sábado, 4 de diciembre de 2010

Les Gratteurs de Pourceaux



LES GRATTEURS DE POURCEAUX

Il y a quelques mois, dans le Valais, je fus témoin d'une scène devant laquelle-se serait pâmé d'aise le gros Courbet, le peintre réaliste et déboulonneur, auquel la France doit quelques mauvais tableaux de plus et une glorieuse colonne de moins.

C'était au bas d'une côte pelée, sur les bords d'une mare fangeuse; trois crétins goitreux, à tètes énormes, entouraient un porc obèse, couché tout près du chemin. Le plus ingambe de ces nains difformes et hébétés, descendu dans la mare, y puisait à pleines mains de la vase gluante et verdâtre, en remplissait son chapeau à larges bords et la passait ensuite à ses compagnons, dont l'un engluait le porc de cet
induit aussi repoussant à la vue qu'à l'odorat, tandis que l'autre, se servant de ses doigts crochus comme d'un peigne, grattait doucement l'épine dorsale du
stupide et sale animal.

«Le porc se laissait faire avec volupté, fermait complètement ses petits yeux enfoncés dans un épais bourrelet de graisse, et répondait par des grognements reconnaissants aux délicates attentions de ses bons amis.

« Quelle écoeurante occupation ! dis-je à mon camarade de voyage et excellent ami, le docteur Philosophus.

— Bah l fit celui-ci avec le sourire narquois qui lui est particulier, ce spectacle est-il donc si nouveau pour vous que vous n'y soyez pas encore habitué?

— Et où voulez-vous que je me sois habitué à voir des gratteurs de pourceaux ?

— Un peu partout, mon cher ami, mais surtout en France, où, par le temps qui court, ce métier est à la fois très-commun et très-lucratif.

— Cela, un métier commun?

— On ne peut pas plus commun.

— Vous voulez rire?

'— J'aurais, ma foi, plutôt envie de pleurer, je vous affirme. »
Et comme je continuais à ne pas comprendre : « Dites-moi, je vous prie, continua-t-il, avez-vous parcouru les derniers états de recensement de
la population de Paris? '

— Pas plus tard, que ce matin dans mon journal.

— Combien y a-t-il de libres-penseurs?

— Dix mille.

— Et des gens qui, ne pensant rien du tout, se font gloire de ne croire à rien, de n'avoir aucune religion?

—.Huit mille...

— Ce qui fait, n'est-il pas vrai, un total de dix- huit mille?

— Parfaitement.

— Donc, d'après les chiffres officiels, voici dix-huit-mille bipèdes qui, n'ayant aucune religion, n'obéissent à aucune loi morale, puisque sans Dieu il n'y a pas de morale, et ne s'occupent que de leur ventre.

— C'est encore vrai.

— Ces bipèdes n'apparaissent pas pour la première fois sur la terre : Horace, un poëte latin du siècle d'Auguste, connaissait leurs ancêtres et nous a fait connaître le nom qu'ils portaient à cette époque Epicuri de grege porci.

— Les porcs du troupeau d'Épicure.

— Vous voyez que le nom est. presque aussi ancien que la chose. Je pourrais m'arrêter là, mais je tiens à poursuivre mes interrogations.

— Pensez-vous que ces êtres dégradés, n`ayant ni religion ni morale, aient au moins une patrie?

— La Commune est là pour nous prouver qu'ils n'ont pas plus de patrie que de Dieu.

-^- Et de famille?

— Pas davantage, puisqu'ils s'en débarrassent le plus qu'ils peuvent, qu'ils réclament le divorce et prétendent que la légitimité des enfants est une in-
justice criante, contraire à ce code dégoûtant qu'ils appellent la loi naturelle.

— N'êtes-vous pas persuadé, et certes les preuves ne vous en ont pas manqué pendant cette sacrilège orgie qu'on appela la Commune, que la plupart de ces citoyens sont poussés par leur instinct vers l'ordure et que la fange a pour eux un attrait irrésistible?

— Je ne puis le nier.

— Enfin, ne voyez-vous pas fréquemment qu'après avoir vécu comme des animaux, ils se font gloire de mourir comme des animaux, et demandent en grâce d'être, après décès, enfouis dans un pourrissoir, n'importe où il se trouve, soit à Paris, soit à Lyon?

— C'est encore malheureusement vrai.

— Bien ; voici donc d'abord un beau troupeau de pourceaux tout trouvé. Et quand je dis pourceaux en parlant de ces êtres-là, franchement, ce n'est pas aux bipèdes que je crois manquer de respect, mais bien a l'animal auquel je les compare, et j'espère qu'il me pardonnera mon irrévérence. Reste maintenant à trouverles gratteurs. »

' — Ce sera plus difficile.

— Plus difficile 1 s'écria Philosophus, mais vous êtes donc aveugle

— Pas même borgne, comme... »
Il ne me laissa pas achever.

« Les gratteurs de pourceaux l mais vous en rencontrez à chaque pas, reprit-il; les gratteurs de pourceaux, ce sont les flatteurs du peuple.

— Vous êtes peu poli pour le peuple.

— Et voilà ce que c'est que de lire trop souvent les feuilles démocratiques qui n'appellent peuple que la canaille. Entendons-nous, personne plus que moi n'aime et ne respecte le vrai peuple, le peuple qui travaille et qui prie; ce peuple qui, courbé toute la semaine sur la charrue dans les campagnes, vient, le dimanche, austère et recueilli, s'agenouiller sur les dalles de pierre d'une église antique et prier Dieu de faire fructifier ses efforts ; ce peuple qui ensemence la terre et plante la vigne; ce peuple dont le labeur incessant permet à la France de payer une
rançon triplée par la lâcheté et l'ineptie de l'autre peuple, du peuple canaille. J'honore aussi le peuple ouvrier, qui use ses forces dans les ateliers, son intelligence dans l'industrie, pour nourrir et élever sa famille; qui n'ignore pas qu'au delà de la tombe il est une autre vie; qui, avec le peuple des campagnes, sait verser au profit de sa patrie ses sueurs et son sang.

« Ce peuple-là, les gratteurs de pourceaux le haïssent, et s'ils lui font des avances, c'est pour le ravaler à l'état d'abjection dans lequel ils tiennent la
canaille.

« Ils savent qu'il n'y a rien à faire avec des hommes dignes de ce nom; de là parfois leurs imprudentes colères, les insultes dont ils poursuivent les stupides
paysans, et ces soldats devant lesquels ils tremblent et contre lesquels ils vomissent de loin des insultes dignes de ceux qui les profèrent.

u Mais pour la canaille, au contraire, pour le peuple à eux, pour ce peuple qui ne croit pas, qui ne prie pas, qui ne travaille pas, qui ne se bat pas ; pour ce ramassis d'athées, d'ivrognes, de sales débauchés, de brutes immondes, qui furent la Commune, pour les voleurs et les repris de justice en rupture de ban, pour ces fainéants, ces aboyeurs d'insultes contre Dieu qui ne les punit pas sur l'heure, la religion qui leur pardonne et la force qui les méprise, pour tous ces candidats au bagne et à la déportation, quelles basses et continuelles flagorneries ; comme ils se prosternent devant eux, avec quel respect affecté ils leur brûlent sous les narines leur encens grossier l Écoutez-les : « Peuple, tu es grand, tu es sublime, tu es fort; nous sommes tes esclaves "

« Tu aimes l'ordure, peuple : tiens, avale ce roman, déguste cette tartine de haut goût, je te l'ai choisie bien faisandée avant de te l'offrir; j'y ai ajouté des épices dans cette colonne de mon journal; fais goûter à ta fille de ce feuilleton licencieux, cette lecture la rendra peu à peu digne de toi.

« Préfères-tu la boue, en voici une hottée ; c'est pour toi que j'ai ramassé ces scandales au coin des bornes, je te lès ai mâchés pour t'en rendre la trituration plus facile. Couche-toi, mon bijou, cuve ton vin à l'aise, laisse-moi te bien engluer, te boucher les yeux avec ces immondices : tu es si intelligent, si rusé, si fort, que tu n'as pas à craindre de surprise ; dors, et si je monte sur. ton corps pour m'élever, tiens-toi tranquille, c'est dans ton intérêt, pour voir de plus loin les dangers qui pourraient te menacer pendant ton sommeil.

« Qui donc t'a dit que tu as une âme? Quelque gredin de prêtre, conspirant contre ton repos. Dors paisible, j'écarterai de toi ces grosses mouches noires qui ne savent que t'importuner. Je ne suis pas le premier venu, et j'ai droit à ta confiance; je suis ouvrier comme toi, ouvrier de la pensée, il est vrai, mais je n'en suis pas moins un travailleur de la démocratie »

. « Voilà comment ils parlent dans leurs livres,dans leurs journaux, à la tribune, dans les clubs,dans les cabarets.
« Avocats sans cause, publicistes sans public, ambitieux sans talent et sans courage, immense volée de nullités, d'incapacités, de vanités inassouvies, d'orgueils démesurés, de cupidités besogneuses, de haines accumulées, représentants de tous les vices, auxquels il faut un esclave pour se hisser sur ses épaules.

a Et dans le seul but d'avoir cet esclave docile, ces gens-là brassent et pétrissent l'ordure afin d'obtenir les grognements approbatifs de leurs porcs jusqu'au jour où, une révolution éclatant, ils prendront le fouet pour éveiller leur immonde troupeau et le pousser à cet abattoir qu'on appelle les barricades.

« Que leur importe si le sang coule par torrent, puisque ce ne sera pas le leur?

« Mais en attendant ce jour funeste, eu peut-être ils trouveront encore quelque peu d'or à ramasser dans les décombres fumants et ensanglantés, ils se seront faits un nom et une position ; ils auront été chefs de parti ; ils auront acquis une notoriété qui leur permettra de gagner des centaines de mille francs en vendant des livres misérables écrits dans l'exil, ou des brochures infâmes colportées en contrebande; si leur peuple a la victoire, ils s'adjugeront ministères et préfectures, honneurs et grasses sinécures; et pour panser des blessures reçues à.
leur seul profit, ils lui jetteront, non plus quelques poignées de monnaie comme un souverain au jour de son sacre, mais quelques phrases creuses, telles que celle-ci, aumône faite à la populace par le grand Victor Hugo :
« Le Panthéon se demande comment il fera pour recevoir sous sa voûte ce peuple qui va avoir droit a son dôme! »
« Pauvre peuple, quelle poignée de glands!« Que la digestion t'en soit légère
Et voilà, mon cher ami, comment, avec un peu d'industrie, un bon gratteur de pourceaux peut se faire non pas dix, mais cent mille francs de rente. Dites, après cela, que ce métier ne vaut pas mieux que celui des éleveurs de lapins!»


A. de Lamothe

Merci à notre ami et complice Sebastien Hubier de nous signaler ce texte étonnant

domingo, 21 de noviembre de 2010

Abominations of Yondo



The Abominations of Yondo


The sand of the desert of Yondo is not as the sand of other deserts; for Yondo lies nearest of all to the world's rim; and strange winds, blowing from a pit no astronomer may hope to fathom, have sown its ruinous fields with the gray dust of corroding planets, the black ashes of extinguished suns. The dark, orblike mountains which rise from its wrinkled and pitted plain are not all its own, for some are fallen asteroids half-buried in that abysmal sand. Things have crept in from nether space, whose incursion is forbid by the gods of all proper and well-ordered lands; but there are no such gods in Yondo, where live the hoary genii of stars abolished and decrepit demons left homeless by the destruction of antiquated hells.

It was noon of a vernal day when I came forth from that interminable cactus-forest in which the Inquisitors of Ong had left me, and saw at my feet the gray beginnings of Yondo. I repeat, it was noon of a vernal day; but in that fantastic wood I had found no token or memory of a spring; and the swollen, fulvous, dying and half-rotten growths through which I had pushed my way, were like no other cacti, but bore shapes of abomination scarcely to be described. The very air was heavy with stagnant odors of decay; and leprous lichens mottled the black soil and russet vegetation with increasing frequency. Pale-green vipers lifted their heads from prostrate cactus-boles and watched me with eyes of bright ochre that had no lids or pupils. These things had disquieted me for hours past; and I did not like the monstrous fungi, with hueless stems and nodding heads of poisonous mauve, which grew from the sodden lips of fetid tarns; and the sinister ripples spreading and fading on the yellow water at my approach were not reassuring to one whose nerves were still taut from unmentionable tortures. Then, when even the blotched and sickly cacti became more sparse and stunted, and rills of ashen sand crept in among them, I began to suspect how great was the hatred my heresy had aroused in the priests of Ong and to guess the ultimate malignancy of their vengeance.

I will not detail the indiscretions which had led me, a careless stranger from far-off lands, into the power of those dreadful magicians and mysteriarchs who serve the lion-headed Ong. These indiscretions, and the particulars of my arrest, are painful to remember; and least of all do I like to remember the racks of dragon-gut strewn with powdered adamant, on which men are stretched naked; or that unlit room with six-inch windows near the sill, where bloated corpse worms crawled in by hundreds from a neighboring catacomb. Sufficient to say that, after expending the resources of their frightful fantasy, my inquisitors had borne me blindfolded on camel-back for incomputable hours, to leave me at morning twilight in that sinister forest. I was free, they told me, to go whither I would; and in token of the clemency of Ong, they gave me a loaf of coarse bread and a leathern bottle of rank water by way of provision. It was at noon of the same day that I came to the desert of Yondo.

So far, I had not thought of turning back, for all the horror of those rotting cacti, or the evil things that dwelt among them. Now, I paused knowing the abominable legend of the land to which I had come; for Yondo is a place where few have ventured wittingly and of their own accord. Fewer still have returned - babbling of unknown horrors and strange treasure; and the life-long palsy which shakes their withered limbs, together with the mad gleam in their starting eyes beneath whitened brows and lashes, is not an incentive for others to follow. So it was that I hesitated on the verge of those ashen sands, and felt the tremor of a new fear in my wrenched vitals. It was dreadful to go on, and dreadful to go back, for I felt sure that the priests had made provision against the latter contingency. So after a little I went forward, singing at each step in loathly softness, and followed by certain long-legged insects that I had met among the cacti. These insects were the color of a week-old corpse and were as large as tarantulas; but when I turned and trod upon the foremost, a mephitic stench arose that was more nauseous even than their color. So, for the nonce, I ignored them as much as possible.

Indeed, such things were minor horrors in my predicament. Before me, under a huge sun of sickly scarlet, Yondo reached interminable as the land of a hashish-dream against the black heavens. Far-off, on the utmost rim, were those orb-like mountains of which I have told; but in between were awful blanks of gray desolation, and low, treeless hills like the backs of half-buried monsters. Struggling on, I saw great pits where meteors had sunk from sight; and divers-colored jewels that I could not name glared or glistened from the dust. There were fallen cypresses that rotted by crumbling mausoleums, on whose lichen blotted marble fat chameleons crept with royal pearls in their mouths. Hidden by the low ridges, were cities of which no stela remained unbroken - immense and immemorial cities lapsing shard by shard, atom by atom, to feed infinities of desolation. I dragged my torture-weakened limbs over vast rubbish-heaps that had once been mighty temples; and fallen gods frowned in rotting pasammite or leered in riven porphyry at my feet. Over all was an evil silence, broken only by the satanic laughter of hyenas, and the rustling of adders in thickets of dead thorn or antique gardens given to the perishing nettle and fumitory.

Topping one of the many mound-like ridges, I saw the waters of a weird lake, unfathomably dark and green as malachite, and set with bars of profulgent salt. These waters lay far beneath me in a cup-like hollow; but almost at my feet on the wave-worn slopes were heaps of that ancient salt; and I knew that the lake was only the bitter and ebbing dregs of some former sea. Climbing down, I came to the dark waters, and began to lave my hands; but there was a sharp and corrosive sting in that immemorial brine, and I desisted quickly preferring the desert dust that had wrapped me about like a slow shroud. Here I decided to rest for a little; and hunger forced me to consume part of the meager and mocking fare with which I had been provided by the priests. It was my intention to push on if my strength would allow and reach the lands that lie to the north of Yondo. Theses lands are desolate, indeed, but their desolation is of a more usual than that of Yondo; and certain tribes of nomads have been known to visit them occasionally. If fortune favored me, I might fall in with one of these tribes.

The scant fare revived me, and, for the first time in weeks of which I had lost all reckoning, I heard the whisper of a faint hope. The corpse-colored insects had long since ceased to follow me; and so far despite the eeriness of the sepulchral silence and the mounded dust of timeless ruin, I had met nothing half so horrible as those insects. I began to think that the terrors of Yondo were somewhat exaggerated. It was then that I heard a diabolic chuckle on the hillside above me. The sound began with a sharp abruptness that startled me beyond all reason, and continued endlessly, never varying its single note, like the mirth of an idiotic demon. I turned, and saw the mouth of a dark cave fanged with green stalactites, which I had not perceived before. The sound appeared to come from within this cave.

With a fearful intentness I stared at the black opening. The chuckle grew louder, but for awhile I could see nothing. At last I caught a whitish glimmer in the darkness; then, with all the rapidity of nightmare, a monstrous Thing emerged. It had a pale, hairless, egg-shaped body, large as that of a gravid she-goat; and this body was mounted on nine long wavering legs with many flanges, like the legs of some enormous spider. The creature ran past me to the water's edge; and I saw that there were no eyes in its oddly sloping face; but two knife-like ears rose high above its head, and a thin, wrinkled snout hung down across its mouth, whose flabby lips, parted in that eternal chuckle, revealed rows of bats' teeth. It drank acidly of the bitter lake then, with thirst satisfied, it turned and seemed to sense my presence, for the wrinkled snout rose and pointed toward me, sniffing audibly. Whether the creature would have fled, or whether it meant to attack me, I do not know; for I could bear the sight no longer but ran with trembling limbs amid the massive boulders and great bars of salt along the lakeshore.

Utterly breathless I stopped at last, and saw that I was not pursued, I sat down, still trembling, in the shadow of a boulder. But I was to find little respite, for now began the second of those bizarre adventures which forced me to believe all the mad legends I had heard. More startling even than that diabolic chuckle was the scream that rose at my very elbow from the salt-compounded sand - the scream of a woman possessed by some atrocious agony, or helpless in the grip of devils. Turning, I beheld a veritable Venus, naked in a white perfection that could fear no scrutiny, but immersed to her navel in the sand. Her terror-widened eyes implored me and her lotus hands reached out with beseeching gesture. I sprang to her side - and touched a marble statue, whose carven lids were drooped in some enigmatic dream of dead cycles, and whose hands were buried with the lost loveliness of hips and thighs. Again I fled, shaken with a new fear; and again I heard the scream of a woman's agony. But this time I did not turn to see the imploring eyes and hands.

Up the long slope to the north of that accursed lake stumbling over boulders of basanite and ledges that were sharp with verdigris-covered metals; floundering in pits of salt, on terraces wrought by the receding tide in ancient aeons. I fled as a man flies from dream to baleful dream of some cacodemoniacal night. At whiles there was a cold whisper in my ear, which did not come from the wind of my flight; and looking back as I reached one of the upper terraces, I perceived a singular shadow that ran pace by pace with my own. This shadow was not the shadow of man nor ape nor any known beast; the head was too grotesquely elongated, the squat body too gibbous ; and I was unable to determine whether the shadow possessed five legs, or whether what appeared to be the fifth was merely a tail.

Terror lent me new strength, and I had reached the hilltop when I dared to look back again. But still the fantastic shadow kept pace by pace with mine; and now I caught a curious and utterly sickening odor, foul as the odor of bats who have hung in a charnel-house amid the mold of corruption. I ran for leagues, while the red sun slanted above the asteroidal mountains to the west; and the weird shadow lengthened with mine but kept always at the same distance behind me.

An hour before sunset I came to a circle of small pillars that rose miraculously unbroken amid ruins that were like a vast pile of potsherds. As I passed among these pillars I heard a whimper, like the whimper of some fierce animal, between rage and fear, and saw that the shadow had not followed me within the circle. I stopped and waited, conjecturing at once that I had found a sanctuary my unwelcome familiar would not dare to enter; and in this the action of the shadow confirmed me, the Thing hesitated, then ran about the circle of columns pausing often between them; and, whimpering all the while, at last went away and disappeared in the desert toward the setting sun.

For a full half hour I did not dare to move; then, the imminence of night, with all its probabilities of fresh terror, urged me to push on as far as I could to the north. For I was now in the very heart of Yondo where demons or phantoms might dwell who would not respect the sanctuary of the unbroken columns. Now, as I toiled on, the sunlight altered strangely; for the red orb nearing the mounded horizon, sank and smouldered in a belt of miasmal haze, where floating dust from all the shattered fanes and necropoli of Yondo was mixed with evil vapors coiling skyward from black enormous gulfs lying beyond the utmost rim of the world. In that light, the entire waste, the rounded mountains, the serpentine hills, the lost cities, were drenched with phantasmal and darkening scarlet.

Then, out of the north, where shadows mustered, there came a curious figure C a tall man fully caparisoned in chain-mail - or, rather, what I assumed to be a man. As the figure approached me, clanking dismally at each step on the sharded ground, I saw that its armor was of brass mottled with verdigris; and a casque of the same metal furnished with coiling horns and a serrate comb, rose high above its head. I say its head, for the sunset was darkening, and I could not see clearly at any distance; but when the apparition came abreast, I perceived that there was no face beneath the brows of the bizarre helmet whose empty edges were outlined for a moment against the smouldering light. Then the figure passed on, still clanking dismally and vanished.

But on its heels ere the sunset faded, there came a second apparition, striding with incredible strides and halting when it loomed almost upon me in the red twilight - the monstrous mummy of some ancient king still crowned with untarnished gold but turning to my gaze a visage that more than time or the worm had wasted. Broken swathings flapped about the skeleton legs, and above the crown that was set with sapphires and orange rubies, a black something swayed and nodded horribly; but, for an instant, I did not dream what it was. Then, in its middle, two oblique and scarlet eyes opened and glowed like hellish coals, and two ophidian fangs glittered in an ape-like mouth. A squat, furless, shapeless head on a neck of disproportionate extent leaned unspeakably down and whispered in the mummy 's ear. Then, with one stride, the titanic lich took half the distance between us, and from out the folds of the tattered sere-cloth a gaunt arm arose, and fleshless, taloned fingers laden with glowering gems, reached out and fumbled for my throat . . .

Back, back through aeons of madness and dread, in a prone, precipitate flight I ran from those fumbling fingers that hung always on the dusk behind me, back, back forever, unthinking, unhesitating, to all the abominations I had left; back in the thickening twilight toward the nameless and sharded ruins, the haunted lake, the forest of evil cacti, and the cruel and cynical inquisitors of Ong who waited my return.


Clark Ashton Smith

martes, 16 de noviembre de 2010

Le bon amant



Le bon amant

À Rachilde, auteur de Queue de poisson.


En fumant des cigarettes, il l’attendait sur le balcon. Il faisait un temps froid et sec comme un coup de trique, mais il était tellement comburé par la fièvre de l’attente, que la température lui importait peu.
Enfin une voiture s’arrêta. Une masse noire sur le fond gris-perle du trottoir passa comme un éclair et s’engouffra dans la porte.
C’était elle.
Un peu suffoquée par les deux escaliers qu’elle venait de grimper comme une folle, elle entra, et fut aussitôt gloutonnement baisée sur ses petites mains et ses grandes paupières.
Puis alors il pensa à la regarder.
Elle était vraiment charmante, d’un charme troublant et inoubliable.
Sa petite tête fine et brune, émergeant des fourrures, était coiffée d’un chapeau tyrolien en feutre gris, de jeune garçon. Les bords en étaient rabattus très bas sur le front. Ses grands yeux paraissaient avoir de plus longs regards qu’à l’ordinaire, et elle s’était fait, ce soir-là, de mignons accroche-coeur, non pas à la manière des Espagnoles, mais de vraies petites guiches de jeune dos.
Après les premières effusions, quand elle se fut désemmitouflée :
– Mais il fait un froid de loup chez vous, mon cher !
Alors, très désespéré, il chercha fébrilement chez lui de vagues combustibles, mais en vain.
Vivant constamment au dehors, il avait toujours négligé ce détail de la vie domestique.
Alors elle devint furieuse et cruelle.
– Mais c’est idiot, mon cher ! Brûlez vos chaises, mais de grâce faites du feu. J’ai les pieds gelés.
Il refusa net. Son mobilier lui venait de l’héritage de sa mère, et le brûler lui paraissait un odieux sacrilège.
Il prit un moyen terme.
Il la fit se déshabiller et coucher.
Lui-même se dévêtit complètement.
Avec un canif qu’il avait préalablement bien affilé, il s’ouvrit le ventre verticalement, du nombril au pubis, en prenant soin que la peau seule fût coupée.
Elle, un peu étonnée, le regardait faire, ne sachant où il voulait en venir.
Puis, tout à coup, comprenant son idée, elle eut un éclat de rire et une bonne parole.
– Ah ! ça c’est gentil, mon cher.
L’opération était finie.
Comprimant de ses deux mains les intestins qui s’échappaient, il se coucha.
Elle, très amusée de ce jeu, enfouit ses petits petons roses dans la masse irisée des entrailles fumantes, et poussa un petit cri.
Elle n’aurait jamais cru que ce fût si chaud là-dedans.
Lui, de son côté, souffrit cruellement de ce contact très froid, mais l’idée qu’elle était bien le réconforta, et ils passèrent ainsi la nuit.
Bien qu’elle fût réchauffée depuis longtemps, elle laissa ses pieds dans le ventre de son ami.
Et c’était un spectacle adorable de voir ces petits pieds bien cambrés, dont la glaucité verdâtre des intestins faisait valoir la roseur exquise.
Au matin, il était un peu fatigué, et même de légères coliques le tourmentaient.
Mais comme il fut délicieusement récompensé !
Elle voulut absolument recoudre elle-même cette chaufferette physiologique.
Comme une bonne petite femme de ménage, elle descendit, en cheveux, acheter une belle aiguille d’acier et de la jolie soie verte.
Puis, avec mille précautions, comprimant de sa petite main gauche les intestins qui ne demandaient qu’à déborder, elle recousit de sa petite main droite les deux bords de la plaie de son bon ami.
À tous les deux, cette nuit est restée comme leur meilleur souvenir.


A. Allais

lunes, 8 de noviembre de 2010

Bonheur parfait



Que les chiens sont heureux!
Dans leur humeur badine,
Ils se sucent la pine,
Ils s`enculent entr`eux
Que les chiens sont heureux!

T. Gautier

domingo, 31 de octubre de 2010

Halloween Succubes


Voici, pour notre spécial Halloween, un curieux traité sur le Succubat...


"Il est des gens qui se livrent volontairement aux Incubes et aux Succubes. Tel est le cas des adeptes de la sorcellerie. Bodin, de Lancre disent, en effet, que toutes les sorcières, tous les sorciers copulaient avec le diable. Une femme, Jeanne Hervillier, née Verbery, près de Compiègne, confessa que sa mère la présenta à l'âge de douze ans au diable, qui avait la forme d'un grand homme noir, vêtu de noir, botté, éperonné, l'épée au côté. La mère lui dit : " Voici ma fille que je vous ai promise ", et à sa fille : " Voici votre ami qui vous fera bien heureuse. Le malin la fit renoncer à Dieu " et puis coucha avec elle charnellement, en la même sorte et manière que font les hommes avec les femmes, hormis que la semence était froide.

Le plus souvent, les accouplements maudits avaient lieu après les danses et les festins du Sabbat. Les femmes qui y assistaient prenaient un singulier plaisir à raconter les scènes ignobles qui s'y déroulaient, et donnaient avec complaisance des détails sur la très immondes accointances sataniques, qui les laissait cependant toutes sanglantes, " aussi bien devant que, derrière, selon le lieu où il est allé heurter " : l'organe du démon était, paraît -il, énorme et couvert de squames dures comme le fer qui blessaient en se rebroussant.

Johannès d'Aguerre dit que le diable en forme de bouc avait son membre au derrière et connaissait les femmes " en agitant et poussant avec iceluy contre leur devant. Satan sodomite avait coutume de posséder les belles à la manière ordinaire et les laides tout au rebours. Ou bien encore, sans distinction esthétique, le démon incube besognait à la fois dans les deux vases, car sa mentule était fourchue. Il préférait aussi les femmes mariées aux vierges, parce que l'adultère était un péché plus grand.

Mais l'Incubat ne revêtait pas toujours des formes aussi repoussantes. Le diable était quelquefois facétieux. Si l'on en croit Boethius, un moine fut poursuivi par un Succube très beau qui l'embrassa lui faisant des invites obscènes. Inclinant son corps, la beauté d'enfer se mit dans la position des chevaux et des bêtes qui n'ont point d'âme.

Déjà le moine s'efforçait d'accomplir l'acte charnel, le Succube poussa un ululement sinistre et, ombre ténue, phantasme léger, s'évapora entre les bras du malheureux galant qui culbuta tout honteux. Le plus souvent d'ailleurs, surtout en dehors du Sabbat, une volupté intense captivait les victimes. Et sur le bûcher, alors que la flamme venait lécher sa chair grésillante, la sorcière, au milieu de la souffrance horrible qui la tordait, se souvenait des caresses délicieuses de son très doux rêve, pensait à l'Incube chéri qui la faisait haleter sous ses baisers, qu'elle allait retrouver à tout jamais en enfer.

Il était des gens qui recevaient les Esprits du Mal à la suite d'un maléfice. Ces viols constituaient une vengeance raffinée qui devait remplir d'une joie étrange l'âme des sorciers. Un homme accomplissait l'acte vénérien avec un Succube, même en présence de sa femme, et on ne voyait rien de corporel couché avec lui. Il en ressentait une fatigue énorme ; lorsqu'on l'interrogeait, il répondait qu'il ne voyait rien, mais que son esprit était captivé à ce point que la résistance lui était impossible. On soupçonna une femme qu'il avait injuriée, d'être la cause du mal.

Il arrivait aussi que les démons, lassés de leurs amours infernales, s'enamouraient des mortels. Ils devenaient alors des amants passionnés et tendres.

Boethius, dans son histoire d'Ecosse, rapporte qu'un jeune homme était tenté par un Succube d'une ravissante beauté. Il pénétrait chez lui à travers les portes et les murs et fit tout pour le posséder. Mais le jeune homme vertueux alla trouver son évêque et les remèdes spirituels le délivrèrent. Assez souvent, le démon prend la forme d'un être aimé pour atteindre plus facilement sa proie. Brognoli, cité par Goerres, vit en 1650 à Bergame un jeune homme auquel le démon était apparu un soir sous la forme d'une jeune fille qu'il aimait. Le fantôme lui raconta une petite histoire expliquant sa présence à cette heure, à cet endroit : sa mère l'avait maltraitée, elle s'était enfuie et se réfugiait près de lui. L'amoureux se doutait bien que ce n'était pas là son bien - aimée, mais un démon ; il succomba cependant à la tentation. Le Succube lui dit alors qui il était, une larve qui l'aimait. Les exorcismes eurent raison des enchantements de l'enfer, et le jeune homme fit pénitence de ses péchés. Brognoli raconte encore la curieuse histoire que voici telle qu'elle se trouve dans la Mystique de Goerres : " En 1643, je fus chargé par mes supérieurs d'aller exorciser une jeune fille de vingt ans qui était poursuivie par un Incube. Je me rendis chez elle avec son confesseur. A peine étions nous entrés que le démon, qui était précisément alors occupé avec elle, se retira. Elle m'avoua sans détour tout ce que l'esprit impur faisait avec elle. Je jugeai, d'après ce qu'elle me dit, que malgré ses dénégations, elle prêtait au démon un consentement indirect. En effet, elle était toujours avertie de ses approches par une surexcitation violente des organes sexuels ; et alors, au lieu d'avoir recours à la prière, elle courait à sa chambre et se mettait sur son lit.

J'essayai d'éveiller en elle des sentiments de confiance envers Dieu ; mais je n'y pus réussir, et elle semblait plutôt craindre d'être délivrée. Je la quittai donc après avoir laissé à son confesseur et à ses parents quelques prescriptions touchant le jeûne et la mortification.

Ce commerce monstrueux était il fécond ? Presque tous les auteurs l'affirment : le démon, n'ayant ni chair ni os, n'avait pas de semence. Il recueillait le produit des pollutions vaines ou bien, se faisant Succube, il dérobait à des hommes puissants le sperme. Devenu incube, il transportait ce sperme dans la matrice de la femme qu'il voulait engrosser. Les enfants procréés de cette manière étaient plus lourds que les autres, toujours maigres et pouvaient tarir trois nourrices sans engraisser. Quel était le père, le démon ou l'homme qui avait fourni la semence ? D'après les théologiens, c'était l'homme. Sinistrari d'Ameno, au XVII ème siècle, prétendait que les Incubes et les Succubes possédaient des organes sexuels et employaient leur propre semence. Suivant la légende, un grand nombre d'hommes célèbres sont nés de cette façon. Sans parler des Géants de la Genèse, on peut citer Romulus et Remus, Servius Tullius : la mère de ce dernier se vantait d'avoir vu apparaître dans la cendre du foyer un phallus qu'elle avait reçu, et elle était devenue enceinte. Alexandre le Grand, lui aussi, avait une origine surnaturelle, et beaucoup d'autres encore. Merlin l'Enchanteur était né d'un Incube et d'une moniale, fille de Charlemagne. Vers la même époque, plusieurs princes étaient assemblés dans un palais sur le Rhin, près de Cologne ; un esquif que traînait par une chaîne d'or un cygne apparut. Un beau guerrier inconnu descendit de la barque. Il resta dans le pays, se maria, eut des enfants, puis un jour le cygne revint le chercher et on ne le vit jamais plus. Le beau chevalier ne pouvait être qu'un esprit Incube. Sous le règne du roi Roger, en Sicile, u jeune homme se baignait dans la mer, au clair de la lune. Il vit dans l'eau une femme qui se noyait ; il la sauva, en devint amoureux, l'épousa et eut un fils. Pris de doute, un jour, sur l'origine de cette créature, il lui demanda avec insistance qui elle était : " Tu me perds, lui dit-elle, en voulant m'obliger à répondre. Elle disparut. Son fils, à quelque temps de là, se baignait dans la mer, elle apparut de nouveau et l'emporta. L'hérésiarque Luther eut aussi une naissance démoniaque. Le diable déguisé en marchand, vint à passer à Wittemberg. Il séduisit la fille de ses hôtes, puis retourna en enfer, la laissant grosse. D'où naquit Martin Luther.

Chez les peuples du Nord, en Islande et en Norvège, en Ecosse, on trouve des traditions analogues. Les Trolls et les Elfes s'unissent assez souvent aux fils et aux filles des hommes. Les Elfes habitent les éléments, les nuages, les rochers, les cavernes, les ruisseaux ou la mer. Leurs filles, à la peau bleue sont cependant d'une merveilleuse beauté : " On citait jadis, dit Christian, des familles en Islande qui devaient leur origine à ces unions mystérieuses. "
Au XIXè siècle, les caractères de l'Incubat et du Succubat ont peu changé. Les cas semblent moins fréquents,ou plutôt moins connus. La science, qui dédaigne l'occulte,ne voit dans les faits observés par les médecins que des maladies sexuelles dont elle ne recherche pas la cause. Presque seuls,les prêtres connaissent des exemples précis. Mais ils se retranchent derrière le secret de la confession, et refusent de parler,craignant le scandale que pourraient produire des révélations de cet ordre.

Voici deux exemples d'Incubat et de Succubat religieux. En 1816 et 1817, une jeune fille, Marie-Ange, parut avoir des rapports étranges avec l'invisible.

Elle supportait les phénomènes extatiques et recevait d'innombrables baisers qu'elle attribuait à Jésus et à la Vierge.

Ces baisers produisaient,chose très extraordinaire et légèrement grotesque, une liqueur et des bonbons délicieux que les témoins goûtèrent !

Dans le même genre, le chevalier de Caudenberg,vers 1855, à la suite de pratiques spirites, crut échanger des baisers avec la Vierge qu'il sentait " réellement " contre lui, baisers qui le remplissaient de volupté.

La renaissance bâtarde des antiques invocations, qu'était le Spiritisme, devait inévitablement favoriser l'Incubat et le Succubat. On faisait venir les morts, on leur parlait, on les touchait ; toujours docile, le trépassé répondait à l'appel. L'impossible rêve de posséder les disparus aimés devint réalisable. Le veuf pu étreindre son épouse perdue. La veuve se consola du fantôme de son mari ! Mais on alla plus loin. Pourquoi n'aurait on pas évoqué les femmes célèbres, courtisanes ou reines, dont les corps splendides, redevenus poussière, hantent l'imagination des songeurs ? Certes la tentation était grande de jouir de Sémiramis, de Cléopâtre, de Laïs ou de Théodora, les très belles qu'adora le monde ancien.

Plus d'un spirite y succomba. Des femmes sentimentales possédèrent leurs poètes ou leurs héros favoris. Malheureusement, le Diable, qui depuis quelque temps se tenait à l'écart, mais toujours aux aguets, en profita pour rentrer en scène, s'il faut en croire M. des Mousseaux, cité par M. S. de Guaita dans son très remarquable Temple de Satan (1).

Dans un ouvrage " parfaitement orthodoxe ", les Hauts phénomènes de la Magie, M. des Mousseaux rapporte des histoires de cédules signées avec du sang ; le Malin très correct, apparaît dans une réunion de jeunes filles, les séduit par son esprit, puis se livrent aux plus ignobles débauches, et à l'aube, s'évanouit " comme s'évanouirait une ombre.

Tout cela se passe le 17 juillet 1844. Onze ans de suite, le Diable revint visiter une des filles qu'il avait distinguée. M. des Mousseaux raconte aussi que dans certaines séances de spiritisme, des dames qui se trouvaient autour du médium ressentirent des attouchements obscènes " vers la partie inférieure du buste.

J. DELASSUS

jueves, 28 de octubre de 2010

Thérapeutique Canine



1 Avez-vous une angine?
2 Vous êtes-vous brûlé la bouche ?
3 Avez-vous mal au côté ?
4 Une rage de dents vous fait-elle souffrir ?
5 Les dents de vos enfants poussent-elles mal?

Le CHIEN vous fournira certainement le remède adéquat.

Mais ce n'est pas tout: il en sera de même si

6 une flèche vous a blessé
7 si vous avez la fièvre quarte
8 la gale
9 ou la goutte
10 ou encore la rage
11 et l'hydrophobie
12 si vous avez mal aux oreilles
13 aux organes sexuels
14 à la rate
15 au siège
16 ou aux yeux
17 si votre incontinence d'urine
18 ou vos verrues vous ennuient

le meilleur ami de l'homme ne vous abandonnera pas non plus...


1 Pline, NH, XXX, 35 (ad anginam) . . . corrigiam caninam ter collo circumdatam . . .
2 Op. cit. XXX, 27 Si ferventia os intus exusserint, lacté cariino statim sanabuntur .
3 Id. XXX, 53 (lateris doloribus) . . . canis rabiosi caluariae cini potioni inspergitur.
4 Id. XXX, 21 Cetero dentium doloribus..., medetur canwm qui rabie perierunt capitum cinis crematorum sine carnibus instillatus ex oleo cyprio
per aurem, cuius a parte doleant, caninus dens sinister maximus, circumscarificato qui doleat . . .
5 Id. XXX, 22 Cinis eorum ( = dentés canini) pueros tarde dentientes adjuvat cum mette.
6 Id. XXIX, 58 Sanguine canino contra toxica nihil praestantius putant.
7 Id. XXX, 98 In quartanis medicina clinice propemodum nihil pollet. Quam ob rem, plura eorum remedia ponemus . . . , canis nigri dentem longissimum.
8 Id. XXX, 121 Scabiem vero... ante omnia sanguis caninus sedat.
9 Id. XXX, 76 Podagras lenii. . .fei caninum ita ne manu attingatur sed pinna inlatur.
10 Id. XXIX, 100 Est vermiculus in lingua canum, qui vocatur a Graecis lytta . . . Idem ter igni circumlatus datur morsis a rabioso ne rabidi fiant.
11 Id. XXIX, 98 In canis rabiosi morsu tuetur a pavore aquae canini capitis cinis inlitus volneri. . . Idem et in potione proficit; quidem ob id edendum dederunt; aliqui et vernem e cadavere canino adalligavere menstruave canis in panno subdidere calici aut intus ipsius caudae pilos combustos inseruere volneri. Et XXIX, 99 Est limus salivae sub lingua rabiosi canis, qui datus in potu hydrophobos fieri non patitur.
12 Id. XXIX, 133 Aures purgai fei pecudis cum melle, canini lactis instillatio sedai dolorem . . .
13 Id. XXX, 72. . .testibus vero farina ex ossibus canini capitis sine carne tusis .
14 XXX, 51 Pecudis lien recens magicis praeceptis super dolentem lienem extenditur, . . . Oaninus si viventi eximatur et in cibo sumatur, libérât
eo vitio. Quidam recentem superinligant. Et XXX, 52 Alii duom dierum catuli ex aceto scillite dant ignoranti
vel irenacei lienem, . . .
15 Id. XXX, 69 Sedis vitiis efficacissima sunt oesypum . . . canini capitis cinis . . . , si rhagades sint, cinis fimi canini cum rosaceo . . .
16 Id. XXIX, 117 Glaucomata dicunt Magi cerebro catuli septem dierum emendari specillo demisso in dexteram partem, si dexter oculus curatur, in sinistram, si sinister. . .
17 Id. XXX, 74 . . .ad urinam incontinentiam caninum adipem cum alumine schisto fabae magnitudine. . .
18 Id. XXX, 81 Verrucarum omnia genera urina canis recens cum suo luto inlita, fimi canini cinis cum cera. . .

martes, 19 de octubre de 2010

Cuando los ojos se hacen labios



Sguardi e baci

Qualhor labra soavi
E vi miro, e vi bacio,
L’un l‘altro senso invid’a: ond’à tutt’hore
Questo, e quel si confonde,
E spesso il bacio al guardo, il guardo al bacio
Le dolcezze profonde
Qual geloso rival, fura, & asconde.
Se miro, allhor bram’io
Baciar; se bacio, allhor mirar desio.
Pot’esser per miracolo d’Amore
O il guardo ò il bacio scocchi,
E mirarvi la bocca, e baciar gli occhi.

Giambattista Marino




Si mis párpados, Lisi, labios fueran,
besos fueran los rayos visuales
de mis ojos, que al sol miran caudales
águilas, y besaran más que vieran.
Tus bellezas, hidrópicos, bebieran,
y cristales, sedientos de cristales;
de luces y de incendios celestiales,
alimentando su morir, vivieran.
De invisible comercio mantenidos,
y desnudos de cuerpo, los favores
gozaran mis potencias y sentidos;
mudos se requebraran los ardores;
pudieran, apartados, verse unidos,
y en público, secretos, los amores.

Francisco de Quevedo

domingo, 17 de octubre de 2010

Fantasmes du Jaloux Néo-latin



Sans cesse, dans ma peine, j’aspire à mes amours absentes,
aux remparts de Malines, chère à Cupidon,
Mais elle s’en est allée, épouse d’un homme étranger
où l’Escaut roule vers la mer ses vertes eaux, 30
Elle s’en est allée : je souffre. Que faire ? Ses traces restent,
et les lieux qui nous donnèrent de longs plaisirs ,
s’il m’était donné d’être où tu es, je serais plus près d’elle ;
tu crois que je plaisante, mais je suis sérieux.
Lorsque, le soir, de nouveaux chars se rangeraient sur la place 35
quand, tard, les flots nocturnes rendraient les bateaux,
tous ces bateaux, j’aurais l’audace de les contrôler,
et des mes propres yeux j’inspecterais les chars,
pour le cas où une heure quelconque me rendrait ma belle,
transportée sur la roue de Vénus au doux son, 40
portée sur les flots cristallins par une conque polie
ou échappée du sein de rose de Cypris,
car ton époux ne te possède pas ; il ne couche pas avec toi
pendant les longues nuits, Iulie, ce poids inerte.
Vénus d’or te réchauffe dans les bois sacrés d’Idalie 45
et l’endroit à présent honore deux Vénus.
À ta place, elle a fourni à ton mari une vile putain
à qui elle insuffla tout l’éclat de tes traits.
Ton époux barbare la presse d’étreintes déplaisantes.
amour porteur de traits te préserve pour moi ! 50
Je serais soulagé des soucis, moi pour qui le temps
s’écoule lentement parmi d’âcres souffrances.

Semper in absenteis suspiro moestus amores,
Inque cupidineae moenia Macliniae,
Illa sed abscessit, peregrine iuncta marito,
Qua voluit virideis in mare Scaldis aquas,
Abscessit : doleo, quid tum ? vestigia restant,
Et loca quae nobis gaudia longa dabant,
Et si istic fuero, fuero vicinior illi,
Esse putas haec tu ludicra ? magna loquor.
Tum quam multa foro nova sisteret esseda vesper,
Noxque rateis tarda sera referret aqua,
Ipse rateis omneis audax speculator obirem,
Cunctaque defixis esseda luminibus,
Si quae forte meam mihi redderet hora puellam,
Seu vectam Veneris suave sonante rota,
Seu raptam tereti vada per crystallina concha,
Seu lapsam roseo Cypridis e gremio,
Nam neque te retinet coniux tuus, aut tibi longis
Noctibus incumbit, Iulia, pondus iners.
Te Venus Idalios inter fovet aurea lucos
Et Venerem geminam nunc locus ille colit.
Supposuit pro te scrotillum turpe marito,
Afflavit vultus cui decus omne tui :
Barbarus ingratis illam complexibus urget,
Teliger intactam te mihi servat Amor.
His ego solarer curas, dum tempora nobis
Tarda fluunt, aegras inter amarities

J. SECOND

viernes, 15 de octubre de 2010

Sueño de la Viuda



“De aquellas dulces noches se acordaba
que con su buen marido ella dormia!
Y muchas, creo yo, que ella soñaba,
que entre sus blancas piernas le tenia
y quisiera durara el sueño un ano
por hurtarle la vuelta al desengaño

Pues como una, entre otras, sucediese
que un semejante sueño ella soñase,
y como si el marido alli estuviese,
aunque dormia, asi se menease.

Parece que el marido le dijese
que porque de la carga descansase,
se pusiera ella encima y él debajo
y asi repartirian el trabajo

Agradale el consejo a la señora,
en su dulce soñar perseverando,
y vuélvese a do estaba la Teodora
hacer, lo que soñaba, deseando.

Sobre la cual subiendo, y al ahora
con ella estrechamente se abrazando,
procede con su sueno felizmente
que la Teodora duerme y no lo siente

(...)
Dos horas después questo sucediera,
no sé si con los sones de la cama,
o por lo que decir querra cualquiera
segun los varios dichos de la fama,
despiertan como estaban, abrazadas
En verse asi, quedaron espantadas.

La de debajo, como era doncella,
esta turbada y calla temerosa
mas la duena questaba encima della
comiénzala a decir muy amorosa
-Yo no sé si eres él o si eres ella.
Respondeme, que soy muy cuidadosa,
porque de la mujer tienes el nombre
y tus hechos no son sino de hombre.

Responde la Teodora muy turbada:
-Senora, yo no sé qué responderme.
Estoy de mi figura tan mudada
que no puedo a mi misma conocerme.
De lo que agora soy, yo no sé nada,
ni quién varon de hembra pudo hacerme.
Verdad es que después de ser dormida
soñé que era en hombre convertida.

-Sin duda -dijo luego la senora-
y esa es la causa de lo que ha pasado.
Por tanto dime, amor es? Dime agora...
Dime, mi vida, qué es lo que has soñado?
Que en ese mismo punto y misma hora
un sueño soné yo tan concertado
con ese que tu dices que has tenido,
cuanto lo es el efecto sucedido.

Responde la Teodora convertida
en Teodoro, un mancebo muy apuesto:
-Luego que a prima noche fui dormida
soñé ser hombre, como ya he propuesto
y que siendo por mi vos requerida,
y no faltando a vos voluntad desto,
en esta cama, al fin, nos acostamos
y nos pusimos como agora estamos.

La dueña, vuelta en gozo y alegria
de que tan bien su sueno hubo acertado,
el sueño y la soltura bendecia
y al punto y hora en que fue soñado;
y su sueño a Teodora le decia,
para el uno con otro cotejando
viese cuan bien las dos se concertaron
y los dichosos sueños que soñaron.

Tómale después entre las manos
el miembro genital recién nacido,
al qual daba loores soberanos
poniéndole contino este apellido:

-¡O padre universal de los humanos
de quien tantas naciones an salido!
¡Tú solo das contento a las mugeres
y en ti se cifran todos sus plazeres!

Furiosamente a todas acometes,
y con mayor ardor a los doncellas,
entre las quales, quando te entremetes,
a la primera buelta triunphas dellas.

Tienes tanto dulçor quando te metes,
que aquel dolor que entonçes sienten ellas,
es puntilla del agro que se añade
al muy dulce manjar porque no enfade.

Entre casadas eres tan contino
que, si discretas son, nunca te dejan,
y aunque tengan hecho ya el camino
por más gustar se duelen y se quejan.

Mas como vienes luego y tomas tino,
y ellas mesmas la entrada te aparejan,
entras muy orgulloso y entonado
y sales muy humilde y despechado.

Viudas como yo, Dios sabe quántas
noches no duermen sin tu compañía,
de aquestas nunca vivo te levantas
por más que traygas brío y osadía.

Mas son sus artes y sus mañas tantas,
según se muestra por la mano mía,
que si cinqüenta veçes te marchitan
cinqüenta mill y más te resucitan.

Pues que quanto tú entras denodado
entre las debotísimas beatas,
donde encuentras un virgo remendado
que de solos tres golpes desbaratas.

Allí eres querido y regalado,
pues nunca das herida, que no matas,
y quando las matases desa suerte
sería darles vida con la muerte.

Tú das también el dote a muchas tristes
que huérfanas sus padres las dejaron,
y a las que están desnudas, tú las vistes
y a muchas das remedio que enfermaron.

Ninguna muger ay que no conquistes
y a las que de tus burlas se pribaron
más hazen con la gana y los deseos
que nosotras con obras y meneos.

Desde la mayor reyna hasta la esclava
ninguna muger ay que te aborrezca,
la ques autora no se muestra brava
y no porque desea que anochezca.

Aquella que mirarte rehusaba,
yo fiador que antes que amanezca
ella te ponga tal, aunqués muy sancta,
que llegues con los pies a la garganta.

¡O parte de quien naçe todo el todo,
herida sin lisión en la cabeça,
perdida por vençer del mismo modo
que vienes a perder la fortaleza!

Quien no te quiere, póngase de lodo
y pugne y vença a su naturaleza.
Sin quien no puedo ser, no quiero vida
ques vida violenta y aburrida.

Fray Melchor de la Serna,

jueves, 14 de octubre de 2010

Au Sommeil




Au sommeil


Sommeil, je t’en prie, viens souvent visiter ma couche,
apporte-moi encore de semblables songes, ou de meilleurs.
Un songe m’a rendu heureux, un songe content.
Qui dit menteurs les songes est un menteur.
Les miens sont vrais : une illusion ne m’avait point abusé :
ce qui n’a pas d’effet, tu pourras dire que ce n’est rien.
Vrai fut le visage, une image menteuse ne m’a pas trompé,
j’ai donné mille étreintes, mille baisers j’ai donnés.
Maintes fois j’ai possédé, encore et encore, ma maîtresse,
et elle s’est donnée à moi de la façon que je voulais.
D’où vient que le lit est tiède ? Pourquoi ce côté est-il chaud ?
Ici j’étais couché, là il y a eu quelqu’un d’autre.
Dans ce petit lit, nous avons tenu tous deux, nous avons reposé tous deux :
les formes imprimées par nos deux corps sont encore là.
L’empreinte que je vois n’est pas celle de mon pied :
un pied plus petit que mon pied est dessiné là.
Ici elle a posé sa tête, là la main droite, là la gauche,
ici elle s’est penchée en avant, appuyée sur les deux genoux.
Les gouttes de nos récents travaux ont taché ici et là les draps :
le matelas est sali là où il a séché.
Pourquoi suis-je accablé de fatigue, pourquoi mes reins affaiblis sont-ils rompus ?
Pourquoi donc une langueur paresseuse occupe-t-elle le reste de mon corps ?
Et elle, si lubrique, dont jamais un âne n’a pu vaincre les exploits,
voici qu’elle gît inerte ma queue, après avoir rempli sa tâche.
À nouveau le sommeil m’appelle : il a coutume de nous appeler
quand les doux travaux de Vénus nous ont fatigués.
Junon apprit souvent que son mari avait baisé
parce qu’il était endormi d’un sommeil lourd et profond.
De même encore le Lemnien, interrompant leur sommeil,
comprit que Vénus avait couché avec le dieu armé.
Oui, il y a mille signes par lesquels la jouissance
gardée secrète se trahit : elle ne peut cacher ses plaisirs furtifs.
Qu’il me soit permis de dire la vérité : on aime à raconter ce qu’on a fait :
comme on a plaisir à faire, on a plaisir à dire...

Pacifico Massini



Ad somnum

Omne (precor) repetas nostrum sic saepe cubilem
Somnia sic iterum uel meliora refer.
Somnia felicem fecere et somnia laetum.
Vanaque qui dicit somnia : uanus erit.
Vera quidem mea sunt. Nec me deceperat error.
Quod caret effectu : dixeris esse nihil.
Vera fuit facies. Nec falsa fefellit imago.
Mille dedi amplexus basia mille dedi.
Saepe ego compressi rursusque iterumque puellam
Et mihi quo uolui se dedit illa modo.
Vnde repet lectus ? calet hac quod parte cubile ?
Hic iacui. Alterius pars fuit illa thori.
Lectulus hic ambos tenuit. Requeuimus ambo.
Pressa sub amborum corpore signa manent.
Quae uideo non sunt nostrae uestigia plantae.
Est pede caelatus pes minor iste meo.
Hic caput apposuit. Dextra haec manus : illa sinistra
Hic utroque fuit nixa recurua genu.
Linteaque officii uariauit gutta recentis.
Sordida siccato culcitra facta loco est.
Quid iaceo fessus ? latus hoc quod debile rupit ?
Membraque quod lentus caetera langor habet ?
Illa falax : quondam quam nullus uicit asellus :
En iacet officio mentula functa suo.
Meque citat rursus sonus. Sole tille citare :
Cum ueneris gratum debilitauit opus.
Iuno saepe suum nouit futuisse maritum :
Cum grauis illius somnus et altus erat.
Sic etiam uenerem somno cognouit aborto
Lemnius armato succubuisse deo.
Mille quidem sunt signa quibus comissa libido
Inconfessa patet nec bene futta tegit.
Vera loqui liceat ; iuueat hoc narrare quod acrum est.
Vt fecisse iuuat : sic iuuat acta loqui.

Onirocritiques




Quelqu’un songea qu’il buvait de la moutarde si claire et si bien broyée qu’elle était buvable : il advint qu’on lui brassait une accusation de crime, à savoir d’homicide, dont il fut si bien chargé et atteint, qu’il en reçut sentence de mort, et fut exécuté par la justice. Un autre songea que l’eau du Xanthe qui est près de Troie la grande, était toute transmuée en sang, un songe certes épouvantable et merveilleux : qu’en advint-il donc? Il perdit du sang à diverses reprises durant dix ans, et n’en mourut pas, comme on s’y serait attendu, parce que les grandes rivières et de renom ne tarissent pas, mais tirent toujours leur cours immortel.

Un homme songea que son matelas était plein de blé au lieu de plume. Il avait une femme qui jamais n’avait pas fait d’enfants, et cette année-là elle fut enceinte et lui fit un fils.

Un autre songea qu’il allumait sa chandelle à la Lune, et il devint aveugle, car il songea chose impossible. En outre, la Lune n’a point de lumière par elle-même.

Une femme songea qu’elle voyait dans la Lune de tristes images ou ressemblances d’elle-même, et elle enfanta des triplettes, qui au bout du mois moururent : car la Lune n’a qu’un mois de vie.

Un homme songea qu’il voyait son image ou représentation dans la Lune, et il fit des voyages lointains, vagabondant de ci delà longtemps : car le continuel changement de la Lune lui signifiait que souvent il changerait de lieu et d’habitation.

Un personnage songea qu’il avait son membre viril en fer massif, et il eut peu après un fils, par lequel il fut occis, car le fer par sa propre rouille se consume.

Un homme songea qu’un olivier lui sortait de la tête, et il suivit l’étude de philosophie, avec grand courage, et y acquit science et honneur durable, car c’est un arbre toujours vert et solide, et de toute antiquité dédié à la déesse Minerve, réputée déesse de sagesse.

Un maître songea qu’un serviteur qu’il aimait plus tous les autres était transmué en une torche ou flambeau, et il perdit la vue, et fut mené et conduit par ledit serviteur.

Un serviteur songea qu’il voyait tomber du ciel une étoile, et qu’il en sortait une autre de la terre, et qui montait au Ciel. Son maître trépassa et le fils de son maître monta au lieu du père.

Un frère ayant sa sœur bien riche et malade, songea que devant la porte de la maison de celle-ci avait grandi un figuier, dont il cueillit sept figues noires et les mangea : sa sœur trépassa au bout de sept jours, et il fut son héritier.

Un homme songea qu’il dévêtait sa peau et se renouvelait comme un serpent, et le lendemain il mourut, car l’âme qui devait en peu de temps laisser le corps lui représentait telle vision en songe.

Un autre songea que son père retirait sa sœur mariée d’avec son mari, et la donnait en mariage à un autre. Il advint qu’il mourut tôt après : car le père représentait Dieu le Créateur et père céleste de nos âmes : cette sœur représentait l’âme de celui qui songeait, laquelle sœur étant séparée d’avec son époux et donnée à un autre, voulait dire qu’elle serait séparée de son corps, et vivrait et converserait ailleurs : comme quoi les âmes de ceux qui meurent ne font que changer de lieu.

Un homme songea qu’il était gros d’enfant, et qu’il enfantait deux filles noires, et il perdit les deux yeux, ou la vue : car les deux paupières qui couvraient les yeux lui tombèrent.

Un fils étant loin de son pays, songea que sa propre mère l’enfantait derechef, il retourna en son pays, trouva sa mère malade, et fut son héritier par mort, et ce songe voulait lui dire et signifier que par sa mère, de pauvreté il viendrait à richesse.

Un homme songea qu’il mangeait son pain trempé dans du miel, et il appliqua son esprit aux sciences et philosophie, et acquit sagesse, honneurs et biens : le miel donc par ce songe lui signifiait la douceur de la sagesse et le pain opulence.

Un autre songea que de son estomac lui sortaient des épis de blé, et que quelqu’un survint qui les lui arracha, il avait deux fils qui tôt après lui moururent.


Artémidore

domingo, 10 de octubre de 2010

Lord Patchogue



Quand la fatigue aura gagné Lord Patchogue dans son poste d’observation, avec la certitude de ne découvrir rien qu’une confirmation, il se retourne ; un miroir est derrière lui et c’est encore Lord Patchogue qui se regarde. Chacun dit à l’autre, dans un effroi qui s’augmente à se contempler : « Je suis un homme qui cherche à ne pas mourir » — et pour la seconde fois, Lord Patchogue s’élance à travers la glace. Fracas, éclats de verre. Lord Patchogue est debout en face d’un nouveau miroir, en face de Lord Patchogue. Au front, la coupure saigne à nouveau. Lord Patchogue répète : « Je suis un homme qui cherche à ne pas mourir », et quand il traverse le troisième miroir, au milieu d’un bruit maintenant familier, il sait qu’il rencontrera Lord Patchogue dont le front saignera davantage dans le quatrième miroir qui lui dira : « Je suis un homme qui cherche à ne pas mourir ». Il le sait maintenant, il ne pourra que casser du verre ; l’œil qui regarde l’œil qui regarde l’œil qui regarde... L’homme qui cherche à ne pas mourir est lancé ; il marche automatiquement, sans curiosité, sans « affectation » parce qu’il ne peut pas faire autrement ; à chaque pas, un nouveau miroir vole en éclats ; il marche environné de ce fracas qui est douceur à l’oreille du condamné. À chaque miroir, il scande : « ... l’œil — qui regarde l’œil — qui regarde l’œil — qui reg... » Lord Patchogue s’est arrêté. Le plancher n’est qu’un miroir en morceaux, c’est-à-dire murs et plafond. Joli paysage : murs et plafond se logent comme ils peuvent dans les débris de glace.

Le plan de Lord Patchogue est fait. Tant pis pour le premier qui se présentera. Attente. Enfin un bruit de pas qui s’approchent du chasseur en cage. Il y a quelqu’un dans la chambre, quelqu’un qui reste éloigné du miroir. Tout de même l’appel du miroir serait-il en vain ? Non, le voici qui s’avance... Malheur, c’est une femme !

— C’est de la triche ! Va-t’en, sucrée ! Au suivant !

Elle se mire, professionnelle. Désemparé, passif, Lord Patchogue lui renvoie ce qu’elle demande. Quel amour, quels amants, quels quels... La jeune fille a de la complaisance. La voici qui passe ses mains sur ses seins. Lord Patchogue, docilement, accompagne ses gestes. Il ne lui faut pas moins que le contact sous ses doigts de deux jeunes globes étrangers pour le rappeler à lui-même. Par-dessous sa chemise, ses doigts restent attachés avec précaution à une gorge de femme. Comme elle respire, il la sent se gonfler, il apprend sa tiédeur. Pour ajuster son bas, elle découvre une jambe avec cette espèce de précision anonyme que donne la certitude d’être à l’abri de toute surveillance. Lord Patchogue, obéissant aux vœux inexprimés, lui accorde une jambe d’amour. La transformation s’arrête-t-elle au buste, ou bien... Une inquiétude burlesque saisit Lord Patchogue, si impérieuse est la superstition de la virilité, qu’au lieu d’espérer l’acquisition d’un nouveau sexe, Lord Patchogue, d’un geste hâtif mais exemplaire, s’assure qu’il n’a pas cessé d’être un homme. Comme il s’apprête à respirer, un cri en face de lui... Car, hélas, la jeune fille, à son tour passive, pouvait-elle faire moins que reproduire le geste de Lord Patchogue. Et quelle découverte ! Des attributs que seul le mariage devait lui dénoncer. Elle a beau s’enfuir, la malheureuse, vers quels rêves...

J. RIGAUT

sábado, 9 de octubre de 2010

DREADFUL ACCOUNT OF CANNIBALISM

On July the 6th, 1824, Alexander Pierce, for his depraved and wicked conduct, was found guilty, before a Bench of Magistrates held at the Court-house in Hobart Town, and transported to the penal settlement of Maoquarie Harbour.

An important advantage which attends the establishment at Macquarie Harbour, as a place of secondary transportation, is the certainty that the persons sent thither cannot, with any possibility, escape by land, so completely shut in is it by the surrounding rugged, closely wooded, and altogether impracticable country. Notwithstanding those difficulties, in November, Alexander Pierce, and several miseuided men, eight in number, attempted to escape ; but two returned (named Brown and Dalton,) to the settlement after an absence of sixteen days, and an inefiectual effort to pass the mountains, so far exhausted for want of food, that they died in the hospital a few days after. These men stated, that previous to their leaving the others, a man named Cornelius, had been killed to afford sustenance to the rest. It has turned out, that Alexander Herce was the only survivor that reached the Eastern settlements, and gave out that his unfortunate companions had died, and that some were drowned in crossing the stream. He was punished, and again sent to the penal settlement, from whence he attempted a second escape with Thomas Cox, whom he murdered. Upoa being apprehended, he acknowled he had subsisted, during his first departure and absence, upon the remainmg unfortunate men before alluded to, and which dreadful circumstance is more fully explained in the following confession made by him in the gaol, to Mr. Birder, the Keeper, the evening before his execution.

« I was born in the County of Fermanagh, in the North of Ireland. In the 26th year of my age, I was convicted of stealing six pair of shoes, and received sentence to be transported foe seven years ; I arrived in Van Dieman*s Land, on board the ship Castle Forbes, from Sidney ; was assigned as a servant to John Bellinger, with whom I remained about nine months ; was then from misconduct, returned to the Government Superintendent A few months after, I was assigned to a man named Cane, a constable, and staid with him only sixteen weeks, when an occasion obliged him to take me before the Magistrates, who ordered that I should receive fifty lashes, in the
usual way, and again be returned to Crown labour. Afterwards I was placed to serve a Mr. Scmttergood, of New Norfolk, from whom I absconded into the woods, and joined Langton, Saunders, Latten, and Atkinson, who were then at large ; staid with them three months, and surrendered myself by a proclamation, issued by the Lieut. Governor ; and was pardoned. Shortly afterwards I forged several orders, upon which I obtained property. On hearing the fraud was discovered, I was again induced to take to the woods. But, after three or four months, I was taken by a party of the 48th regiment, brought to Hobart Town, tried for the forgenes, found guilty, and sent to the penal settlement at Macquarie Harbour for the remainder of my sentence.
1 was not there more than a month, before I made my escape with seven others,
namely, Dalton, Traverse, Badman, Mathews, Greenhill, Brown, and Cornelius. We kept together for ten days, during which time we had no food but our kangaroo skackets, which we ate, being nearly exhausted with hunger and fatigue. On the eleventh night, we began to consult what was best to be done for our preservation, and made up our minds to a dreadful result.

*' In the morning we missed three of our companions, Dalton, Cornelius, and Brown, whom we concluded had left us with the intention of going back if possible. We then drew cuts which of us five should die ; it ^11 to Badman's lot ; I went with one of the others to collect dry wood, to make a fire, during which time Traverse had succeeded in killing Badman, and had begun to cut him up. We dressed part of the flesh immediately, and continued to use it as long as it lasted. We then drew cuts again, and it fell to the fate of Mathews ; Traverse and Greenhill killed him with an axe, cut the flesh from his bones, carried it on, and lived upon it as long as it lasted.

By the time it was all eat, Traverse through fatigue fell lame in his knee, so much so that he could not proceed ; Greenhill proposed that I should kill him, which I agreed to. We then made the best of our way, carrying the flesh of Traverse between us, in the hope of reaching the Eastern settlements while it lasted. We did not, however, succeed, and I perceived Greenhill always carried the axe, and thought he watched an opportunity to kill me. I was always on my guard, and succeeded, when he fell asleep, to get the axe, with which I immemately despatched him, made a meal, and carried the remaining flesh with me to feed upon. To my great disappointment, I was afterwards many days without food, and subsisted solely upon grass and nettle-tops, which I boiled in a tin pot that I brought with me from the settlement. At length I fell in with some natives' huts, which, from appearance, the inmates
had just lefy where I collected some entrails and bits of kangaroo, wich afforded me a meal. Two days afterward, when nearly exhausted, I came in sight of a hut, which proved to be McGuire's.

I staid there a fortnight, and made up my mind to surrender myself to Captain Wood, a magistrate on the river Clyde, but on ray way thither I met Davis and Churton, who were then desperadoes, and living at the Shannon hut They wished me to join there, to which I agreed, ki a few weeks we were dl taken near Jericho by a party of the 48th regiment, and brought into Hobart Town Gaol: Churton and Davis were tried, found suiltyof capital ofiences and suffered death. It was my fate to be returned to the penal settlement. I again made my escape with Thomas Cox whe eageriy pressed my departure. I had irons on at the time ; when we had proceeded some distance, Cox knocked them o& with an axe he had brougbt with him, and we made the best of our way through a thick scrub, winch was very wet At night we tried to make a fire, but could not. We traveled several days without food, except the tops of trees and shrubs, until we came to King^s River : I asked Cox if he could swim : he replied he could not ; I remarked that had I been aware of it he should not have been my oom-
panion ; we were enabled to make a fire ; the arrangement for crosswg the fiver created words, and 1 killed Cox with the axe ; I ate part of kin that night, and cut the greatest part of his flesh up, in order to take on with ne. I swam the river with the intention of keeping the coast round to Port Dalrymple, my heart failed me, and I resolved to return and give myself up to the Commandant. I threw most of the flesh away, but one piece, which I carried in my pocket to shew the Commandant that Cox was dead. I confessed that I killed him, and accompanied a party in a boat to brine up his remains, which was done. I was then sent up to Hobart Town, connued in
the prison to take my trial in the Criminal Court ; the result is now universally known here.— Gaol, 20th June, 1824."

jueves, 7 de octubre de 2010

Mal Mariez

MAL-MARIEZ (Confrairie des). Société imaginaire due à
l'imagination facétieuse d'un de ces nombreux écrivains qui au
dix-septième siècle, prirent les soucis de la vie conjugale pour
but de leurs railleries. L'édition originale de cet opuscule est
très-rare; nous l'avons inutilement cherchée sur les catalogues
les plus riches en ce genre, notamment sur celui du duc de la
Vallière (1784, 3 vol. in-8), et nous n'en trouvons aucune indi-
cation dans la curieuse Bibliographie (spéciale) des ouvrages
relatifs à l`amour, aux femmes et au mariage, 2^ édition,
Paris, J. Gay, i864_, in-8. Le texte que nous reproduisons nous
est fourni par une copie manuscrite faisant partie de la biblio-
thèque formée par M. Leber (n° 261 5 du catalogue imprimé) et
acquise par la ville de Rouen.

La Confrairie des Mal-Mariés, ou Martyrs, assemblés rue
Tournecul. — La Confrairie des Martyrs. — Aduertissement
aux confrères et sœurs de la haute et basse, pauure et riche,
vieille et nouuelle, et noble et roturière Confrairie des Mar-
tyrs, martyrisez par leurs honnestes,indiscrettes et maladuisées
femmes nouvellement instalées au chasteau (sic) de Bissestre, à
présent appelle Malencontre.

Mes tres-chers confrères, vous n'estes pas ignorans que dez
long-temps il y a une Confrairie des Martyrs érigée ie ne sçay
où, instituée par ie ne sçay qui, et de laquelle on parle ie ne
sçay comment. Mais l'ayant meurement considérée en toutes
ses dépendances; après auoir este prié de plusieurs, et spéciale-
ment de ceux de la rue des mauuaises paroles, et de la rue tour-
neculj i'ay délibéré sur leur instante prière et pour la commo-
dité de nous tous, de designer un lieu asseuré où l'assemblée se
trouuera, s'il leur plaist pour y faire eslection des Maistres et
Gouuerneurs de la Confrairie, et pour délibérer des choses qui
y sont requises et nécessaires : et pour ce, il est enioint de par
Thibault le Persécuté, General des Affligez, à tous qu'il appar-
tiendraj de ne se présenter pour se faire enrooler, qui ne soient
chargez de persécutions et d'opprobres, principalement de fleures
quartaines, malebosses, voleurs et yvrognes et toutes autres in-
iures et supplices, pratiquez par les exécuteurs à l'endroit des-
dits Martyrs, et prendre garde que Martin baston n'y ait passé:
car il seroit du tout indigne de conuerser aucc lesdits martyrs.
Comme aussi ceux qui se présenteront deuant Monsieur le
Doyen et Messieurs les Gouuerneurs pour estre examinez leur
est enioint d'apporter le certificat de leur martyre ou mariage
dont la teneur s'ensuit.

Nous soussignés N. certifions que N. a esté accordé à Saint-
Près, fiancé à Saint Innocent, marié à Saint Merry , les
nopces faites à la Grimace, le souper à la valée de Misère, et
de là coucher à la rue de la Tannerie, et le lendemain s'en
alla {comme son devoir estoit) aux Martyrs, et sa femme aux
filles repenties, et à leur retour en leur maison, site en la rue
d'Amour sans souci, à présent appelée rue des Afflictions, et
paroisse de songe: auparauant se sont présente^ chacun
un bouquet, l'un fait de soucy, et Vautre de diuerses pensées,
et pour les conseruer les ont mis rafraischir dans une phiole
d'amertume remplie de larmes tombées du fin fond de leur en-
tendement.

Et vous tous à qui le semblable arriue plus souvent que tous
les iours, posez pour baze de votre espérance ce petit prouerbe
tant usité, patientia vincit omnia, la patience surmonte toutes
choses en nostre endroit. C'est la reine des vertus, aussi sera
(t) elle à la face de nostre Labaron ou enseigne auec la souffrance
qui sera au reuers, et nous fera sa harangue (malheur à nous)
qui ne vous est que par trop connue, usque ad finem patieris :
tu endureras iusques à la fin. Sus donc^ mes chers frèreS pre-
nons courage qu'un chacun garnisse sa bourse au desceu de son
persécuteur, afin qu'après que nous nous serons deuëment ac-
quitez de nos charges et deuoirs à l'endroit de la Confrairie
nous nous transportions au lieu nommé la Consolation, seis en
la rue d'Allégresse, à la joie nompareille^ pour là nous consoler
les uns les autres et nous conter nos fortunes, chacun scait les
siennes; et aussi, si quelqu'un auoit usé de quelques paroles
des-honnestes à l'endroit de son persécuteur, il en laue sa
bouche auparauant que de se mettre à table, où sera préparé le
festin somptueux et magnifique, garni de (ie ne vous dis rien)
toutes sortes de mets, apportez du royaume sans nom.

Statuts de la Confrairie. — Item sera fait eslection de deux
maistres les plus souffreteux et persécutés qui se puissent trou-
ver entre les confrères, et seront tenus establir des commis en
diuers endroits pour la commodité de ceux qui voudront se faire
enrooler.

Premièrement, en la rue qu'on appelle, va te coucher sans
souper.

Secondement, en la rue, ie suis maistre quand ie suis seul.

Troisiesmement en la rue, souuent faut que ie me taise.

Quatriesmement, en la rue doublée de reuesche.

Cinquiesmement pour les sœurs, en la rue pauée d'andouilles
sans cuire.

Sixiesmement, en la rue donnez leur du bon dans la mitaine.

Septiesmement, et nous ne receurons aucuns confrères si leur
chappeau ne tourne.

Huictiesmement, et ne receurons aucune sœur, si elle ne sait
dire, merci Dieu, les mains sur les roignons.

Neufiesmement, est fait deffenses à tous ceux et celles qui sont
tels, comme cy dessus a esté dit_, de s'y présenter, à peine d'en-
courir un affront signalé en présence de toute l'assemblée. Fait
ce iour de ma grande affliction, au mois de mon martyre, l'année
prens y garde si tu veux.

Tres-chers frères et sœurs, vous serez aduertis de vous trouuer
audit lieu des Martyrs, au matin, pour y receuoir vostre distri-
bution et vos bouquets à l'accoustumée, le lendemain des festes
de Pasques.

miércoles, 6 de octubre de 2010

domingo, 3 de octubre de 2010

Sodome 1735



Lorsque les deux Anges blondins
Aux sodomites apparurent,
Deux de ces maudits citadins
Aussitôt après eux coururent.
Les Anges eurent beau voler,
Les autres pour les enculer,
Si fort à leurs dos se lièrent,
Qu`emportez au ciel tout brandis,
En déchargeant ils s`écrièrent,
Ah! nous sommes en Paradis!



Anonyme 1735, plagié par M. Ferrand et Voltaire

sábado, 2 de octubre de 2010

La ventriloque



La ventriloque

O! Me faire sucer par une ventriloque
Et tandis qu`elle aurait ma pine entre les dents,
Entendre de son corps sortir en soliloque
Une chanson d`amour en distiques ardents;
Et tandis que sa langue humerait mon prépuce,
Que ses lèvres agiraient sur mon gland avec art,
Entendre tout à coup retentir l`hymne russe
Et croire que je suis, pour un instant, le tzar!

Combien il serait doux pour une âme francaise,
Au lieu de se pâmer dans un coït banal,
D`entendre un estomac chanter la Marseillaise
Et de jouir aux sons du chant national!
Ainsi les raffinés, dans Rome et dans Athènes,
Plus délicats que nous dans leurs amusements,
Tiraient leur coup au son de musiques lointaines
Et scandaient leur rythme au son des instruments.

Trop pauvre pour me payer un orchestre de tziganes,
Ou même pour m`offrir un simple accordéon
Je cherche obstinément parmi les courtisanes
Celles dont l`estomac renferme un orphéon,
Mais je n`ai pu trouver, dans ce monde équivoque,
Que des brutes faisant l`amour bourgeoisement,
Et n`ai pu rencontrer la ventriloque
Qui saurait me sucer harmonieusement.

Aussi, pour assouvir le désir qui m`affole,
Pour me donner au moins quelque illusion,
Au risque t`attraper une bonne vérole
Ou d`en sortir couvert d`un tas de morpions,
Depuis le jour de l`an jusqu`à la Saint Sylvestre,
Obstinément, je cours les spectacles forains
Où, triomphalement, j`encule l`homme-orchestre
En scandant la mesure avec de grands coups de reins

Anonyme, c. 1895

viernes, 1 de octubre de 2010

Nuclear SI


Nuclear si
Por supuesto
Nuclear si
Como no!

Yo quiero bañarme en mares de radio

Con nubes de estroncio cobalto y plutonio
Yo quiero tener envolturas de plomo
Y niños deformes montando en sus motos
Desiertas ruinas con bellas piscinas
Mujeres resecas con voz de vampiras

Mutantes hambrientos buscando en las calles
Cadaveres frescos que calmen su hambre

Nuclear si
Por supuesto
Nuclear si
Como no!

Colinas ardientes de sol abrasadas
Y bosques de luces de pieles quemadas
Serpientes monstruosas devorando casas
Y enormes desiertos cubiertos de brasas
Volcanes rugientes escupiendo lava
Y zonas calientes del todo arrasadas
Cavernas ocultas en playas profundas

Y valles cubiertos de flores aladas.

Nuclear si
Por supuesto
Nuclear si
Como no!


Aviador DRO


Para disfrutar integramente este cantico ballardiano-apocaliptico
http://www.youtube.com/watch?v=k8gWqHeGMG0

jueves, 30 de septiembre de 2010

La mouche au bain




La mouche au bain

L`homme dans sa baignoire a l`air de somnoler.
Un polard magnifique émerge de l`eau tiède
Et sur le champignon qu`exhausse un cippe raide
Le méat souriant rêve d`éjaculer.

Il est las, à la fin, de foutre et d`enculer,
De se faire écrémer le canal de l`urètre,
De rapprocher l`amas des tétons qu`il pénètre
De s`ériger toujours pour se mieux affaler...

Sur le mur une mouche énorme se promène.
L`homme l`attrape au vol, ampute l`animal
D`une aile, et sur l`îlot virant la pose à peine.

La bestiole affolée explore son domaine
En tous ses sens -et plongeant parfois dans le canal-
En mille tours s`agrippe, saute et se démène,

Jusqu`à ce qu`au plafond l`envoie un jet final

Anonyme 1931

martes, 28 de septiembre de 2010

Je ne m`aime pas



Mon nom : Marcel. Je ne m’aime pas. Une fusée filait
en l’air pour devenir « une belle bleue », puis rien : c’est
moi. Fusée ratée, ma tâche dans la vie se résume à additionner
des chiffres. Entendons-nous. Je les additionne
d’une certaine manière : par colonnes, d’abord de haut en
bas, ensuite de gauche à droite, avec cette obligation que
mon total soit le même dans les deux sens. Sinon, je
recommence.

Ce n’est déjà pas si facile. Ainsi pour mon âge, si j’en
fais le compte de haut en bas, je veux dire comme tout le
monde, j’arrive à vingt-cinq ans. Mais si je pense à
certains faits, me voici à cinquante. Du moins, j’estime en
arriver à cinquante et alors c’est tout comme.
Vingt-cinq ou cinquante, je suis à l’hôpital, dans un de
ces isoloirs que l’on a l’obligeance d’appeler : un chalet.
Dire qu’à l’école, je ne comprenais pas ce que c’était
qu’un euphémisme ! Il y a peu d’heures, je gonflais mes
muscles pour détendre certains liens qui me sanglaient de
partout. Une camisole de force, oui. On m’en a débarrassé.
Elle attend sur une chaise, prête car on ne sait
jamais. Mon voisin de chalet est là aussi, oh ! par amitié
je n’en doute pas, mais également, si je m’en rapporte à
certains regards, parce qu’on ne sait jamais.

C’est lui qui m’a passé des cahiers, un crayon :
– Écris, Marcel. Cela te soulagera. Tu verras clair en toi.

Écrire ! Écrire quoi ? Parmi d’autres choses, j’en
abhorre deux : les clins d’oeil et, je m’en expliquerai bientôt,
certain mot. Ce mot, je vais l’écrire tout de suite :
NIAISERIE. Il m’est arrivé de décider un acte, mais un de
ces actes que l’on considère comme essentiels, et de le
voir tomber en morceaux, uniquement parce qu’ayant
ouvert un livre, NIAISERIE me sautait aux yeux, comme un
jugement et un sarcasme. Ce mot d’ailleurs m’obsède. Je
le vois imprimé, en lettres de plaques de rue, à tous les
coins de ma vie. Rien de fort, rien de grand, jamais la
belle bleue ! Raconter cela ?… Il est vrai qu’en se plaçant
à certains points de vue…

Alors écrire, soit. Mais pour qui ? Pas pour mes amis.
Je n’en ai plus, je n’en veux plus. Pour mes parents ? Je suis
bourré de secrets que je confierais à n’importe qui, sauf
précisément à mes parents. Pour les médecins ? Hum ! À
force d’en voir, ces Messieurs savent une fois pour toutes
ce qu’est la vérité : qu’elle est un bras, une glande, un
ulcère et pour le reste une bulle en l’air vers laquelle
chacun souffle une autre bulle. Écrire pour eux ! Je
deviendrais un cas.

Alors, si tout simplement j’écrivais pour n’importe
qui ? Ou pour moi. Comme en promenade quand on a
perdu sa canne, revenir en arrière, fouiller les buissons et,
de niaiseries en niaiseries, refaire ses pas, chercher.
Finissons-en d’abord avec la question qui m’a conduit
ici. Je ne suis pas fou. Les vrais fous qui sont ici, ragent et
se démènent en hurlant : « Je ne suis pas fou ! Je ne suis
pas fou ! » Moi, je le dis, je l’écris avec calme. Cette
phrase, si je ne me retenais, je l’écrirais mille fois, sur mes
murs, dans mes cahiers, et jusqu’à la dernière, ma main
resterait calme. Ce serait à tenter. Bien entendu, il y a
certaines choses. On n’a pas eu tort de m’envoyer ici.
Maman y a passé. Elle s’en est tirée. Pourquoi ne m’en
tirerais-je pas ?

Je me souviens d’un film. Dans la caverne du nain, le
jeune Siegfried s’est forgé une épée. Il la trouve belle, la
tend devant lui, jette en l’air une plume, la reçoit sur le
tranchant, et la plume continue de tomber, coupée tout
bonnement en deux. J’ai réfléchi à cette plume. Certains
esprits n’ont pas de fil. L’idée tombe dessus et s’accroche
bêtement, flocon de neige sur une branche. Sur d’autres,
l’idée se divise. Une idée tombait, en voici deux. Papa me
le reprochait à sa façon :

– Tu coupes les cheveux en quatre.

Plumes en deux, cheveux en quatre, on pense double,
on souffre en plus fin, même pour des niaiseries. Mais
est-on fou ?


André Baillon

ps à lire de préférence en écoutant un bon cru de la coldwave tel que
fall of saigon

lunes, 27 de septiembre de 2010

Ode à l`aimée



Madame, vous aviez le cul bougrement sale,
Ce matin d'avril plein de fleurs

Je fus pris au gosier d'une odeur colossale
De foutre et de grelots en pleurs

Sur votre ventre épais, aux bourrelets énormes,
Les poils frisaient, poudrés à blanc,

Et sur votre sternum, deux mamelles informes,
Hideuses, pendaient en tremblant

Les lèvres du vagin sortaient noires, lippues,
Pleines d'un fromage puant,

Et c'est en cet endroit de vos cuisses trapues
Que j'ai mis mon sperme gluant

C'est là que j'ai jeté l'éternelle semence,
Le germe divin et sacré

Je fus pris ce jour-là d'une étrange démence,
Et par votre odeur attiré.

Vous sentiez si mauvais Vous sentiez la charogne,
La pourriture et le fumier

Et dans cet antre impur j'osai mettre ma trogne,
Sans crainte d'être le premier

Je vous bouffai le cul ô délices impures!
0 mes rêves réalisés

Je couvris votre ventre et toutes vos ordures
De mes plus sonores baisers

Je me vautrai longtemps dans toute cette fange
Cela puait C'était si doux

Et quand je m'éveillai de cette ivresse étrange,
J'étais encore à vos genoux

Et j'y restai longtemps, et j'y serais encore,
Si vous ne m'aviez pas chassé.

J'avais ainsi joui jusqu'à la blonde aurore,

Repu, mais non encore lassé.

Et quand les fleurs d'Avril, entr'ouvrant leurs corolles,
Versaient d'Ineffables senteurs,

Vous vous élargissiez, et vos deux fesses molles
Nous prodiguaient leurs puanteurs.

Et comme au nid soyeux naît la chanson divine,
Avec la nouvelle saison,

De même en votre cul les chancres, la vermine,
Grouillaient en pleine floraison.



Pièce inédite
Anthologie hospitalière et latinesque : recueil de chansons de salle de garde anciennes et nouvelles, entre-lardées de chansons du Quartier latin.

lunes, 20 de septiembre de 2010

GRATTE-CULS




GRATTE-CULS

Gratte-Culs, Gratte-Culs, enfants de l'églantine,
Vous êtes délaissés dans votre lit désert ;
Vous êtes délaissés comme une noire épine,
Gratte-Culs, Gratte-Culs, sous votre bonnet vert.

Dis, quand tu fleurissais, ô ma blonde églantine,
Pensais-tu quelquefois à tes rouges enfants ?
Pensais-tu, pensais-tu, que sous ta noire épine,
Des Gratte-Culs viendraient poser leurs cous gluants ?

Gratte-Culs, Gratte-Culs, à la lèvre rougie,
Gratte-Culs, qui songez dans un rêve éternel,
Vous n'éprouvez jamais les chagrins de la vie,
Vous ne connaissez point l'amertume du sel.

Vous n'avez jamais vu, Gratte-Culs, la tristesse
Du pauvre qui n'a rien sous le bleu firmament ;
Vous êtes tous joyeux, sous la froide caresse,
Sous le drôle baiser que vous donne le vent.

Je voudrais, Gratte-Culs, pouvoir changer de vie,
Je voudrais, près de vous, me balancer, ainsi
Que se balance, en l'air, une pomme pourrie :
Je voudrais, près de vous, me divertir aussi.

En un mot, je voudrais, ô ma blonde églantine,
Être d'un Gratte-Cul le bec levé dans l'air ;
Si j'étais Gratte-Cul j'épouserais l'épine,
Et je me piquerais sur le poil de sa chair.

Si j'étais Gratte-Cul, je ferais bon ménage,
Mon épine serait le joyau de mon coeur;
Si j'étais Gratte-Cul, je tournerais la page,
Sans détourner les yeux du livre du bonheur.

Si j'étais Gratte-Cul, ma maîtresse chérie,
Si j'étais Gratte-Cul, quel bonheur pour tous deux
Tu serais Gratte-Cul, ô ma petite amie,
Gratte-Cul, Gratte-Cul, que nous serions joyeux!


Dorabel