MAL-MARIEZ (Confrairie des). Société imaginaire due à
l'imagination facétieuse d'un de ces nombreux écrivains qui au
dix-septième siècle, prirent les soucis de la vie conjugale pour
but de leurs railleries. L'édition originale de cet opuscule est
très-rare; nous l'avons inutilement cherchée sur les catalogues
les plus riches en ce genre, notamment sur celui du duc de la
Vallière (1784, 3 vol. in-8), et nous n'en trouvons aucune indi-
cation dans la curieuse Bibliographie (spéciale) des ouvrages
relatifs à l`amour, aux femmes et au mariage, 2^ édition,
Paris, J. Gay, i864_, in-8. Le texte que nous reproduisons nous
est fourni par une copie manuscrite faisant partie de la biblio-
thèque formée par M. Leber (n° 261 5 du catalogue imprimé) et
acquise par la ville de Rouen.
La Confrairie des Mal-Mariés, ou Martyrs, assemblés rue
Tournecul. — La Confrairie des Martyrs. — Aduertissement
aux confrères et sœurs de la haute et basse, pauure et riche,
vieille et nouuelle, et noble et roturière Confrairie des Mar-
tyrs, martyrisez par leurs honnestes,indiscrettes et maladuisées
femmes nouvellement instalées au chasteau (sic) de Bissestre, à
présent appelle Malencontre.
Mes tres-chers confrères, vous n'estes pas ignorans que dez
long-temps il y a une Confrairie des Martyrs érigée ie ne sçay
où, instituée par ie ne sçay qui, et de laquelle on parle ie ne
sçay comment. Mais l'ayant meurement considérée en toutes
ses dépendances; après auoir este prié de plusieurs, et spéciale-
ment de ceux de la rue des mauuaises paroles, et de la rue tour-
neculj i'ay délibéré sur leur instante prière et pour la commo-
dité de nous tous, de designer un lieu asseuré où l'assemblée se
trouuera, s'il leur plaist pour y faire eslection des Maistres et
Gouuerneurs de la Confrairie, et pour délibérer des choses qui
y sont requises et nécessaires : et pour ce, il est enioint de par
Thibault le Persécuté, General des Affligez, à tous qu'il appar-
tiendraj de ne se présenter pour se faire enrooler, qui ne soient
chargez de persécutions et d'opprobres, principalement de fleures
quartaines, malebosses, voleurs et yvrognes et toutes autres in-
iures et supplices, pratiquez par les exécuteurs à l'endroit des-
dits Martyrs, et prendre garde que Martin baston n'y ait passé:
car il seroit du tout indigne de conuerser aucc lesdits martyrs.
Comme aussi ceux qui se présenteront deuant Monsieur le
Doyen et Messieurs les Gouuerneurs pour estre examinez leur
est enioint d'apporter le certificat de leur martyre ou mariage
dont la teneur s'ensuit.
Nous soussignés N. certifions que N. a esté accordé à Saint-
Près, fiancé à Saint Innocent, marié à Saint Merry , les
nopces faites à la Grimace, le souper à la valée de Misère, et
de là coucher à la rue de la Tannerie, et le lendemain s'en
alla {comme son devoir estoit) aux Martyrs, et sa femme aux
filles repenties, et à leur retour en leur maison, site en la rue
d'Amour sans souci, à présent appelée rue des Afflictions, et
paroisse de songe: auparauant se sont présente^ chacun
un bouquet, l'un fait de soucy, et Vautre de diuerses pensées,
et pour les conseruer les ont mis rafraischir dans une phiole
d'amertume remplie de larmes tombées du fin fond de leur en-
tendement.
Et vous tous à qui le semblable arriue plus souvent que tous
les iours, posez pour baze de votre espérance ce petit prouerbe
tant usité, patientia vincit omnia, la patience surmonte toutes
choses en nostre endroit. C'est la reine des vertus, aussi sera
(t) elle à la face de nostre Labaron ou enseigne auec la souffrance
qui sera au reuers, et nous fera sa harangue (malheur à nous)
qui ne vous est que par trop connue, usque ad finem patieris :
tu endureras iusques à la fin. Sus donc^ mes chers frèreS pre-
nons courage qu'un chacun garnisse sa bourse au desceu de son
persécuteur, afin qu'après que nous nous serons deuëment ac-
quitez de nos charges et deuoirs à l'endroit de la Confrairie
nous nous transportions au lieu nommé la Consolation, seis en
la rue d'Allégresse, à la joie nompareille^ pour là nous consoler
les uns les autres et nous conter nos fortunes, chacun scait les
siennes; et aussi, si quelqu'un auoit usé de quelques paroles
des-honnestes à l'endroit de son persécuteur, il en laue sa
bouche auparauant que de se mettre à table, où sera préparé le
festin somptueux et magnifique, garni de (ie ne vous dis rien)
toutes sortes de mets, apportez du royaume sans nom.
Statuts de la Confrairie. — Item sera fait eslection de deux
maistres les plus souffreteux et persécutés qui se puissent trou-
ver entre les confrères, et seront tenus establir des commis en
diuers endroits pour la commodité de ceux qui voudront se faire
enrooler.
Premièrement, en la rue qu'on appelle, va te coucher sans
souper.
Secondement, en la rue, ie suis maistre quand ie suis seul.
Troisiesmement en la rue, souuent faut que ie me taise.
Quatriesmement, en la rue doublée de reuesche.
Cinquiesmement pour les sœurs, en la rue pauée d'andouilles
sans cuire.
Sixiesmement, en la rue donnez leur du bon dans la mitaine.
Septiesmement, et nous ne receurons aucuns confrères si leur
chappeau ne tourne.
Huictiesmement, et ne receurons aucune sœur, si elle ne sait
dire, merci Dieu, les mains sur les roignons.
Neufiesmement, est fait deffenses à tous ceux et celles qui sont
tels, comme cy dessus a esté dit_, de s'y présenter, à peine d'en-
courir un affront signalé en présence de toute l'assemblée. Fait
ce iour de ma grande affliction, au mois de mon martyre, l'année
prens y garde si tu veux.
Tres-chers frères et sœurs, vous serez aduertis de vous trouuer
audit lieu des Martyrs, au matin, pour y receuoir vostre distri-
bution et vos bouquets à l'accoustumée, le lendemain des festes
de Pasques.
jueves, 7 de octubre de 2010
miércoles, 6 de octubre de 2010
domingo, 3 de octubre de 2010
Sodome 1735
Lorsque les deux Anges blondins
Aux sodomites apparurent,
Deux de ces maudits citadins
Aussitôt après eux coururent.
Les Anges eurent beau voler,
Les autres pour les enculer,
Si fort à leurs dos se lièrent,
Qu`emportez au ciel tout brandis,
En déchargeant ils s`écrièrent,
Ah! nous sommes en Paradis!
Anonyme 1735, plagié par M. Ferrand et Voltaire
sábado, 2 de octubre de 2010
La ventriloque

La ventriloque
O! Me faire sucer par une ventriloque
Et tandis qu`elle aurait ma pine entre les dents,
Entendre de son corps sortir en soliloque
Une chanson d`amour en distiques ardents;
Et tandis que sa langue humerait mon prépuce,
Que ses lèvres agiraient sur mon gland avec art,
Entendre tout à coup retentir l`hymne russe
Et croire que je suis, pour un instant, le tzar!
Combien il serait doux pour une âme francaise,
Au lieu de se pâmer dans un coït banal,
D`entendre un estomac chanter la Marseillaise
Et de jouir aux sons du chant national!
Ainsi les raffinés, dans Rome et dans Athènes,
Plus délicats que nous dans leurs amusements,
Tiraient leur coup au son de musiques lointaines
Et scandaient leur rythme au son des instruments.
Trop pauvre pour me payer un orchestre de tziganes,
Ou même pour m`offrir un simple accordéon
Je cherche obstinément parmi les courtisanes
Celles dont l`estomac renferme un orphéon,
Mais je n`ai pu trouver, dans ce monde équivoque,
Que des brutes faisant l`amour bourgeoisement,
Et n`ai pu rencontrer la ventriloque
Qui saurait me sucer harmonieusement.
Aussi, pour assouvir le désir qui m`affole,
Pour me donner au moins quelque illusion,
Au risque t`attraper une bonne vérole
Ou d`en sortir couvert d`un tas de morpions,
Depuis le jour de l`an jusqu`à la Saint Sylvestre,
Obstinément, je cours les spectacles forains
Où, triomphalement, j`encule l`homme-orchestre
En scandant la mesure avec de grands coups de reins
Anonyme, c. 1895
viernes, 1 de octubre de 2010
Nuclear SI

Nuclear si
Por supuesto
Nuclear si
Como no!
Yo quiero bañarme en mares de radio
Con nubes de estroncio cobalto y plutonio
Yo quiero tener envolturas de plomo
Y niños deformes montando en sus motos
Desiertas ruinas con bellas piscinas
Mujeres resecas con voz de vampiras
Mutantes hambrientos buscando en las calles
Cadaveres frescos que calmen su hambre
Nuclear si
Por supuesto
Nuclear si
Como no!
Colinas ardientes de sol abrasadas
Y bosques de luces de pieles quemadas
Serpientes monstruosas devorando casas
Y enormes desiertos cubiertos de brasas
Volcanes rugientes escupiendo lava
Y zonas calientes del todo arrasadas
Cavernas ocultas en playas profundas
Y valles cubiertos de flores aladas.
Nuclear si
Por supuesto
Nuclear si
Como no!
Aviador DRO
Para disfrutar integramente este cantico ballardiano-apocaliptico
http://www.youtube.com/watch?v=k8gWqHeGMG0
jueves, 30 de septiembre de 2010
La mouche au bain

La mouche au bain
L`homme dans sa baignoire a l`air de somnoler.
Un polard magnifique émerge de l`eau tiède
Et sur le champignon qu`exhausse un cippe raide
Le méat souriant rêve d`éjaculer.
Il est las, à la fin, de foutre et d`enculer,
De se faire écrémer le canal de l`urètre,
De rapprocher l`amas des tétons qu`il pénètre
De s`ériger toujours pour se mieux affaler...
Sur le mur une mouche énorme se promène.
L`homme l`attrape au vol, ampute l`animal
D`une aile, et sur l`îlot virant la pose à peine.
La bestiole affolée explore son domaine
En tous ses sens -et plongeant parfois dans le canal-
En mille tours s`agrippe, saute et se démène,
Jusqu`à ce qu`au plafond l`envoie un jet final
Anonyme 1931
martes, 28 de septiembre de 2010
Je ne m`aime pas

Mon nom : Marcel. Je ne m’aime pas. Une fusée filait
en l’air pour devenir « une belle bleue », puis rien : c’est
moi. Fusée ratée, ma tâche dans la vie se résume à additionner
des chiffres. Entendons-nous. Je les additionne
d’une certaine manière : par colonnes, d’abord de haut en
bas, ensuite de gauche à droite, avec cette obligation que
mon total soit le même dans les deux sens. Sinon, je
recommence.
Ce n’est déjà pas si facile. Ainsi pour mon âge, si j’en
fais le compte de haut en bas, je veux dire comme tout le
monde, j’arrive à vingt-cinq ans. Mais si je pense à
certains faits, me voici à cinquante. Du moins, j’estime en
arriver à cinquante et alors c’est tout comme.
Vingt-cinq ou cinquante, je suis à l’hôpital, dans un de
ces isoloirs que l’on a l’obligeance d’appeler : un chalet.
Dire qu’à l’école, je ne comprenais pas ce que c’était
qu’un euphémisme ! Il y a peu d’heures, je gonflais mes
muscles pour détendre certains liens qui me sanglaient de
partout. Une camisole de force, oui. On m’en a débarrassé.
Elle attend sur une chaise, prête car on ne sait
jamais. Mon voisin de chalet est là aussi, oh ! par amitié
je n’en doute pas, mais également, si je m’en rapporte à
certains regards, parce qu’on ne sait jamais.
C’est lui qui m’a passé des cahiers, un crayon :
– Écris, Marcel. Cela te soulagera. Tu verras clair en toi.
Écrire ! Écrire quoi ? Parmi d’autres choses, j’en
abhorre deux : les clins d’oeil et, je m’en expliquerai bientôt,
certain mot. Ce mot, je vais l’écrire tout de suite :
NIAISERIE. Il m’est arrivé de décider un acte, mais un de
ces actes que l’on considère comme essentiels, et de le
voir tomber en morceaux, uniquement parce qu’ayant
ouvert un livre, NIAISERIE me sautait aux yeux, comme un
jugement et un sarcasme. Ce mot d’ailleurs m’obsède. Je
le vois imprimé, en lettres de plaques de rue, à tous les
coins de ma vie. Rien de fort, rien de grand, jamais la
belle bleue ! Raconter cela ?… Il est vrai qu’en se plaçant
à certains points de vue…
Alors écrire, soit. Mais pour qui ? Pas pour mes amis.
Je n’en ai plus, je n’en veux plus. Pour mes parents ? Je suis
bourré de secrets que je confierais à n’importe qui, sauf
précisément à mes parents. Pour les médecins ? Hum ! À
force d’en voir, ces Messieurs savent une fois pour toutes
ce qu’est la vérité : qu’elle est un bras, une glande, un
ulcère et pour le reste une bulle en l’air vers laquelle
chacun souffle une autre bulle. Écrire pour eux ! Je
deviendrais un cas.
Alors, si tout simplement j’écrivais pour n’importe
qui ? Ou pour moi. Comme en promenade quand on a
perdu sa canne, revenir en arrière, fouiller les buissons et,
de niaiseries en niaiseries, refaire ses pas, chercher.
Finissons-en d’abord avec la question qui m’a conduit
ici. Je ne suis pas fou. Les vrais fous qui sont ici, ragent et
se démènent en hurlant : « Je ne suis pas fou ! Je ne suis
pas fou ! » Moi, je le dis, je l’écris avec calme. Cette
phrase, si je ne me retenais, je l’écrirais mille fois, sur mes
murs, dans mes cahiers, et jusqu’à la dernière, ma main
resterait calme. Ce serait à tenter. Bien entendu, il y a
certaines choses. On n’a pas eu tort de m’envoyer ici.
Maman y a passé. Elle s’en est tirée. Pourquoi ne m’en
tirerais-je pas ?
Je me souviens d’un film. Dans la caverne du nain, le
jeune Siegfried s’est forgé une épée. Il la trouve belle, la
tend devant lui, jette en l’air une plume, la reçoit sur le
tranchant, et la plume continue de tomber, coupée tout
bonnement en deux. J’ai réfléchi à cette plume. Certains
esprits n’ont pas de fil. L’idée tombe dessus et s’accroche
bêtement, flocon de neige sur une branche. Sur d’autres,
l’idée se divise. Une idée tombait, en voici deux. Papa me
le reprochait à sa façon :
– Tu coupes les cheveux en quatre.
Plumes en deux, cheveux en quatre, on pense double,
on souffre en plus fin, même pour des niaiseries. Mais
est-on fou ?
André Baillon
ps à lire de préférence en écoutant un bon cru de la coldwave tel que
fall of saigon
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