jueves, 26 de abril de 2012

Buddha and the Pirates

BUDDHA AND THE PIRATES
A. Podin, Jr.

1
Enshrined in a doorway,
your eyes blue as Ming
chips, you sit cross-legged,
fleshy, round and ringed,
a bulging Buddha
with miraculous paps.
Enameled angels wait
on you, bringing you huge
babies to be nursed, six
at a time, all orphans.
There are so many you can
never satisfy them all.
So, in a slow, deliberate
gesture of beneficence,
you recline on your side,
smile, and grow as many
breasts as your torso can
support, suffer babies
to be brought to you
until you start to tremble,
grace flowing out of you.


2
Our lawn is a green sea
We sail alone, second storey
explorers. Defenseless
in our pullman sloop,
we search for the coves
and inlets, the peninsulas
of our marriage’s continent.
We never heard them come.
We never even saw the skull
and crossbones of their black
flag glowing above their sails.
They swing on the masts
of trees, arms flashing
like sabers, and, soaring
on the red wings of sleeves,
their captain lands in our room.

Swashbuckler, he smiles
a flashing smile, assured
as Douglas Fairbanks. He says:
“You need me.” Your hand
on your hip, you laugh at him
defiantly. Your eyes burn
green; your hair’s flaming red.
You’re as beautiful and brave
as Maureen O’Hara.
He stokes
your hair. His fingers are
at home in that fire. I call
him scoundrel, but he hauls
you to himself like precious
spoil. His mates are laughing,
multicolored in the trees. Grey,
I’m not strong enough to fight
him off and watch the two of you
sail off toward the open sea.

3
Morning sails into our bedroom,
the splintered
ghost of a Venetian ship.
You aren’t here. 1 find
you in the sunlight
of the alcove. Once more,
across the ocean of my
deepest nightmare, you’ve
come back. My Buddha, you
are always here. And
our baby’s at your breast.

A. Podin, Jr., In Advent, E. P. Dutton & Co., Inc., 1972.

viernes, 13 de abril de 2012

Eden, Eden


« Or, l'Eternel Dieu avait planté un jardin en Eden, du côté de l'Orient, et il y avait mis l'homme qu'il avait formé... Et un fleuve sortait d'Eden, pour arroser le jardin, et il se divisait en quatre fleuves. Le nom du premier est Phison; c'est celui qui coule autour de tout le pays d'Evilath, où l'on trouve de l'or; et l'or de ce pays est bon; c'est là aussi que se trouve le bdellium et la pierre d'onyx. Le nom du second fleuve est Géhon; c'est celui qui coule autour de tout le pays de Chus. Le nom du troisième fleuve est Tigre; c'est celui qui coule au pays des Assyriens. Et le quatrième fleuve est l'Euphrate. » (Genèse 2:8, 10-14)

En entrant dans ces détails, l'auteur de la Genèse a voulu donner une idée approximative de l'emplacement du merveilleux Eden. Mais il aurait beaucoup mieux fait de ne rien dire; car il est impossible de se faire prendre plus sottement en flagrant délit de gasconnade.

En effet, tous les commentateurs s'accordent à reconnaître que le Phison est le Phase, nommé plus tard l'Araxe, fleuve de la Mingrélie, qui a sa source dans une des branches les plus inaccessibles du Caucase, et, s'il y a dans cette région de l'or et de l'onyx, par contre personne n'a jamais pu découvrir ce qu'il fallait entendre par bdellium. D'autre part, il ne saurait y avoir aucune erreur au sujet des troisième et quatrième fleuves, le Tigre et l'Euphrate; d'où il résulte clairement que, d'après la Genèse, l'emplacement du paradis terrestre aurait été situé en Asie, dans la région du massif de l'Ararat, en Arménie, quoique (première bévue de l'auteur sacré) Araxe, Tigre et Euphrate, tout en ayant leurs sources relativement voisines, les ont parfaitement distinctes. L'Araxe, loin d'être dérivé d'un autre fleuve, sort du volcan Bingol-Dagh, d'où il coule vers la mer Caspienne. Quant au Tigre et à l'Euphrate, non seulement ils ne proviennent pas d'un même fleuve, mais au contraire ils se rejoignent à Korna, pour former le C hat-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique.

Au su jet du deuxième fleuve, appelé Géhon par la Genèse, la bévue de l'auteur sacré est fantastique. « C'est, dit-il, le fleuve du pays de Chus. » Or, d'après la version des Septante et même la Vulgate, la terre de Chus (fils de Cham et père de Nemrod) n'est autre que l'Ethiopie; par conséquent, ce Géhon, c'est le Nil, qui coule, non pas en Asie, mais en Afrique, et précisément dans le sens opposé à l'Araxe, au Tigre et à l'Euphrate, la direction générale du cours du grand fleuve africain étant du sud au nord. Si l'on place la source du Nil au Victoria-Nyanza, ainsi qu'on l'admet pour ne pas remonter plus haut, il y a donc au minimum dix-huits cents lieues de distance entre les sources des premier et deuxième fleuves mentionnés par la Genèse comme arrosant le même jardin d'Eden! Il est vrai que les deux autres n'ont leurs sources qu'à soixante lieues l'une de l'autre; ce qui est déjà gentil pour un jardin. En outre, est-ce un jardin que cet immense territoire hérissé de pics des plus escarpés, formé d'une des régions les p lus impraticables du globe?...

Enfin, troisième bévue, et l'on pourrait appeler celle-ci: la bévue du bout de l'oreille.

Les prêtres, on le sait, prétendent que l'œuvre de Moïse est le Pentateuque, c'est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible: la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. Mais les savants ont eu l'impiété de faire des recherches, et leur opinion générale est que ces livres ont été fabriqués par Esdras, au retour de la captivité de Babylone, dans le courant du cinquième siècle avant Jésus-Christ, tandis que Moïse, en supposant qu'il ait existé et en admettant un instant comme authentiques les dates qui le concernent, vivait mille ans auparavant: naissance au pays de Gessen, en Egypte, en 1571 avant notre ère, et m ort en Arabie, sur le mont Nébo, en 1451.

Bossuet s'est indigné des travaux de Hobbes, de Sp inoza et de Richard Simon contre l'authenticité des œuvre » de Moïse; dire que le véritable auteur du Pentateuque est Esdras, c'est blasphémer, selon le fougueux évêque: « Que peut-on objecter, s'écrie-t-il (Discours sur l'Histoire universelle), à une tradition de trois mille ans, soutenue par ses propres forces et par la suite des choses? Rien de suivi, rien de positif, rien d'important! »

N'en déplaise à Bossuet, le verset 14 du chapitre 2 de la Genèse, entre autres exemples, donne une preuve éclatante de la supercherie littéraire et religieuse, et démontre, net comme deux et deux font quatre, que la dite Genèse ne peut pas avoir été écrite par Moïse. C'est dans ce Verset qu'il est dit: « Le nom du troisième fleuve est Tigre; c'est celui qui coule au pays des Assyriens. » Ça y est en toutes lettres. Quelques traducteurs ont remplacé les quatre derniers mots par: « vers l'Orient d'Assyrie »; mais cela ne change rien. La question est celle-ci: Moïse, mort en 1451 avant Jésus-Christ, ne pouvait pas employer les expressions Assyrie, Assyriens, par la bonne raison que l'empire assyrien, qui s'étendait à la fois sur Ninive et Babylone et qui dura jusqu'au huitième siècle avant notre ère, commença à exister vers 1300, tout au plus. Les témoignages d'Hérodote et du chaldéen Bérose sont d'accord sur ce point et ont été confirmés par les monuments.

Les importantes découvertes accomplies depuis le commencement de notre siècle dans l'histoire des peuples de l'ancien Orient, avec l'aide des inscriptions en caractères hiéroglyphiques et cunéiformes, ne permettent plus aujourd'hui, même dans les livres les plus élémentaires, de rééditer les âneries bibliques au sujet de cette première partie des annales du genre humain. Les résultats obtenus par les Champollion, les de Rougé, les de Saulcy, les Mariette, les Oppert, les Rawlinson, les Lepsius, les Brugsch, etc., éclairent l'histoire ancienne d'une lumière autrement certaine que les traditions colligées par le fumiste Esdras.

Il est établi que le fondateur de l'empire assyrien fut un prince nommé sur les monuments Ni nippaloukin, lequel vivait cent cinquante ans après Moïse. D'autre part, la région qui fut appelée Assyrie était désignée, du temps de Moïse, sous le nom d'empire des Rotennou, ainsi que cela résulte des monuments égyptiens, mentionnés par Oppert et autres savants; nous voyons, en effet, dans diverses inscriptions égyptiennes, que les rois de la dix-huitième dynastie d'Egypte, contemporains de Moïse, portèrent leurs armes en Babylonie et se firent payer des tributs par les Rotennou, qui dominaient dans la Mésopotamie, au pays même du Tigre et de l'Euphrate. Si Moïse était le véritable auteur de la Genèse, il aurait donc écrit: « le Tigre, fleuve qui coule au pays des Rotennou. »

Il est vrai que les tonsurés pourront toujours nous répondre: — Le véritable auteur de la Genèse n'est pas plus Esdras que Moïse; c'est l'Esprit-Saint! Par conséquent, la Bible mentionnerait-elle même Saint-Pétersbourg et New-York, cela ne devrait pas nous paraître illogique et ne saurait aucunement nous surprendre.

Inclinons-nous donc, et reprenons la suite du sacré récit, avec un joyeux rire; car cette édifiante Genèse ne manque vraiment pas de gaîté.

Si le lecteur le veut bien, nous allons nous reporter par la pensée à ce merveilleux jardin d'Eden, où quatre grands fleuves provenant d'une seule fontaine roulent leurs eaux. Il nous semble voir Adam, se promenant dans sa propriété et se livrant aux douceurs du far-niente.

Voici quel pourrait être son monologue:

« — Je suis l'homme, et j'ai pour nom Adam; ce qui veut dire, paraît-il, « terre rouge », attendu que j'ai été fabriqué avec de l'argile, comme une vulgaire poterie... Quel est mon âge?... Je suis né il y a cinq jours; mais, selon un vieux proverbe, on a l'âge que l'on paraît. Et voilà pourquoi je puis dire qu'en réalité je suis né à l'âge de vingt-huit ans, avec toutes mes dents... Non; pas avec toutes mes dents... Il me manque encore les dents de sagesse...

Très bien constitué, hein?... Dame! comment pourrais-je ne pas être un bel individu, puisque, sauf l'âge et la barbe, je suis la fidèle copie du seigneur Jéhovah, l' être le plus épatamment chic qui existe dans l'univers?... Voyez-moi cette santé, ces bras robustes, ces jarrets d'acier, des nerfs à en revendre, et, avec ça, le teint frais... Pas le moindre rhumatisme... Je dis zut aux maladies... Je n'ai même pas à craindre la petite vérol e; papa Bon Dieu m'a fabriqué tout vacciné... Aussi, ce que je me gobe!... et je n'ai pas tort...

Je me la coule douce, en ce séjour charmant... pas de concierge... aucun domestique, même... Voilà une vie heureuse!... Je vais, je viens, je cuei lle des fruits, tous succulents, et je m'en empiffre à ma fichue fantaisie, bravant sans danger la diarrhée... Je n'éprouve aucune fatigue, si longues que soient mes promenades, quand je me couche sur l'herbe, c'est pour mon agrément...

L'autre jour, l'aimable seigneur Jéhovah m'a offert une distraction, dont je garderai toute ma vie le joyeux souvenir… Tous les animaux de la création ont passé devant moi: « Le nom que tu donneras à chaque animal vivant sera son nom », m'a dit le vieux Père Eternel... Comme attention, c'était gentil, ça!...

C'est inouï, ce qu'il en a défilé, des animaux!... Je n'aurais jamais cru qu'il y eût tant d'êtres vivants... Je n'ai pas été embarrassé pour leur faire ma distribution de noms; car la langue que je parle sans difficulté, et sans être jamais allé à l'école, est une langue d'une richesse extraordinaire, d'une abondance de termes dont il est impossible de se faire une idée... Ainsi, sans avoir besoin de chercher, je connaissais instantanément tout ce qui est propre à chaque animal, rien qu'en le regardant, et par un seul mot j'exprimais toutes les propriétés de chaque espèce, de sorte que chaque nom donné par moi est en même temps une définition complète et parfaite... Prenons, par exemple, l'animal qu'on appellera plus tard equus en latin, cheval en français, horse en anglais, etc. Eh bien, je lui ai colloqué un nom qui exprime ce quadrupède avec ses crins, sa queue, son encolure, sa vitesse, sa force... Et l'oiseau que, dans les siècles futurs, on appellera bulbo en latin, hibou en français, owl en anglais, etc., tous ces noms à venir ne vaudront pas celui que j'ai imaginé et qui caractérise le nocturne rapace, avec ses deux aigrettes mobiles sur le front, son bec court et crochu, sa grosse tête aux grands yeux ronds entourés d'un cercle complet de plumes roides, ses pattes toutes garnies de plumes jusqu'aux ongles, ainsi que ses mœurs farouches et sauvages, son cri monotone et lugubre, son horreur de la lumière... Et ainsi de suite, pour tous les animaux vivants... Ah! elle est sans pareille, la langue que je parle, et comme il est triste de penser qu'un jour elle sera entièrement et à jamais perdue!... Cette pensée est mon seul chagrin... Repoussons-la bien vite, et n'ayons nul souci.

Oh! cette revue générale de tous les animaux vivants, voilà ce qui a été superbe... Encore, superbe ne dit pas tout; car nous avons eu une partie drôlatique dans le programme d e la f ête: ç'a été l'arrivée des poissons... Pensez donc! ce jardin est en plein continent, pas de rivages marins, rien que des fleuves, c'est-à-dire de l'eau douce... Alors, vous voyez la grimace que faisaient les poissons de mer, en remontant le Tigr et l'Euphrate pour venir auprès de moi; ils n'étaient plus dans leur eau salée habituelle, et ça les embêtait !... Vrai, c'était à se tordre... Et les gros cétacés, c'est ceux-là qui étaient gênés!... Heureusement, pour ce jour-là et à titre exceptionnel, papa Bon Dieu a élargi les fleuves de mon jardin; sans quoi les diverses espèces de baleines n'auraient jamais pu passer... Sitôt que je leur avais donné leur nom, il fallait les voir repiquer en arrière et se précipiter, à grands coups de nageoires, pour regagner le plus vivement possible leur Océan... J'en ris encore!...

Peut-être y aura-t-il des gens qui ne croiront pas à cette histoire... Les impies nieront que des phoques du pôle Nord aient pu venir jusqu'en Arménie, dans les eaux supérieures du Tigre et de l'Euphrate, et cela en un seul jour de voyage, descendant tout l'Atlantique et faisant le tour complet de l'Afrique; ils diront que ces intéressants mammifères marins, hôtes de l'océan Glacial, n'ont pu changer d'élément sans en mourir... Eh! qu'importe la critique!... Ma parole d'honneur, j'ai vu ici, en ce jardin d'Eden, dans cette circonstance, phoques et baleines, et j'ajoute que les phoques, tout contents d'avoir reçu de moi un nom, m'ont remercié en disant papa! maman!...

Les esprits pointilleux objecteront: « Et les poissons des lacs, par où sont-ils venus?... » Veut-on faire allusion au lavaret, ce délicieux poisson du lac du Bourget, dont les habitants d'Aix-les-Bains parlent comme d'une gloire?... Et la féra, qui vit exclusivement dans le lac Léman, qui meurt aussitôt qu'elle est mise dans une autre eau, même douce, qui ne peut seulement pas vivre dans le Rhône, en deçà ou sn delà du Léman?... Qu'on le sache donc: le lavaret et la féra ont eu une permission spéciale de Dieu; ces deux poissons lacustres sont venus, par voie aérienne, me rendre visite à l'Eden... Et voilà! anathème aux mécréants, qui ne se contenteront pas de cette explication!...

Et puis, palsambleu! je suis bien bon de discuter ces choses... Tant pis pour qui ne me croira pas, quand j'affirme que j'ai vu tous les animaux vivants, vertébrés, annelés, mollusques, et zoophytes!... Il n'est pas un seul insecte à qui je n'ai donné un nom... Mais celui qui m'a le plus stupéfié, c'est un grand ver blanc, long, plat, qui est sorti tout doucement de moi-même, un vilain ver que les naturalistes futurs appelleront ténia ou ver solitaire de l'homme, et qui ne ressemble pas au ténia des porcs ni au ténia des moutons; ce grand diable de ver humain, dès sa sortie, m'a fait une profonde révérence; je lui ai donné un nom; après quoi, il s'est refaufilé chez moi par mon anus et a repris domicile en mon individu... Si j'en parle, c'est pour ne rien omettre; car je ne me savais pas habité. A part ça, mon locataire ne m'incommode en aucune façon... Rien ne trouble cette vie de cocagne que je mène depuis cinq jours... »

Adam se mire dans l'onde limpide de la fontaine, source des quatre grands fleuves; puis, avisant une pelouse, il s'y étale mollement.

— Ah! qu'il fait bon vivre ainsi! murmure-t-il.

Mais voilà qu'il bâille... il s'étire... une langueur inconnue s'empare graduellement de lui... Voilà du nouveau, par exemple!... Il ne ressent pourtant aucune fatigue... Qu'est-ce que cela signifie?...

Il n'y comprend rien. Il subit la mystérieuse influence, irrésistible. Ses paupières se ferment. Adam dort. C'est le premier sommeil de l'homme.


Léo Taxil, La Bible amusante

sábado, 7 de abril de 2012

Raphaelismo y Postraphaelismo



RAPHAELISMO Y POSTRAPHAELISMO


Si usted, amiga lectora, es una madre de España, en el dudoso caso de que alguna madre de España lea escritos de mi firma, quisiera que al leer estas lÍneas dedicadas a Raphael no viera otras intenciones por mi parte que mirarme, yo también, en el espejo desagradable que refleja a toda mi gente. Y ese espejo me devuelve la estampa de un Raphael extrañamente infantil, vestido de primera comunión y cantando:

Yo soy aquel que cada noche te persigue.
Yo soy aquel que por quererte ya no vive.
El que te espera, el que te sueña,
el que quisiera ser dueño de tu amor,
de tu amor.

Los años cincuenta y comienzos del sesenta, trajeron a este mundo deliciosos niños cantores o no, con el sex appeal de su ingenuidad a cuestas. Eran niños prodigios que estaban para comérselos, y los espectadores se entregaban a un canibalismo erótico-sentimental. Raphael ha sustituido esa necesidad nutritiva de niño prodigio que tienen las comunidades frustradas. El es el ideal de hijo que crece sin crecer, que en plena adultez conserva la capacidad de mimo de un infante mimoso. Además tiene voz y “tablas”. Tiene sentimiento trágico en las cuerdas vocales y un no sé qué de espectador neutral del mundo y los hombres que arrebata. Y cuando mira al público, mira con la insolencia de un torero que ha hecho un faenón, para después volverse histriónicamente humilde y saludar como un mandarín bajito del ancien régime.

Raphael es el cantante abundante que necesitaba la España de la abundancia, la España que se sacaba los pechos del refajo y los dejaba caer sobre la balanza artística de la Europa del consumo. El abundante Raphael es una síntesis de zarzuela y teenager que supera en mucho aquella síntesis pretérita de zarzuela y Errol Flynn
que fue Luis Mariano. Además Raphael no compromete a nadie, porque nadie acaba de tomarse en serio los problemas que canta. ¿Alguien puede imaginarse a Raphael enamorado? ¿Enamorado hasta el punto de decir...

Nada soy sin Laura, solo estoy sin su amor.
Nada soy sin Laura. Sin Laura, sin Laura,
sin Laura, sin Laura.

Raphael se enamora por usted y por mí, y cumple con sus deberes de niño navideño por usted y por mí.

El camino que lleva a Belén
baja hasta el valle que la nieve cubrió.
Los pastorcillos quieren ver a su rey,
le traen regalos en su humilde zurron
al Redentor al Redentor.

Es uno de los cantantes-mitos que más convocatoria ha tenido en toda la historia de la subcultura española, y el chico tiene su filosofia de la vida.

¿Qué nos importa la gente que sólo ve tierra
y no ve más que tierra?

¿Qué ha de importarle esa gente a ras de suelo a un cantante que vive tan atormentados amores en la noche de raso del olimpo abrillantinado del hit parade español? En cierta ocasión le preguntaron por qué no gustaban sus canciones a los intelectuales, y el chico coincidió en el túnel del tiempo con Goering, al decir: Yo no canto para los intelectuales.

En el supermarket de la cultura de consumo, Raphael es indudable, no abastece a determinados sectores de público. Nuestra sociedad ya ha crecido lo suficiente como para tener caprichosas necesidades sentimentales y sus correspondientes satisfacciones. Manolo Escobar, Raphael... Sí, pero hacía falta “otra cosa"... esa expresión que entre nosotros es imposible decir sin torcer el gesto buscando con los ojos el símbolo aparecido del absoluto o del infinito.

Y alli estaba, en ese absoluto más cualitativo, en ese horizonte más selecto, en el postraphaelismo... Joan Manuel Serrat. El chico tenía su protesta bajo el brazo. Protesta contra el sometimiento de la cultura catalana (lo mejor que canta lo canta en catalán) y su protesta biológica de rigor.

Ara que tinc vint anys,
que no tinc l'a'nima morta
i sento bullir la sang...

Y, de hecho, Serrat se convirtió en un abrir y cerrar de ojos en el cantante-autor de consumo más importante del país. Sabia dialogar con la cotidianeidad y arrancarle un lenguaje común, a tono con la sentimentalidad de la gente más normal y corriente. Definitivamente abandonaba la protesta en manos de Raimon y se dedicaba a algo que le pertenecía más propiamente. Marcar las distancias en el código moral establecido: acostarse con teenagers en canciones muy sentimentales, reivindicar para el hitparade un Machado vencedor de su propia muerte... Pero Serrat se mueve más a sus anchas contando cosas, como podría hacerlo la canción francesa menos dramática.

Serrat, su temática, su lenguaje, sorprende en un ambiente de superestructura eminentemente regresiva, represiva. Si de las canciones de Serrat se desprende que el chico se acuesta con sus amantes, se tambalea, aunque sólo sea un poco, el pasodoble filosófico nacional. Y a pesar de todo se le consiente, se le integra (¡qué cruel palabra!), porque ha adquirido un carisma especial que quita dureza a sus inconfesables prácticas vitales. En el seno de una convivencia más tranquila, nadie le reprocharía a Serrat ser Guy Beart y gustar por un igual a Aragon y a Pompídou. Pero aquí esto es imposible. Serrat ha dado un prematuro rostro a una normalidad convivencial que no existe. De hecho es un heredero del cansancio por una convivencia en tensión, que de una manera u otra ha afectado a toda la inteligencia
del país.

Pero no. No existe el postraphaelismo, y por los siglos de los siglos necesitaremos salvoconductos para vivir y morir, y viviremos y morirenos en plena urgencia, en plena huida, sin acabar de creernos el sorbo de agua fresca, la sonrisa o el temple de la cordialidad como mecánica del comportamiento. Como decía un epigrama anónimo,
cuando a un ajusticiado español, después de cortarle la cabeza, se le pregunta: ¿Qué opina usted de lo sucedido? Con toda la razón el ajusticiado y usted y yo contestaremos: No sé. Pero me parece que aquí hay mucho maricón.


Manuel Vázquez Montalbán
Crónica sentimental de España

Si usted, amiga lectora, es una madre de España, en el dudoso caso de que alguna madre de España lea escritos de mi firma, quisiera que al leer estas lineas dedicadas a Raphael no en, que mirarme, yo tambien viera otras intenciones por mi parte. Y es en el espejo desagradable que refleja a toda mi gente pero me devuelve la estampa de un Raphael extrañamente infantil, vestido de primera comunión y cantando:Yo soy aquel que cada noche te persigue. Yo soy aquel que por quererte ya no vive. El que te espera, el que te sueña, el que quisiera ser dueño de tu amor, de tu amor.Los años cincuenta y comienzos del sesenta, trajeron a este mundo deliciosos niños cantores o no,con el sex appeal de su ingenuidad a cuestas. Eran niños prodigios que estaban para comérselos, ylos espectadores se entregaban a un canibalismo erótico-sentimental. Rapliael ha sustituido esanecesidad nutritiva de niño prodigio que tienen las comunidades frustradas. El es el ideal de hijoque crece sin crecer, que en plena adultez conserva la capacidad de mimo de un infante mimoso.Además tiene voz y “tablas”. tiene sentimiento trágico en las cuerdas vocales y un no sé qué de espectador neutral del mundo y los hombres que arrebata. Y cuando mira al público mira con lainsolencia de un torero que ha hecho un faenón, para después volverse histriónP camente humíl¿e ysaludar como un mandarin bajito del ancien régime.Rapliael es el cantante abundante que necesitaba la España de la abundancia, la España que sesacaba los pechos del refajo y los dejaba caer sobre la balanza artistica de la Europa del consumo.El abundante Raphael es una sintesis de zarzuela y teenager que supera en mucho aquella síntesispretérita de zarzuela y Erro] Flynn que fue Luis Mariano. Además Raphael no compromete a nadie, porque nadie acaba de tornarse en serio los problemas que canta. ¿Alguien puede imaginarse a Rapbael enamorado? ¿Enamorado hasta el punto de decir...Nada soy sin Laura, solo estoy sin su amor.Nada soy sin Laura. Sin Laura, sin Laura, sin Laura, sin Laura.

Raphael se enamora por usted y por mi, ycumple con susdeberes de niño navideño por usted y por mi.El camino que lleva a Belén baja hasta el valle que la nieve cubrió. Los pastorcillos quieren ver a su rey, letraen regalos en su humilde zurron al Redentor al Redentor.Es uno de los cantantes-mitos que más convocatoria ha tenido en toda la historia de la subcultura española, yel chico tiene su filosofia de la vida.
¿Qué
nos importa la gente que sólo ve tierra y no ve más que tierra?¿Qué ha de importarle esa gente a ras de suelo a un cantanteque vive tan atormentados amores en la noche de raso del olimpo abrillantinado del hit parade español? Encierta ocasión lepreguntaron por qué no gustaban sus canciones a los intelectuales, y el chico coincidió en el túnel del tiempocon Gocring, al decir: Yo no canto para los intelectuales.208
En el supermarket de la cultura de consumo, Raphael, es indudable, no abastece a determinadossectores de público. Nuestra sociedad ya ha crecido lo suficiente como para tener caprichosasnecesidades sentimentales y sus correspondientes satisfacciones. Manolo Escobar. Raphael... Sí,pero hacía falta “otra cosa"... esa expresión que entre nosotros es imposible decir sin torcer el gestobuscando con los ojos el símbolo aparecido del absoluto o del infinito.Y alli estaba, en ese absoluto más cualitativo, en ese horizonte más selecto, en el postraphaelismo...Joan Manuel Serrat. El chico tenla su protesta bajo el brazo. Protesta contra el sometimiento de lacultura catalana (lo mejor que canta lo canta en catalán) y su protesta biológica de rigor.Ara que tinc vint anys, que no tinc l'a'nima morta i sento bullir la sang...(”Ahora que tengo veinte años, que no tengo el alma muerta y siento cómo me hierve la sangre...”)Y, de hecho, Serrat se convirtió en un abrir y cerrar de ojos en el cantante-autor de consumo másimportante del pais. Sabia dialogar con la cotidianeidad y arrancarle un lenguaje común,, atono con la sentimentalidad de la gente más normal y corriente. Definitivamente abandonaba laprotesta en manos de Raimon y se dedicaba a algo que le pertenecia más propiamente. Marcar lasdistancias en el código moral establecido: acostarse con teenagers en canciones muy sentirnentales,reivindicar para el hitparade un Machado vencedor de su propia muerte... Pero Serrat se mueve más

a sus anchas contando cosas, como podria hacerlo la canción francesa menos dramática. Serrat, sutemática, su lenguaje, sorprende en un ambiente de superestructura eminentemente regresiva, represiva. Si de las canciones de Serrat se desprende que el chico se acuesta consus amantes, se tambalea, aunque sólo sea un poco, el pasodoble filosófico nacional.Y a pesar de todo se le consiente, se le integra (¡qué cruel palabra!), porque ha adquirido un carismaespecial que quita dureza a sus inconfesables prácticas vitales. En el seno de una convivencia mástranquila, nadie le reprocharla a Serrat ser Guy Beart y gustar por un igual a Aragon y a Pompídou.Pero aquí esto es imposible. Serrat ha dado un prematuro rostro a una normalidad convivencial queno existe. De hecho es un heredero del cansancio por una convivencia en tensión, que de unamanera u otra ha afectado a toda la inteligencia del país.Pero no. No existe el postrapliaelismo, y por los siglos de los siglos necesitaremos salvoconductospara vivir y morir, y vivire. mos y morirenos en plena urgencia, en plena huida, sin acabar decreernos el sorbo de agua fresca, la sonrisa o el temple de la cordialidad como mecánica delcomportamiento. Como decía un epigrama anónimo, cuando a un ajusticiado español, después decortarle la cabeza, se le pregunta: ¿Qué opina usted de lo sucedido? Con toda la razón el ajusticiadoy usted y yo contestaremos: No sé. Pero me parece que aquí hay mucho maricón.ELOGIO SENTIMENTAL DE LA “GO-GO GIRL”No es extraño que, a punto de inaugurarse la era del American Way, etc., los adultos de entoncesintrodujeran por primeravez en España un asomo de la cultura de la nostalgia. La cumbre
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de
aquel síntoma fue El último cuplé; su rostro y su voz: Sara Montiel. La comercialización del recuerdotuvo entonces tanta importancia como ahora empieza a tener la íntelectualización del recuerdo. Pero eranotras las voces dirigentes, y recordar la juventud era recordar los años veinte, treinta. Un poeta excelente ycivil de la España actual, Angel González, describió los sintomas en su poema Penúltima nostalgia:Mas la moda es versátil y ligera, y sobre las cenizas del charlestán y el banío edificó nuevas algarabías. Yvolvieron los “blues”, y las síncopas llenaron la inquietud y carcajadas el azaroso amanecer., mientras losbarrenderos del alba, los enterradores de sombras, arrastraban con sus escobas húmedas hacía las gríetas pordonde huyó la noche, serpentinas, tarjetas ilegibles, vidrio, papel de estaño, fragmentos de diariosvespertinos, algodón sucio y ligas de mujer.Zambullirse en la nostalgia del cuplé del Colón, 37, donde tiene usted su dirección, y un chica muy decente,sin ninguna pretensión, o en la pervertida sentimentalidad del gitanillo, gitanillo, no me mates gitanillo, quémala entraña ties pa mi, cómo pues ser así... zambullirse en ese lago umbrio traducía un poco la angustia poraquella hora presente. Como ahora recordar, poner en orden las voces y los ecos de nuestra educaciónsentimental pueda ser la búsqueda de un punto de referencia para poder empezar a comprender el por qué nocomprendemos nada o casi nada de la espléndida confusión que nos envuelve.

a sus anchas contando cosas, como podria hacerlo la canción francesa menos dramática. Serrat, sutemática, su lenguaje, sorprende en un ambiente de superestructura eminente-209

mente regresiva, represiva. Si de las canciones de Serrat se desprende que el chico se acuesta consus amantes, se tambalea, aunque sólo sea un poco, el pasodoble filosófico nacional.Y a pesar de todo se le consiente, se le integra (¡qué cruel palabra!), porque ha adquirido un carismaespecial que quita dureza a sus inconfesables prácticas vitales. En el seno de una convivencia mástranquila, nadie le reprocharla a Serrat ser Guy Beart y gustar por un igual a Aragon y a Pompídou.Pero aquí esto es imposible. Serrat ha dado un prematuro rostro a una normalidad convivencial queno existe. De hecho es un heredero del cansancio por una convivencia en tensión, que de unamanera u otra ha afectado a toda la inteligencia del país.Pero no. No existe el postrapliaelismo, y por los siglos de los siglos necesitaremos salvoconductospara vivir y morir, y vivire. mos y morirenos en plena urgencia, en plena huida, sin acabar decreernos el sorbo de agua fresca, la sonrisa o el temple de la cordialidad como mecánica delcomportamiento. Como decía un epigrama anónimo, cuando a un ajusticiado español, después decortarle la cabeza, se le pregunta: ¿Qué opina usted de lo sucedido? Con toda la razón el ajusticiadoy usted y yo contestaremos: No sé. Pero me parece que aquí hay mucho maricón.

Manuel Vázquez Montalbán
Crónica sentimental de España

martes, 27 de marzo de 2012

Les chiens de sang



« Nous ne finirons pas l'histoire de Cuba, sans dire quelques mots de ces fameux chiens de guerre, qu'on y dressait pour faire la chasse aux nègres fugitifs, pour les éventrer dans les combats, ou pour les déchirer, lorsqu'ils étaient prisonniers, dans les jeux sanglants du cirque.

Quelques historiens ont cru que ces chiens étaient originaires du pays. Mais il paraît certain que les Espagnols ne trouvèrent à leur arrivée aux Antilles qu'une seule espèce de chiens, appelés alco par les indigènes. Ces chiens étaient d'une race bien différente de ceux de l'Europe; car ils n'aboyaient pas. Les Indiens d'Española les engraissaient avec soin, et les considéraient comme un mets succulent. Les chiens de guerre avaient donc été amenés d'Europe ; et, en effet, ils ressemblent en tous points aux chiens de berger; et leur férocité même était moins le résultat de leur naturel que d'une éducation spécialement appropriée aux cruels services qu'on exigeait d'eux. Les éleveurs n'étaient que les descendants des anciens boucaniers, qui n'avaient pas voulu renoncer à la vie des bois et qui continuaient, sous le nom de chasseurs, l'existence vagabonde de leurs pères. Leurs vêtements, leur nourriture, leurs habitudes étaient les mêmes; ils avaient seulement ajouté à leur industrie le commerce des chiens qu'ils vendaient, après les avoir dressés.

« La manière dont ils les accoutumaient à ces exploits sanglants était aussi simple que cruelle. Dès que le petit chien était enlevé à sa mère, on le plaçait dans une cage dont les barreaux de fer étaient placés de manière à lui laisser passer la tête. En dehors, et à sa portée, l'on plaçait un vase, contenant du sang et des entrailles d'animaux, en ayant soin, toutefois, de n'en donner que de petites quantités, de manière quel appétit de l'animal fût toujours excité par l'abstinence.
Lorsqu'il est bien accoutumé à cette nourriture, que ses instincts naturels et les privations calculées le font dévorer avec avidité, on renonce à l'usage des vases, et l'on dépose le sang et les entrailles dans le ventre d'un mannequin peint en noir et ayant toute l'apparence d'un nègre.

Le mannequin est suspendu à la partie supérieure de la cage et à la portée du chien, auquel on a fait préalablement subir une plus longue abstinence. Les choses sont d'ailleurs disposées de telle manière que le sang dégoutte lentement du corps du mannequin, et quelques débris d'entrailles peuvent s'apercevoir sortant du ventre. Le chien affamé se contente d'abord de lécher le sang qui tombe à ses pieds; puis son attention est attirée vers cette ligure, d'où s'échappe cette rare et insuffisante nourriture; il s'élance et saisit les portions d'entrailles qu'on a laissées visibles. Enfin, excité par une -faim toujours croissante, animé par ses gardiens, il saisit le mannequin par le milieu du corps, lui ouvre le ventre à coups de dents et en dévore tout le contenu. Ajoutons que toujours ceux qui lui apportent sa nourriture, sont des blancs, qui le flattent, le caressent et l'accoutument à y voir en eux des maîtres et des amis.

Bientôt il est accoutumé à cette nouvelle forme de repas; et, dès que le mannequin se balance dans sa cagé, il s'élance et le déchire. Alors on donne à ces figures une ressemblance plus exacte avec les nègres; on les fait mouvoir à distance; on leur imprime tous les mouvements de l'homme; on les approche de la cage où est renfermé l'animal affamé. Celui-ci se précipite sur les barreaux , cherche à saisir la Proie et fait entendre des aboiements furieux. Enfin, lorsque sa fureur et son appétit sont également excités, on lui donne la liberté; il court sur sa victime que les instructeurs font débattre en efforts simulés sous sa dent impitoyable. Puis , lorsque le sanglant exercice a été souvent répété, on en fait l'application sur l'homme vivant, en conduisant le jeune chien, en compagnie d'une meute bien dressée, à la chasse aux nègres fugitifs. Là se développent bien rapidement les instincts féroces que l'éducation a fait naître, et les malheureux nègres sont dépistés dans leurs plus secrètes retraites.

Souvent il arrivait que les chasseurs ne pouvaient suivre leurs meutes. Dans ce cas, la mort de la victime était certaine; dès que les chiens l'atteignaient, elle était aussitôt déchirée et dévorée. Mais, lorsque le chasseur était à portée du gibier humain, il s'empressait aussitôt de museler tous les chiens; la victime était saisie, et on lui passait autour du cou un collier de fer. Ace collier étaient suspendus plusieurs crochets, disposés de manière à ce que, si le prisonnier voulait s'échapper, il s'accrochât infailliblement aux lianes et aux branches qu'il rencontrait partout sur son passage. Il arrivait cependant quelquefois que, malgré ces cruelles précautions, le prisonnier tentait de s échapper en prenant une course rapide à travers les bois. Aussitôt les chiens étaient démuselés , et il n'y avait plus de grâce pour la victime. Saisie par les chiens, elle était immédiatement mise en morceaux, et le chasseur se réservait la tête, pour laquelle il recevait des autorités une récompense pécuniaire.

Ainsi que nous l'avons dit, les chasseurs faisaient de ces meutes ainsi dressées un commerce très lucratif. Rochambeau en fit venir au Cap pour combattre ses ennemis noirs, et il arriva que ces cruels auxiliaires causèrent des accidents terribles. Quelques chiens se détachèrent, se répandirent dans les environs du Cap, et de jeunes enfants furent dévorés sur les grands chemins. Une fois ils pénétrèrent dans la cabane d'un pauvre cultivateur et enlevèrent un enfant endormi sur le sein de sa mère.

(Élias Regnault Histoire des Antilles: et des colonies françaises, espagnoles, anglaises, , Firmin-Didot, 1849, p. 101-3)

martes, 20 de marzo de 2012

Viraginity



THE VIRAGINITY

There are two kinds of genius. The first is progressive genius, which always enunciates new and original matter of material benefit to the human race, and which is, consequently, non-atavistic; the second is atavistic or retrogressive genius, which is imitative and which always enunciates dead and obsolete matter long since abandoned and thrown aside as being utterly useless. The doctrines of communism and of nihilism are the products of retrogressive genius and are clearly atavistic, inasmuch as they are a reversion to the mental habitudes of our savage ancestors. The doctrines of the matriarchate are likewise degenerate beliefs, and, if held by any civilized being of to-day, are evidences of psychic atavism.

Atavism invariably attacks the weak; and individuals of neurasthenic type are more frequently its victims than are any other class of people. Especially is this true in the case of those who suffer from psychical atavism.

The woman of to-day who believes in and inculcates the doctrines of matriarchy, doctrines which have been, as far as the civilized world is concerned, thrown aside and abandoned these many hundred years, is as much the victim of psychic atavism as was Alice Mitchell, who slew Freda Ward in Memphis several years ago, and who was justly declared a viragint by the court that tried her.

Without entering into the truthfulness or falseness of the theory advanced by me elsewhere in this book, in regard to the primal cause of psychic hermaphroditism, which I attributed and do still attribute to psychic atavism, I think that I am perfectly safe in asserting that every woman who has been at all prominent in advancing the cause of equal rights in its entirety, has either given evidences or
masculo-femininity (viraginity), or has shown, conclusively, that she was the victim of psycho-sexual aberrancy. Moreover, the history of every viragint of any note in the history of the world shows that they were either physically or psychically degenerate, or both.

Jeanne d'Arc was the victim of hystero-epilepsy, while Catharine the Great was a dipsomaniac, and a creature of unbounded and inordinate sensuality. Messalina, the depraved wife of Claudius, a woman of masculine type, whose very form embodied and shadowed forth the regnant idea of her mind--absolute and utter rulership--was a woman of such gross carnality, that her lecherous conduct shocked even the depraved
courtiers of her lewd and salacious court. The side-lights of history, as Douglas Campbell has so cleverly pointed out in his "Puritan in Holland, England, and America," declare that there is every reason to believe that the Virgin Queen, Elizabeth of England, was not such a pure and unspotted virgin as her admirers make her out to be. Sir Robert Cecil says of her that "she was more man than woman," while history shows conclusively that she was a pronounced viragint, with a slight
tendency toward megalomania. In a recent letter to me, Mr. George H. Yeaman, ex-Minister to Denmark, writes as follows: "Whether it be the relation of cause and effect, or only what logicians call a "mere coincidence," the fact remains that in Rome, Russia, France, and England, political corruption, cruelty of government, sexual immorality--nay, downright, impudent, open, boastful indecency--have culminated, for the most part, in the eras of the influence of viragints on government or over governors."

Viraginity has many phases. We see a mild form of it in the tom-boy who abandons her dolls and female companions for the marbles and masculine sports of her boy acquaintances. In the loud-talking, long-stepping, slang-using young woman we see another form; while the square-shouldered, stolid, cold, unemotional, unfeminine android (for she has the normal human form, without the normal human _psychos_)
is yet another. The most aggravated form of viraginity is that known as homo-sexuality; with this form, however, this paper has nothing to do.

Another form of viraginity is technically known as gynandry, and may be defined as follows: A victim of gynandry not only has the feelings and desires of a man, but also the skeletal form, features, voice, etc., so that the individual approaches the opposite sex anthropologically, and in more than a psycho-sexual way (Krafft-Ebing).

As it is probable that this form of viraginity is sometimes acquired to a certain extent, and that, too, very quickly, when a woman is placed among the proper surroundings, I shall give the case of Sarolta, Countess V., one of the most remarkable instances of gynandry on record. If this woman, when a child, had been treated as a girl, she would in all probability have gone through life as a woman, for she was born a female in every sense of the word. At a very early age, however, her father, who was an exceedingly eccentric nobleman, dressed her in boy's clothing, called her Sandor, and taught her boyish games and sports.

"Sarolta-Sandor remained under her father's influence till her twelfth year, and then came under the care of her maternal grandmother, in Dresden, by whom, when the masculine play became too obvious, she was placed in an institute and made to wear female attire. At thirteen she had a love relation with an English girl, to whom she represented herself as a boy, and ran away with her. She was finally returned to her
mother, who could do nothing with her, and was forced to allow her to resume the name of Sandor and to put on boy's clothes. She accompanied her father on long journeys, always as a young gentleman; she became a _roue_, frequenting brothels and _cafes_ and often becoming intoxicated.

All of her sports were masculine; so were her tastes and so were her desires. She had many love affairs with women, always skillfully hiding the fact that she herself was a woman. She even carried her masquerade so far as to enter into matrimony with the daughter of a distinguished official and to live with her for some time before the imposition was discovered." The woman whom Sandor married is described as being "a girl of incredible simplicity and innocence;" in sooth, she must have been!

Notwithstanding this woman's passion for those of her own sex, she distinctly states that in her thirteenth year she experienced normal sexual desire. Her environments, however, had been those of a male instead of a female, consequently her psychical weakness, occasioned by degeneration inherited from an eccentric father, turned her into the gulf of viraginity, from which she at last emerged, a victim of complete
gynandry. I have given this instance more prominence than it really deserves, simply because I wish to call attention to the fact that environment is one of the great factors in evolutionary development.

Many women of to-day who are in favor of female suffrage are influenced by a single idea; they have some great reform in view, such as the establishment of universal temperance, or the elevation of social morals. Suffrage in its entirety, that suffrage which will give them a share in the government, is not desired by them; they do not belong to the class of viragints, unsexed individuals, whose main object is the establishment of a matriarchate.

Woman is a creature of the emotions, of impulses, of sentiment, and of feeling; in her the logical faculty is subordinate. She is influenced by the object immediately in view, and does not hesitate to form a judgment which is based on no other grounds save those of intuition. Logical men look beyond the immediate effects of an action and predicate its results on posterity. The percepts and recepts which form the concept of equal rights also embody an eject which, though conjectural, is yet
capable of logical demonstration, and which declares that the final and ultimate effect of female suffrage on posterity would be exceedingly harmful.

We have seen that the pronounced advocates and chief promoters of equal rights are probably viragints--individuals who plainly show that they are psychically abnormal; furthermore, we have seen that the abnormality is occasioned by degeneration, either acquired or inherent, in the individual. Now let us see, if the right of female suffrage were allowed, what effect it would produce on the present environment of the
woman of to-day, and, if any, what effect this changed environment would have on the psychical habitudes of the woman of the future. This portion of the subject will be discussed in Part III of this paper.

James Weir
Religion and Lust / The Psychical Correlation of Religious Emotion and Sexual Desire (1897)

jueves, 8 de marzo de 2012

Le Dieu Beefsteak



LE DIEU BEEFSTEACK

L'anémie est à la mode comme la névrose. Elle nous empoigne les plus jolies et couvre lentement d'une blancheur de mort l'éclat frais de leurs joues. Toutes anémiques aujourd'hui, avec des faiblesses dans les genoux, et, comme me le disait si rudement un interne, avec le visage à la sauce pâle.

C'est pour celles-là qu'on a inondé Paris d'affiches énormes qui portent en capitales ces mots d'aspect étrange : Bains de sang. On croit d'abord à quelque titre à sensation, on lit et l'on comprend alors que sur ces feuilles enluminées, collées aux murs, c'est notre époque tout entière résumée dans ses pauvretés et ses besoins pressants...

Déjà le fer est usé, il n'est plus dans le ton; pendant des années on a fait de lui comme un petit remède très high-life; on l'a mis en pastilles dans des bonbonnières exquises, en liqueur dans des flacons de cristal ciselé. Il fallait les entendre s'écrier, les pauvrettes, mollement, gentiment souffrantes, avec un soupir d'àme qui s'envole : Je prends du fer!

Ce « je prends du fer » était tout un délicieux poème, attendrissant comme une plainte vague, rempli d'un charme mondain et discret. Maintenant, c'est au sang même qu'on s'adresse brutalement; c'est lui qui doit donner la vie nouvelle; on le boit à pleine jarre et l'on s'y plonge à plein corps.

Parfois, le matin, rue de Flandres, devant les abattoirs en éventail, c'est une longue file d'équipages : les portières armoriées s'ouvrent sous la main du larbin irréprochable, et des jeunes filles toutes frêks descendent de coupés capitonnés de satin bleu, laissant dans l'intérieur l'amour de petit chien blanc, frisé et bichonné.

C'est l'heure où l'on tue; le sang tiède, — le sang de Jouvence — va couler à flots. Recouverts de la serpillière, la boutique garnie des six couteaux au côté, les garçons circulent; de lourdes pièces éventrées voyagent sur les épaules des porteurs, les voitures numérotées attendent leurs cargaisons; c'est un va-et-vient fiévreux, on travaille dur pour le ventre de Paris; partout où flâne le regard, c'est l'immense boucherie organisée avec art. Par les avenues qui séparent les bâtiments, on se heurte à des viandes pittoresques, à des quartiers monstres qui laissent derrière eux un cordon sanguinolent.

Parfois, parti on ne sait d'où, un cri plaintif, un gémissement désespéré — l'àme de quelque bonne et douce bête qui meurt sous le coup...

Tandis qu'à pas menus, retroussant ses jupes un peu, pénètre dans cette tuerie impitoyable la jeune fille diaphane qui joue Chopin avec sentiment.

On a amené le bœuf, on l'attache à un anneau fiché dans le sol, on lui noue les cornes avec une grosse corde, on lui incline fortement la tète...

Le boucher prend un merlin, donne un coup sec entre les cornes, — le bœuf tombe comme une masse, soufflant, épais; souvent il essaie de se relever, — un nouveau coup sur le frontal l'achève, le voilà inerte sur le flanc, énorme, avec ses yeux — ses yeux si tendres hors de l'orbite...

Alors on lui coupe la gorge, le sang fait irruption de toutes parts, ardent, bouillant; autour dela pauvre bête assommée, on installe un cercle de larges baquets, — des roues qui reçoivent le sang pir cascades et fusées...

A quelques pas de là, la jeune fille attend ; sans le voirelle devine ce spectacle de mort; enfin un garçon arrive en courant, malgré ses sabots, les manches de sa chemise retroussées sur ses gros bras bossués de muscles, une tasse dans sa main vigoureuse; sans hésiter, il présente à la jeune fille cette tasse, où s'agite un sang bouillonnant...

D'un trait, comme habituée déjà, elle la vide, la rejette et se sauve en essuyant avec un fin mouchoir ses lèvres rougies — pour un instant.

A l'hôtel, vite!

Les chevaux repartent au galop,'la jeune fille s'enfonce dans un coin de la voiture, — et chaque fois, quand elle s'en retourne ainsi, lui revient obstinément un vieux souvenir classique, l'histoire de cette Sombreuil, qui l'effrayait tant en pension et à laquelle elle se trouve maintenant bien supérieure!

Avec les bains de sang, la scène devient plus caractéristique.

Le bain de madame la baronne est prêt; dans la baignoire qui brille, c'est une large tache rouge, mouvante; une chaleur monte de cette mare vermeille faite de tout le sang d'une bête jeune.

Mignonne, craintive, la baronne approche: une vision de crime lui traverse l'esprit et l'épouvante; elle se regarde dans sa petite glace à main, elle est plus pâle encore, jamais elle n'osera se plonger làdedans, —. et pourtant elle s'y plonge avec un grand cri, les yeux clos.

Elle ne veut pas voir, une odeur acre lui saisit la gorge... Mais en même temps il lui semble qu'une force vivifiante l'anime, elle s'enhardit, s'allonge et se laisse pénétrer par tous les pores...

Tandis que debout auprès d'elle, la soubrette robuste, saine et comme fraîche encore du bon air de sa campagne, se croit en un cauchemar et murmure: « Est-ce possible!»

Puis, après trois minutes, délivrée, la baronne qui sort du bain s'enroule dans un peignoir de batiste qui moule ses chairs délicates où le sang dégoutte, ruisselle et se fige en perles de corail.

Le matin, la baronne, la Tendresse, comme il est écrit tout le long des carnets mondains, se baigne bravement dans le sang, ce qui ne l'empêche pas de s'évanouir pour une piqûre d'épingle!

Du sang, du sang, c'était le cri de Macbeth après le crime — c'est aujourd'hui le cri du boulevard après l'épuisement des nuits blanches.

Pour peu que l'anémie sévisse longtemps encore, on dira désormais: « Je fais une saison aux abattoirs », comme on disait : « Je fais une cure à Vichy. » Ce sera le comble du chic, par ce tempsoù la maladie est un dandysme.

Un simple beefsteack, cependant, ferait mieux l'affaire : le dieu Beefsteack. est plus sûr que tous les bains du monde. A lui seul, saignant de beaux filets d'un rouge de sang, il est la providence.

Le dieu beefsteack, mais servi et adoré pour luimême, sans que Bordeaux ou Bercy n'aient rien à y voir, le dieu nature, et sur le gril.

Lui seulest de taille à refouler l'anémie qui monte, et il tient dans ses flancs de quoi rendre la fraîcheur rose aux plus fanées; la Villette et les bains miraculeux ne prévaudront pas contre lui.

Le dieu beefsteack, c'est l'avenir, en ce siècle ruiné de sang.

A quoi bon chercher autre chose, pourquoi faire de l'originalité — inutile, avec du sang en tasse ou en baignoire, quand on peut s'offrir, pour un rien, chez soi, au milieu de sa table, sur la belle assiette à fleurs, le dieu beefsteack... sauveur du monde!


Paris Patraque
Alexandre Hepp

jueves, 1 de marzo de 2012

Himno a la tortilla de patata


HIMNO A LA TORTILLA DE PATATA
A María José Berruezo, gala y alegría de Pamplona.

Tortilla de patata,
rico doblón jugoso y sartenero,
acuñado con oro petulero,
en el que el huevo fiel quizá retrata
a don Carlos III
con pelucona, belfo y narizota.
Pandero de gitano calvorota
con el parche agorero, mudo y frito.
Adufe doradito,
que en su tunar se pica alguna sota.
Palo y pinta de putas
con piel de nalgas héticas y enjutas.
Adarga de Mio Cid el de Vivar,
que las pasó canutas
con tanto cabalgar y cabalgar
– polvo, sudor y latapor
Castilla la gris, color de rata,
católico apostólico aduar.
Tortilla de patata,
ojo tuerto aceitoso,
faro sobre la frente de un coloso,
de un Polifemo hispánico y pacífico;
piedra de Champollion sin jeroglífico,
sin Horus, sin Anubis,
sin muertos que se afeitan testa y pubis
para estar presentables
en el mar de los limos insondables,
poblado por la Historia Natural,
con el nombre en latín de cada cosa:
el sargazo, de piel filamentosa,
y la medusa, eructo de cristal.
Ronda, rondón, rondel, rondín, rondón,
Tortilla madurita,
que en Cataluña todos llaman truita.
Sextante de Colón,
vidriera y rosetón
del pórtico de sombras de Toledo.
Mitad de los quevedos de Quevedo,
mirando a España con el ceño amargo.
Nimbo amarillo y seco
pintado por El Greco
(ese señor tan largo).
Ruleta de casino
de provincias, asmático y cansino:
cana al aire y chirlata.
Tortilla de patata.
Rueda de la Fortuna; Lotería
de la España que juega y disparata,
esperando algún día
– tiro por la culata:
pícaros, ganapanes, jornaleros,
peones, mamporreros
y gente de zoquete y alpargata
¡tortilla de patata!

Jorge Llopis