Mostrando entradas con la etiqueta sex. Mostrar todas las entradas
Mostrando entradas con la etiqueta sex. Mostrar todas las entradas

lunes, 27 de febrero de 2012

Le Bréviaire Guyot


LE BRÉVIAIRE GUYOT

Ce Bréviaire de l'amour expérimental devrait être le livre de chevet de tous les nouveaux époux. (SARDOU)

Ce Bréviaire renferme surtout un chapitre qui m'a beaucoup ému et qu'on pourrait intituler: l'art de faire des enfants à sa femme en lui....... Ce Bréviaire m'a mis tout en joie. (LABICHE)

Je cueille ces deux épigraphes dans des lettres que Sardou et Labiche, — deux académiciens— ont adressées à l'éditeur du Bréviaire de l'amour expérimental, par le docteur Jules Guyot. Ce singulier Bréviaire, — pour la messe conjugale, Sardou l'a pris au sérieux, presque au dramatique ; Labiche, lui s'en est égayé tout simplement en songeant peut-être aux jolis effets qu'il en aurait tires jadis, quand il faisait au théâtre des mariages si extraordinaires et désopilants.

Il y a en effet dans ce bouquin minuscule de quoi s'arrêter un instant et de quoi sourire. On s'arrête lorsqu'on sait qu'il a eu parmi ses patrons et marraines Claude Bernard, Sainte-Beuve, Bixio, George Sand; mais on sourit vite, lorsque la liste se complète du cardinal Gousset, de l'abbé Montera, de l'abbé Hugon, l'exécuteur testamentaire d'Orsini, — et de... Virginie Déjazet.

Puis le sourire s'accentue, involontairement, quand on lit, — et quand on se rappelle que ce Manuel du mari modèle selon la Physiologie et la Religion, a été écrit à l'occasion solennelle du mariage du prince Napoléon avec la princesse Clotilde de Savoie!...

Balzac, dans sa Physiologie du mariage, s'est préoccupé presque exclusivement de Monsieur, de ses moyens de défense contre les minotaurisations :c'est de la politique d'intérieur.

PourBalzac, dans le ménage,toutes choses doivent revenir à Monsieur, les petits bonheurs comme les satisfactions complètes : le docteur Guyot a voulu réagir, et il a revendiqué pour Madame l'égalité des droits, — d'un droit surtout, d'un droit qui... que... oui enfin, celui-là, juste!

Celui qui précède le droit au travail— de la maternité.

J'accorde qu'il est bien des drames qui sont partis de l'alcôve. Certains jours, nous autres nous sommes d'un splendide égoïsme, nous avons l'air de donner et nous ne donnons rien, et dans la lune de miel même, souvent tout le miel est pour nous. En frelonnant dela sorte, il se peut que nous révoltions les roses....

Mais le Bréviaire Guyot me semble outré dans son accusation et imprudent dans son exclusivisme. A chacun son dû, notre femme est un créancier, l'amour une fonction naturelle et sociale: telle apparaît la théorie du docteur.

Jusqu'ici vous et moi, nous croyions volontiers qu'entre mari et femme la communion de l'esprit et du cœur était déjà de quelque haute importance. Non pas! Ce qui est nécessaire, urgent, c'est qu'il y ait symphonie conjugale parfaite, égalité de poids et mesures, — c'est qu'aucune valeur ne reste en compte.

S'il arrivetrop souvent qu'on se tourne le dos pour se montrer ensuite les griffes en pleinejustice, c'est que le mari est un naïf ou un brutal. La chasteté, la confiance, la sécurité du foyer, — tiennent tout entières dans sa générosité ou dans sa délicatesse...

Et là-dessus le docteur Guyot aligne cet axiome — qui a bien ce qu'il faut pour être du théâtre de Dumas fils:

Toute épouse incomprise qui sert passivement d'instrument à son époux est à la fois sainteet martyre; mais son époux demeure un égoïste et un sot....

Balzac avait écrit : le mariage c'est le lit. Avec le système du docteur, on en arrive à compléter ainsi cette définition déjà tout expérimentale : la vertu, la fidélité, l'honneur dsla femme, c'est le lit.

Je doute que les femmes, pour qui plaide le Bréviaire, consentent, même en secret, à tenir de la sorte d'un meuble acajou, palissandre ou thuya toute leur auréole!

La théorie du docteur fait un métier du mariage qui était déjà une loterie, comme on sait. Et ce métier a besoin d'être enseigné! Méthodiquement enseigné, non pas au point de vue dela philosophie, de la patience ou du courage, — pourtant indispensables,— mais au point de vue pratique : malheur au merle blanc!

Le docteur demande s'il n'est pas étrange que nous ayons des chefs de cuisine, des parfumeurs émérites, des professeurs d'optique, des maîtres de musique, que nous étudiions suivant des lois mathématiques ou sur des principes scientifiques tout ce qui concerne les muscles, le goût, Fodorat, la vue et l'ouïe et que nous abandonnions l'exercice du sens dominateur de l'existence humaine dans sa création, dans son cours et dans sa dernière fin, aux seuls instincts égarés par les lazzis, les chansons, les comédies, les romans, les images obscènes et la tradition des débauchés!

Assurément, il y a une éducation à faire. Le mariage de Daphnis et de Chloé, par le temps expérimental qui court, sentirait désagréablement l'idylle.

Il est convenu, accepté, que l'homme doit avoir rôti passablement le balai avant de le présenter au conjungo.

Mais que diable, cette éducation-là se commence et s'achève en dehors des bréviaires. Le docteur Guyot aura beau enregistrer conseils sur. conseils, développer sa théorie archi-sciemifîque, il n'empêchera pas que, — suivant d'ailleurs la mode pédagogique nouvelle, une bonne leçon de choses ne profite mieux!

Je ne conçois pas encore l'école professionnelle, où on apprendra au candidat le métier de mari. S'il faut tant de choses extra-superliriques, si l'amour a besoin de cette érudition bénédictine, on sera condamné sans doute à l'examen, et c'est Philémon et Baucis qui seront juges. M. et madame Denis seraient naturellement récusés — et pour cause.

Je ne vois pas davantage les belles-mères ayant à s'enquérir de la virtuosité du gendre!

C'est pourtant ce qu'elles seraient obligées de faire, les belles-mères consciencieuses, si la théorie du docteur Guyot l'emportait.

Mais non ! L'amour n'a pas besoin de ces démonstrations. Nous avons eu des amours et des mariages heureux avant le Bréviaire Guyot ; nous en aurons peut-être bien encore, sans que les amants ou les nouveaux époux cachent sous leur oreiller ce guide Contyde l'alcôve I

Sardou lui-même ne se serait pas attardé à piocher ce fameux Bréviaire qu'il préconise aujourd'hui, le jour où il a épousé la grande jeune fille aux yeux bleus, aux cheveux châtains qui lui est apparue un matin chez M. Eudore Soulié.

Quant à Labiche, du fond de son coin de Souvigny, il trouve ce Bréviaire charmant. C'est une opinion qui est de son âge, comme il l'avoue....

Mais je soupçonne bien un peu qu'il regrette le temps où, pour apprendre l'amour, il ne demandait de leçons qu'à l'amour!


Paris-Patraque
Alexandre Hepp


ps Le Breviaire de l´amour expérimental vient d´être réedité par Payot&Rivages
"Publié en 1882, ce Bréviaire est le premier manuel conjugal de sexologie. Son auteur, le docteur Jules Guyot, est sans doute le premier homme à proclamer que tout mari a le devoir de faire jouir sa femme. Il dévoile concrètement l'art de provoquer "à coup sûr" la volupté chez la femme, enseigne les préliminaires indispensables, les caresses à effectuer, les zones sensibles, les signes féminins de l'excitation et le rôle du clitoris. Claude Bernard, le prince Napoléon, l'actrice Virginie Déjazet, George Sand ou encore l'archevêque de Reims eurent entre les mains ce livre qui touchait juste".

domingo, 25 de diciembre de 2011

Hospitalité médiévale



"Il parait prouvé par de nombreux témoignages que, dans certaines provinces de la vieille France, la mode se conserva longtemps d'exercer envers les hôtes que l'on voulait honorer, l'hospitalité sans réserve encore en usage dans certaines îles de la Polynésie. Après le souper et les mains lavées, quand on avait desservi les épices et les confitures, on offrait une compagne de nuit au visiteur. Cette coutume plus cordiale que décente s'est maintenue, presque jusqu'à nos jours, dans les hôtelleries des bords du Danube et de la Russie méridionale.

Une aussi courtoise réception était le rêve des voyageurs de tout rang; les fiableurs nous apprennent qu'on la devait presque infailliblement à l'invocation de deux saints, patrons de l'hospitalité : saint Martin dont il est question dans le
fabliau de Gombert et des deux clercs, et saint Julien, celui des deux intercesseurs qui, grâce à La Fontaine, est demeuré le plus célèbre. Dans un de ces petits poèmes, un amant qui vient d'obtenir les faveurs de sa maîtresse s'écrie avec enthousiasme :

Saint Julien, qui puet bien tant,
Ne fist à nul homme mortel
Si dous, si bon, si noble ostel !

Eustache Deschamps dit également dans une
de ses spirituelles chansons :

Qui prend bonne femme, je tien
Que son ostel est saint Julien.

Cette coutume était mieux qu'acceptée, elle était idéalisée. Dans le roman de Gérard de Roussillon, on peut voir comment le noble comte Gérard fit à l'envoyé du roi de France les honneurs de sa maison : rien n'y faillait, ni pour le Jour ni pour la nuit, ni pour la table ni pour le rut.

Lacurne de Sainte-Palaye, qui cite cet exemple avec d'autres, ajoute cette remarque, résultat de sa profonde érudition : « Dans l'éloge des seigneurs qui faisaient le mieux les honneurs de leurs châteaux, nos romanciers et nos poètes leur prêtent la même complaisance pour leurs hôtes, que celle des peuples qui habitent le long du Nil, suivant les relations des voyageurs. »

Le même érudit cite, d'un fabliau dont il ne nomme pas l'auteur, un scabreux passage qui ne laisse guère de doute sur la facilité des moeurs de nos paladins. Un chevalier, à la nuit close, sonne du cor à la porte d'un château, où il ne tarde pas à être reçu avec honneur.

La comtesse qui fu courtoise,
De son oste pas ne lui poise,
Ainz li fist tere à grant délit,
En une chambre, un riche lit;
Apèle une souève pucele,
La plus courtoise et la plus bèle.
A conseil li dist : — Bêle amie,
Allez tost, ne vous ennuit mie,

Avec ce chevalier gésir

Je i alassevolentiers,

Que jà ne laissasse pour honte,

Ne fust pour monseigneur le comte

Qui n'est pas encore endormi....

Dans le Chevalier à L´espée, le châtelain met sa fille, gardée il est vrai par une épée enchantée, dans le lit de son hôte, messire Gauvain; et ce noble neveu du roi Artus n'est pas trop renversé par cet excès de courtoisie.

Egalement dans le singulier fabliau de Garin, où nous avons vu un jeune chevalier rendre les robes d'or aux trois fées et prendre sans façon la dépouille d'un chapelain, le capricieux héros arrive sur le vespre au manoir d'une gente châtelaine. La nuit venue, après le dernier repas, celle-ci répète exactement la scène citée par Lacurne de Sainte-Palaye. Elle sacrifie sans scrupule les lois de la pudeur à sa bienveillance pour le nouveau venu. Elle appelle la plus jolie de ses
parentes, qui répond au doux nom de Blancheflor, et lui dit :

— Belle cousine,
Tu t'en iras au chevalier
Que monseigneur héberja hier;
Ne cri ne noise ne feras,
Et avec li te coucheras,

Et feras du tout son plaisir

Et bien li dis que je y alasse
Se le comte ne redoutasse....



Les bergères des bords de la Saône chantent encore un vieux lai, à peine amélioré dans sa gothique prononciation, dont les couplets de deux vers, alternativement répétés et psalmodiés sur un récitatif mélancolique, contiennent un souvenir très net de cette gaillarde hospitalité :

« S'en est du sire de Beaussart — qui s'ot volu marier ; » dès le premier soir de ses noces « en guerre fut mandé. » En son absence, la belle- mère, jalouse de la jeune femme, la maltraite et l'emploie aux plus vils travaux.

Un soir le sire de Beaussard, revenant de guerre, « entend s'amie chanter. » Il la reconnaît à la voix, et la retrouve gardant un troupeau de cochons. Le chevaher cache son indignation; mais quand, après le souper, sa mère, qui ne l'a point
reconnu, lui offre une de ses dariolettes pour compagne de lit, le noble sire, levant sa visière, foudroyé la coupable par ces simples mots :

Sera la pauvre porchère
Que j'aurai à mon coucher..."



Antony MERAY
La vie au temps des Trouvères : croyances, usages, et moeurs intimes des XI, XII, [et] XIII siècles d'après les lais, chroniques, dits et fabliaux

miércoles, 7 de diciembre de 2011

Catéchisme libertin


CATÉCHISME LIBERTIN


DEMANDE.

Qu'est-ce qu'une putain?

RÉPONSE.

C'est une fille qui, ayant secoué toute pudeur, ne rougit plus de se
livrer avec les hommes aux plaisirs sensuels et charnels.

DEMANDE.

Quelles qualités doit avoir une putain?

RÉPONSE.

Trois qualités essentielles.

DEMANDE.

Quelles sont ces qualités?

RÉPONSE.

L'effronterie, la complaisance et la métamorphose.

DEMANDE.

Qu'entendez-vous par l'effronterie?

RÉPONSE.

J'entends qu'une fille qui se dévoue à ce commerce libidineux ne doit
avoir honte de rien: toutes les parties de son corps doivent être pour
les hommes ce qu'elles seraient pour elle-même en particulier;
c'est-à-dire que ses tétons, sa motte, son cul doivent lui être aussi
indifférents auprès de l'homme inconnu qu'elle amuse, que l'est à
l'égard d'une femme honnête la paume de sa main qu'elle ne rougit pas de
montrer.

DEMANDE.

Qu'est-ce que la complaisance dans une putain?

RÉPONSE.

C'est une amorce par laquelle elle sait adroitement conserver l'homme
passager, faisant usage de sa douceur naturelle, se prêtant librement
aux différents désirs de l'homme; par ce moyen elle le retient comme
dans des filets, et l'oblige, malgré lui, à retourner une autre fois
vers l'objet qui a si bien secondé sa passion momentanée.

DEMANDE.

Qu'entendez-vous par la métamorphose?

RÉPONSE.

J'entends qu'une vraie putain, renfermée dans les ressources de son art,
doit être comme un Protée, savoir prendre toutes les formes, varier les
attitudes du plaisir, suivant le temps, les circonstances et la nature
des tempéraments. Une putain recordée et aguerrie doit se faire une
étude particulière de ces différentes variations qui procurent
ordinairement le plaisir aux hommes; car il y a de la différence entre
amuser un homme froid, un blondin, ou un homme poilu et brun, entre
exciter une jeune barbe ou un vieillard sensuel: la nature, plus
impérieuse chez les uns et plus modérée chez les autres, exige par
conséquent des titillations différentes, des situations plus
voluptueuses, des attouchements plus piquants et plus libertins; et
telle putain qui découvrant seulement son cul à un jeune Ganymède le
ferait décharger jusqu'au sang, n'opérerait qu'une sensation ordinaire à
l'égard d'un autre; tandis qu'un tortillement de fesses voluptueusement
fait, plongerait l'homme à tempérament dans un torrent de délices, qui
causerait la mort au Narcisse fouteur et au paillard décrépit.

DEMANDE.

A quels signes caractéristiques distingue-t-on une putain de celle qui
ne l'est pas?

RÉPONSE.

Son habillement trop peu gazé, son maintien trop peu retenu, ses gestes
libres, sa conversation trop enjouée et trop lascive, son regard décidé
et sa marche effrontée sont les signes visibles qui la font reconnaître.
Il est cependant nécessaire pour son propre intérêt qu'elle en agisse
ainsi; car il est des hommes si timides auprès des femmes, que si une
putain tranchait avec eux de l'_Honesta_, ces hommes, qu'on peut
comparer à des puceaux, n'oseraient leur faire aucune proposition, et
par conséquent elles perdraient l'occasion de faire quelquefois une
bonne pratique, pour avoir affecté une modestie malentendue.

DEMANDE.

Mais, n'est-il pas possible qu'une putain imite en tout la décence et le
maintien réservé d'une honnête femme?

RÉPONSE.

Oui: et celles de ce genre sont les plus fines; elles amorcent par là le
nigaud qu'elles veulent duper; elles paraissent s'effaroucher de ses
propositions; mais c'est pour mieux l'enchaîner: et combien sont pris au
trébuchet, et s'imaginent aller cueillir la rose sans danger, tandis que
l'épine y tient fortement. Ces sortes de putains tirent beaucoup de
profit de ce commerce; mais aussi il n'appartient qu'à celles qui
peuvent tenir d'abord un certain ton de jouer ce personnage hypocrite.

DEMANDE.

Toutes les femmes ont-elles un penchant décidé à devenir putain?

RÉPONSE.

Toutes le sont ou désirent l'être; il n'y a guère que les convenances,
les bienséances qui retiennent la plupart; et toute fille qui succombe
même la première fois, dans un tête-à-tête, est déjà, dès le premier
pas, putain décidée; la chemise, une fois levée, la voilà familiarisée
avec son cul, autant que celle qui a joué du sien pendant dix ans.

DEMANDE.

La putain qui procure de la jouissance à l'homme, peut-elle s'y livrer
avec tous, sans s'exposer à altérer son propre tempérament?

RÉPONSE.

Il est un milieu à tout; il serait très imprudent à une putain de se
livrer avec excès au plaisir de la fouterie: une chair flasque et molle
serait bientôt le fruit de ce désordre; mais il est un raffinement de
volupté qui tient à la volupté même, et dont une adroite putain doit
faire usage. Une parole, un geste, un attouchement fait à propos, offre
à l'homme l'illusion du plaisir; il prend alors l'ombre de la volupté
pour la volupté même; et comme le coeur est un abîme impénétrable, la
putain consommée dans son art remplit souvent, par une jouissance
factice, les vues luxurieuses de l'homme, qui se contente de
l'apparence. Les femmes étant plus susceptibles et plus propres que tout
autre à ce genre d'escrime, il dépend d'elles de donner le change à
l'homme.

DEMANDE.

Une putain doit-elle procurer autant de plaisir à un fouteur de
vingt-quatre sous, qu'à celui qui la paie généreusement?

RÉPONSE.

Il est certain que la putain devant vivre de son métier, et le foutre
n'étant pas une substance qui puisse servir d'aliment, elle doit agir
avec ce fouteur comme avec le père Zorobabel, et lui dire;

NESCIO VOS...

«Je vis du con comme vous de l'autel.»

Cependant le grand art d'une putain qui veut se faire un nom, n'est pas
toujours de mettre à contribution les hommes qu'elle raccroche. Il en
est qui sont susceptibles de cette délicatesse; et touchés du
désintéressement qu'une putain leur témoigne, ils s'imaginent alors que
cette Laïs de rencontre est tout à coup éprise et coiffée de leur
physique, bien plus que du numéraire; leur amour-propre est flatté de
cette préférence. Le plaisir qui ne leur paraît pas acheté, se fait
mieux sentir; son aiguillon est plus mordant, et quelquefois la putain
gagne beaucoup à ce manège; au surplus, c'est à elle à discerner et à
connaître ses pratiques. Une putain bête ne fera jamais fortune; la
rusée peut essayer d'être dupe une ou deux fois, pour reprendre vingt
fois sa revanche avec d'autres. Il est constant aussi qu'un vieillard
cacochyme n'a pas le droit d'exiger qu'une jeune et fraîche putain se
harcelle après son chétif engin pour un modique salaire: Hercule et
Psyché peuvent quelquefois entrer chez elle pour y faire un coup fourré;
mais

Le forgeron atrabilaire,
Qui de son antre ténébreux,
Tout en boitant, vint à Cythère
Attrister les Ris et les Jeux,
De Vénus salir la ceinture,
Effaroucher la volupté,
Et souiller le lit de verdure
Qui sert de trône à la Beauté,

je ne lui connais point de charmes qui puisse le faire recevoir
_gratis_; il faut qu'il paie au poids de l'or le plaisir qui le suit:
c'est le prix de sa turpitude. Qu'une putain donc le plume, qu'elle en
tire pied ou aile, c'est le secret de son art. Il lui doit sans doute ce
tribut pour les outrages qu'il fait chaque jour à la volupté.

DEMANDE.

Comment doit se comporter une putain lorsqu'elle a donné dans l'oeil à
quelque bon fouteur?

RÉPONSE.

Il faut d'abord qu'elle mette celui-ci à son aise, et qu'elle le soit
aussi avec lui. On sait que le premier compliment d'un luron qui entre
chez une fille, est de lui prendre les tétons, et de passer de là
lestement au cul, de farfouiller ensuite sa motte. Ces petites agaceries
d'usage sont les avant-coureurs et les prémices du plaisir. La fille
alors doit, par de lascives caresses, de tendres attouchements, achever
la conquête de cet amoureux du moment; d'une main subtile elle doit
faire sauter le bouton de la culotte, tandis que de l'autre elle retient
en bride sa pine, irritée déjà par les premiers attouchements. C'est
alors qu'elle doit saisir ce moment favorable pour demander son salaire,
et le fouteur s'empressera de lui donner, pour ne point mettre de retard
entre les apprêts du plaisir et l'instant de la jouissance[1].

[1] Un défaut néanmoins dans la plupart des filles de joie, dont il
est bon de dire un mot pour leur gouverne, c'est de n'être jamais
contentes de ce qu'on leur donne. Présentez-leur trois livres, elles
en demandent six. Si vous cédez, leur importunité augmente; c'est un
ruban qu'il leur faut encore; c'est une bagatelle qu'elles réclament
pour leur guenon; mais ces contributions importantes leur sont très
souvent nuisibles, en ce que l'homme qui veut jouir n'est occupé que
de cet objet; se voyant arrêté dans sa marche, il regrette alors et
son argent et son foutre. C'est ainsi que les putains éloignent très
souvent d'excellentes pratiques de leurs taudions.

(...)

DEMANDE.

Une putain qui a la chaude-pisse ou la vérole doit-elle et peut-elle
sans remords baiser avec un homme sain?

RÉPONSE.

Non: et telle luxurieuse que soit une fille, telle passionnée qu'elle
puisse être, elle doit toujours se faire un crime de communiquer sa
corruption à un homme; elle doit préférer plutôt perdre sa pratique que
de l'empoisonner, et souvent un aveu naïf de sa part lui gagne l'estime
du fouteur, qui se contente alors du plaisir idéal et du service de la
main qui supplée à celui du con malade. La fille n'en reçoit pas moins
son tribut ordinaire.

DEMANDE.

La fille qui a ses ordinaires peut-elle aussi se laisser baiser?

RÉPONSE.

Non; car il faut dans la fouterie observer certaine bienséance de
propreté et d'usage: est-il rien en effet qui répugne tant à l'homme que
cette maladie périodique des femmes? quel spectacle plus dégoûtant
qu'une pine barbouillée d'ordinaires? Je sais que les femmes dans ce
temps sont beaucoup plus passionnées, qu'elles bandent avec plus de
luxure; mais il ne faut pas que l'envie de foutre les portent à
occasionner aux hommes des regrets cuisants et à s'en faire haïr.
Lorsqu'une fille se sera déclarée au fouteur pour être au temps de ses
règles, si le satyre veut néanmoins qu'elle fasse le service, que sa
pine barbotte alors dans son con, la fille n'a plus rien à se reprocher;
qu'elle profite même de cet instant de rage foutative pour se servir de
ce vit enragé comme d'un excellent frottoir pour se débarbouiller la
matrice. Cet expédient lui est permis, parce que le fouteur a voulu
passer par-dessus les _règles_. Elle doit néanmoins, après le coup tiré,
avoir soin d'offrir un vase et de l'eau à ce laveur de con, afin qu'il
puisse décrasser sa pine; elle doit aussi en faire autant de son côté;
l'empressement qu'elle doit avoir d'être bientôt quitte de cette plaie
mensuelle, lui en fait naturellement un devoir.

DEMANDE.

Une putain est-elle tenue de foutre avec un homme vérolé?

RÉPONSE.

S'il ne lui est pas permis de baiser avec un homme sain lorsqu'elle-même
est gâtée, elle a le même privilège de ne point foutre avec celui qui a
mal au vit; c'est à elle à y voir clair et à s'assurer avant de la
propreté de son fouteur; pour vérifier ses reliques, elle doit elle-même
décalotter le vit, pressurer le bout du prépuce pour voir s'il n'en sort
pas de la matière; elle doit en outre considérer la chemise, et si elle
s'aperçoit que cette chemise ressemble à une carte géographique, c'est
un signe visible que la pine est malade et qu'elle ne peut, sans
s'exposer au danger, foutre avec un tel homme. Le seul expédient qui lui
reste, c'est le service de la main, ou la fouterie en cuisses ou en
tétons.

Théodore de Méricourt
Catéchisme libertin à l'usage des filles de joie et des jeunes demoiselles

lunes, 26 de septiembre de 2011

Le cul de Chausson




Amis, on a brûlé le malheureux Chausson,
Ce coquin si fameux, à la tête frisée ;
Sa vertu par sa mort s'est immortalisée :
Jamais on n’expira de plus noble façon.

Il chanta d’un air gai la lugubre chanson
Et vêtit sans pâlir la chemise empesée,
Et du bûcher ardent de la pile embrasée,
Il regarda la mort sans crainte et sans frisson.

En vain son confesseur lui prêchait dans la flamme,
Le crucifix en main, de songer à son âme ;
Couché sous le poteau, quand le feu l'eut vaincu,

L'infâme vers le ciel tourna sa croupe immonde,
Et, pour mourir enfin comme il avait vécu,
Il montra, le vilain, son cul à tout le monde...

Claude Le Petit


Jacques Chausson, dit « des Estangs », fut un écrivain français arrêté le 16 août 1661 pour une tentative de viol sur un jeune noble de dix-sept ans, Octave des Valons...

"Cejourd’huy vendredy, vingt neuvième jour du mois d’aoust, est comparu pardevant nous un quidam vetu de drap couleur canelle, lequel nous a declaré qu’il venoit pour obéir à notre ordonnance en datte du jour d’hier, lequel quidam nous aurions questionné et interrogé en la maniere et façon qui s’ensuit : Interrogé quel nom il avoit, a repondu etre nommé et appelé Octave Jullien Des Valons, Ecuyer, fils de Germain Des Valons, Ecuyer, sieur de Duchesne, et de deffunte Louise Angelique Du Vesnien, sa femme. Interrogé quel age il avoit, a repondu qu’il avoit eu dix sept ans le dix huitieme jour de mars passé. Interrogé quel etoit le sujet de la dispute qu’il avoit eu, le mardy douzieme d’aoust dernier, avec les nommez Jacques Chausson et Jacques Paulmier, dans un second appartement d’une maison située rue Saint Antoine, aupres de la vieille rue du Temple, occupée par ledit Chausson ; a repondu que, connoissant ledit Chausson, et ayant été mené chez luy par un jeune homme appelé Le Sueur, il etoit enfin venu chez luy ledit jour douze aoust, et que ledit Paulmier avoit dit audit Chausson en parlant de luy Des Valons : « Voilà un joly blondin ! » surquoy ledit Chausson avoit repondu : « Je le croys assez joly garçon pour vous offrir ses services » ; que luy Des Valons ayant repliqué qu’il souhaitteroit etre propre à quelque chose, ledit Chausson avoit pris la parole, et dit que le service qu’on lui demandoit ne luy couteroit rien, et que ledit sieur Paulmier etoit de son côté assez obligeant pour luy en rendre de pareils lorsqu’il voudroit ; que luy Des Valons, ayant eu le malheur de temoigner qu’il ne demandoit pas mieux que d’effectuer de sa part l’envie qu’il avoit d’obliger ledit Paulmier, ledit Chausson s’etoit avancé, et l’ayant embrassé luy avoit deffait en meme tems le bouton de sa culotte, et ensuite ledit Paulmier s’etoit mis en devoir de le connoitre charnellement, et de commettre avec luy le crime de sodomie, ce qu’ayant senty, il s’etoit mis à crier, et etoit debattu, ensorte qu’une vieille femme, travaillant à la journée chez le sieur Petit, Marchand de bas, principal de laditte maison, etoit accourue".

Jacques Chausson fut reconnu coupable de sodomie et condamné au bûcher. Il eut d’abord la langue coupée et fut brûlé sans avoir été étranglé au préalable avec son complice Jacques Paulmier, dit « Fabri ».

Ironiquement, Claude le Petit devait, l’année suivante, connaître le même sort que le héros de son poème...

lunes, 4 de abril de 2011

Menstruation and the Origins Of Culture



By 40,000 years ago, the effects of a symbolic explosion - an efflorescence of human art, song, dance and ritual - were rippling across the globe. The bearers of symbolic culture were recent immigrants from Africa, dispersing so rapidly to encompass the globe that the process has become known as 'the human revolution'. Enough data and sophisticated neo-Darwinian theory now exists to begin to explain this most momentous revolution in history.

Simplistic, sexist stereotypes on the model of 'Man the Hunter' or 'Man the Toolmaker' contravene Darwinian theory. Females are not appendages; they pursue their own independent reproductive strategies, which typically diverge from those of males.

Primate societies are systems of alliances through which individuals pursue their fitness interests. Group-living places a premium on social intelligence, setting up selection pressures for large brains. But among primates, this process is constrained by the very high thermoregulatory, metabolic and obstetric costs of such brains. The exponential increase in brain size characterising the evolution of Homo sapiens indicates that, in some radical way, these constraints were overcome.

The costs of brain growth fall over-whelmingly on the female. In the human case, not only did mothers have to secure more and better quality food, they had to accomplish it whilst weighed down by heavily dependent infants. The problem is: how did they cope?

We now know the basic answer. Evolving women succeeded in gaining unprecedented levels of energetic investment from their mates. Success went to mothers who could reward more attentive, heavily investing partners at the expense of would-be philanderers.

A philandering male maximises his reproductive fitness by fertilising as many females as possible. He achieves this by reducing the time spent searching for each fertilisable female, and the time spent with her to ensure impregnation. The human female appears well-designed by evolution to waste the time of any philanderer by witholcling information about her true fertility state. Concealment of ovulation and loss of oestrus with continuous receptivity deprives the male of information on whether his mate is likely to have been impregnated. The longer a male takes to impregnate anyone female, the smaller his chances of being able to fertilise another.

A further means of thwarting philanderers is reproductive cycle synchrony. If females synchronise their fertile moments, no single male can cope with guarding and impregnating a whole group. He must concentrate on one at a time. The effect is to maximise the number of males in the breeding system, and hence the amount of male investment available.

Ovulatory synchrony in local populations drives the ratio of sexually active males to females in groups towards one-to-one. Sustained male/female bonds on this basis mean greater paternity confidence, hence greater inclination on the part of males to invest in offspring. The evolutionary effect is to discriminate against philanderers in favour of more committed males.

Once ovulation was concealed and oestrus lost in the human lineage, menstruation acquired new significance as a cue. This, however, threatened the stability of the female strategy of withholding information from philanderers. Menstruation in the human case is particularly profuse. It is not something a female can easily hide. In fact it is a complete give-away. It signals a female's imminent fertility - and hence by contrast the infertility of neighbouring females who, whilst pregnant and nursing, are not displaying such blood. Males would have been drawn towards any such
fertile female within the local area, competing to bond with her at the expense of pregnant or nursing females. Mothers with heavy childcare burdens, lacking the menstrual signal, would then have lost out just when they most needed help.

Cosmetics, according to recent research, were the answer. If there is a menstruating female in the neighbourhood, why not join her? Why not appear to be as fertile, painting up with blood-red colours? Ethnographic and historical records show how hunter-gathere"r women across southern Africa prevented any young menstruant in their midst from being perceived as an isolable individual. Conjoining with her in a ritual dance, they used red ochre body-paint not only to signal menstruation and fertility, but simultaneously to indicate inviolability or taboo, their basic message being: 'No meat, no sex!'. We know that in Africa, anatomically modern humans
were intensively mining, preparing and liberally applying red ochre bodypaint
110,000 years ago.

Human symbolic culture emerged out of struggle. Its rituals and myths were expressions of 'counterdominance' - signals for thwarting exploitation by males. The signallers were females, allied with their male kin; their targets were their mates." Culture, in short, was a female invention for the provisioning of babies. Through it, womankind resisted and brought to an end the male's time-honoured biological status as the leisured sex.

C. Knight Blood Relations. Menstruation and the origins of culture.

lunes, 31 de enero de 2011

First Vampire Poem Ever




“Der Vampir”
by: Heinrich August Ossenfelder

My dear young maiden clingeth
Unbending, fast and firm
To all the long-held teaching
Of a mother ever true;
As in vampires unmortal
Folk on the Theyse’s portal *
Heyduck-like do believe. **
But my Christine thou dost dally,
And wilt my loving parry
Till I myself avenging
To a vampire’s health a-drinking
Him toast in pale tockay. ***

And as softly thou art sleeping
To thee shall I come creeping
And thy life’s blood drain away.
And so shalt thou be trembling
For thus shall I be kissing
And death’s threshold thou’ it be crossing
With fear, in my cold arms.
And last shall I thee question
Compared to such instruction
What are a mother’s charms?

1748
(2 years after Dom Augustin Calmet published his treatise on vampires,
Dissertations sur les Apparitions des Anges des Démons et des Esprits, et sur les revenants, et Vampires de Hongrie, de Bohème, de Moravie, et de Silésie

and 20 years after the beginning of the Vampire hysteria that swept East Prussia, Hungary and Austrian Serbia...)


NOTES
* Theyse (Tisza): it is the second biggest river in Hungary

** Heyduck: a semimilitary official of seventeenth and eighteenth
century Hungary.

*** Tokay: a well known type of Hungarian wine.

jueves, 9 de septiembre de 2010

Fromage de Femmes


LE FROMAGE DE FEMMES

A mon ami E. RAFFIAXI-

Nouvelle vache Io, la femme,
Dans ses deux tétons arrondis,
Peut, après le baiser de flamme,
Créer des fromages pourris.

Combinaison ingénieuse,
Au-dessus du ventre — taudis !
On pourrait, chose curieuse,
Traire des tétons rebondis.

Chaque femme aurait de la crème,
Leur lait sucré serait plus doux ;
Sous leur barbe de Polyphème,
On le boirait à deux genoux.

Puis, rassemblés dans une cuve,
Arrosés d'un peu de gluant.
Les fromages, dans cette étuve,
Prendraient un goût fort, sûrement.

On verrait les femmes, par bandes,
Brune, blonde, par les garçons,
Dans un coin gris des vastes landes,
Se faire sucer les boutons.

Quel bonheur pour les poitrinaires,
Quel progrès pour tous les humains,
Si l'on voyait des filles-mères
Presser les pointes de leurs seins.

Mais hélas ! ceci n'est qu'un rêve,
Ceci n'arrivera jamais ;
Toujours se perdra cette sève,
Cette sève des gros nénais !

Et cependant, jeunes fillettes,
Si votre lait valait de l'or,
Vous pencheriez vos brunes têtes,
Sur vos boules, naissant trésor.

Ceci ne serait plus un rêve,

Et le prix du lait baisserait,

A mesure que votre sève

Dans vos deux seins blancs monterait.

Le gouvernement, sur la femme,
Lèverait un franc par téton.
Qu'en pensez-vous, ma belle dame ?
Qu'en pensez-vous, mon beau garçon ?

Dorabel

lunes, 6 de septiembre de 2010

Démonialité




Mais, demandera-t-on aux Auteurs, comment se fait-il que le Démon, qui n'a pas de corps, ait cependant avec l'homme ou la femme un commerce charnel? Ils vous répondent tout d'une voix que le Démon emprunte le cadavre d'un autre être humain,
mâle ou femelle, suivant le cas, ou bien qy'il se forme avec d'autres matières un corps à l'aide duquel il s'unit à l'homme. Et lorsqu'il prend aux femmes la fantaisie de concevoir des œuvres du Démon (ce qui n'a lieu que • du consentement et suivant le désir exprès desdites femmes), le Démon se transforme en succube femelle, et juncta homini semen ah eo recipit; ou bien, il provoque chez cet homme, dans son sommeil, quelque rêve lascif suivi de pollution, et semen prolectum in suo nativo calore, et cum vitali spiritu conservat, et incubando fœmina infert in ipsius matricem, d'où résulte la conception. C'est là ce qu'enseigne Guaccius, livre I, châp. i2, en apportant à l'appui de sa thèse une foule dé citations et d'exemples empruntés à divers Docteurs.

25. D'autres fois aussi le Démon, soit incube, soit succube, s'accouple avec des hommes ou des femmes dont il ne reçoit rien des hommages, sacrifices ou offrandes qu'il a coutume d'imposer aux Sorciers et aux Sorcières, comme on l'a vu plus haut. C'est alors simplement un amoureux passionné, n'ayant qu'un but, un désir : posséder charnellement la personne qu'il aime.

Il y a de ceci une foule d'exemples, qu'on peut trouver dans les Auteurs, entre autres celui de Menippus Lycius, lequel, après avoir maintes et maintes fois paillarde avec une femme, en fut prié de l'épouser; mais un certain Philosophe, qui assistait au repas de noces, ayant deviné ce qu'était cette femme, dit à Menippus qu'il avait affaire à une Compuse, c'est-à-dire à une Diablesse succube : aussitôt notre mariée de s'évanouir en gémissant Lisez là-dessus Cœlius Rhodiginus, Anltq.y livre XXIX, chap. 5. Hector Boethius, Hisi, Scot., raconte aussi le cas d'un jeune Écossais qui, pendant plusieurs mois, reçut dans sa chambre, quoique les portes et fenêtres en fussent hermétiquement fermées, les visites d'une Diablesse succube, de la plus ravissante beauté; caresses, baisers, embrassements, sollicitations, cette Diablesse mit tout en œuvre ut secum coiret : ce qu'elle ne put toutefois obtenir de ce vertueux jeune homme.

On peut lire encore nombre d'exemples de femmes sollicitées au coït par le Démon incube, et qui, si elles répugnent d*âbord à sauter le pas, se laissent bientôt fléchir par ses prières, ses larmes, ses caresses; c'est un amoureux fou, il faut lui céder. Et quoique ceci résulte parfois des maléfices de quelque sorcier, qui emploie le Démon comme intermédiaire, il n'est point rare cependant que le Démon agisse pour son propre compte, comme l'écrit Giiaccîus; et ce n*est pas seulement aux femmes qu'il s'attaque, mais aussi aux juments ; sont elles dociles à ses désirs, il les accable de soins, de caresses, il tresse leur crinière en une infinité de nœuds inextricables; mais si elles résistent, il les maltraite, les frappe, leur donne la morve, et finalement les tue, comme il est constaté par l'expérience de chaque jour.

SINISTRARI

domingo, 5 de septiembre de 2010

The Seed of Man



Of the Seed of Man or Beasts.

How, and of what cometh the seed of man?

There are diverse opinions of philosophers and
physicians on this point. Some say it is a superfluous
humour of the fourth digestion; others say, that the seed
is pure blood flowing from the brain, concocted and
whitened in the testicles, and some again say it is the
superfluity of the second or third digestion; but because
sweat, urine, spittle, phlegm, choler, and the like,
Aristotle says, the seed is always the superfluity of the
last nutriment, that is of blood dispersed throughout the
body, and comes chiefly from the heart, liver, and brain:
an argument of this is, because those parts are greatly
weakened by casting seed, and therefore it appears that
carnal copulation is not good. But some think this to be
true by over-vehement practice in this act; but
moderately used, it is very wholesome, as was said
before.

Why is a man's seed white, and a woman's red?

It is white in men by reason of his great heat and
quick digestion, because rarefied in the testicles; but a
woman's is red, because it is the superfluity of the
second digestion, which is done in the liver. Or else we
may say, it is because the terms corrupt the undigested
blood, and hath its colour.

Doth the seed of man come from the parts of the
body, or from the humours?

Some say from the parts of the body, and that we
prove, because we find a lame man begets a lame child;
and if the father hath a scar, the child hath one also,
as Aristotle alleges, Lib. de Animal, which could not be
if the seed did not fall from the parts of the body. Some
say it comes from the humours, by reason it is made of
the last nutriment, and that is no part but a humour. As
for lameness or scars, that proceeds from the imagination
of the mother at the time of carnal copulation, as
Aristotle saith, Lib. de Generat. Animal.

How comes the imagination of the mother to bring
forth a blackamore, as Albertus Magnus reports of a
queen, whoa in the act of carnal copulation, imagined a
black being printed, and in her sight?

Avicen says, the imagination of a fall makes a man
fall, and the imagination of a leprosy makes a man a
leper. So in this the imagination is above the forming
power and therefore the child born followeth the
imagination, and not the power of forming and shaping,
because it is weakest.

Doth the man's seed enter into the substance of the
child?

The seed of both father and mother go into the
substance of the child in the womb, as cream goeth to the
substance of the cheese. Yet this opinion doth not seem
to be of force, therefore, according to our author, and
other philosophers we say the seed doth not go into the
substance of the child; and it is proved thus, because
that so the matter and the efficient cause should be all
one, which is against the philosopher. The consequence is
good, because seed is the efficient cause of the house,
and therefore is not the material cause of the child.
This is proved another way: As there is the self-same
material cause of nourishment and generation, 2 de Anima,
so we have our being and nourishment of the same matter;
but the seed cannot be the material cause of nourishment,
according to Averrois, therefore not of the being: and as
both seeds are shut up in the womb, so that of the man
disposeth and prepares the woman's to receive the form,
perfection, or soul; which being done, it is converted
into a humidity that is breathed out by the pores of the
matrix.

How comes females to have monthly courses?

Because they are cold in respect of men, and because
all their nourishment cannot be converted into blood, a
great part whereof turns to menses, which are monthly
expelled; I mean every woman in health, and of thirteen
years old, seldom before; nay, some distempered women
have them not at all.

For what reason do they not come down before
thirteen?

Because young women are hot and digest all their
nourishment, therefore have them not before that age.

For what reason do they leave off at fifty?

Some answer that old women be barren, and therefore
they cease; but a better answer is that then nature is
weaker in them, and therefore they cannot expel them by
reason of weakness; there is great store of immundicities
bred in them, which lies in a lump; this makes them
troubled with coughs and other infirmities. Men should
refrain their use at those times.

Why have not breeding women the menses?

Because that then they turn into milk, and into the
nourishment of the child; for if a woman with child have
them, it is a sign she will miscarry.

Why are they termed Menstrua, from the word mensis,
a month?

Because it is a space of time which measures the
moon as she ends her course in twenty-nine days and
fourteen hours. Now the moon hath dominion over most
things, and by reason the menses are humid, they are
called menses profluvium; for moist things increase and
decrease as the moon does.

Why do they continue longer with some than others,
as with some six or seven, but commonly with all three
days?

The first are colder, therefore they increase most
in them, and consequently are longer in expelling; other
women are more hot, and therefore they have fewer, and
are soon expelled.

Where are the terms retained before they run?

Some say in the matrix or womb; but Averrois says,
the matrix is the place for the generation, and that
those terms further not generation at all. Therefore he
asserts, that there are certain veins about the back-bone
which retain them; a sign of which is, those women at
that time have great pains in their back.

Whether are the menses which are expelled, and those
which the child is engendered of, all one?

No, because the one are unclean, and unfit for that
purpose, but the other very pure and clean, therefore
fittest for generation.

Why doth those got with child when they have the
terms upon them bring forth weak and leprous children?

Because they are venomous; so the cause appears in
the effect, as philosophers say the effect carrieth the
likeness or the cause; therefore such a child must needs
be ill disposed of body.

Why hath not women these at one and the same time,
but some in the new moon, some in the full, and others at
the wane?

By reason of their several complexions; and though
all women (in respect of men) are phlegmatic, yet some
are more sanguine than others, some more choleric; and as
months have their quarters, so have women their
complexions, the first sanguine, the second choleric. One
of a sanguine complexion hath her terms in the first
quarter, a choleric in the second, a melancholy in the
third, and so in the rest.

Why have the sanguine theirs in the first quarter?

Because, saith Galen, every such thing added to such
a thing doth make it more such: therefore the first
quarter of the moon increaseth blood in a sanguine
complexion, and then she expels it.

How do they come in the end of the month?

Because most women then are phlegmatic, and the last
quarter is phlegm. Or else it proceeds from defect, and
therefore cold works do then multiply the matter, and so
multiplied, is then expelled.

How happens pain and grief at that time?

Because it is like the pain of the stranguary, in
making water drop by drop: for the stranguary, by reason
of the drink undigested, offends the subtile passage of
the urine, as happens after bathing; so the menses,
undigested and of an earthly substance, hurt the passage
by which they go.

Why do women easily conceive after their menses?

Because the womb being cleaned, they are better
prepared for conception.

Why do women look pale when they are upon them?

Because then the heat goes from the outward parts of
the body to the inward, to help nature and expel their
terms, which depravation of heat doth cause a paleness in
the face. Or else it is because that flux is caused of
raw humours which when they run they make the face
colourless.

Why do they at that time abhor their meat?

Because nature labours more to expel their terms
than digest, and therefore if they should eat, it would
remain raw in the stomach.

Why are some women barren and cannot conceive?

According to physicians, for divers reasons; first,
because it proceeds sometimes of the man, who may be of a
cold nature, so his seed is unfit for generation;
secondly, because it is waterish, and so doth not stay in
the womb; thirdly, by reason the seed in them both has
not a like proportion, as if the man be melancholy and
the woman phlegmatic; for it is evident in philosophy,
that the agent and the patient ought to have the same
proportion, else the action is hindered.

Why do fat women seldom conceive with child?

Because they have a slippery womb, and the seed will
not stay in; or else because the mouth of the matrix is
very straight, and the seed cannot enter in, or if it
does, it is so very slowly that it grows cold in the mean
time, so is unfit for generation, and is dissolved into a
fleshy substance.

Why do those of very hot constitutions seldom
conceive with child?

Because the seed in them is extinguished or put out
as water cast into fire; wherefore we find, that women
who vehemently desire the flesh seldom conceive with
child.

Why are whores never with child?

By reason of diverse seeds, which corrupt and spoil
the instruments of conception, for it makes them so
slippery that they cannot retain seed. Or else it is
because one man's seed destroys another, so neither is
good for generation. Albertus says, the best thing to
help conception is to take the matrix of a hare beat to
powder, and so put in drink.

Why have some women long and slender children, and
others short and thick?

Because, as Galen and Averrois say, the child is
formed according to the dimensions of the womb:
wherefore, because some women have a long and narrow
womb, their children are long and slender, others, on the
contrary, short and large, therefore their children be
short and thick.

For why doth a woman conceive twins?

According to Galen, because there are several cells
or receptacles in the womb, wherefore they may naturally
have so many children at once; as there falls seed in
those cells: there are three in the right side and three
in the left: in the right side boys are engendered; in
the left girls; and in the midst of these cells or
chambers there is another where the ancients assert
hermaphrodites to be engendered: if a woman should have
more than two children at once, it should be rather
miraculous than natural.

Why are twins but half men, and not so strong as
other men?

By reason the seed which should have been for one is
divided into two, and therefore they are weakly, and in
truth do not often live long.

Aristotle`s Masterpiece

viernes, 3 de septiembre de 2010

Poétique du coït




Le tissu érectile , ce tissu qui forme en totalité le gland, les corps caverneux , le clitoris , et compose en grande partie les petites et les grandes lèvres , le vagin , etc. , appelle à lui et retient le sang, se gonfle de tout ce qu'il peut en contenir, se durcit et s'étend au plus qu'il puisse le faire. En môme temps , le sens génital franchit avec rapidité tous les degrés de l'exaltation , déborde les organes qui lui servent ordinairement de limites, s'épanche sur les autres, et
se grossit de toute la sensibilité qu'il y trouve.

Bientôt il arrive à des proportions qu'il ne peut plus ni dépasser, ni conserver : alors la convulsion s'empare de tout ce qui est muscle, fibre motrice dans l'appareil générateur : les vésicules séminales, les muscles qui entourent l'urètre, ceux qui s'attachent à l'anus, se contractent avec violence , et le sperme , cette liqueur dont la perte épuise même quand elle se fait sans émotion , est convulsivement expulsé.

Après ce dénouement , la scène change , et l'état que l'appareil générateur présente vient témoigner, comme un champ de bataille après une action meurtrière, de la grandeur du sacrifice. Ces organes , tout à l'heure si vivans , sont maintenant froids et flétris. Ces bourses, qui s'étaient presque effacées, sont devenues flasques et pendantes. Plus d'érection : un gonflement mollasse , et comme pourrait le présenter un membre malade , est tout ce qu'il en reste. A l'exaltation du sens vénérien a succédé un sentiment de torpeur, de fatigue , de cuisson, qui fait redouter ces mêmes attouchemens dont on était si prodigue. Une sorte de paralysie a remplacé les secousses convulsives ; enfin , ce serait vainement que de l'imagination et du geste on solliciterait de nouvelles ardeurs : le foyer s'est aussi vite refroidi qu'éteint ; on ne pourrait plus y agiter que des cendres.

Pendant ce tumulte, et après cette crise, l'état général du sujet est en tout conforme à celui de l'appareil générateur. Il est évident que l'un est le produit de l'autre. Ainsi le visage rougit,le cou se gonfle, les veines se remplissent, la
peau devient brûlante et se mouille de sueur, la respiration est haletante , le cœur bondit dans la poitrine ; c'est enfin un état de fièvre qui autoriserait presque à placer Pacte vénérien parmi les maladies. En même temps, les centres nerveux, le cerveau, le cervelet, la moelle épinière , éprouvent une impression telle , que je ne sache pas qu'ils puissent en ressentir de plus forte.

Le sujet, j'allais dire le malade, cesse d'être obsédé de l'idée fixe que lui suscitait l'éveil du sens vénérien : il ne songe plus aux moyens de le satisfaire, il y travaille. A mesure que l'œuvre avance , l'intelligence s'efface. Un moment arrive où elle n'est plus assez forte, même pour délirer . Alors sentir, recueillir les mille et une sensations qui s'élancent du foyer commun et pétillent de toutes parts, est la seule occupation de l'ame, la seule dont elle soit capable. La volonté est suspendue. Ce n'est plus à elle , mais à des centres nerveux fortement irrités, que les muscles appartiennent. Aussi le tronc, les membres sont-ils agités de mou vemens et de secousses involontaires. Ce désordre s'accroît encore, parvient au comble quand la crise finale arrive , quand la convulsion Libératrice s'empare des organes générateurs. En ce moment, c'est une épilepsie , un tétanos. Les yeux disparaissent, la bouche écume, les membres se tordent, le tronc se raidit , le cou se renverse : il y a enfin ce qu'on regarderait comme un. accès violent de maladie , si le principe et la fin de cet état n'étaient connus.

Mais le voici venu ce moment où l'appareil génital, ayant atteint son but, quitte la partie, abandonnant le reste du corps aux blessures qu'il lui a faites. Considérez l'individu qui vient de se mutiler ainsi : sa face est décolorée; il a les paupières entr'ouvertes et les regards incertains. S'il veut soulever ses membres , il les trouve lourds, engourdis, sans force et comme paralysés. Son corps ne lui rapporte que des sensations de malaise, de douleur.

Sa tête lui fait mal ; il souffre partout et se dit brisé, meurtri. S'il cherche à recueillir quelques idées , s'il essaie son intelligence , il la trouve embarrassée, paresseuse et, comme ses membres, incapable du moindre effort.

L'ouïe est obscure, la vue est trouble, les sens extérieurs, enfin, n'apportent à son cerveau que des impressions incomplètes. Ce sexe , cet individu, ces formes, dont le souvenir, dont l'aspect occupaient son esprit et embrasaient son cœur, n'ont plus d'attraits ; même il s'étonne de leur en avoir trouvé , et serait presque disposé à voir en eux des qualités contraires. L'âme dominée par le sentiment intérieur de fatigue , d'épuisement, que tous les points de l'économie lui envoient , se laisse aller à une sorte de langueur, de tristesse , de découragement , et même de dégoût, que des gens industrieux a se donner le change appellent une douce mélancolie. Ajoutez la faiblesse des battemens du cœur, la petitesse du pouls, l`affaissement des veines, la coloration livide des paupières, et vous aurez une idée assez exacte de l'état qu'on observe après l'acte vénérien.

Mais ce tableau, comme celui que j'ai tracé de l'état d'éveil , est loin d'être complet, bien que j'aie présenté les choses dans leur plus grande intensité , afin qu'on en saisît mieux toutes les circonstances. Il faudrait, pour que rien n'y manquât, qu'il comprît en même temps que tout ce qu'on voit,tout ce qui est et qu'on ne voit pas..."


Deslandes

martes, 7 de abril de 2009

Suce ou pas suce




"Mais non, belle Nymphelotte,
Non, Nymphelotte bellotte.
Non, non, ne me baise point.
Car cette ardeur qui m'époint
S'embrazeroit davantage
Et redoubleroit sa rage;
Mais, d'un doux ravissement
Respirante doucement,
Viens-t'en me sucer mon asme
Tant que je n'aye plus d'ame.

Ha ! ne me la suce pas
Car n'ayant plus d'ame, hélas!
Que serois-je? qu'ombre vaine
Me proumenant par la plaine
Des rivages Stygieux,
Rivages mal gracieux,
Où la douce Cythérée
Des ombres n'est honorée,
Où les plaisirs de Vénus
Sont cachez et incognus.

Mais si ; suce moi mon asme,
Tant que je n'aye plus d'ame,
Et que je m'en aille aux champs
Des rivages blémissans.
Avec le mignard Catulle,
Avec le mignard Tibulle,
Me proumenant quant et eux
Sous les myrthes amoureux.

Et lors, belle Nymphelotte,
Et lors ma Nymphe bellotte,
A mon tour je sucerai,
A mon tour j'effleurerai.
Tous tes esprits et ton asme;
Tant que tu n'aye plus d'ame"

Jean Bonnefons

jueves, 2 de abril de 2009

Comme une tribade ou subigutrice



"J'ay esté fort émeu de fervent désir d'une telle recherche, lors que l'object d'une fille nous a esté représenté : laquelle ayant esté baptisée, nommée, entretenue, élevée et toujours vestue comme les autres filles de sa sorte, jusques à l'aage de vingt ans, a esté finallement reconnue homme : et comme tel a plusieurs et diverses fois eu habitation charnelle avec une femme, qu'il avoit fiancée par paroles de présent, avec promesse de mariage futur.

Non qu'on peust appercevoir en ce subject les marques et particules destinées aux deux sexes, tels qu'on recognoist ordinairement aux Hermaphrodits : tant en ceux qui sont entiers et parfaîcts, qu'en ceux auxquels on peut noter quelque marque d'imperfection» comme il avient le plus souvent : ou bien que la nature féminine fust totalement oblitérée, pour céder à la masculine, si qu'il n'en restast vestige quelconque, comme il se voit pratiqué aux gunanères ou fiUcs-hommes.
Mais par une merveilleuse dextérité de ce grand ouvrier, le membre viril obtenoit telle situation, qu'il se pouvoit monstrer et sortir actuellement, pour l'exercice et action qui en est requise, tant à rendre l'urine que semence génitale :
souvent aussi s'absconcer et cacher, en rétrocédant à l'intérieur.

Ce qui me ravit tellement en contemplation, qu'estant appelé à la Visitation avec plusieurs autres Docteurs en Médecine, Chirurgiens et obstétrices, pour recognoistre un tel faict et en rendre raison compétente, dès-lors, je fis curieuse
recherche de plusieurs belles histoires et graves authoritez, avec ample discution des diverses causes et raisons qui pouvoyent concurrer à l'entière cognoissance d'un si rare object.
Lesquelles je sceus tant bien disposer et naïvement représenter, que coopérant l'ayde du Tout Puissant, qui me daigna dessiller les yeux et lever le bandeau d'ignorance en cette part, je rendis ce qui en estoit, tant cler et manifeste, par
l'exposé que j'en fis à la Cour (sur ce que nous fusmes faits entrer à la chambre, pour rendre et dire les raisons de la diversité de nos rapports, qui estoient diamétralement contraires), que ce pauvre gunantlirope, qui avoit encouru con-
demnation de faire amende honorable, tout nu, la torche au poin, en divers endroits de la ville de Monstiervillier, puis d'estre conduit au lieu patibulaire, pour là estre pendu, estranglé et finalement son corps réduit en cendres : il obtint
ce nonobstant tel effect en cause, que la sentence portant condamnation d'une mort tant ignominieuse, cassée et adnullée, les prisons luy furent ouvertes, avec Hcence de se retirer à son pays : nonobstant la mauvaise conséquence qu'on eust peu retirer des raports contraires de quinze à seize tant Médecins, Chirurgiens, qu'obstétrices, qui tous uniformément raportoient qu'il n'y avoit en luy rien que de fille, dont on
eust peu inférer, que soubs prétexte de mariage, il avoit abusé ceste fenune avec le cleitoris, comme une tribade ou subigutrice. "

J. Duval

jueves, 26 de marzo de 2009

Gentil petit Barbichon



"Gentil petit Barbichon,
Petit mignard Guenuchon,
Qui ne porteroit envie
Au sort heureux de ta vie?
Toi, Barbichon, que Catin
Tient toujours soir et matin,
Toi, à qui elle se joue,
Toi que douce elle amadoue.
Toi, que dans son sein caché,
Elle tient toujours couché.
Toi, que d'une main polie
Elle mignarde et manie.
Toi que tant elle chérist
D'un soin dont elle périst

(...) Et puis, après le repas.
En mille sortes d'ébats.
En mille façons exquises.
De nouvelles mignardises.
En mille traits amoureux.
Elle te rend bien-heureux.
Or sur sa blanche mammelle,
Sur sa mammelle gemelle,
Dedans son sein potelé
Elle te serre accolé.
Or pour changer de caresse,
Sur sa bouche baiseresse,
Prodigue de sa beauté,
Elle te tient arrêté,


(...)
Que sçaurois-tu désirer,
Que pourrois-tu espérer,
De sa feveur davantage.
Que jouir de son visage,
Que jouir de son tetin ?
Toutes-fois cette Catin
D*une grâce plus exquise
Encore te favorise,
Et, libérale envers toi,
Te permet je ne sçai quoi,
Dont les Dieux grands de puissance
N'osent avoir espérance :


(...)

O trop heureux Barbichon,
O trop heureux Guenuchon,
Trop heureux, que ma maîtresse
Chérit tant et tant caresse !
Gentil petit Barbichon,
Petit mignard Guenuchon,
Qui ne porteroit envie.
Au sort heureux de ta vie? "

Jean Bonnefons

miércoles, 25 de marzo de 2009

Scandale à l'Hôtel-Dieu

1727

"Comme on est dans le temps des choses extraordinaires, un homme s'est avisé d'aller à l'Hôtel-Dieu, de parler à un jeune manœuvre, qui étoit dans un lit malade, de lui dire que les médecins ne connoissoient point son mal, qu'il le guériroit par un prompt remède. Il a fait tourner cet homme dans cet état-là, et lui a fait le péché philosophique. Jamais la malice de l'homme n'a été portée à ce point-là; il faut être possédé du diable, pour être tenté d'un malade, dans un lit de l' Hôtel-Dieu. Une religieuse s'est aperçue de quelque chose, a fait du bruit; on a arrêté l'homme, le malade l'a accusé du fait, mais il a tout nié à l'interrogatoire, et les religieuses ont fait éloigner le malade, qui n'a pu être confronté, dont elles ont été bien tancées..."

E. J. F. Barbier

martes, 24 de marzo de 2009

ô infortunées



"En outre, sur leur tête, pour se garantir sans doute les yeux des ardeurs du soleil, elles portaient des chapeaux de paille à larges bords de dessous lesquels tombaient sur leurs épaules les longues tresses formées par leurs cheveux noirs. Mais si elles avaient la tête couverte, il n'en était pas' de même de leurs pieds qui étaient sans chaussures, car je crus m^apercevoir qu'elles marchaient toutes nu-pieds. Telles étaient du moins les premières habitantes de la ville que noua eûmes occasion de rencontrer et dont la vue combla le désir que nous avions de connaître quelles personnes elles étaient. Avec quelque curiosité elles nous regardèrent passer, mais cependant sans paraître étonnées de nous voir là ni dans Tétat de demi-nudite dans lequel nous nous trouvions offertes à leurs yeux. Enfin, après plusieurs rencontres plus loin d'hommes dont les regards lascifs et indiscrets fixés sur la nudité de nos personnes, nous firent baisser les yeux et rougir de honte, nous débouchâmes sur une nouvelle place où se dressait un grand bâtiment qui n´était autre que l'affreux marché aux esclaves, dont, ô infortunées ! on allait donc à présent nous faire faire l`odieuse connaissance..."

anonyme

lunes, 23 de marzo de 2009

Relativity of morality



"Everywhere in all countries, and among all races prostitution has been, or continues to be, tolerated, and, sometimes even honoured. It existed in the great states of Central America, in ancient Peru, in ancient Mexico, and in Nicaragua, where there were already prostitutes and brothels. In this last country the morals were still so impure, and continence, although very relative, so difficult to bear, that at a certain annual festival the women of all classes were authorized to abandon themselves to whomsoever they pleased.

In the great societies founded by the Mongoloid races, or the Mongols of Asia, prostitution displays itself in the open day. In China, tea-houses abound, although the ancient morality of the Celestial Empire makes chastity a moral duty for unmarried girls and women. In Cochin-China and Japan, on the contrary, practice and theory are in accord. No moral brand of shame attaches to the prostitute. In Cochin-China, says Finlayson, a father has the right to give his daughter, for a small sum of money, to a visitor or even a stranger, without the reputation of the young girl suffering any harm, and without any hindrance to her finding a suitable husband afterwards (...) and this alone suffices to show the relativity of morality..."

Ch. Letourneur, 1891