lunes, 27 de septiembre de 2010

Ode à l`aimée



Madame, vous aviez le cul bougrement sale,
Ce matin d'avril plein de fleurs

Je fus pris au gosier d'une odeur colossale
De foutre et de grelots en pleurs

Sur votre ventre épais, aux bourrelets énormes,
Les poils frisaient, poudrés à blanc,

Et sur votre sternum, deux mamelles informes,
Hideuses, pendaient en tremblant

Les lèvres du vagin sortaient noires, lippues,
Pleines d'un fromage puant,

Et c'est en cet endroit de vos cuisses trapues
Que j'ai mis mon sperme gluant

C'est là que j'ai jeté l'éternelle semence,
Le germe divin et sacré

Je fus pris ce jour-là d'une étrange démence,
Et par votre odeur attiré.

Vous sentiez si mauvais Vous sentiez la charogne,
La pourriture et le fumier

Et dans cet antre impur j'osai mettre ma trogne,
Sans crainte d'être le premier

Je vous bouffai le cul ô délices impures!
0 mes rêves réalisés

Je couvris votre ventre et toutes vos ordures
De mes plus sonores baisers

Je me vautrai longtemps dans toute cette fange
Cela puait C'était si doux

Et quand je m'éveillai de cette ivresse étrange,
J'étais encore à vos genoux

Et j'y restai longtemps, et j'y serais encore,
Si vous ne m'aviez pas chassé.

J'avais ainsi joui jusqu'à la blonde aurore,

Repu, mais non encore lassé.

Et quand les fleurs d'Avril, entr'ouvrant leurs corolles,
Versaient d'Ineffables senteurs,

Vous vous élargissiez, et vos deux fesses molles
Nous prodiguaient leurs puanteurs.

Et comme au nid soyeux naît la chanson divine,
Avec la nouvelle saison,

De même en votre cul les chancres, la vermine,
Grouillaient en pleine floraison.



Pièce inédite
Anthologie hospitalière et latinesque : recueil de chansons de salle de garde anciennes et nouvelles, entre-lardées de chansons du Quartier latin.

lunes, 20 de septiembre de 2010

GRATTE-CULS




GRATTE-CULS

Gratte-Culs, Gratte-Culs, enfants de l'églantine,
Vous êtes délaissés dans votre lit désert ;
Vous êtes délaissés comme une noire épine,
Gratte-Culs, Gratte-Culs, sous votre bonnet vert.

Dis, quand tu fleurissais, ô ma blonde églantine,
Pensais-tu quelquefois à tes rouges enfants ?
Pensais-tu, pensais-tu, que sous ta noire épine,
Des Gratte-Culs viendraient poser leurs cous gluants ?

Gratte-Culs, Gratte-Culs, à la lèvre rougie,
Gratte-Culs, qui songez dans un rêve éternel,
Vous n'éprouvez jamais les chagrins de la vie,
Vous ne connaissez point l'amertume du sel.

Vous n'avez jamais vu, Gratte-Culs, la tristesse
Du pauvre qui n'a rien sous le bleu firmament ;
Vous êtes tous joyeux, sous la froide caresse,
Sous le drôle baiser que vous donne le vent.

Je voudrais, Gratte-Culs, pouvoir changer de vie,
Je voudrais, près de vous, me balancer, ainsi
Que se balance, en l'air, une pomme pourrie :
Je voudrais, près de vous, me divertir aussi.

En un mot, je voudrais, ô ma blonde églantine,
Être d'un Gratte-Cul le bec levé dans l'air ;
Si j'étais Gratte-Cul j'épouserais l'épine,
Et je me piquerais sur le poil de sa chair.

Si j'étais Gratte-Cul, je ferais bon ménage,
Mon épine serait le joyau de mon coeur;
Si j'étais Gratte-Cul, je tournerais la page,
Sans détourner les yeux du livre du bonheur.

Si j'étais Gratte-Cul, ma maîtresse chérie,
Si j'étais Gratte-Cul, quel bonheur pour tous deux
Tu serais Gratte-Cul, ô ma petite amie,
Gratte-Cul, Gratte-Cul, que nous serions joyeux!


Dorabel

jueves, 16 de septiembre de 2010

Minuscules souveraines



"Mais quel bourdonnement a frappé mes oreilles ?
Ah ! je les reconnois mes aimables abeilles.
Cent fois on a chanté ce peuple industrieux;
Mais comment sans transport voir ces filles des cieux ?
Quel art bâtit leurs murs, quel travail peut suffire
A ces trésors de miel , à ces amas de cire ?
Chacun voit par ses yeux leur police, leurs lois.
L'un lui donne une reine, et les autres des rois.
L'instituteur fameux du conquérant du monde
Voulut que sans époux l'abeille (ni féconde,
Et de sa chasteté Reaumur, moins jaloux,
Prostitua leur reine à de nombreux époux :
Chacun l'aime à son tour; leur auguste maîtresse
Entre tous ces rivaux partage sa tendresse ,
Et les adorateurs qu'enferme son sérail ,
Voués à ce doux Soin, sont exempts de travail.
Mais du miel tous les ans ces artisans habiles ,
Massacrant ces époux devenus inutiles.
En dépeuplent la ruche ; enfin juillet pour eux
De notre affreux septembre est le retour affreux :
Ainsi l'erreur crédule explicoit le mystère.
Enfin, de leur hymen savant dépositaire.
L'aveugle Huber l'a vu par les regards d'autrui.
Et sur ce grand problème un nouveau jour a lui.
La reine, nous dit-il, au jour de l'hyménée
Sort, de ses nouveaux feux inquiète, étonnée.
Aux portes du palais long-temps hésite encor ;
Enfin son aile s'ouvre , elle a pris son essor.
Et , loin des yeux mortels, mystérieuse amante.
Emporte dans les airs l'ardeur qui la tourmente :
Son amant l'observoit , et , plein des mêmes feux ,
Il part , vole, l'atteint , et jouit dans les cieux :
Elle s'élança vierge , elle descend féconde.
Combien d'autres secrets cache une nuit profonde !
Je ne vous dirai point leurs combats éclatants,
Si la mort est donnée à l'un des combattants.
Si ce peuple est régi par une seule reine,
S'il peut d'un ver commun créer sa souveraine;
Si leur cité contient trois peuples à-la-fois,
Epoux , reine , ouvrière , hôtes des mêmes toits ;
D'autres décideront : mais leur noble industrie,
Mais les hardis calculs de leur géométrie,
Leurs fonds pyramidaux savamment compassés,
En six angles égaux leurs bâtiments tracés,
Celte forme élégante autant que régulière,
Qui ménage l'espace autant que la matière;
Cette reine étonnante en sa fécondité,
Qui seule tous les ans fait sa postérité,
Et les profonds respects de son peuple qui l'aime.
Sont toujours un prodige et non pas un problème :
Aussi de nos savants le regard curieux
Souvent pour une ruche abandonne les cieux.
Les Geer, les Reaumur ont décrit ses merveilles.
Et le chantre d'Auguste a chanté les abeilles.

(...)

Souvent aussi l'instinct varie avec les lieux.
Comparez ces fourmis, moins dignes de nos yeux,
Méconnoissant les arts de la paix , de la guerre ,
Durant l'hiver entier sommeillant sous la terre ,
Mais qui rôdent sans cesse, et d'un amas de grains
Remplissent à l'envi leurs greniers souterrains,
A ces nobles fourmis dont se vante l'Afrique,
En trois classes rangeant leur sage république ;
Peuple heureux d'ouvriers , de nobles , de soldats.
Que de grands monuments dans leurs petits états !
De leurs toits, dont dix pieds nous donnent la mesure,
Les yeux aiment à voir la ferme architecture ;
Sur leur cône aplati le buffle quelquefois
Guette, pour l'éviter, le fier tyran des bois.
Au-dedans quelle heureuse et savante industrie
De leurs compartiments règle la symétrie,
Aligne leur cité, dessine leurs maisons;
Leurs escaliers tournants et leurs solides pouls.
Qui par-tout présentant de faciles passages,
Pour alléger leur peine, abrégeai leurs voyages !
Au centre, tout entière à sa postérité,
Et mêlant la grandeur à la captivité.
Leur noble souveraine en une paix profonde
Ne quitte point sa couche incessamment féconde.
Et par son ventre énorme et son énorme poids
Surpasse ses sujets un million de fois.
Quatre-vingt mille enfants la counoissent pour mère ,
Au fond de son palais, auguste sanctuaire.
Des serviteurs , choisis entre tous ses sujets ,
Dans sa chambre royale ont seuls libre accès.
Leur foule emplit ses murs, et par une humble porte,
Déposent en leur lieu les œufs qu'elle transporte.
L'ordre règne par-tout: épars de tout côté
Leurs riches magasins entourent la cité ;
Ailleurs sont élevés les enfants de la reine ;
La cour habite enfin près de sa souveraine ;
Le voyageur de loin découvrant leurs travaux
D'une heureuse peuplade a cru voir les hameaux.
O Nil ! ne vante plus ces niasses colossales ,
Des sommets abyssins orgueilleuses rivales;
L'insecte constructeur est plus grand à mes yeux
Que l'homme amoncelant ces rocs audacieux ;
Et quand une fourmi bâtit des pyramides,
Nos arts semblent bornés et nos travaux timides.


J. Delille

domingo, 12 de septiembre de 2010

Bouquet Libertin



« J’arrivai chez Rozette qui commençait à s’impatienter de mon délai. Elle me reçut avec empressement ; soit qu’elle eût pris de l’amitié pour moi, soit que ma libéralité lui eût plu, elle se préparait avec une généreuse reconnaissance. Elle m’obligea de mettre la robe de chambre pour me sentir plus à mon aise, étant dans le pays de la liberté. Elle s’était coiffée de nuit ; et sa garniture de dentelles, en pressant ses joues faisait un office qui lui donnait de belles couleurs. Un mouchoir politique couvrait sa gorge ; mais il était placé d’un air qui demandait qu’on ne le laissât pas à sa place. Elle n’avait qu’un corset de taffetas blanc et un jupon de la même étoffe et de pareille couleur ; sa robe aussi de taffetas bleu flottait au souffle des zéphyrs.

Le souper n’était pas encore prêt. Nous entrâmes dans sa chambre. Les rideaux du lit étaient fermés et les bougies placées sur la toilette, de sorte que la lumière ne réfléchissait pas sur toute la chambre. Nous passâmes vers le côté obscur. Je me jetai sur un fauteuil ; et la tenant entre mes bras, je lui tenais les discours les plus tendres. Elle y répondait par de petits baisers et par des caresses délicates : ainsi peint-on les colombes de Vénus.

- Tu veux donc, dit-elle après quelques instants de recueillement, que je te donne du plaisir, petit libertin !

- N’allez pas faire venir Mlle de Noirville, lui répliquai-je.

- Non, non, ajouta-t-elle, ce n’est plus le temps, j’ai eu mes raisons pour le faire, d’autres circonstances exigent d’autres soins.

En discourant ainsi, et en badinant toujours, nous gagnâmes le lit ; je l’y poussai délicatement en la serrant dans mes bras.

- Approchez ces deux chaises, dit-elle, puisque vous le voulez absolument.

J’obéis ; elle mit ses deux jambes dessus, l’une d’un côté, l’autre de l’autre, et sans sortir de la modestie, sinon par la situation, elle m’agaça de mille figures.

Mes mains ardentes écartaient déjà le voile qui…

- Tout doucement, beau Conseiller, dit-elle, donnez-moi ces mains-là, je les placerai moi-même.

Elle les mit sur deux pommes d’albâtre, avec défense d’en sortir sans permission. Elle voulut bien elle-même arranger le bouquet que je destinais pour son sein. Elle m’encouragea alors avec un signal dont vous vous doutez ; je croyais qu’elle agissait de bonne foi. En conséquence, je me donnais une peine très sincère pour parvenir à mes fins ; elle faisait sembler de l’aider : la simplicité était chez moi, et la malice dans toute sa conduite.

Fatigué, je la nommais cruelle, barbare. Nouveau Tantale, le fruit et l’onde fuyaient à mon approche.

- Cruelle ! barbare ! reprenait-elle, vous serez puni tout-à-l’heure. Alors elle se saisit du bouquet que je lui destinais : puisque l’on m’insulte, continua-t-elle, en prison tout de suite ! Effectivement elle l’y conduisit ; mais je ne sais si ce fut de chagrin, ou par quelque autre motif, le prisonnier, à peine entré, se mit à pleurer entre les deux guichets. »


Godard d`Aucourt

sábado, 11 de septiembre de 2010

Poétique de la puberté




"Toutefois les petites filles ne démêlent pas bien encore le sentiment de la pudeur de leur sexe; et quoiqu'elles sachent engager déjà par d'attrayants refus, quoiqu'elles aient de petits secrets, qu'elles déguisent quelquefois leur sentiments sous de doux mensonges, elles exercent un petit babil naïf et charmant, empreint de la candeur de leur âge. Elles ne masquent guère encore leur amour ou leur aversion, mais sans avoir pourtant cette franche rudesse avec laquelle s'expliquent les jeunes garçons. Elles prennent toujours quelque léger détour, elles s'étudient à la grâce; et, comme si la nature, en les créant faibles, leur révélait le secret talent d'en profiter en intéressant davantage , elles savent désarmer la colère par la prière et les pleurs ; elles tirent toutes les ressources de leur infériorité même.

C'est pour cette faiblesse que le père prend d'ordinaire plus de soin encore de sa fille que de son fils ; mais plusieurs mères, au contraire, trouvent dans leur fille de quinze ans bien plus de défauts qu'à leur fils devenu pubère; elles voient en elle une rivale d'autant plus redoutable que leurs attraits baissent tandis que d'autres éclatent à l'aurore du bel âge. Les petites filles ne sont pas encore rivales entre elles ; on les voit se caresser tendrement et avec toute la pudeur de l'innocence, même devant les hommes. Peut être déjà cherchent-elles à aiguiser ainsi notre convoitise; car, devenues nubiles, elles entrent en concurrence de rivalité, et leurs amitiés mutuelles ne sont plus que des trêves ; leur froide politesse, leur contrainte entre elles, décèlent assez ces ardentes et secrètes jalousies dont les plus belles deviennent surtout les victimes. C'est que l'amour fait toute la destinée de la femme.

A mesure que la jeune fille grandit et que son organisation se développe, son caractère devient plus modeste ; comme si elle prévoyait les conséquences de ses attachements , elle se retire et recule d'effroi, pour ainsi dire, à la vue de la carrière de la vie, où l'ardent jeune homme se précipite au contraire avec toute la fougue de son tempérament. Telle est, à bien considérer, l'époque la plus orageuse de la vie des femmes, celle où leur sensibilité est le plus étrangement tourmentée en sens contraire ; c'est l'époque qui précède et accompagne le développement de la puberté.

Dès l'âge de douze ans environ dans nos climats, la jeune fille la mieux élevée n'a plus cette gaîté folâtre et insouciante de son enfance, ou du moins elle la perd involontairement par instants (i). Naguère, vive et légère, elle dansait avec ses douces compagnes; maintenant, rêveuse , assise à son ouvrage, il échappe à ses doigts. Elle cherche le repos de la solitude; devenue languissante et décolorée, elle sent des caprices, des inégalités d'humeur inconnues ; elle surprend des larmes involontaires qui roulent dans ses yeux; parfois elle soupire; elle veut et ne veut pas; sans objet fixe, sans désir assuré, elle s'ignore elle-même. Voyez-la calme, puis agitée, tour à tour rougir et pâlir; elle brûle, elle est glacée; et nourrit en son ame un sentiment qu'elle ne connaît pas encore, qu'elle se déguise, qu'elle craint de s'avouer. Étrange destin! haine, dégoût de l'existence au milieu même du bonheur domestique ! De quels transports secrets n'est-elle donc pas la maîtresse ? Pourquoi voudrait-elle dérober sa honte à sa propre fierté, et ensevelir éternellement les mystères de son cœur dans le silence des forêts ? Avant d'accepter des chaînes, elle se croit humiliée d'en recevoir un jour.

C'est un admirable instinct de la nature, d'offrir les premières affections de l'amour sous les traits d'une apparente aversion, d'éloigner d'abord les sexes pour les réunir ensuite avec plus d`impétuosité. La jeune fille fuit afin d`être poursuivie; et si le jeune homme se retire, elle revient à lui' elle semble détester ce qu`elle aime, et vouloir aimer ce qu`elle hait. Plus elle se rejette en un sens opposé à son penchant, plus elle en dévoile la véhémence. Elle n`aime jamais mieux que quand elle affecte de haïr, et celui qu`elle repousse le plus est celui qu`elle redoute davantage. En effet, l`amour s`éteint lorsqu`il est trop facile; les obstacles de la pudeur l`enflamment. Cette disposition était nécessaire pour le maintien de l'espèce humaine; car l'homme ne pouvant engendrer que dans certains moments , mais la femme pouvant être prête à toute heure , il fallait que le premier sollicitât , que la seconde semblât refuser pour stimuler davantage les désirs ; la pudeur étant l'économie de la beauté , elle ajoute à son prix.

Si , par un arrangement contraire , la femme eût recherché , et si l'homme n'eût pu refuser (ne fût-ce que par amour propre ) , il aurait été bientôt épuisé , détruit , et le genre humain eût succombé par les moyens mêmes destinés à le perpétuer. Chez les animaux , la femelle semble aussi ne se soumettre qu'à regret aux mâles, surtout parmi les espèces polygames , afin d'animer davantage^ l'ardeur de l'autre sexe. Dans l'espèce du chat, du lion , du tigre , c'est bien la femelle qui recherche; mais le mâle ne répondant pas toujours à ses désirs , les rapports sexuels restent les mêmes que dans l'espèce humaine , quoique dans un ordre inverse.

Les changements opérés dans le moral des filles à l'époque de la puberté ne sont ainsi que le contre-coup de ceux qui naissent dans là constitution physique. Chez l'enfant , les facultés vitales, toutes employées à l`accroissement général , sont réparties surtout dans l'appareil nutritif, les systèmes cellulaire et lymphatique absorbant. Cette direction vitale change à l'âge de la puberté ; les efforts delà vie se portent sur le système glanduleux et spécialement sur les organes sexuels. Ce nouveau mode d'impulsion vitale s'exécute par des ondulations nerveuses qui semblent errer d'abord dans toute l'économie animale , et qui cherchent à se fixer dans un centre de ralliement. De là viennent ces fréquentes aberrations de l'esprit, ces singularités de caractère , ces secousses si remarquables à cette époque chez les jeunes filles.

Les forces sensitives , transportées aux parties génitales , réveillent celles-ci de leur long assoupissement et les font rapidement épanouir. On ressent alors une pesanteur aux lombes, un engourdissement général; un trouble confus circule dans tout le corps; les mamelles se gonflent, sont d'abord dures et acerbes , le pubis s'ombrage de poils , les nymphes deviennent rouges , très sensibles , le clitoris se prononce , la membrane de l'hymen se distend ; le canal du vagin , qui se rétrécit quelquefois par le gonflement des organes cîrconvoisins , devient susceptible de dilatation , et acquiert une vive sensibilité par l'orgasme vénérien. Enfin, l`utérus recevant une activité remarquable , le sang y afflue , y détermine une pléthore particulière qui se dégorge chaque mois , quoique avec difficulté d'abord. Ainsi les organes sexuels , qui , pendant l'enfance , restaient dans un minimum de vie , en reçoivent un maximum à la puberté , entrent souvent en un état de réveil , d'érection , de prurit ou d'orgasme. Ils n'existent plus en second ordre ; au * contraire , ils dominent bientôt sur toute l'économie animale , ils changent le timbre de la voix, ils développent les poils aux aisselles , au pubis ; ils font fleurir et briller tous les charmes d'une jeune beauté ; les glandes mammaires en acquièrent un volume plus considérable , le mamelon grossit et rougit, prend une sensibilité assez vive qui sympathise avec les organes utérins.

En général , les sens se perfectionnent , les membres se moulent et se forment; les muscles de la glotte reçoivent un accroissement et un ton particulier qui impriment de la force et de l'éclat à la parole. Aussi les jeunes filles aiment le chant et s'exercent à déployer les agréments de leur voix ; ce n'est pas un médiocre indice de l'état des organes utérins , et l'on voit également parmi les oiseaux que plus ils chantent avec ardeur , plus ils sont transportés d'amour. "


VIREY

viernes, 10 de septiembre de 2010

Prolifération posthume des corps sacrés



Abdon et Sennen. —Martyrs du troisième siècle. Leurs corps sont à la fois à Rome, à Florence, à Saint-Médard de Soissons et dans une chapelle d'Ar-
les-sur-Tech (Pyrénées-Orientales). Soit, 8 corps pour eux deux.

Abel. — On montre son tombeau à seize milles de Damas, en Palestine. Il mesure près de vingt mètres de long.

Abraham.— Quelques os à l'église de Ste-Marie-sùr-Minerve, à Rome. La table du marbre du sacrifice d'Isaac est à l'église St-Jacques-Scossa-Cavalti, à Rome.

Achillée et Nérée. — Saints dont on célèbre la fête le 12 mai. Ils étaient eunuques. Ils ont laissé cinq têtes chacun. La première paire est à Rome, dans l'église de leur nom ; la seconde, à Garra en Espagne ; la troisième, dans une église d'Osma ; la quatrième, à Ariano, dans le royaume do Naples, et la cinquième, àAlino,dans la Terrc-de-Labour (Italie).
— Rome et Garra possèdent 4 corps de ces 2 saints.
— D'autres reliques sont à Venise, Boulogne et Douai.

Adalbert. — Saint évoque du dixième siècle.Un corps à Varsovie, en Pologne ; un corps, à Prague, en Bohême.

Adam. — Sa tête est enfouie, dit-on, au fond d'un trou au-dessous du Calvaire, à Jérusalem ; une chapelle a été bâtie en cet honneur.

On montre, au Pic d'Adam (Ho Ceylan), une pierre sur laquelle se trouve l'empreinte du pied d'Adam ; celte empreinte, très-bien gravée, mesure plus d'un
mètre de long.

Adrien.— Martyr qui a été brûlé vif. Néanmoins, son corps se trouve : 1° à Rome; 2* àGand ; 3* à Marseille.

Agathe. — Vierge et martyre de Catane. Le corps tout entier est conservé à Catane. — Néanmoins, Palermo possède un bras de la sainte ; Douai, un autre bras. Les deux mamelles sont à Ia fois à Catane et à Rome, dans l'église de Salnt-Etienne-le-Rond. Autre mamelle à Paris, église de Saint-Merri ; idem, à Siponto; idem, à Capoue.

Agnès — Corps entiers: 1' à Romo ; 2* à Manreza, en Catalogne ; 3' à Utrecht. Quatrième tête à Rouen. Divers ossements à Anvers, Bruxelles et Cologne.

Agnès de Monte-Palelano. — Son corps est à Gênes, ainsi qu'une bouteille de sa sueur.

Albati — Trois corps : au monastère de Saint-Albans (Angleterre), à Rome et à Cologne.

Albert. — Evêque de Prague. — Deux corps, l'un en Pologne, l'autre à Rome.

Aldegonde. — Patronne de la ville de Maubeuge. — Plusieurs églises possèdent le voile que le Saint-Esprit lui mit sur sa tête avec son bec le jour où elle fit voeu do virginité.

Alexis — Il a été reconnu que ce saint n'avait jamais existé. Néanmoins, son corps est à Rome, dans l'église qui a été placée sous son invocation.

Alphonse. — On montre à Oviedo, dans les Asturies (Espagne), une chasuble quo la Sainle-Vierge a apportée du ciel à ce saint évêque.

Amable. — On garde à Riom une dent de ce saint; elle guérit, dit-on, les morsures de vipères.

Amant — Evêque de Rodez. — Deux tètes ; une à Rodez et l'autre à l'église Saint-Pierre de Rome.

Ambroise de Sienne — On conserve à Sienne, au monastère de Saint-Ambroise, du sang de ce bienheureux mêlé à des ordures. Cette mixture a la
spécialité de guérir les hémorrhoïdes.

André. — L'un des douze apôtres. — Corps entiers : 1 'à Constantinople ; 2* à Amalfi (Italie), 3* à Toulouse ; 4* en Russie ; 5* au monastère d'Arakil-
Yauc, en Arménie. — Sixième tête à Saint-Pierre de Rome ; onzième bras, à Reims; douzième bras, à Avranches ; treizième bras, à l'abbaye de la Chaise-
Dieu, en Auvergne; quatorzième bras, à Ycrgy, en Bourgogne ; quinzième bras, à Notre-Dame de Paris; seizième bras, à l'hôpital du Saint-Esprit, à Rome;
dix-septième bras, à l'église de Saint-Sébastien, à Rome. — A Aix en Provenco et dans beaucoup d'autres villes, on montre des genoux, des pieds, des
épaules, des côtes, des doigts, etc., do ce saint.
Son peigne est à Notre-Dame do l'Ile-sur-Lyon. — A Arnolfi, on vend des flacons contenant une huile qui suinte des pieds du précieux corps.


Animaux. — A Vérone (Italie), l'église de Notre-Dame des Orgues possède le cadavre de l'âne qui a servi à Jésus-Christ lors de son entrée à Jérusalem.
La queue de ce même âne est à Gênes. — Le trésor de Saint-Jean de Latran, à Rome, conserve de méme la queue de l'âne de Balaam.— A Constance, on
garde une araignée qui tomba dans le calice de saint Conrad, pendant qu il disait la messe. —Au monas- tère de Corbio, en Weslphalie, c'est la peau d'un
chien qui suivait la messe et faisait maigre volontai- rement tous les vendredis. — A l'abbaye du Mont- Saint-Michel, une épée et un bouclier dont l'archan-
ge Michel s'est servi, disent les religieux, pour tuer un dragon. — A Rome, église de Sainle-Maric-Libératrice, les écailles d'un dragon terrassé par saint
Sylvestre. — En Angleterre, plusieurs églises possèdent la bride du mulet de saint Thomas de Cantorbéry. — A Ravenne, dans l'église des Théatins, on
fait vénérer spécialement uno fenêtre par laquelle le Saint-Esprit est entré sous la forme du pigeon traditionnel. — A Rome et à San-Salvador (Espagne),
sont des restes d'un poisson que saint Pierre a donné à manger au Christ après la résurrection. —A Quimper, une fontaine dans laquelle saint Corentin
péchait chaque jour un poisson pour sa nourriture ; il en mangeait une moitié, remettait l'autre moitié dans la fontaine, et le poisson était toujours entier.
— A Lodève, relique d'une souris qui avait mangé des hosties consacrées.

Anne. — Mère de la Sainte-Vierge. Deux corps entiers et huit têtes. Premier corps, à Apt (Vaucluse); second corps, à NotroDarno de l'Ilc-sur-Lyon ; troi-
sième tête, à Trêves; riuatrième tête, à Duren, diocèse de Cologne ; cinquième tête à Sainte-Anne en Thuringe; sixième tête, à Bologne en Italie; septiè-
me tête, à l'abbaye d'Or camp, près de Noyon ; huitième tête, à Chartres. — Cinquième bras, à Rome, dans l'église Saint-Paul, au chemin d'Ostie ; sixième
bras, à Nuremberg. — Divers ossements à Rouen,Cologne, Annabere (Haute-Saxe ), etc. La maison de Sainte-Anne se montre encore à Jé-
rusalem, après dix-neuf cents ans

Antbert. — Archevêque de Rouen. Deux corps: l'un à Gand, l'autre à Abbeville.

Antoine. —Celui du cochon.Cinq corps entiers: 1° à Constantinople ; 2° à Arles-sur-Rhône ; 3° à Vienne; 4'à Novogorod en Russie ; 5° aux pénitents-
gris de Saint-Antoine, banlieue de Marseille. — Genoux, à Bourg, à Maçon, à Dijon, à Chalon-sur-Saône, à Albi (monastère* des Augustins), à Ouroux (SaOne-
et-Loire). — Autres reliques, à Besançon, à Rome, à Paris, à Genève (un bras), etc.

Antoine de Padoue. — Un corps entier à Padoue. Troisième bras, à Lisbonne ; quatrième bras, à Venise.

Apolline. — Son corps a été réduit en cendres par les persécuteurs. Néanmoins douze églises possèdent de ses reliques ; il y en, a en outre, à
Paris, a Naples et à Madrid. — Le pape Pie VI ayant ordonné de réunir toutes les dents que l`on donnait à vénérer dans différentes églises dItalie, on en re-
cueillit trois litres. En France, il y a plus de cinq cents dents de sainte Apolline.

Apollone. — Martyr du deuxième siècle. Bologne affirme posséder son corps et sa tête ; les carmes d'Evora en Pologne ont une seconde tête de ce saint;
Rome et Anvers montrent beaucoup de ses reliques. Apôtre». — A Notre-Dame de l'ile-sur-Lyon on montre les douze peignes des douze apôtres,

Arbres. — Sur le mont Luc en Italie se trouve un amandier planté par saint François d'Assise, qui pousse des feuilles portant des croix bien formées.—
Le buisson sur lequel saint François se roula est conservé près du jardin des Franciscains, à Gaëte. —Un coignassier planté par ce même saint donne des fruits
ortant les cinq plaies du Sauveur et se trouve chez les Franciscains de Rome.—Les dominicains de Fondi conservent un oranger jadis planté par saint Thomas
d'Aquin.—Autre oranger, de saint Dominlque,celui* là, à Sainte-Sabine de Rome. — Le figuier maudit par Jésus-Christ a été également conservé en Terre-
Sainte, ainsi que les oliviers qui ont vu la trahison de Judas : les noyaux des olives prises sur ces arbres préservent des maladies. — - On montre encore en
Terre-Sainte, le térébonthe sous lequel la Vierge se reposa en allant se purifier à Jérusalem ; un arbre qui s'abaissa pour lui faire de l'ombre sur la route
qu Grand-Caire ; le sycomore sur lequel monta Zachée pour voir J.-C. ;des cèdres duJLiban plantés par Dieu au commencement du monde ; le buisson ardent de
Moïse ; le chêne de Membrée sous lequel Abraham reçut la visite des trois anges lors do la destruction de Sodome. — Enfin, on a conservé des pommes de
Sodome.

Arche d'allliance.— Enterrée jadis sous le Mont Nébo, par ordre de Jérémle, l'arche d'alliance se trouve néanmoins à Rome, dans l'église de Saint-Jean-dc-
Lalran.

Arche de Noé. —Restée sur le mont Ararat après le déluge, celte arche y est encore, et des rell-gieux vendent des petites croix fabriquées avec le
bois de cette relique.

Athanase. — Evêque d'Escandrie, ami de saint Antoine. Son corps, surmonté d'une tête de carton, pour soutenir sa mitre, se trouve à Venise ; sa véri-
table tête est à Sérigny en Touraine; une autre, non moins véritable et toujours fraîche, est à Valvanera en Espagne. Rome possède une image miraculeuse
de la tête de Venise qui guérit les malades.

Augustin.-Célèbre évêque'd'Hippone ; son corps est à Pavie, et son coeur, arraché par un saint à un ange qui l'emportait, se trouve chez les Augustins
d'Allemagne.

Avit. — Abbé de Chateaudun au sixième siècle. Orléans possède son corps tout entier ; mais néanmoins Chateaudun a quelques-uns des petits os.


L. TAXIL

jueves, 9 de septiembre de 2010

Fromage de Femmes


LE FROMAGE DE FEMMES

A mon ami E. RAFFIAXI-

Nouvelle vache Io, la femme,
Dans ses deux tétons arrondis,
Peut, après le baiser de flamme,
Créer des fromages pourris.

Combinaison ingénieuse,
Au-dessus du ventre — taudis !
On pourrait, chose curieuse,
Traire des tétons rebondis.

Chaque femme aurait de la crème,
Leur lait sucré serait plus doux ;
Sous leur barbe de Polyphème,
On le boirait à deux genoux.

Puis, rassemblés dans une cuve,
Arrosés d'un peu de gluant.
Les fromages, dans cette étuve,
Prendraient un goût fort, sûrement.

On verrait les femmes, par bandes,
Brune, blonde, par les garçons,
Dans un coin gris des vastes landes,
Se faire sucer les boutons.

Quel bonheur pour les poitrinaires,
Quel progrès pour tous les humains,
Si l'on voyait des filles-mères
Presser les pointes de leurs seins.

Mais hélas ! ceci n'est qu'un rêve,
Ceci n'arrivera jamais ;
Toujours se perdra cette sève,
Cette sève des gros nénais !

Et cependant, jeunes fillettes,
Si votre lait valait de l'or,
Vous pencheriez vos brunes têtes,
Sur vos boules, naissant trésor.

Ceci ne serait plus un rêve,

Et le prix du lait baisserait,

A mesure que votre sève

Dans vos deux seins blancs monterait.

Le gouvernement, sur la femme,
Lèverait un franc par téton.
Qu'en pensez-vous, ma belle dame ?
Qu'en pensez-vous, mon beau garçon ?

Dorabel