domingo, 13 de febrero de 2011

La Belle Epoque de la morphine




"Au bout d`un temps plus ou moins long, le malade n'éprouve plus les sensations agréables du début, et, pour tâcher de les retrouver, il augmente la dose.

L`intelligence est abaissée ; il y a une perte très notable de la mémoire. J'ai eu l'occasion de voir un médecin qui, sous l`influence de la morphine, — il en prenait 2, 5 grammes par jour — avait complètement perdu la mémoire de tout ce qui touchait à la médecine. A la suite d*un traitement de démorphinisation, sa mémoire revint.

Le sens moral est annihilé; le malade n'a plus d'affection pour les siens; il ne soupe plus qu'à la morphine et ne pense qu'aux moyens qu'il emploiera pour s'en procurer.

La vie de famille devient impossible, et bien des fois j'ai reçu des lettres éplorées de femmes de morphinomanes me demandant conseil et me faisant le navrant tableau de ce qu'était devenu leur intérieur depuis que leur mari avait pris la malheureuse habitude de la morphine.

Il y a une perte complète de la volonté; tous les efforts, tout ce qui reste d'intelligence est concentré sur les moyens utilisables pour avoir la morphine. Je vous ai cité le cas de cette femme du meilleur monde, qui, pour avoir son poison, avait vendu une partie de la bibliothèque de son mari, avait vendu le bâton de maréchal de son grand-père et avait été arrêtée pour vol dans un magasin.


Ball a cité le cas d une femme, mère de trois enfants, qui jusque-là avait eu une vie absolument régulière, qui n'hésitait pas à se prostituer, non par désir voluptueux, mais dans le seul but d'avoir la somme nécessaire pour se procurer de la morphine.

La morphinomane vole pour se procurer de l'argent non pas qu'elle ait le désir de voler, mais parce qu'elle est indifférente à l'acte qu'elle va commettre et qu'elle veut pouvoir acheter de la morphine. Les kleptomanes sont des individus dont l'état organique est déprimé ; c'est ainsi que la kleptomanie est assez fréquente dans l'état de grossesse ; mais souvent c'est une manie spécialisée, et souvent le kleptomane vole toujours le même objet dont il n'a souvent nul besoin. Je puis vous citer le cas d'une dame millionnaire qui avait la singulière manie de voler des éponges ; son mari la faisait suivre par une personne qui payait toutes les éponges qu'elle dérobait ; à la mort de sa femme, il les distribua à des œuvres charitables ; il y en avait plein une charrette. Une autre femme volait des cravates d'hommes ; elle les rangeait dans une armoire sans même les déplier; on en trouva chez elle au moins trois cents. Dans ces cas, la kleptomane ne cherche pas à tirer parti de son vol; il n'en est pas de même pour les morphinomanes qui volent; elles commettent cet acte délictueux dans le but de se procurer de l'argent pour acheter de la morphine.

Avoir de la morphine est la préoccupation unique, obsédante. Tout autre sentiment disparaît. La morphinomane ne songe plus à sa tenue. La femme coquette, élégante, ne se coiffe plus, elle est couverte de vêtements souillés de taches.

Messieurs, je vous conseille de toujours vous méfier des dires d'un morphinomane ; ces malades mentent avec une
facilité extraordinaire, et ils savent donner à leurs mensonges une apparence de vérité capable de dérouter la perspicacité la plus en éveil.

Après l'excitation donnée par l'action d'une piqûre, le morphinomane se sent, au bout d'un temps plus ou moins long, retomber dans l'anéantissement dont, seule, une nouvelle injection pourra le relever. Si elle se fait attendre, le malade est en état de besoin, c'est-à-dire qu'il est dans un état d'excitation, de malaise du au désir impérieux, inassouvi, que seul fera cesser la dose normale de morphine.

L état de besoin existe môme chez le fœtus et le nouveau-né. Charcot a vu une femme enceinte de sept ou huit mois qui était morphinomane ; quand ou diminuait la dose de morphine de la mère, l'enfant faisait dans l'utérus des mouvements désordonnés. L'enfant, après sa naissance, était très agité, n'avait pas de sommeil et mourut bientôt.

Des observations analogues ont été rapportées en Amérique et en Allemagne; les enfants étaient extrêmement agités et sans sommeil, et, à ces nouveau-nés, on n'hésita pas à faire des injections de 2 ou 3 milligrammes de morphine; ils se sont alors calmés et ont vécu.

Les troubles psychiques ont été admis par certains auteurs, Pichon et Bail, et niés par d'autres aliénistes, comme Magnan. e qui est certain, c'est que le morphinomane dort fort peu et mal et que l'insomnie est la règle; le malade est abattu, mais le sommeil le fuit. Pour Pichon et Ball, les hallucinations dues à la morphine se rapprochent beaucoup de celles que provoque l'alcool ; elles se produisent surtout la nuit, dans le demi-sommeil. Il est vrai qu'il peut y avoir association des deux intoxications.

J'ai eu l'occasion de voir une femme hystérique, qui, quelques mois après son mariage, devint morphinomane ; elle avait, sitôt qu'elle s'endormait, de terribles cauchemars; notamment, elle croyait toujours voir son cercueil près de son lit. Depuis le moment où elle devint morphinomane, elle n'eut plus de crises d'hystérie. Lancereaux a d`ailleurs signalé la disparition des grandes crises d'hystérie sous l'action de la morphine.

Les hallucinations diurnes sont rares, sauf quand le morphinomane devient en même temps cocaïnomane ; j'aurai à revenir sur ce point.

Les troubles digestifs sont très accentués. La bouche est sèche, la langue est couverte d`un enduit sale, l'haleine est fétide et le malade a toujours soif. D'après les recherches du D"" Combes, il y aurait des lésions dentaires caractérisées par une altération de l'ivoire qui entraînerait la chute de la dent sans périostite.

L'appétit, bien qu'on ait noté parfois de la boulimie, est en général très diminué; il existe des troubles gastriques dus à une diminution dans la sécrétion stomacale, qui est très pauvre en acide chlorhydrique ; les vomissements sont rares, mais la constipation est la règle ; elle est parfois interrompue par des débâcles diarrhéiques.

Enfin les malades signalent, au moment où ils reçoivent l'injection de morphine, un sentiment de constriction épigastrique qui doit bien être dû à la morphine, car il ne se produit pas lorsqu'on fait au morphinomane, à son insu, une injection d'eau pure.

La circulation est très troublée; le pouls est petit, filiforme; on constate parfois des palpitations et de l'hypotension artérielle. La respiration est ralentie.

Les fonctions génitales sont profondément troublées. Au début de l'intoxication, pendant la période d'excitation morphinique, Notta (de Lisieux) a signalé une certaine excitation génésique, accompagnée d'un sentiment voluptueux très réel; mais elle est inconstante et dure peu. Bientôt le morphinomane devient impuissant; le sens génésique s'émousse et l'appétit sexuel disparaît; les désirs vénériens sont rares et l'érection devient impossible.

Certains morphinomanes sont très affectés de la perte de leur virilité. Le D'" Pichon a signalé le cas d'un jeune homme qui fut pris d'un tel désespoir qu'il voulait se suicider. On il également signalé le cas d'un morphinomane qui, ne pouvant satisfaire aux exigences de sa femme n'avait rien trouvé de mieux que de la rendre morphinomane à son tour.

D'après Levinstein, au bout d`un certain temps, l`impuissance devient définitive par suite d'une atrophie testiculaire et les spermatozoïdes disparaissent de la liqueur
séminale. Levinstein a noté chez la femme l'atrophie des seins, de l'utérus, des ovaires.

Les grossesses sont rares chez les morphinomanes, mais elles ne semblent pas fâcheusement influencées par la morphine; on a cru remarquer qu'elles étaient un peu prolongées. En général, l'enfant issu d'une mère morphinomane n'est pas brillant; il est malingre, chétif et est parfois lui-même congénitalement morphinomane, puisque, ainsi qu'il ressort des faits rapportés par des auteurs allemands et américains, on ne peut lui procurer le calme et le sommeil qu'en lui faisant des injections de morphine.

Mais, même si la mère n'est pas morphinomane, la morphinomanie seule du père est suffisante pour entraîner chez l'enfant les conséquences les plus graves. Un diplomate qui prenait chaque jour environ O, 3O de morphine eut trois enfants : le premier mourut le troisième jour; le second, idiot, mourut phtisique à seize ou dix-sept ans; le troisième était imbécile, dépravé, puis dément.

P. Brouardel, 1906

viernes, 11 de febrero de 2011

De l'exiguïté du pénis comme cause




Parlons d'abord de l'exiguïté du pénis comme cause probable de la pédérastie. Cette exiguïté constatée par le sujet peut parfaitement l'entraîner vers les hommes, non seulement, parce qu'il n'éprouve point de
volupté en compagnie de la femme, mais surtout parce que la honte de son état le retient.

Beaucoup de jeunes gens sont devenus homosexuels actifs à la suite de la plaisanterie d'une maîtresse, voire d'une prostituée. Cette plaisanterie l'a conduit à examiner ses semblables et il a constaté son exiguïté virile.

Désormais il fuira la femme, et lorsque l'occasion se présentera, il essaiera de l'intromission anale.

La jouissance qu'il en retirera lui semblera bien supérieure à celle ressentie auprès des maîtresses, les sphincters ayant une violence de contraction que ne possède pas le vagin. Dès lors, le sujet s'éloignera définitivement du coït normal et le souvenir de la moquerie éveillera en lui une haine qui englobera le beau sexe tout entier.

On peut dire que l'exiguïté de la verge, aussi bien en diamètre qu'en longueur, conduit toujours celui qui en est victime à l'éloignement de la femelle.

Il est rare, en effet, qu'un vagin se présente assez étroit pour compenser cette anomalie. Même la femme étant vierge, au premier rapport, le vagin ne tardera pas à s'élargir et n'offrira plus au pénis l'étreinte
nécessaire pour lui donner la volupté.

Il en résulte que celui-là, ou s'adonnera à l'uranisme actif, ou bien alors à la masturbation.

On constate que bien souvent, des homosexuels actifs deviennent passifs avec l'âge. Cela correspond parfaitement à ce que nous avons dit, à ce propos, des zones érogènes. Il est probable même qu'il on est toujours ainsi.

On comprend dès lors que la guérison de l'homosexuel actif frappé de cette tare est absolument impossible. L'exiguïté du pénis correspond à un arrêt du développement général.

Si l'on n'a pas attaqué cette déficience au moment de l'adolescence, c'est-à-dire quand elle s'est produite, il ne semble pas permis d'espérer y porter remède plus tard.

Garnier prétend que la verge trop petite peut se développer par l'exercice; d'autre part, il admet comme nous que cette petitesse provient d'un arrêt de développement. Les deux propositions se contredisent évidemment, à moins qu'il ne suppose que l'exercice ait lieu lors de la puberté. Si même l'exercice
du coït pouvait amener une amélioration dans l'état de l'anormal, cette amélioration resterait insuffisante pour lui procurer la volupté auprès d'une femme.

« Exiguïté de volume. Cette difformité, si préjudiciable à l'homme, résulte de l'arrêt de développement du corps caverneux qui constitue la partie saillante du pénis. Elle est beaucoup plus conunune que l'excès contraire. Le diamètre surtout fait souvent défaut. C'est un signe d'infantilisme dont les observations 7 et 8 forment le sujet.

« Mais l'adulte n'a iràs à s'en affliger; il augmente par l'exercice, comme tout autre organe. L'afflux répété du sang dans les aréoles du tissu caverneux qui produit l'érection suffit à cet effet. La longueur peut égale-
ment s'en accroître. » (Garnier.)

S'il en était ainsi, beaucoup d'individus, pédérastes actifs au début de leur vie sexuelle, reviendraient à la femme après un certain temps ; poussés par le désir instinctif de se retrouver dans la normale. Or, le cas
ne semble à peu près jamais se présenter.

Si l'on veut lutter efficacement contre l'exiguïté de la verge, c'est au moment de l'adolescence qu'il faut s'en préoccuper. L'accroissement de volume des parties sexuelles se produira en môme temps que la vigueur
générale. Cette vigueur sera favorisée par un régime tonique, une nourriture facilement assimilable et des exercices physiques.

Mais lorsque le jeune homme aura atteint 18 ou 20 ans, il paraît peu probable que même le coït fréquemment répété lui procurera un pénis normal. Bien au contraire, cette petitesse de la verge étant une preuve de débilité générale, le coït ne fera que d'accroître cette débilité.

Evidemment, tous ceux qui sont frappés de cette anomalie ne deviennent pas homosexuels, mais il est permis de supposer que tous, après divers essais de copulation, versent dans l'onanisme.

Quelques-uns se livreront à une perversion qui leur apportera le complément de volupté dont ils ont besoin.

Parmi les stigmates, on a remarqué, comme nous le disions plus haut, la forme lancéolée de la verge.

Cette anomalie est plus fréquente qu'on ne le croit. Le corps du pénis est gros, renflé vers le milieu au moment de l'érection, tandis que le gland va en s 'effilant.

Avec un peu de réflexion, on comprend que cetto condition paralyse considérablement la volupté. Le vagin, considérablement écarté par le corps du pénis, ne se resserre plus sur le gland où se trouve la zone érogène
principale.

Le besoin de jouissance qui se trouve au fond du cœur de tout homme, incitera celui qui est frappé de cette anomalie à rechercher un mode de satisfaction qui lui donne un plaisir complet.

Le plus souvent, il débutera par l'onanisme et s'y fixera, à moins d'une occasion.

Par contre, si une tentative homosexuelle se produit, il s'arrêtera à ce procédé comme le rapprochant le plus de la normale.

Pourquoi trouve-t-il plus de volupté dans l'intromission anale? A cause de la présence des deux sphincters. Si le premier s'écarte pour permettre le passage de la verge, le second, au contraire, encerclera étroitement
le gland, atteignant ainsi la véritable zone érogène.

On se demandera, dans ces conditions, pourquoi l'actif ainsi conformé recherche l'homme de préférence à la femme qui pourrait lui offrir le même mode d'opérer.

Les raisons sont faciles à découvrir; la femme n'éprouve aucun plaisir à cette intromission contre nature, bien loin de là, il n'en résulte pour elle qu'une souffrance. Dans la plupart des cas, elle s'y refuse, et si elle s'y soumet, ce sera de mauvaise grâce.

Le passif, en revanche, trouve toute sa jouissance dans cette possession, car non seulement il se soumet, mais il réclame cette conjonction. Il est humain de s'adresser là où il est le plus aisé de se procurer ce qu'on
désire.

Qu'il n'y ait point de répugnance à la première rencontre, est assez douteux; le plus souvent, elle se marque par une hésitation, un manque de décision. Mais l'habitude s'acquiert rapidement et le premier essai
achevé, la répétition se réalise sans embarras parce que le sujet a découvert la volupté qui lui est propre en même temps qu'il la donne à un autre, ce qui flatte sa vanité...

J. R. Bourdon, Perversions sexuelles : causes physiologiques, leur traitement, leur influence dans les rapports conjugaux (1900)

miércoles, 9 de febrero de 2011

Système sexuel martiniquais



SYSTEME SEXUEL MARTINIQUAIS


On a organisé un papier peint blanchâtre
Pour que les gens y vivent et caressent leurs corps
On n'est pas en vacances pour penser à la mort
En système libéral, parmi tous les mulâtres

Et sous les filaos, les épidermes suent
La journée est très blanche, on se recouvre d'huile
On organise des jeux, le public est docile
Et le soir on déguste des côtelettes de tortue.

Il faut organiser un échange orgastique
Pour que chacun s'amuse et filme en vidéo
Les ébats amoureux, les danses en paréo
Et les fins de soirée un peu paroxystiques.

Ainsi les êtres humains échangent leurs muqueuses
Avant de tout ranger dans les valises en fibre,
C'est ainsi qu'ils expriment leur statut d'êtres libres
Et leur humanité interchangeable et creuse.

Comme un week-end en autobus,
Comme un cancer à l'utérus,
La succession des événements
Obéit toujours à un plan.

Toutefois, les serviettes humides,
Le long des piscines insipides,
Détruisent la résignation
Le cerveau se met en action.

Il envisage les conséquences
De certaines amours de vacances,
Il aimerait se détacher
De la boîte crânienne tachée.

On peut nettoyer sa cuisine,
Dormir à la Mépronizine,
La nuit n'est jamais assez noire
Pour en finir avec l'histoire.

Houellebecq

martes, 8 de febrero de 2011

La nouvelle Pasiphaë



(X, 19, 1) À notre arrivée à Corinthe, après avoir voyagé partie par terre, partie par mer, une population considérable se porta au-devant de nous, moins par honneur pour Thiasus, à ce qu'il me parut, que par la curiosité que j'inspirais; car une immense réputation m'avait précédé dans cette contrée, si bien que je devins de bon rapport pour l'affranchi préposé à ma garde. (2) Quand il voyait qu'on faisait foule pour jouir du spectacle de mes gentillesses, le gaillard fermait la porte et n'admettait les amateurs qu'un à un, moyennant une rétribution assez forte; ce qui lui valut de bonnes petites recettes quotidiennes.

(3) Parmi les curieux admis à me voir pour leur argent, se trouvait une dame de haut parage et de grande fortune qui montra un goût prononcé pour mes gracieuses prouesses. À force d'y retourner, l'admiration chez elle devint passion; et, sans plus chercher à combattre une ardeur monstrueuse, cette nouvelle Pasiphaé ne soupire plus qu'après mes embrassements. (4) Elle offrit à mon gardien, pour une de mes nuits, un prix considérable; et le drôle trouva bon, pourvu qu'il en eût le profit, que la dame s'en passât l'envie.

(X, 20, 1) Le dîner du patron fini, nous passons de la salle à manger dans la chambre où je logeais, où nous trouvâmes la dame languissant déjà dans l'attente. (2) Quatre eunuques posent à terre quantité de coussins moelleusement renflés d'un tendre duvet, et destinés à former notre couche. Ils les recouvrent soigneusement d'un tissu de pourpre brodé d'or, et par dessus disposent avec art de ces petits oreillers douillets dont se servent les petites maîtresses pour appuyer la figure ou la tête; (3) puis, laissant le champ libre aux plaisirs de leur dame, ils se retirent, fermant la porte après eux. La douce clarté des bougies avait remplacé les ténèbres.

(X, 21, 1) La dame alors se débarrasse de tout voile, et quitte jusqu'à la ceinture qui contenait deux globes charmants. Elle s'approche de la lumière, prend dans un flacon d'étain une huile balsamique dont elle se parfume des pieds à la tète, et dont elle me frotte aussi copieusement, surtout aux jambes et aux naseaux. (2) Elle me couvre alors de baisers, non de ceux dont on fait métier et marchandise, qu'une courtisane jette au premier venu pour son argent; mais baisers de passion, baisers de flamme, entremêlés de tendres protestations: (3) Je t'aime, je t'adore, je brûle pour toi, je ne puis vivre sans toi; tout ce que femme, en un mot, sait dire pour inspirer l'amour ou pour le peindre. Elle me prend ensuite par la bride, et me fait aisément coucher. (4) J'étais bien dressé à la manoeuvre, et n'eus garde de me montrer rétif ou novice, en voyant, après si longue abstinence, une femme aussi séduisante ouvrir pour moi ses bras amoureux. Ajoutez que j'avais bu largement et du meilleur, et que les excitantes émanations du baume commençaient à agir sur mes sens.

(X, 22, 1) Mais une crainte me tourmentait fort. Comment faire, lourdement enjambé comme je l'étais, pour accoler si frêle créature, pour presser de mes ignobles sabots d'aussi délicats contours? Ces lèvres mignonnes et purpurines, ces lèvres qui distillent l'ambroisie, comment les baiser avec cette bouche hideusement fendue, et ces dents comme des quartiers de roc? Comment la belle enfin, si bonne envie qu'elle en eût, pourrait elle faire place au logis pour un hôte de pareille mesure? (2) Malheur à moi! me disais-je, une femme noble écartelée! Je me vois déjà livré aux bêtes, et contribuant de ma personne aux jeux que va donner mon maître. Cependant les doux propos, les ardents baisers, les tendres soupirs, les agaçantes oeillades, n'en allaient pas moins leur train: (3) Bref, je le tiens, s'écrie la dame, je le tiens, mon tourtereau, mon pigeon chéri! Et, m'embrassant étroitement, elle me fit bien voir que j'avais raisonné à faux et craint à tort; que de mon fait il n'y avait rien de trop, rien de trop pour lui plaire; (4) car, chaque fois que, par ménagement, je tentais un mouvement de retraite, l'ennemi se portait en avant d'un effort désespéré, me saisissait aux reins, se collait à moi par étreintes convulsives, au point que j'en vins à douter si je ne péchais pas plutôt par le trop peu. Et, cette fois, je trouvai tout simple le goût de Pasiphaé pour son mugissant adorateur. La nuit s'étant écoulée dans cette laborieuse agitation, la dame disparut à temps pour prévenir l'indiscrète lumière du jour, mais non sans avoir conclu marché pour une répétition.

(X, 23, 1) Mon gardien lui en donna l'agrément tant qu'elle voulut, sans se faire tirer l'oreille; car, indépendamment du grand profit qu'il tirait de ses complaisances, il ménageait par ce moyen à son maître un divertissement d'un nouveau goût. Il ne tarda pas, en effet, à le mettre au fait de mes exploits érotiques. Le patron paya magnifiquement la confidence, et se promit de me faire figurer sous cet aspect dans ses jeux. (2) Or, comme à cause du rang, il ne fallait pas songer pour le second rôle à ma noble conquête, et qu'un autre sujet pour le remplir était introuvable à quelque prix que ce fût, on se procura une malheureuse condamnée aux bêtes par sentence du gouverneur. Telle fut la personne destinée à entrer en lice avec moi devant toute la ville...


Apulée, L`Âne d`Or

domingo, 6 de febrero de 2011

J´enc



J'encule les sectes, les sataniques
Les schizophrénes et les fanatiques,
J'encule les cons, j'encule D
Et j'encule les armées,
J'encule mon père, j'encule ma mère
Et j'encule ma grand-mère,
J'encule Miss Kittin à la fin
Je défonce la gueule a Raffarin,
J'encule les étoiles, j'encule les cieux
Les archanges, les démons, j'encule Dieu,
J'encule les musiciens de merde
J'encule ceux qui vont me perdre,
J'encule les musiciens de merde
J'encule ceux qui vont me perdre,
Je t'encule putain d'public
Car je n'en veux qu'a ton fric,
Je t'encule putain d'public
Car je veux que tu crache ton fric.
x2

J'encule les sectes, les sataniques
Les schizophrénes et les fanatiques,
J'encule les cons, j'encule D
Et j'encule les armées,
J'encule mon père, j'encule ma mère
J'encule les militaires
J'encule aussi ma grand-mère
J'encule la gueule a Raffarin,
J'encule Miss kittin a la fin
J'encule les étoiles, j'encule les cieux
Les archanges, les démons, j'encule Dieu,
J'encule les musiciens de merde
J'encule ceux qui vont me perdre,
J'encule les musiciens de merde
J'encule ceux qui vont me perdre,
Je t'encule putain d'public
Car je n'en veux qu'a ton fric,
Je t'encule putain d'public
Car je veux que tu crache ton fric.


SEXY SUSHI


http://www.youtube.com/watch?v=JtUZ-bkX1n0

Sex Appeal




Le sex appeal de la policière
Me fait mouiller devant derrière
Le sex appeal de la policière

Je lui demande ma direction
La policière est super canon
Elle m'amène jusqu'à sa maison
Et là j'enlève mon pantalon

Policière aux cheveux bouclés
Dans son uniforme super moulé
Rend mes tétons tout pointés
Je prends mon pied, je prends mon pied

Elle m'attache avec ses menottes
La policière se déculotte
La policière a du chagrin
Et moi j'enlève mes escarpins

Sex appeal, sex appeal

Le sex appeal de la policière
Me fait mouiller devant derrière
Le sex appeal de la policière

La réconforte la policière
Elle a une bouche hyper sexy
Comme c'est bon d's'envoyer en l'air
La policière n'a plus de soucis

[x2]
Mes escarpins, mon pantalon
Sa p'tite culotte, ses mocassins
Un grain d'beauté, une tâche de vin
Des p'tites dentelles, une salle de bain
Excitation, introduction
Une étincelle à profusion
Porte-jarretelles et gros nichons
Soutien-gorge, collant nylon

Soutien-gorge, collant nylon

Le sex appeal de la policière
Me fait mouiller devant derrière
Le sex appeal de la policière

Le sex appeal de la policière
Me fait mouiller devant derrière
Le sex appeal

Mes escarpins, mon pantalon
Sa p'tite culotte, ses mocassins
Un grain d'beauté, une tâche de vin
Des p'tites dentelles, une salle de bain
Excitation...
Une étincelle à profusion
Porte-jarretelles et...

Soutien-gorge, collant nylon

Mes escarpins, mon pantalon
Sa p'tite culotte, ses mocassins
Un grain d'beauté, une tâche de vin
Des p'tites dentelles, une salle de bain
Excitation, introduction
Une étincelle à profusion
Porte-jarretelles et gros nichons
Soutien-gorge, collant nylon

Sex appeal
Soutien-gorge, collant nylon
Sex a - sex appeal

[x2]
Le sex appeal de la policière
Me fait mouiller devant derrière
Le sex appeal

viernes, 4 de febrero de 2011

Morceaux de Femme




Ton insupportable portable
A sonné quand je te mettais
Tu ne t'es même pas décrochée
Pour répondre c'est incontestable

J'avais ton cul à marée haute
Et ta chevelure qui tressaute
J'avais tes seins en ligne de mire
On ne pouvait pas rêver pire

C'était Marcelin qui appelait
Car il préparait le dîner
Dans l'appareil il te criait
De surtout ne pas oublier

Tout ce que tu devais acheter
Lorsque tu serais rhabillée
Par cette belle soirée d'été
En nocturne au supermarché

Ton abominable portable
A sonné en pleine mélopée
Tu ne t'es même pas déplantée
Pour répondre c'est déraisonnable

J'avais ta bouche à bout portant
Tu n'étais pas au bout de tes peines
Moi j'étais à bout d'arguments
Tu étais belle en femme de peine

C'était Donata qui disait
Qu'elle ne pourrait t'accompagner
À votre cours de tai chi
Car elle avait physique-chimie

Elle était désolée bien sûr
Elle se sentait presque parjure
Ce n'était que partie remise
Pour l'instant tu étais bien mise

Ton intolérable portable
A sonné comme un incongru
Quand j'avais mon doigt dans ton cul
Tu n'étais pas très présentable

J'avais tes yeux en face des trous
Et j'avais tes trous plein la vue
Qu'est-ce qu'on pouvait souhaiter de plus
Que tes soupirs et tes remous

C'était Géraldine qui voulait
T'emmener voir Dérive passionnelle
Dans une ancienne usine à lait
Reconvertie en lieu rebelle

Une travailleuse théâtrale
Y faisait de la balançoire
Dans une grande violence musicale
Jusque vers minuit tous les soirs

Elle y dynamitait les codes
De la dramaturgie hors mode
Qu'elle repensait avec talent
C'était un spectacle dérangeant

Ton interminable portable
A resonné sous toi et moi
Tu répondis encore une fois
Sans dételer c'est très condamnable

J'avais tous tes tours dans mon sac
J'avais un nœud à l'estomac
J'avais ton cœur au bord des lèvres
En ces matières tu es orfèvre

C'était Pervenche qui appelait
Elle ne se souvenait plus pourquoi
Personne on le sait n'est parfait
Elle était en plein désarroi

Elle prévoyait de te rappeler
Sitôt qu'elle aurait retrouvé
Des raisons d'être et d'espérer
Et surtout de téléphoner

Ton impardonnable portable
A sonné quand tu m'enfourchais
Et que tu commençais à jouer

J'avais tes sphères dans mon saint suaire
Tu étais belle en écuyère
En convulsionnaire bayadère
Au dernier degré du calvaire

C'était à nouveau Marcelin
Qui de nouveau trouvait malin
De t'avertir qu'il mitonnait
Des petits plats pour le dîner

D'abord des hors-d’œuvre substantiels
Puis une viande ou un poisson
Un turbot ou un miroton
Ou un filet mignon au miel

Il exultait de fricasser
Rissoler bouillir écumer
Blanchir éplucher gratiner
Et toi tu étais bien braisée

Ton indéfendable portable
A sonné quand tu te tournais
Et qu'en silence tu présentais
Ton derrière impérissable

J'avais ton ciel et ton ressac
J'avais tes jardins en terrasses
Je me trouvais en état de grâce
J'avais tous tes tours dans mon sac

C'était Angeline l'obèse
Que jamais personne ne baise
Et qui d'ailleurs la trouve mauvaise
Ceci dit entre parenthèses

Elle voulait par ce soir dolent
T'emmener écouter à Beaubourg
Des nihilistes de Nemours
Qui parlent du ressentiment

Ils veulent disait-elle faire la nique
Aux pensées apocalyptiques
Des contempteurs philosophiques
De l'art nouveau et artistique

Ton inexcusable portable
A tinté quand tu te glissais
Souriante et nue dessous la table
Et tu as quand même décroché

Tu avais la langue bien pendue
En ce matin caniculaire
Et tes deux lèvres bien fendues
Etaient toutes à leur affaire

C'était Garance qui faisait chier
Je n'ai jamais pu l'encadrer
Elle est assistante marketing
Et son mari gardien de parking

Elle revenait de Papouasie
Qui se trouve en Mélanésie
Elle s'en proclamait extasiée
Elle voulait tout te raconter

Elle avait observé là-bas
Des mœurs sexuelles et culturelles
Du plus haut intérêt visuel
Elle en était encore baba

Elle pensait qu'il était urgent
De changer nos yeux de regard
Et de prendre le train en gare
Du moderne le plus modernant

Ton injustifiable portable
A crié quand tu roucoulais
Et sur le lit tout dévasté
Tu ne t'es pas déconnectée

Tu t'es si joliment tordue
Pour atteindre la source du
Dérangement très saugrenu
Que je t'en ai à peine voulu

C'était Élodie cette fois-ci
Elle venait de se mettre au lit
Il n'était pourtant que midi
Mais elle avait passé la nuit

Et puis la matinée aussi
À se faire en catimini
Mettre et remettre sans merci
Elle en était toute ébaubie

Si rarement ça lui arrive
Qu'elle en restait un peu pensive
Sa joie pour n'être que fictive
Se voulait communicative

J'ai dû subir son monologue
Elle est sociologue pédagogue
Et cherche par des apologues
À terrasser les démagogues

Ton inépuisable portable
A sonné entre deux giclées
Tu es restée imperturbable
Tu ne t'es même pas épongée

Tu étincelais en plein vent
Comme une montagne amoureuse
Et d'entre tes cuisses langoureuses
Tu accouchais le jour levant

C'était Manon qui te parlait
Je la connaissais bien celle-là
Et je savais qu'elle terminait
Un grand travail de doctorat

Sur toutes les figures du bonheur
Que de plus en plus de gens
Mettent dans leurs ordinateurs
Pour en orner le fond d'écran

Ton inénarrable portable
A dégueulé sa mélodie
Quand tu tendais vers ma folie
Tes bras potelés et délectables

C'était un message d'Edmonde
Ah tu en connais du beau monde
Elle revenait de Bragamance
Qui n'est pas loin de Casamance

Elle est féministe prosexe
C'est un dispositif complexe
Mais cette harpie convaincue
S'occupe aussi de Tranches de rue

Qui développe en milieu rural
Avec le conseil régional
Des développements créatifs
Dans un but participatif

De participation locale
Avec l'appui du collectif
Des collectivités spéciales
Pour le développement attractif

C'était le Nouvel An chinois
Elle aurait souhaité avec toi
Voir le défilé du Dragon
Et bien d'autres animations

Ton inexorable portable
A sonné quand je te mettais
C'était Reine qui téléphonait
De chez Clientèle innombrable

C'était Arlette c'était Paulette
C'étaient Georgette et Bernadette
C'étaient Étiennette et Laurette
C'était Juliette à bicyclette

C'étaient Mona et Raïssa
C'était cette conne d'Henrietta
C'étaient Sandrine et Apolline
C'étaient Anne-Dauphine et Martine

C'étaient les sœurs de ta voisine
C'étaient les filles de ma cousine
C'étaient Capucine et Glycine
C'étaient Vermine et Scarlatine

C'étaient Rustine et Cochinchine
C'était Rosine ou Bécassine
Dont je trouve les prunelles câlines
Bien qu'elle ait les yeux en trous de pine

C'étaient Canine et Turlupine
C'étaient Origine et Angine
Et puis Oursine et Androgyne
Et Figurine et Glycérine

Ton très haïssable portable
S'est brusquement interrompu
Il s'est tu c'est irrécusable
Je te l'avais fourré dans le cul


Philippe Muray