domingo, 28 de octubre de 2018

Les punitions des chinois





4. Un criminel recevant la bastonnade

Il est couché la face contre terre, et tenu dans cette position par un, ou, s'il est nécessaire, par plusieurs des officiers de justice, à genoux sur son dos, tandis qu'un autre lui applique le pan-tsee, ou la bastonnade, sur le derrière.

Le pan-tsee est un morceau épais de bambou fendu, dont la partie inférieure est d'environ quatre pouces de large, et la partie supérieure mince et unie, pour rendre l'instrument plus maniable. Les mandarins de justice ont ordinairement à leur suite quelques personnes, qui les accompagnent avec les pan-tsees, toutes les fois qu'ils voyagent, ou qu'ils vont en public, et qui sont prêts, au signal de leur maître, d'exercer leur office de la manière rapportée. Après cette cérémonie, il est d'usage que le délinquant remercie le mandarin du bon soin qu'il a pris de son éducation.



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5. Manière de tordre les oreilles d'un homme

Le coupable est tenu par deux hommes au service d'un tribunal, qui ont une manière particulière de le faire souffrir, en lui tordant les cartilages des oreilles.



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6. Punition de la secousse, ou brandilloire

Cet homme est suspendu, par les épaules et les chevilles des pieds, dans une position très douloureuse. Par intervalles, deux officiers, qui l'assistent, apportent quelque peu de soulagement à ses souffrances, en le soutenant avec un bambou passé sous sa poitrine. Un crayon, de l'encre, et du papier, sont prêts, pour tenir note de ce qu'il peut dire. Cette punition, avec la précédente, est principalement infligée aux marchands, qui ont été pris commettant des fraudes, des supercheries, ou tout autre tour insoutenable de commerce.






10. Manière de mettre les doigts à la torture

Ce tourment s'exécute en mettant des petites pièces de bois entre les doigts, et en les serrant fortement ensemble, avec des cordes. Cette punition est fréquemment infligée aux femmes de mauvaise vie.

Il n'y a pas de peuple existant, qui observe, d'une manière aussi sacrée, les lois de la décence, que les Chinois. Accoutumés à conserver l'apparence constante de la modestie, et à s'observer eux-mêmes, rien n'est plus rare parmi eux, que les exemples pernicieux du vice, qui ne rougit pas. Et si l'on en croit la vielle maxime, que le manque de décence dans les actions, ou dans les paroles, annonce un défaut d'intellect, les Chinois montrent certainement plus de sentiment, que quelques autres nations, qui affectent de les surpasser en éducation, et en raffinement : en général, la manière du peuple, de toute condition en Chine, est de porter un habit aussi modeste que leur personne. Ils ne trouvent aucun plaisir à donner à leur propre langage un sens impur ; ce n'est que parmi la lie du peuple, que l'on entend des phrases grossières, et offensantes, et toujours au risque d'une correction judiciaire, immédiate et sévère.


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11. Manière de brûler les yeux des hommes, avec la chaux

On met une petite quantité de chaux vive sur des pièces de toile de coton, et on les applique sur les organes de la vue.



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Les punitions des Chinois. Texte de George Henry Mason. Gravures de J. Dadley. G. Miller, Londres, 1801. 12. Un malfaiteur enchaîné à une barre de fer.

12. Un malfaiteur enchaîné à une barre de fer

On lui passe au cou un très large collier de fer, qui s'étend jusqu'à ses épaules : ses cuisses sont chargées de chaînes de fer, et de ces chaînes, aussi bien que du collier, quelques chaînes s'étendent jusqu'à la barre, qui est environ d'une demi-verge plus haute que sa tête. Les chaînons, qui glissent sur la barre, obéissent aux mouvements que fait le prisonnier. Le petit morceau de planche, qui est attaché aux chaînes, lui sert de siège. Du haut de la barre pend une petite planche, sur laquelle sont écrits le nom et le crime du malfaiteur.



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13. La punition du collier de bois

On regarde cette punition comme très déshonorante. Le collier est formé de pesantes pièces de bois, unies ensemble, ayant au centre un trou de la grosseur du cou du malfaiteur. Lorsque cette machine est sur lui, il ne peut voir ses pieds, ni porter ses mains à sa bouche. On ne lui permet d'avoir aucune demeure, ni même de prendre de repos, pendant un temps considérable ; un officier subalterne de justice l'accompagne constamment, pour l'en empêcher. Il porte, jour et nuit, ce fardeau, dont la pesanteur est proportionnée au crime, et à la force du patient. Ces colliers de bois ne pèsent ordinairement, que cinquante ou soixante livres ; mais il y en a qui pèsent jusqu'à deux cents, et qui accablent tellement ceux qui les portent, qu'on en a vu quelquefois y succomber de honte, faute d'aliments convenables, ou de repos naturel. Cependant, les criminels trouvent diverses manières d'adoucir ce châtiment ; tel, qu'en marchant à côté de leurs parents et amis, qui supportent le coin du collier, et l'empêchent de presser sur les épaules ; en l'appuyant sur une table, un banc, ou contre un arbre ; ou, suivant la représentation dans la planche ci-jointe, au moyen d'un chaise, faite exprès, avec quatre montants d'une égale hauteur, pour supporter la machine. Quand on charge un coupable de ce poids incommode, c'est toujours en présence du magistrat qui l'a jugé ; et de chaque côté, sur les jointures du bois, on colle de longues bandes de papier, sur lesquelles sont écrits, en caractères bien distincte, le nom de la personne, le crime qu'elle a commis, et la durée de sa punition ; et pour empêcher d'ouvrir l'instrument, on scelle encore le papier. Ceux qui sont convaincus de vol, sont ordinairement condamnés à porter trois mois ce collier. Pour diffamer, filouter, troubler la tranquillité publique, on le porte quelques semaines ; et quelquefois des débiteurs sans fonds sont obligés le porter jusqu'à ce qu'ils aient payé leur créanciers.

Quand le coupable est déchargé du collier, ce doit être en présence du magistrat, qui l'a ordonné ; alors il lui fait ordinairement appliquer quelque coups du pan-tsee, et le congédie, en l'exhortant à se comporter plus régulièrement.

Près de la figure, dans cette planche, sont représentés le bassin et l'espèce de cuiller, avec lesquels on donne les aliments aux personnes dans cette situation.



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15. Un malfaiteur dans une cage

Cette personne est de plus attachée par une chaîne, depuis le cou jusqu'à la cheville du pied, d'où une autre chaîne s'étend autour d'un des coins de la cage de bois, dont l'entrée se trouve deux barreaux mobiles. Ces barreaux sont assujettis par un verrou de fer, qui passe dans plusieurs gâches, et qu'un cadenas empêche de glisser. Une planche sert de siège et de lit à ce prisonnier.



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16. Supplice du tube de bois

On prend une canne de bambou, à peu près de la hauteur du criminel, et d'une grosseur considérable ; à travers ce bambou, parfaitement creux, passe une chaîne de fer, dont un bout entoure le cou du criminel, et l'autre bout est fixé à une pièce, à laquelle elle est attachée par un cadenas. Ses jambes sont chargées de fer.



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17. Supplice de couper le jarret à un malfaiteur

On dit que ce supplice s'exerçait sur les malfaiteurs qui avaient cherché à s'échapper. On voit tout prêt un vase, contenant du chuman, (espèce de mortier) pour être appliqué sur les blessures, comme un stiptique. On dit que ce supplice à été depuis peu aboli, la législature considérant que le désir naturel de la liberté ne méritait pas un châtiment si sévère.



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21. Peine de mort. La corde.

Il y a deux manières ordinaires en Chine de punir de mort ; on étrangle, ou on coupe la tête. La première est la plus commune ; elle est décernée contre ceux qui sont jugés coupables de crimes, qui, quoique dignes de mort, ne sont mis qu'au second rang des atrocités. Par exemple, tout homicide, soit volontaire, soit par accident ; toute espèce de fraude contre le gouvernement ; séduire une femme, ou mariée ou libre ; outrager de paroles son père, ou son mère ; piller ou dégrader un tombeau ; violer avec des armes ; porter des perles. Il ne serait peut-être pas possible de deviner avec probabilité le motif qui a porté les législateurs de la Chine à prononcer la peine de mort pour porter une pierre précieuse ; le fait est établi par différents auteurs, mais on attend encore l'éclaircissement de quelques commentateurs. Les criminels sont quelquefois étranglés avec la corde d'un arc ; mais en général, on fait usage d'une corde, qui attache le patient sur une croix, on le lui passe autour du col, et un exécuteur robuste la serre avec force.

Les personnes de distinction sont ordinairement étranglées ; c'est la mort la plus honorable. Lorsque l'empereur est porté à donner une marque extraordinaire de son attention à un mandarin condamné à mort, il lui envoie un cordon de soie, avec la permission de s'exécuter lui-même.



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22. Manière de couper la tête, ou décapiter

Cette peine passe pour la plus ignominieuse. On ne l'inflige que pour des crimes que le gouvernement chinois regarde comme les plus préjudiciables à la société ; telles que les conspirations, l'assassinat, les offenses contre la personne de l'empereur, attenter à la vie des personnes de la famille impériale, la révolte, l'insurrection, frapper son père ou sa mère, et toute autre espèce de crimes contraires à la nature. Le malfaiteur, condamné à être décapité, est à genoux par terre ; on lui retire la planche qu'il a sur le dos, et l'exécuteur, d'un seul coup d'un large cimeterre, lui coupe la tête, avec beaucoup de dextérité. Ces exécuteurs, et la plupart des officiers inférieurs de justice, en Chine, sont choisis parmi les soldats, selon l'usage des anciens barbares. On ne croit pas leur emploi plus ignominieux que la place du principal officier de la justice exécutive dans un autre pays.

Avoir la tête coupée, c'est pour les Chinois la mort la plus infame, parce que la tête, qui fait la partie principale de l'homme, est séparée du corps ; et l'on ne donne pas la sépulture à ce corps, parce qu'il n'est pas entier, comme on l'avait reçu de la nature. Un mandarin, convaincu d'un crime atroce, est exécuté de la même manière que les personnes de la plus basse condition. Après que la tête est séparée, on la suspend fréquemment à un arbre sur une route publique, et on jette le corps dans un fosse ; la loi le juge indigne du respect des cérémonies ordinaires des funérailles.

Lorsque la sentence est soumise à l'empereur, pour obtenir son approbation, si le crime est du premier degré d'atrocité, l'empereur fait exécuter le malfaiteur sans délai ; si le crime n'a point ce degré d'atrocité, il ordonne que le criminel soit emprisonné jusqu'à l'automne, pour être exécuté le jour qui est fixé dans cette saison pour ces exécutions.

L'empereur de la Chine fait rarement exécuter un de ses sujets, sans avoir consulté les premiers officiers de justice, pour savoir s'il peut l'éviter, sans enfreindre, ou mettre en danger, la constitution de son royaume. Avant de signer l'ordre de l'exécution, il jeûne un certain temps ; il regarde comme les années les plus illustres, et les plus fortunées de son règne, celles où il a eu le moins d'occasions de faire tomber sur ses sujets le glaive rigoureux de la justice.


Henry Mason, Les punitions des chinois, représentées en vingt-deux gravures avec des explications en anglais et en français, 1801

 

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