miércoles, 14 de octubre de 2009

Triomphe des médiocres



"Les Médiocres.

Chacun. Lui.
Issu du suffrage universel, le médiocre triomphe, barbare suprême, contre la lumière de l'Idée.
Parmi la masse humaine, un élément, d'époques en époques, se garde rebelle à tout progrés, à tout savoir, à tout esprit. C'est le paysan. On noterait des différences minimes entre un laboureur breton et le rustre de Phrygie occupé, il y a trois mille ans, à écorcher la terre par le moyen d'un bâton ferré. Ni la paix, ni la guerre, ni le joug des races ne l'instruisirent. De religion, il ne comprend que le trafic du châtiment et du péché. De politique, il n'admet que la vente de son suflrage au pourvoyeur de ses intérêts immédiats. De la famille, il tire des domestiques auxquels il ne doit nul gage, car la loi l'autorise à exploiter impunément la faiblesse. De la civilisation, il choisit l'alcool. Il respecte le fort et écrase le chétif. Il craint le riche, il hait le pauvre. Chaque minute de sa vie est un crime naïf contre les choses, la beauté. Aucune ré-
volte ne l'exalte. Patriote par servilisme, il marche en troupeau sous l'injure du sergent; incapa-
ble de concevoir la raison des guerres ni les causes de la paix.

En Europe, ces sortes de brutes constituent le corps électoral. Elles disent qui doit conduire le
destin de la race, celui dont la bassesse les flatte, dont la sottise les relève, ou dont la richesse les
étonne. Le médiocre qui s'abaisse jusque leur stupidité devient le maître.
Fort de leur nombre, il commande, il impose.
La foule applaudit. "

Paul Adam

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