viernes, 3 de septiembre de 2010

Nanismes




Les nains ont de tout temps occupé une grande place dans les légendes. Les Grecs avaient leurs Pyymées qu'ils plaçaient en Thrace, dans l'Inde ou en Ethiopie, au gré de leurs fantaisies, et qui n'avaient qu'un pygmé, c'est-à-dire 1 pied grec 1/8 ou 34 centimètres de hauteur. Ils coupaient les épis avec des cognées et avaient dans les grues de redoutables ennemis. Us voulurent une fois attaquer Hercule endormi, mais le héros les mit dans sa peau de lion et les porta à Eurysthée. Vingt siècles plus tard Swift devait s'inspirer de cette légende pour composer son Gulliver. Les Myrmidons sont de même famille. Jupiter les avait fait naître des fourmis de l'île d'Égine après le déluge de Deucalion.

Les Romains héritèrent des fables des Grecs et en ajoutèrent de nouvelles. Pline le naturaliste place sur les bords du Gange les Spitltamiens, qui n'excédaient jamais la hauteur de trois palmes (Spithama). La mythologie des peuples du nord n'est pas moins féconde sur le sujet qui nous occupe. Vermisseaux nés d'Ymer, leurs nains doivent peut-être leur origine, ainsi que le conjecture Walkenaer, à la comparaison qui s'établit primitivement, entre la haute stature des Norvégiens et Suédois et la taille exiguë des peuplades septentrionales telles que les Lapons, c'est-à-dire, entre les envahisseurs aryens de la presqu'île Scandinave et les aulochthoncs de cette contrée.

Un corps petit et contrefait, des traits repoussants s'alliaient, dans les idées de nos pères, au moyen âge, avec la malice et la méchanceté. Tous les nains passaient et passent jusqu'à un certain point, encore pour colériques, envieux, méchants et inconstants. L'auteur anonyme des « Gestes de Cliarlemagne » traçant le portrait d'un personnage légendaire, Pépin bâtard de l'empereur qui trahit son père, ne manque pas de le représenter nain et bossu. Il est presque superflu d'ajouter.que cette croyance populaire n'a de fondé que la susceptibilité et partant l'irritabilité que présente le caractère de tous les malheureux qu'une difformité quelconque distingue, à leur préjudice, du reste des hommes.

Malgré les défauts réels ou supposés qu'on leur prêtait, les nains devinrent à la mode à la cour et dans les châteaux féodaux. Comme les dames de l'ancienne Rome, nos belles châtelaines aimaient à se faire suivre d'un nain. Les rois de France et les plus grands seigneurs partageaient leur faveur entre leur nain et leur fou. Il en fut ainsi jusqu'au règne de Louis XIV, qui supprima la charge de nain du roi. Mais vers la même époque, les autres cours de l'Europe ne goûtaient pas de plaisirs aussi raffinés que la brillante société des salons de Versailles et les nains étaient plus que jamais en crédit à Pélersbourg, à Londres cl même à Rome. « Je me souviens, dit Rlaise de Vigénère, de m'ètre trouvé l'an 1556 à Rome en un banquet du feu cardinal Vilelli, où nous fûmes tous servis par des nains jusqu'au nombre de 54, de fort petite stature, mais 1j plupart contrefaits et difformes. » Un personnage fameux de cette époque fut Jeffery Iludson, né en 1619 et qui fut présenté à 8 ans dans un pâté par 1* duchesse de Ruckingham à la reine Henriette, femme de Charles 1" d'Angleterre. A 30 ans il n'avait que 18 pouces de haut ; mais à cet âge il commença à grandir et finit par atteindre dans sa vieillesse la taille de 3 pieds 9 pouces anglais.

Pierre le Grand, tsar de Russie, avait une égale passion pour les nains et pour les fous. C'est ce que nous révèlent les curieuses et récentes éludes de M. de Choubinski, sur les nains à la cour de Russie. L'année 1710, à l'occasion du mariage d'une princesse de sa famille, il voulut célébrer parallèlement en grande pompe les noces de son nain favori Epliime Yalkoff, avec la naine de la princesse Preskovie Theodorovna. Soixante-douze nains et naines formèrent le cortège d'honneur des fiancés, qui furent mariés en présence de la cour, le tsar tenant lui-même la couronne nuptiale au-dessus de la tête de la mariée. Le plus intéressant pour nous est de connaître le sort ultérieur des nouveaux époux. La jeune naine mourut à la suite de couches laborieuses, et dès lors tous les mariages entre nains furent prohibés en Russie. Le nain lui-même mourut peu de temps après.

Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales
Par Raige-Delorme (Jacques, M.),A. Dechambre,Léon Lereboullet,L. Hahn

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