viernes, 11 de febrero de 2011

De l'exiguïté du pénis comme cause




Parlons d'abord de l'exiguïté du pénis comme cause probable de la pédérastie. Cette exiguïté constatée par le sujet peut parfaitement l'entraîner vers les hommes, non seulement, parce qu'il n'éprouve point de
volupté en compagnie de la femme, mais surtout parce que la honte de son état le retient.

Beaucoup de jeunes gens sont devenus homosexuels actifs à la suite de la plaisanterie d'une maîtresse, voire d'une prostituée. Cette plaisanterie l'a conduit à examiner ses semblables et il a constaté son exiguïté virile.

Désormais il fuira la femme, et lorsque l'occasion se présentera, il essaiera de l'intromission anale.

La jouissance qu'il en retirera lui semblera bien supérieure à celle ressentie auprès des maîtresses, les sphincters ayant une violence de contraction que ne possède pas le vagin. Dès lors, le sujet s'éloignera définitivement du coït normal et le souvenir de la moquerie éveillera en lui une haine qui englobera le beau sexe tout entier.

On peut dire que l'exiguïté de la verge, aussi bien en diamètre qu'en longueur, conduit toujours celui qui en est victime à l'éloignement de la femelle.

Il est rare, en effet, qu'un vagin se présente assez étroit pour compenser cette anomalie. Même la femme étant vierge, au premier rapport, le vagin ne tardera pas à s'élargir et n'offrira plus au pénis l'étreinte
nécessaire pour lui donner la volupté.

Il en résulte que celui-là, ou s'adonnera à l'uranisme actif, ou bien alors à la masturbation.

On constate que bien souvent, des homosexuels actifs deviennent passifs avec l'âge. Cela correspond parfaitement à ce que nous avons dit, à ce propos, des zones érogènes. Il est probable même qu'il on est toujours ainsi.

On comprend dès lors que la guérison de l'homosexuel actif frappé de cette tare est absolument impossible. L'exiguïté du pénis correspond à un arrêt du développement général.

Si l'on n'a pas attaqué cette déficience au moment de l'adolescence, c'est-à-dire quand elle s'est produite, il ne semble pas permis d'espérer y porter remède plus tard.

Garnier prétend que la verge trop petite peut se développer par l'exercice; d'autre part, il admet comme nous que cette petitesse provient d'un arrêt de développement. Les deux propositions se contredisent évidemment, à moins qu'il ne suppose que l'exercice ait lieu lors de la puberté. Si même l'exercice
du coït pouvait amener une amélioration dans l'état de l'anormal, cette amélioration resterait insuffisante pour lui procurer la volupté auprès d'une femme.

« Exiguïté de volume. Cette difformité, si préjudiciable à l'homme, résulte de l'arrêt de développement du corps caverneux qui constitue la partie saillante du pénis. Elle est beaucoup plus conunune que l'excès contraire. Le diamètre surtout fait souvent défaut. C'est un signe d'infantilisme dont les observations 7 et 8 forment le sujet.

« Mais l'adulte n'a iràs à s'en affliger; il augmente par l'exercice, comme tout autre organe. L'afflux répété du sang dans les aréoles du tissu caverneux qui produit l'érection suffit à cet effet. La longueur peut égale-
ment s'en accroître. » (Garnier.)

S'il en était ainsi, beaucoup d'individus, pédérastes actifs au début de leur vie sexuelle, reviendraient à la femme après un certain temps ; poussés par le désir instinctif de se retrouver dans la normale. Or, le cas
ne semble à peu près jamais se présenter.

Si l'on veut lutter efficacement contre l'exiguïté de la verge, c'est au moment de l'adolescence qu'il faut s'en préoccuper. L'accroissement de volume des parties sexuelles se produira en môme temps que la vigueur
générale. Cette vigueur sera favorisée par un régime tonique, une nourriture facilement assimilable et des exercices physiques.

Mais lorsque le jeune homme aura atteint 18 ou 20 ans, il paraît peu probable que même le coït fréquemment répété lui procurera un pénis normal. Bien au contraire, cette petitesse de la verge étant une preuve de débilité générale, le coït ne fera que d'accroître cette débilité.

Evidemment, tous ceux qui sont frappés de cette anomalie ne deviennent pas homosexuels, mais il est permis de supposer que tous, après divers essais de copulation, versent dans l'onanisme.

Quelques-uns se livreront à une perversion qui leur apportera le complément de volupté dont ils ont besoin.

Parmi les stigmates, on a remarqué, comme nous le disions plus haut, la forme lancéolée de la verge.

Cette anomalie est plus fréquente qu'on ne le croit. Le corps du pénis est gros, renflé vers le milieu au moment de l'érection, tandis que le gland va en s 'effilant.

Avec un peu de réflexion, on comprend que cetto condition paralyse considérablement la volupté. Le vagin, considérablement écarté par le corps du pénis, ne se resserre plus sur le gland où se trouve la zone érogène
principale.

Le besoin de jouissance qui se trouve au fond du cœur de tout homme, incitera celui qui est frappé de cette anomalie à rechercher un mode de satisfaction qui lui donne un plaisir complet.

Le plus souvent, il débutera par l'onanisme et s'y fixera, à moins d'une occasion.

Par contre, si une tentative homosexuelle se produit, il s'arrêtera à ce procédé comme le rapprochant le plus de la normale.

Pourquoi trouve-t-il plus de volupté dans l'intromission anale? A cause de la présence des deux sphincters. Si le premier s'écarte pour permettre le passage de la verge, le second, au contraire, encerclera étroitement
le gland, atteignant ainsi la véritable zone érogène.

On se demandera, dans ces conditions, pourquoi l'actif ainsi conformé recherche l'homme de préférence à la femme qui pourrait lui offrir le même mode d'opérer.

Les raisons sont faciles à découvrir; la femme n'éprouve aucun plaisir à cette intromission contre nature, bien loin de là, il n'en résulte pour elle qu'une souffrance. Dans la plupart des cas, elle s'y refuse, et si elle s'y soumet, ce sera de mauvaise grâce.

Le passif, en revanche, trouve toute sa jouissance dans cette possession, car non seulement il se soumet, mais il réclame cette conjonction. Il est humain de s'adresser là où il est le plus aisé de se procurer ce qu'on
désire.

Qu'il n'y ait point de répugnance à la première rencontre, est assez douteux; le plus souvent, elle se marque par une hésitation, un manque de décision. Mais l'habitude s'acquiert rapidement et le premier essai
achevé, la répétition se réalise sans embarras parce que le sujet a découvert la volupté qui lui est propre en même temps qu'il la donne à un autre, ce qui flatte sa vanité...

J. R. Bourdon, Perversions sexuelles : causes physiologiques, leur traitement, leur influence dans les rapports conjugaux (1900)

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