne boivent pas 7, les excite sans s'en douter à oublier leurs disputes et vivre en bons républicains entre qui tout est commun. Celui-là aide le commerce ; les cornes sont des 8 roses pour lui 9.

20. – LE COCU ACCÉLÉRANT OU PRÉCIPITANT
Cocu accélérant ou précipitant est celui qui travaille à devancer l'époque, s'empresse de produire sa jeune femme, l'abonner au spectacle et l'encourager à choyer les amis et vivre avec les vivants. Celui-là est comparable aux balles qu'on remet au roulage accéléré et qui arrivent plus tôt au but 10.

21 1 - LE COCU TRAITABLE OU BÉNIN
Cocu traitable ou bénin 2 est celui qui entend raison et à qui les poursuivants font comprendre qu'un mari doit faire quelques sacrifices pour avoir la paix du ménage et permettre à madame des délassements sans conséquence pour une femme qui a des principes 3. On lui persuade que les principes doivent garantir de toute séduction et il se laisse [convaincre 4].

22. – LE COCU OPTIMISTE OU BON VIVANT
Cocu optimiste 5 ou bon vivant est celui qui voit tout en beau, s'amuse des in-trigues de sa femme, boit à la santé des cocus et trouve à s'égayer là où d'autres s'arrachent 6 des poignées de cheveux : n'est-il pas le plus sage ?

23. – LE COCU CONVERTI OU RAVISÉ
Cocu converti ou ravisé est celui qui d'abord a fait vacarme et s'est habitué avec peine à la coëffure, mais qui est revenu à la raison et finit par plaisanter de la chose et se consoler avec les autres.

24. – LE COCU FÉDÉRAL OU COALISÉ
Cocu fédéral ou coalisé 7 est celui qui, voyant l'affaire inévitable, veut bien admettre un amant 8, mais de son choix ; puis on les voit coalisés, comme Pitt et Cobourg, pour cerner la femme et écarter de concert les poursuivants.

25. – LE COCU TRANSCENDANT
OU DE HAUTE VOLÉE
Cocu transcendant ou de haute volée est le plus habile homme de toute la confrérie : aussi est-il placé au centre. C'est celui qui, épousant une très belle femme, la produit avec éclat, mais sans la prodiguer, et qui, lorsqu'elle a excité la convoitise générale, la cède pour un coup de haute fortune, comme une grande place, une forte commandite, après quoi il peut faire trophée du co-cuage et dire : Ne l'est pas qui veut à ce prix là 1. Soyez-le comme moi et vous ferez les bons plaisants.

26. – LE COCU GRANDIOSE OU IMPASSIBLE
Cocu grandiose ou impassible 2 est celui qui 3 ne s'affecte ni ne plaisante du cocuage qu'il entrevoit, et conserve un calme parfait 4, sans descendre à aucune démarche qui prête au ridicule. Tels sont dans la classe opulente la plupart des époux mariés par 5 intérêt.

27. – LE COCU DÉSERTEUR OU SCISSIONNAIRE
Cocu déserteur ou scissionnaire est celui qui, ennuyé des amours du ménage, s'affiche pour renoncer à sa femme et dit, lorsqu'il voit un amant : « Quand il en aura autant joui que moi 6 il en sera bien las ».

28. – LE COCU DE L'ÉTRIER OU PRÊTE-NOM
Cocu de l'étrier ou prête-nom 1 est un homme de paille à qui l'on donne de l'avancement sous condition d'épouser la maîtresse d'un homme en place et adopter l'enfant. Un tel cocu épouse souvent la vache et le veau ; ses cornes lui mettent le pied à l'étrier, puisqu'elles lui valent un emploi, un avancement quelconque, etc ... 2

29. – LE COCU POUPONNÉ OU COMPENSÉ
Cocu pouponné ou compensé est celui qui se doute de quelque chose, mais qui est si bien caressé, choyé et bichonné par sa femme, que ses soupçons comme ses reproches expirent dès qu'elle lui passe la main sous le menton.

30. – LE COCU ENSORCELÉ OU À CATARACTE
Cocu ensorcelé ou à cataracte 3 est celui qu'une femme sait fasciner et en-dormir au point de lui faire croire les choses les plus absurdes ; il est le seul à ignorer maintes fredaines qui sont la fable du public et il verrait la belle en fla-grant délit qu'il n'en croirait pas ses propres yeux. Elle lui persuade que les bruits de sa galanterie sont répandus par des soupirants éconduits 4 ; il rit avec elle de leur prétendue disgrâce 5 et elle rit bien mieux avec eux de la crédulité du bonhomme.

31. – LE COCU GLANEUR OU BANAL
Cocu glaneur ou banal 6 est celui qui vient humblement prendre part au gâ-teau et courtise chaudement sa chère moitié pour obtenir d'elle ce qu'elle ac-corde à tant d'autres, après qui il vient modestement glaner...

Charles FOURIER

viernes, 18 de febrero de 2011

Les Foetus



LES FŒTUS


Fœtus que Mac-Nab a chantés,

Fœtus que j'ai tant tripotés

En ma carrière obstétricate,

Par un réflexe compliqué

Que Nancy n'a pas expliqué

Vous titillez ma cérébrale.

Substance. Né sait-on de quoi ?

On n'a jamais compris pourquoi

D'abord fluctuant mucilage

C'est de plus en plus consistant,

Et puis çà devient un enfant,

Ce mystérieux personnage.

Au bord de l'Iliaque assis,

Ils rêvent d'un air indécis,

Tandis que leur viande pousse.

Seuls au fond de votre utérus,

Que cogitez-vous, doux fœtus,

Pensifs et vous suçant le pouce ?

Rêvez-vous déjà d'avenir ?

Espérez-vous donc devenir

Géants de lettres ou ministres,

Avocassiers ou médecins,

Maquereaux, peut-être assassins,

Ou, comme nous, de simples cuistres ?

Vous autres, fœtus féminins,

Rêvez-vous, comme les catins,

Toilettes, hôtel, équipage ?

Ou, plus modestes en vos goûts,

Rêvez-vous d'un fidèle époux,

Honnêtes femmes de ménage

Peut-être vous ne pensez rien

Auquel cas vous faites très-bien,

Penser étant une misère

Oh n'allez pas le regretter

Contentez-vous de végéter,

Vous n'aurez jamais mieux à faire

Croyez-moi, dans votre intérêt,

Sous l'enduit gras qui vous revêt,

Dormez sans vous faire de bile.

Vous avez vos doigts à sucer

Laissez-vous mollement bercer

Par l'Eau de l'Amnios tranquille.

Eh sans doute que l'Amnios,

Quelquefois s'agite et vous bat les roupettes

L'océan de la vie, hélas

A de plus terribles fracas

Que ne connaissent pas vos têtes.

Mais je veux être impartial,

Dire sans cérémonial

Que vous n'êtes pas si novices.

Pour moi, qui vous ai vus de près,

J'ai reconnu que vous avez

Avant de naître tous les vices.

Ingrats dès avant le berceau,

Vous turlupinez le boyau

De vos mamans vous ruez, dame

A leur défoncer le bedon

Vous faites des nœuds au cordon

Pour embêter la sage-femme.

On conte même que parfois,

Comme le cor au fond des bois,

Dedans la maternelle panse

(Faut vraiment que vous soyez fous !)

Au grand épatement de tous,

Vous rotez avec véhémence.

On vous a souvent pris, sournois,

A vous balancer les chinois

Bien autre chose on vous vit faire

Voire le plus pendable coup

Que fit Monseigneur Dupanloup

Dedans le ventre de sa mère

Si vous êtes deux enfermés,

Vous vous livrez, sitôt formés,

A de plaisants carambolages,

Sans pudeur, même, dans votre œuf

Vous esquissez soixante-neuf

Oh qu'ils sont loin nos pucelages

Malgré cela, pour en finir,

Il tarde au fœtus de sortir,

Et je doute fort qu'il y perde.

Après tout, nom d'un p'tit bonhomm'

Son odorant meconium

Ne vaut pas mieux que notre merde.



HÉBÉ (11 Décembre 1889)

jueves, 17 de febrero de 2011

Nommé crocodille




L'an 1547 monsieur de La Vernade, chevalier, maistre des requestes du Roy, fit apporter, en ceste ville de Paris , un serpent mort et boully en huylle, nommé crocodille, -qui luy fut donné à Venise, par la Seigneurie de Venise, lorsqu'il alla comme ambassadeur pour le Roy, vers la dicte Seigneurie, incontinant après la conqueste de Milan, et la victoyre qu'il eut contre les Suysses, à la journée de Saincte Croix ; lequel serpent donna, à son retour, à l'église de Sainct«Anthoine, à Paris , et le fit mettre et attacher contre la muraille où il est de présent. Ce serpept avoit été prins dedans le fleuve du Nil, près du Quaire, où il fut trouvé mort...

Journal d`un bourgeois de Paris